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jeudi 14 avril 2011

Triste chant en Haïti

jeudi 14 avril 2011 Publié dans : Hebdo Tout est à nous ! 98 (14/04/11)
«Je suis le changement et j’ai les mains propres » déclare Michel Martelly, nouveau président d’Haïti, qui serait élu avec 67 % des suffrages exprimés. On aimerait y croire mais quand on fouille le passé de Martelly on découvre que ce dernier fut Tonton Macoute (milice sanguinaire sous l’ère Duvalier). Il ne cache pas sa couleur politique puisqu’il se définit comme néolibéral, ni ses amitiés avec les militaires putschistes de 1991, eux-mêmes d’anciens Tontons Macoutes.
Désespérés par une classe politique décrédibilisée, les Haïtiens, lors d’un scrutin très discutable, ont choisi d’élire ce chanteur populaire de konpa (musique traditionnelle haïtienne). Malgré son positionnement à droite, flou durant la campagne, les Haïtiens ont voté pour les promesses de réforme agraire et de développement du tourisme promis par celui que l’on surnomme là-bas : « sweet Micky ». Martelly a profité de sa grande popularité qui lui a permis d’arrivée en tête ; loin d’imposer son programme politique, il a su incarner avec démagogie l’antisystème. Le parti de Préval, l’ancien président, reste majoritaire au Parlement ce qui annonce de longues tractations avant de parvenir à la formation d’un gouvernement.
Mais cette élection a surtout été une parodie de démocratie. Le premier tour ayant eu lieu le 28 novembre, il a donc fallu plus de quatre mois pour parvenir à ce résultat. Marquée par une fraude massive, « l’élection-sélection » comme la surnomment les Haïtiens, a vu les différents clans, armés par la mafia, s’affronter durant ces quatre mois, causant la mort de plusieurs dizaine de personnes.
Cette élection a vu aussi le retour – au pays du vaudou et des zombis rien d’étonnant – de l’ancien dictateur Jean-Claude Duvalier alias Baby Doc et de l’ancien président Aristide, tout deux chassés en leur temps par des mobilisations populaires, ce qui n’est guère un bon présage pour l’avenir des Haïtiens.
Le pays reste toujours en désolation depuis le tremblement de terre du 12 janvier 2010. À peine 20 % des décombres ont été déblayées, 150 000 personnes restent sans logement alors que la saison des ouragans va débuter.
Les pays occidentaux n’ont pas honoré les promesses faites au lendemain de la catastrophe sous la pression de l’émotion mondiale. Moins d’un quart des 10 milliards de dollars annoncés pour la reconstruction du pays ont été versés.
Le manque d’alternative politique et sociale sur l’île est toujours aussi criant. Plus d’un an après le tremblement de terre, le cauchemar continue donc pour les Haïtiens dans un pays rongé par les séquelles du tremblement de terre, le choléra qui a fait 5 000 morts et une corruption paralysante.
Thibault Blondin
http://www.npa2009.org/content/triste-chant-en-ha%C3%AFti

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