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vendredi 23 octobre 2015

En Haïti, des élections tendues pour sortir de l'impasse

Par Victoria KOUSSA —

22 octobre 2015 En Haïti, des élections tendues pour sortir de l'impasse
Depuis cinq ans, aucune élection n’est arrivée à terme en Haïti. Les électeurs de l’Etat de la Caraïbe vont choisir dimanche 25 octobre leur président, leurs députés, leurs sénateurs et leurs maires. Quelques jours avant les scrutins, le pays le plus pauvre des Amériques est déjà secoué par la violence.

54 candidats à la présidence

«L’union fait la force», telle est la devise de Haïti. Mais le nombre considérable de prétendants à la présidence n’est pas très rassurant sur les possibilités de la mettre en pratique. Sur les 54 candidats, seule une quinzaine a déjà fait ses preuves sur la scène politique haïtienne.

Parmi eux, cinq sont donnés favoris dans le sondage réalisé par Sigma Stat Consulting Group, dont Maryse Narcisse (Fanmi Lavalas) et Jude Célestin (Ligue alternative pour le progrès et l’émancipation d’Haïti) qui arrivent en tête. Quant aux autres concurrents, ils sont inconnus du grand public.

Le passé de l’actuel président, Michel Martelly, cultive leur espoir d’être élu : il était chanteur. Un président de la République qui a pris en 2011 la suite d’une histoire politique complexe, avec trente ans de dictature et quelques coups d’Etat. L’enjeu de son mandat : panser les plaies haïtiennes à la suite du séisme dévastateur de janvier 2010, qui a causé la mort de 250 000 personnes et mis plus d’1,5 million d’Haïtiens à la rue. Une épidémie de choléra s’est développée après la catastrophe naturelle et transformée en crise sanitaire : depuis 2010, 9 000 Haïtiens en sont morts. Le virus était arrivé sur l’île avec les Casques bleus venus du Népal, un an avant le drame. Chaque année, des milliers de nouveaux cas sont signalés. L’année 2015 comptabilise plus de 20 000 malades supplémentaires.

Cinq ans après le séisme, près de 85 500 personnes s’entassent encore dans des bidonvilles, d’après Amnesty International. Sur 10,3 millions d’habitants, plus de la moitié vit sous le seuil de pauvreté, avec moins de 2,5 dollars par jour.

Une élection placée sous haute surveillance
Dimanche, ils seront 5,8 millions d’électeurs inscrits à être appelés aux urnes. Les Haïtiens choisiront leurs 142 maires, élus en un tour, qui prendront leurs fonctions fin décembre. Puis, 111 députés et 18 sénateurs seront élus pour occuper les chaises vides du Parlement, une absence qui se fait sentir depuis janvier. Les élections législatives ont déjà été repoussées après de violents affrontements en août, où quatre personnes sont mortes.
Quant au futur président élu, il prendra ses fonctions en février. Une élection présidentielle qui risque, une fois encore, d’être contestée. «En Haïti, nous n’aimons pas perdre. Les 53 perdants à la présidentielle vont s’entendre pour dire qu’il y a eu fraudes», déclare Kesner Pharel, un économiste haïtien, à l’AFP.
Ces dernières semaines, cinq officiers de police ont été tués aux alentours de la capitale, Port-au-Prince, à cause de violences urbaines. Plus de 10 000 policiers nationaux assureront la sécurité du pays dimanche, aux côtés des 2 730 Casques bleus de la Minustah (Mission des Nations unies pour la stabilisation en Haïti). Une équipe d’observateurs de l’Union européenne a également été envoyée sur place pour surveiller la tenue du scrutin.
Victoria KOUSSA
http://www.liberation.fr/planete/2015/10/22/en-haiti-des-elections-tendues-pour-sortir-de-l-impasse_1408049

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