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jeudi 23 août 2007

Claudy Gassant au centre d’une crise ouverte entre l’Exécutif et le Parlement

Le chef du parquet de Port-au-Prince a fait un pied de nez aux Sénateurs en refusant de participer à une séance de questionnement
mercredi 22 août 2007,
Radio Kiskeya

Une crise institutionnelle majeure avec de sérieux risques politiques se profilait mercredi soir entre l’Exécutif et le Parlement haïtiens à cause du refus caractérisé du commissaire du gouvernement près le parquet du tribunal civil de Port-au-Prince, Me Claudy Gassant, de répondre à une invitation de la commission justice et sécurité du Sénat.
Le ministre de la justice et de la sécurité publique, Me René Magloire, supérieur hiérarchique direct de Gassant, et son collègue Joseph Jasmin, chargé des relations avec le Parlement, se trouvaient sur place depuis 3 heures de l’après-midi (15 heures locales et 20h00 GMT) tandis que le chef du parquet de la capitale continuait manquait à l’appel sans auncune justification claire.
La séance initialement prévue concernait l’augmentation inquiétante du nombre des personnes en détention préventive prolongée dans les prisons et l’intromission inopportune du parquet dans l’instruction d’une série d’affaires contrairement à la mission de poursuite qui lui est strictement assignée dans la chaîne pénale.
Dans une déclaration à la presse, le Président du Sénat, Joseph Lambert, a fait injonction au chef du parquet de se présenter sans délai à la Chambre haute et a directement mis en cause le Président René Préval et le Premier ministre Jacques-Edouard Alexis dans cette affaire. Constatant que le pays s’acheminait vers une crise, le Sénateur de la plate-forme présidentielle Lespwa (Espoir) a estimé qu’en ignorant l’invitation du Sénat, "le commissaire Gassant jouissait de la complicité ou de la tolérance du chef du gouvernement ou du chef de l’Etat". Lambert en a profité pour souligner que la stabilité politique recherchée au seuil du second mandat de Préval ne se résumait pas à un simple partage politique du pouvoir.
Lors d’une séance spéciale qualifiée "d’historique", le Président Lambert a supplié ses collègues d’accorder un "sursis de 24 heures à la nation", le temps de permettre au ministre de la justice de faire les consultations nécessaires avant l’adoption des mesures appropriées.
Intervenant brièvement, Me René Magloire dont la sagesse a été saluée par des membres de l’assemblée, s’est déclaré "très déçu par l’absence du commissaire Claudy Gassant, mais sans pouvoir la qualifier". MM. Magloire et Jasmin ont été finalement autorisés à regagner leur domicile au bout d’une attente longue de ...huit heures.
Parallèlement, l’idée de la préparation d’un projet de résolution en vue de réclamer le limogeage immédiat de Claudy Gassant considéré comme un "fonctionnaire en rébellion" a été momentanément abandonnée. spp/RK

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source
http://www.radiokiskeya.com/spip.php?article4009

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