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lundi 6 décembre 2010

Le CEP tente de normaliser la situation par le "dialogue post-électoral"

Dans leur majorité, les candidats à la Présidence, via leurs représentants, ont exprimé et assumé de profonds désaccords avec l’institution électorale sur le pilotage chaotique du premier tour des présidentielles et législatives, même si le CEP tente de faire accepter l’idée de correctifs majeurs pour le second tour ; Jude Célestin, avec son compère Anacacis, fait bande à part et réclame des sanctions contre certains de ses rivaux tout en affichant son optimisme à l’approche de la publication des résultats préliminaires du scrutin qui, affirme Gaillot Dorsinvil, traduiront l’expression du "vote populaire" Vendredi 3 décembre 2010, Radio Kiskeya
Le président du Conseil électoral provisoire, Gaillot Dorsinvil, s’est engagé vendredi à proclamer des résultats conformes à "l’expression de la majorité" lors des présidentielles et législatives du 28 novembre et a démenti les allégations selon lesquelles le CEP ferait l’objet de pressions du gouvernement ou de la communauté internationale.
"Le vote populaire sera respecté", a promis M. Dorsinvil au cours d’une rencontre avec les candidats à la Présidence et leurs représentants qui était destinée à identifier les mesures de redressement à adopter en vue de remédier aux graves dysfonctionnements de la machine électorale après un premier tour très contesté.
Le responsable de l’institution électorale juge anormale l’organisation de manifestations de rue durant le déroulement du vote "en violation flagrante de la loi électorale". Il s’en est aussi pris -sans décliner leur identité- aux candidats ayant gagné les rues pour s’autoproclamer vainqueurs des élections après avoir pourtant réclamé leur annulation.
Réunis dans l’enceinte du club Le Villate, à Pétion-Ville (banlieue est de Port-au-Prince), seuls trois des 17 candidats en lice pour la magistrature suprême ont fait la déplacement : Jude Célestin, dauphin désigné du Président René Préval et représentant du parti officiel INITE (Unité), le Sénateur Jean Hector Anacacis, candidat du MODEJHA, et l’ancien Premier ministre Lavalas, Yvon Neptune, de Ayisyen Pou Ayiti.
Deux des principaux favoris se sont fait représenter, Mirlande Manigat (RDNP) par l’ambassadeur Edwige Lalanne et le chanteur Michel Martelly (Repons Peyizan) par son avocat, Me Gervais Charles, responsable du barreau de la capitale.
Quoique engagé dans un bras de fer avec le CEP, le groupe des douze candidats, qui conteste les joutes de dimanche dernier entachés de fraudes et d’irrégularités caractérisées, n’était pas en reste. Mes Camille Leblanc et Carlos Hercule siégaient dans la salle respectivement au nom de Jean Henry Céant (Renmen Ayiti) et de Charles-Henri Baker (RESPE).
Le directeur général du CEP, Pierre-Louis Opont, principal animateur de la séance de travail, au milieu des conseillers électoraux, a réfuté la plupart des accusations portées contre l’institution dont les membres sont, dit-il, prêts à se retirer "s’il est prouvé qu’ils ont failli à leur mission".
Argumentant longuement sur les différentes raisons qui pourraient expliquer l’ampleur des problèmes qui ont ponctué le déroulement du scrutin présidentiel et législatif, M. Opont a toutefois reconnu les nombreuses défaillances de la machine électorale et annoncé un train de mesures correctives en vue du deuxième tour. En ce sens, des excuses publiques ont été présentées aux candidats et autres personnes affectées par ces irrégularités.
Toutes les recommandations faites seront prises en considération pourvu qu’elles ne soient pas contraires à la loi électorale, assure le directeur général qui confirme la publication, mardi prochain, des résultats préliminaires des élections et la tenue du second tour le 16 janvier.
Cependant, les discussions très animées entre les différents protagonistes n’ont pas permis de surmonter les obstacles et, dans leurs interventions respectives, les représentants du RDNP, Edwige Lalanne, de Repons Peyizan, Gervais Charles, de Renmen Ayiti, Camille Leblanc et de RESPE, Carlos Hercule ont mis en relief les problèmes structurels de l’appareil électoral et les responsabilités partagées du CEP, du gouvernement et de la communauté internationale dans l’imbroglio politique qui se dessine à la suite d’une journée électorale jugée catastrophique.
En revanche, visiblement très confortable avec l’allure du processus électoral, Jude Célestin, le poulain de Préval, s’est montré optimiste quant à ses chances de sortir vainqueur de ces consultations. Sa préoccupation à lui n’est autre que l’adoption de sanctions à l’encontre des candidats qui ont violé la loi électorale en proclamant dimanche dernier leur prétendue victoire à la tête de partisans en délire.
En cela, le candidat de INITE rejoint son collègue et ami Jean Hector Anacacis qui a souhaité aussi que des sanctions punitives soient réservées à ceux de ses compétiteurs qui auraient perturbé le déroulement du vote, en exigeant l’annulation du scrutin.
Cette rencontre s’est déroulée sous les regards attentifs de l’ambassadeur Colin Granderson, chef de la mission d’observation électorale OEA/CARICOM et en l’absence très remarquée d’Edmond Mulet. Le chef de la Mission de stabilisation de l’ONU (MINUSTAH) est, en effet, reparti sans explication peu après son arrivée au moment où la séance allait s’ouvrir.
Jeudi, en des termes très durs, le diplomate guatémaltèque, qui n’a toujours pas identifié le destinataire de son message, avait menacé Haïti du retrait des cassques bleus et du gel de l’aide internationale en cas de non respect de la "volonté populaire".
Mulet ne s’est pas montré trop respectueux envers les conseillers électoraux appelés à faire preuve de "caractère" pour ne pas céder "à l’intimidation ou à l’argent". spp/Radio Kiskeya
http://radiokiskeya.com/spip.php?article7293

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