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dimanche 16 janvier 2011

La décharge de Truitier, vecteur de l’épidémie du choléra en Haïti ?

Les habitants de la décharge récupèrent des bouteilles
en plastique, du cuivre, etc... Manuel Pochez/ RFI
Par RFI
Trois mois jours pour jour après la découverte des premiers cas de choléra en Haïti, une campagne d'hygiène s'affiche sur tous les murs de la capitale. Selon l’OMS, l’Organisation mondiale de la santé, le pic de la propagation de l’épidémie n’est pas encore atteint. Même si le taux de mortalité est en baisse ( la maladie a fait 3759 morts ), le nombre de cas de porteurs de choléra ne cesse de croître. En dépit de ce constat, des pratiques douteuses ont droit de cité, comme l’illustre la décharge de Truitier.

Avec nos envoyés spéciaux à Port-au-Prince, Valérie Rohart et Manu Pochez
La route qui mène à la décharge de Truitier dans la ville de Cité-Soleil est étonnamment large et en bon état. Pas un trou, pas un tas de gravas ne vient ralentir le ballet des camions qui déversent les déchets de tout Port-au-Prince et de ses environs. Le site est entouré de barbelés et pourrait ressembler à un camp militaire, si la barrière n’était pas ouverte et gardée de loin. Sur plusieurs hectares, des dizaines de personnes cherchent des bouteilles en plastique, des canettes ou des fils électriques.
Au fur et à mesure que l’on avance dans la décharge, une insupportable odeur de latrines monte. Tout au fond, dans un endroit discret, un camion bleu déverse son chargement. « C’est un camion de l’entreprise Getco qui est spécialisée dans la vidange des matières fécales » nous confie un agent de la Dinepa la compagnie d’eau haïtienne connaît bien le logo blanc sur les flans du camion. 
Camion déversant des matières fécales dans la décharge
de Truitier. Manuel Pochez/ RFI


Les habitants du village de Duvivier manifestent régulièrement contre ce déversement pour une raison simple : « A trois minutes d’ici, il y a un centre de traitement du choléra. Et les matières fécales qui sortent de ce centre sont déversées dans le dépotoir de Truitier », nous dit encore cet agent.
Les habitants sont convaincus : la Getco rejette des excréments contaminés par le choléra et polluent la nappe phréatique. Or, la seule ressource en eau ici, c’est le puits. Au centre du village, un gamin nous assure en riant que bien sûr, il boit de cette eau...
http://www.rfi.fr/ameriques/20110116-decharge-truitier-vecteur-epidemie-cholera-haiti
Commentaires:
Cette dépêche mérite au moins deux commentaires :


1.- Une grande partie des déchets produits par les citoyens résidant à Port-au-Prince est constitué d’objets en plastique et en verre. Des matériaux recyclables. Il suffirait que l’on valorise ces déchets pour ne plus les voir s’amonceler dans les rue de la Capitale. Et ceci pourrait facilement s’obtenir par le montage d’une usine de recyclage.

2.- Malgré le drame du cholera les autorités haïtiennes observent et laissent que les mauvaises pratiques continuent dans la gestion des déchets. Dans quel autre pays au monde ou on peut déverser à ciel ouvert des tas de merde ? Pourquoi le ministère de la Santé Publique ou le ministère de l’environnement ne sévit pas contre la compagnie GETCO qui dépose les matières fécales dans les décharges publiques ?

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