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mercredi 16 janvier 2013

Haïti-Carnaval : Entre commémoration d’une catastrophe et jouissance populaire !

Quelques heures après la timide commémoration du triste « 12 janvier » qui marque la date du violent séisme l’une des plus grandes catastrophes naturelles de l’histoire d’Haïti, la période pré-carnavalesque a débuté un peu partout à travers le pays. Pour le premier dimanche, comme d’habitude, la région métropolitaine de Port-au-Prince était en branle sous les rythmes de bandes à pied et de Dj, a constaté Haiti Press Network.
« Mais quel contraste ? Quelle dissemblance ? En vérité, il est vraiment difficile de cerner la dimension psychosociale du peuple haïtien. A-t-on fini de digérer la date du 12 janvier ? Qu’est-ce qu’explique que nous ayons la mémoire aussi courte », s’interroge Jude, jeune théologien qui opinait sur l’attitude des milliers de bambocheurs qui déambulaient dimanche devant le char sonore de J-MIX sur la route de Delmas.
« Le paradoxe, poursuit-il, c’est que hier, à l’occasion du 3e anniversaire du séisme, ils jeunaient, pour la plupart larmes aux yeux, plongés dans le chagrin. Aujourd’hui les-voilà qui se déhanchent à tue-tête sur le rythme de mélodies appuyées par des textes mal inspirés. »
Interrogée sur le parcours du char de Dj J-MIX, Jeannette semble comprendre les choses autrement. Elle oublie tout chagrin, toute désolation et tout instant afflictif. Pour elle, la vie est synonyme de jouissance. Les commentaires de Jude ne veulent rien dire pour elle.
« Il est vrai que je jeunais hier. J’ai même pris part à la marche des protestants à Port-au-Prince. Je citais le nom de Jésus et implorais Dieu comme tout le monde. J’ai en mémoire tous les disparus de la catastrophe du 12 janvier. Jusqu’à présent, ma tante Adeline ne s’est pas où est passée ma cousine Cristèle. Dieu merci ! Je suis en vie. La vie continue. Et alors ! », laisse-t-elle entendre.
Pour Bob, un autre danseur qui se rappelle avoir vécu de longues minutes de souffrance sous des blocs de béton d’un bâtiment effondré le 12 janvier, l’avis de Jeannette est partagé. Il faut vivre sa vie quoiqu’il arrive.
« Je m’amuse bien. Pour l’instant j'essaie de tout oublier », lâche-t-il, les bras en l’air, savourant une ancienne méringue du groupe Brother’s Posse.
De toute évidence, les festivités carnavalesques sont lancées. Date mémorable ou pas, les mordus de cet événement artistique et culturel sont en branle et les branle-bas annoncent déjà les manquements comme par exemple : l’éclairage des parcours qui laisse toujours à désirer avec quelques rares lampadaires qui projettent une clarté à peine digne d’une chandelle.
Alix Laroche, allalematin@yahoo.fr

http://www.hpnhaiti.com/site/index.php/art-a-spectacle/8378-haiti-carnaval-entre-commemoration-dune-catastrophe-et-jouissance-populaire-

http://www.hpnhaiti.com/site/index.php/art-a-spectacle/8378-haiti-carnaval-entre-commemoration-dune-catastrophe-et-jouissance-populaire
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