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mardi 11 septembre 2012

ÇA SEMBLE BOUGER POUR DE BON EN HAITI

Depuis quelques jours je me suis lancé dans une démarche d’introspection pour essayer de comprendre pourquoi on peut avoir des opinions carrément contraires devant une situation éminemment évidente. Sans doute ce qui est évident pour l’un, l’est mois pour l’autre. On dit que c’est la liberté de penser ! Le fleuron des droits de l’homme ! Et il faut surtout respecter l’opinion de chaque individu. C’est la démocratie ! J’ai du abandonner bon nombre de fora d’opinions quand j’ai réalisé que des actions qui méritaient des applaudissements des mains et des pieds ne faisaient jamais l’objet d’aucun commentaire et rarement de publication. Je croyais que quand on faisait le pari de discuter d’analyser les faits et gestes de certains décideurs il fallait le faire avec objectivité si sa participation s’intégrait dans le cadre d’une participation positive et une contribution à distance pour faire bouger les choses dans le bon sens… L’actuel président haïtien est arrivé au pouvoir pour certains, comme un cheveu dans la soupe, Comme acteur principal d’une chronique d’une mort annoncée. L’homme ne pouvait certes pas laisser prévoir ni s’attendre à mieux. Le choix de son équipe n’a pas rassuré davantage ni les incrédules ni les convaincus de son incapacité de diriger le pays. Mais comme disait le merenguero dominicain Johnny Ventura : le tabac est certes fort, mais il faut le fumer (el tabaco es fuerte pero hay que fumarlo). Depuis, Haïti exhibe son président-musicien un peu partout dans le monde. Un président que l’on voit sur tous les fronts et sur tous les flancs. Au début on avait l’impression d’un travailleur qui avait beaucoup d’envie de travailler mais qui ne disposait pas de matières premières. Il lançait chaque semaine, LA semaine de quelque chose sans aucun résultat palpable. Par exemple la semaine de la reconstruction sans qu’une simple pierre ait été posée. LA semaine du tourisme sans aucune activité touristique générée. Je me disais que lui au moins il a la bougeotte. Les excuses et prétextes pour ne rien faire en Haïti fleurissent dans tous les coins de tête. Les difficultés pour former un gouvernement, le non décaissement des fonds promis par la communauté internationale ont été les alibis les plus souvent exprimés. Depuis la nomination du riche homme d’affaires Laurent Salvador Lamothe, la direction du pays s’est trouvée un binôme (MM/LL) parfait comme un de ces mariages réellement réussis. Pour la première fois on a l’impression que dans la gestion du pays, il existe un accord et surtout il se dégage un plan. Il est clair que sur le plan politique, dans un milieu ou prime le pluralisme, chaque décision provoque des réactions contraires soit dans le fond ou dans la forme. Mais celui qui n’est pas dupe, reconnait dans ces crises des conflits d’intérêt qui en Haïti revêtent toujours les mêmes caractéristiques cachées par les mêmes enjeux. A tort ou à raison, des institutions attendues depuis des lustres, prennent forme et on en voit des ébauches (Conseil électoral). La Constitution amendée reconnaissant la double nationalité est publiée… Sur un plan purement pratique, le gouvernement est entrain de faire des choses que les prédécesseurs n’avaient jamais osé faire. Et on se demande pourquoi ça n’avait jamais effleuré les esprits. Je vous en détaille quelques unes de ces décisions qui ont mérité mes applaudissements : - Les contraventions pour exiger le port de la ceinture de sécurité au volant. En juillet dernier je circulais dans les rues de Port-au-Prince en voiture. Beaucoup de gens riaient à s’égosiller en observant le geste reflexe que je réalisais aussitôt installé dans une voiture. Peut importe que je me trouvasse à l’avant ou à l’arrière, je passais et accrochais automatiquement ma ceinture de sécurité. Mon bon ami KA, est arrivé à me confesser que lui sans aucun problème il portait au volant sa ceinture de sécurité à Santo Domingo ou à Miami mais il ne voyait pas l’intérêt de le faire dans « ce merdier ». Le service de circulation des véhicules, semble-t-il a commencé à distribuer des PV aux chauffeurs qui ne la bouclent pas. Et des gens qui poussent des cris de colère en se cachant derrière des arguments bidons et arguties de toute sorte pour éviter de reconnaître le non respect des lois. Le problème c’est que nous autres les haïtiens, nous vivons depuis des années en oubliant que le pays disposait de certaines lois et que le fait de ne pas les respecter répondait au laisser-aller des autorités concernées et ne les rendaient ni caduques ni inexistantes. Dans une conjoncture ou le gouvernement affichant un excès de bonne volonté qui ne peut pas être traduite en faits ou réalisations concrètes par manque de ressources, les PV offrent une opportunité en or de renflouer les caisses de l’état. Les contrevenants se plaignent et rechignent. Certains exigent une première phase pédagogique avant l’application des peines. La pédagogie a été faite puisque qu’on le veuille ou non, les gens qui ont appris à conduire, ont aussi appris un certain nombre de règlements et lois dont le port de la ceinture de sécurité. Donc bouclez-la ou payez ! C’est dommage que selon les informations recueillies auprès de nos correspondants d’Haïti que les agents de Police ont lâché prise et que les gens ne portent plus la ceinture. - Les redressements fiscaux Le gouvernement Martelly/Lamothe (MM/LL) a entamé ce que certains appellent une chasse aux sorcières pour renflouer les caisses de l’état. En effet beaucoup de « grands contribuables » auraient cessé de payer le fisc. Il faut reconnaître que dans l’absolu, nous autres les haïtiens nous ne payons pas d’impôts. Beaucoup de raisons expliquent la persistance de cette anomalie citoyenne et institutionnelle. Les grands contribuables d’aujourd’hui ont constitué pour la grande majorité leurs patrimoines justement en évitant de payer. On dispose d’un ami haut placé à qui on fait des cadeaux et les reçus, les bordereaux sont délivrés sans grand souci. Une catégorie de citoyens ne paie pas leurs redevances fiscales en se réfugiant derrière des arguments comme la corruption des gouvernements ou leur inactivité. Cependant comment comprendre que l’on puisse exiger des réalisations à un gouvernement sans payer les impôts ? Les citoyens d’Haïti savent-ils comment fonctionne un gouvernement, en particulier d’où viennent ses ressources ? Le gouvernement a publié une liste de 60 grands contribuables qui devraient 82 millions de gourdes à l’Etat. Ils crient tous à la persécution politique. Ils seraient tous innocents et auraient payé normalement leurs redevances fiscales ! « Men-m nan lanfè gen moun pa »! Les gouvernements sont souvent redevables envers une branche du secteur économique et financier. Souvent des résolutions sont émises pour en favoriser quelques uns. Dans la chasse aux sorciers redevables de l’administration MM/LL il faut surtout retenir qu’en dépit des dérapages que l’on pourrait ranger dans le chapitre dommages collatéraux, des erreurs dues à la précipitation ou à l’incompétence, les autorités haïtiennes devront faire comprendre à tous les haïtiens qu’il est impératif de contribuer. Chacun à son niveau. Selon les moyens. Mais conduire le pays vers une situation de non-fiscalité est une démarche à proscrire et à éviter à tout prix. Enfin de compte, je n’hésite pas à donner un vote de confiance à l’équipe qui est en place. Si jusqu’à présents les résultats ne sont pas palpables et que les décisions sont entachées d’erreurs, d’illégalités ou d’inconstitutionnalité, il semble se dégager une vision, une tendance à corriger les choses qui ont si mal marché en Haïti pendant des siècles. Messieurs, continuez ! Dr Jonas JOLIVERT

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