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samedi 20 août 2011

Journée Mondiale de l’Aide Humanitaire : changer pour aider

Placée cette année sous le thème « Des hommes et des femmes au service de l’humanité », elle a été instituée il y a trois ans par l’Assemblée générale des Nations Unies à la suite de l’attentat meurtrier de Bagdad contre le siège de l’organisation. Au cours de cette attaque, 22 employés de l’ONU avaient perdu la vie dont l’Envoyé de l’ONU, Sergio Vieira de Mellio.

A ceux-ci, il faut ajouter les 102 employés de l’ONU morts en Haïti lors du séisme de 2010.
C’est pour leur rendre hommage, ainsi qu’à tous les autres qui ont perdu la vie ailleurs dans le monde, notamment en Haiti, en RDC, en Cote d’Ivoire ou en Afghanistan, que le Secrétaire général, Ban Ki-moon a déposé une gerbe à New York lors d’une cérémonie organisée à cet effet.
« Ces agents humanitaires bravent souvent le danger, loin de leur foyer. Ils travaillent de longues heures, dans les conditions les plus difficiles. Par leur action, ils sauvent des vies dans les situations de conflit et de catastrophes naturelles. Ils rapprochent aussi les peuples en nous rappelant que nous sommes une seule et même famille et que nous partageons les mêmes rêves et la même aspiration à un monde pacifique dans lequel nous pouvons tous vivre en toute sécurité et dans la dignité », a déclaré Ban Ki-moon dans son message.
Dans un entretien accordé ce matin à Jean Vénel Casséus de Radio Caraïbes, la porte-parole du Bureau de la Coordination des Affaires Humanitaires (OCHA), Emmanuelle Schneider, a tenu à souligner que « la communauté humanitaire rend plus particulièrement hommage aux Haïtiens et Haïtiennes qui ont fait montre d’un esprit de solidarité formidable au lendemain du tremblement de terre et dans les épreuves qu’ils subissent au quotidien ».

Question : Qu’est-ce le concept de l’aide humanitaire ?
Emmanuelle Schneider : Le mandat des humanitaires est très clair. Nous venons en aide aux populations affectées pour alléger leurs souffrances. Donc, à partir du moment où une crise humanitaire se déclenche, nous intervenons sur la base des principes d’impartialité et de neutralité. Ces principes s’appliquent à toutes les situations de crise où qu’elles se trouvent. OCHA existe depuis 1974 et constitue un mécanisme de coordination. On s’est rendu compte, pendant le tremblement de terre quand il y a une multitude d’acteurs qui interviennent, que le manque de coordination peut faire échouer une opération. Donc, c’est un mécanisme de coordination de tous les acteurs qui travaillent au sein du système des Nations Unies. C’est également un mécanisme de mobilisation de fonds. Nous avons une structure qui s’appelle « l’Appel Humanitaire Consolidé » qui est un outil à l’intention de la communauté internationale pour demander des fonds aux gouvernements sur la base de projets qui leur sont soumis. Par exemple en Haïti, nous avons des organisations qui ont soumis des projets humanitaires dans le cadre de cet appel global humanitaire, et ensuite ces projets sont soumis au gouvernement qui décide.

Question : Avez-vous déjà fait un bilan de l’aide humanitaire à Haïti depuis le 12 janvier 2010?
E.S. : Le bilan est fait régulièrement en vue d’évaluer ce qu’il reste à faire. Après le tremblement de terre, la destruction et les dommages ont été tellement énormes, qu’il était pratiquement impossible de faire mieux compte tenu des circonstances. Pendant les trois premiers mois, nous avons rempli notre mandat qui consistait à sauver des vies et à alléger la souffrance des rescapés. Nous avons fourni des abris à 1.5 million de personnes, de la nourriture et de l’eau quotidiennement, et aussi des soins médicaux aux personnes blessées. Donc, nous pouvons dire que nous avons rempli notre mandat qui consistait à sauver des vies et à alléger les souffrances, ajoute-t-elle.
A partir du mois d’avril, nous avons regardé notre présence sous un autre angle en nous demandant comment faire pour ramener ces gens chez eux. C’est là que les choses se compliquent. Comme vous le savez, Haïti souffre de structures assez faibles et la majorité des gens n’ont pas accès à l’eau potable. S’agit-il de reconstruire à l’identique ou d’envisager un pays plus stable où les besoins de base de la population seront satisfaits ? Donc, nous avons estimé que le pays ne peut pas être reconstruit de la même manière. Mais, pour reconstruire une capitale, ce travail ne peut pas se faire en un an. C’est impossible !

Question : Qu’est-ce qui explique qu’on soit encore dans l’humanitaire plus d’un an après le séisme?
E.S. : Le passage de l’humanitaire au développement se fait progressivement puisque la moitié des personnes qui vivaient dans les camps ont pu rentrer chez eux. Nous ne pouvons pas fermer les camps qui restent si nous n’avons pas des moyens d’hébergement pour les personnes qui y vivent. Nous espérons qu’avec le programme de reconstruction lancé par le Président Martelly, qui est très conscient du problème, nous serons en mesure de relocaliser une grande partie des habitants des camps.

Question : Est-ce que l’humanitaire crée la dépendance ?
E.S. : Il était très important de doter le pays des moyens de voler de ses propres ailes. Et pour cela, il est extrêmement important d’investir dans le tissu économique local. A titre d’exemple, lors de l’épidémie du choléra, « la première phase d’urgence étant passée, les acteurs présents dans le domaine de la santé renforcent les structures sanitaires en formant le personnel haïtien et en réhabilitant les hôpitaux. Et maintenant, les structures de traitement du choléra fonctionnent sous le contrôle des autorités haïtiennes. Et je pense que c’est un processus qui peut être répliqué dans tous les domaines en Haïti.

Question : Quelles sont les méthodes d’évaluation appliquées par OCHA ?
E.S. : Les agences d’aide humanitaire interviennent dans plusieurs secteurs vitaux en Haïti tels que la santé, l’éducation, le développement durable, les abris, la protection des enfants contre l’exploitation et bien d’autres activités. Le système des Nations Unies compte une centaine de partenaires (100 ONG) et 400 autres ONG sont officiellement enregistrés à intervenir dans le pays. Ce mécanisme de coordination repose sur des évaluations de terrain basées sur des indicateurs, des réunions intersectorielles, et avec le gouvernement, nous procédons à l’évaluation des capacités de réponse.
Parmi les activités de la Journée à Port-au-Prince et dans les régions, une conférence de presse-débat organisée par l’Organisation Internationale pour les Migrations (OIM) au cours de laquelle des acteurs humanitaires ont témoigné de leur expérience, la projection du film Youthzones retraçant l’expérience de jeunes de pays ayant connu la guerre ou les catastrophes naturelles, dans les centres Multimédia de la MINUSTAH à Jacmel et aux Gonaïves. Un débat entre les jeunes invités à y assister et des représentants d’ONG internationales et locales a suivi cette projection.
En outre, l’émission de télévision Pote Kole produite par l’Unité Vidéo de la MINUSTAH a consacré son édition hebdomadaire à la production des portraits de trois acteurs humanitaires, qui travaillent en Haïti (Cette édition est diffusée sur 14 chaines de télévisions nationales et est accessible sur le site www.minustah.org.
Enfin, avec l’appui du Programme des Volontaires des Nations Unies, OCHA a organisé deux autres événements, l’un à Léôgane, en partenariat avec la radio communautaire Top Canal, qui consistait en un quizz humanitaire à l’issue duquel les gagnants ont reçu des présents symboliques, notamment des T-shirts à l’emblème de la Journée et des kits médicaux, et l’autre qui consistait en un match de football qui s’est tenu à Tabarre, avec l’appui de la Coordination socioculturelle de Tabarre (COSTA), de concert avec la Direction de la Protection civile (DPC) durant lequel des messages de sensibilisation concernant la journée et les risques liés aux catastrophes ont été lancés.
http://minustah.org/?p=31543

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