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mardi 16 août 2011

Le Plateau central pense déjà à la rentrée scolaire de septembre 2011

C’est le doute, au Plateau central (Haut et Bas Plateau), à moins de trois semaines de la réouverture des classes de début septembre 2011, quant à la concrétisation, dans ce département géographique, des promesses de scolarisation de 500,000 enfants (non encore scolarisés) par le président Michel Joseph Martelly durant son quinquennat (14 mai 2011 – 7 février 2016).

Des milliers d’enfants ne sont pas encore capables de fréquenter une salle de classes, dans les villes comme dans les campagnes du Plateau central.
Étant privatisée à plus de 90%, l’école semble devenir de plus en plus un luxe.
Durant l’année académique 2010-2011, un nombre incalculable d’enfants en âge de scolarisation sont restés chez eux, faute de moyens financiers adéquats chez leurs parents.
A Hinche, des jeunes de moins de 12 ans se sont lancés dans la mendicité, tandis que des jeunes filles de moins de 17 ans se sont retrouvées dans la prostitution ou victimes de proxénétisme.
Nombreux, également, sont les enfants, orphelins de pères ou de mères, qui, abandonnés à eux-mêmes, n’arrivent pas encore à bénéficier du pain de l’instruction.

Correspondance : Ronel Odatte
Hinche (Haïti), 06 août 2011.[AlterPresse] --- Pour une deuxième année consécutive, la prochaine rentrée scolaire de septembre (année académique 2011-2012) risque d’être difficile au Plateau central, selon les témoignages recueillis par l’agence en ligne AlterPresse.
De nombreux parents se plaignent de ne pas pouvoir ramener leurs enfants à l’école, le mois prochain, par manque de moyens financiers.
« Tous mes enfants vont rester à la maison. Il m’est vraiment difficile de les offrir quotidiennement un plat chaud. Comment pourrai-je les envoyer à l’école, alors que mon mari ne travaille pas ? », se désole Mireille Odius, 38 ans, originaire de la 3e section communale de Hinche et mère de trois enfants.
Même cas de figure à Thomassique et à Cerca Carvajal, où des paysans se sont donnés à outrance dans la coupe des arbres et la préparation du charbon de bois dans la perspective de trouver des revenus devant leur permettre de s’acquitter des frais scolaires de leurs enfants.
« Mais, cette année, il n y a plus d’arbres à abattre », explique Raoul Jean, un jeune paysan de la section communale de Juanaria (Hinche).
Aîné d’une famille de 7 membres, Jean, qui a été admis en classe de Seconde, a décidé d’abandonner l’école. Aujourd’hui, il chercherait à partir à la recherche d’un emploi en République Dominicaine afin de pouvoir subvenir aux besoins de sa famille.
« Nous voulons aller à l’école, mais nous ne savons pas quoi faire », déclarent Exius Marcelin, Nicolas Pierre et Fednol Jacques, tous trois cireurs de bottes, qui ne cachent pas leur soif d’apprendre.

Situation scolaire actuelle au Plateau Central
Le taux brut de scolarisation (Tbs) dans le département géographique du Plateau central est de 43%, le taux net de scolarisation 50.28%, le taux de réussite 49%, le taux de redoublants 48%, le taux d’abandon 3%, suivant les données fournies par l’unité de planification, de statistiques et d’analyse au sein de la direction départementale de l’éducation du Centre (Ddec) du ministère de l’éducation nationale et de la formation professionnelle (Menfp).
Pour l’année académique 2010-2011, les écoles publiques étaient au nombre de 110 (contre 1,038 écoles privées) pour les 1er et 2e cycles du niveau fondamental.
Pour la même période, on comptait 46 écoles publiques (contre 123 écoles privées) dans le 3e cycle fondamental, 13 écoles publiques (contre 169 écoles privées) au niveau secondaire.
En 2008-2009, la population scolarisée était de 153,010 écolières et écoliers (50.28%) contre une population non scolarisée de 151,277 enfants (49.72%) sur une population scolarisable de 304,287 enfants et une population totale de 702,180 habitants.
Quid des écoles dites au rabais (lekòl bòlèt) ?
Pour l’heure, il manque des données pertinentes sur le mode de fonctionnement des écoles recensées dans le Centre d’Haïti. D’aucuns évoquent le caractère « plutôt commercial » de certains établissements scolaires dans ce département géographique.
« Des arrangements auraient eu lieu, lors d’examens d’État, entre les établissements scolaires légalement reconnus et les écoles dites au rabais pour garantir une participation pleine et entière de certains élèves », dénoncent plusieurs secteurs.
Des appels sont lancés aux responsables départementaux concernés pour mettre un frein à la privatisation informelle de l’éducation dans le Plateau central. [ro rc apr 06/08/2011 0:00]
http://www.radiotelevisioncaraibes.com/nouvelles/haiti/le-plateau-central-pense-deja-a-la-rentree-scolaire-de-septembre.html

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