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samedi 11 août 2012

La lutte des dominicains d’ascendance haïtienne

Par Alex Amaro pour Contrairement à ce qui se passe dans d’autres collectivités, celle des dominicains d’ascendance haïtienne, affronte dans son propre pays, des inégalités sociales, culturelles, économiques, politiques et juridiques terribles, qui aggravent les conditions d’exclusion et de marginalisation dans lesquelles elle se trouve, rendant énormément difficile les possibilités de dépasser le cercle de la pauvreté et la construction de leur vie dans des conditions dignes, ou pour le moins dans les mêmes conditions dans lesquelles évolue le reste de la population dominicaine. Le poids de la culture et la politique anti-haïtienne imposées par la machine raciste, xénophobe et pro-hispanique du système de Trujillo s’est perpétué jusqu’à nos jours, ayant trouvé dans les personnes de Joaquin Balaguer et Vincho Castillo ses principaux porte-paroles, et leurs partis le PRSC et FNP, les structures idéologiques et organisationnelles qui éduquent, forment et préparent les petits chiens enragés, xénophobes, racistes et anti-haïtiens responsables d’aboyer de façon permanente contre la justice et la démocratie. De façon surprenante, ce discours antisocial et qui nie les droits d’un important segment de la population dominicaine née dans une situation d’extrême pauvreté, a pu trouver de l’espace au sein du parti de la Libération Dominicaine, qui lui a cédé devant le PRSC et le FNP des aspects politiques et constitutionnels clé pour garantir ou nier les droits des dominicains d’ascendance haïtienne. Le 26 janvier 2010 se publie la réforme ultraconservatrice de la Constitution et on blesse à mort la justice et la démocratie de la République Dominicaine. Leonel Fernandez et le PLD, portés de la main par la droite réformiste et des ultraconservateurs du FNP, annulent la possibilité pour les dominicains d’ascendance haïtienne obtiennent, exercent et jouissent pleinement de la nationalité dominicaine sans autres contretemps. Depuis lors, le racisme institutionnel obtient le rang de Constitutionnel, apporte de l’oxygène aux anti-haïtiens radicaux et font exploser les manifestations racistes et xénophobes dans la grande partie du pays, sans que celles-ci ne reçoivent une réponse sociale et politique forte au niveau des secteurs appelés démocratiques et progressistes. Une parie de la gauche politique et sociale répondit de façon très tiède devant les faits ou simplement certains ne se sont pas prononcés. Cependant la lutte des dominicains d’ascendance haïtienne a pris des dimensions sociales et politiques sans précédent quand cette collectivité a commencé à bouger et à s’organiser comme sujet politique au début des années 70. Il parait que le changement de génération, le développement organisationnel, l’amélioration de l’instruction académique et politique, mais surtout au développement de son sens d’appartenance au pays, donnant forme à la potentialité des nouveaux acteurs de ce mouvement. La détermination montrée par les dominicains d’ascendance haïtienne pour faire face aux injustices qu’ils subissent sous couvert du pouvoir de l’Etat Dominicain met en évidence le caractère démocratique et progressiste de la lutte. Pour cette raison ils devaient être appuyés par tous les secteurs qui se définissent eux-mêmes comme démocratiques, progressistes et de gauche. La lutte des dominicains d’ascendance haïtienne, qui revendiquent leur plein droit à la nationalité dominicaine, démontre le caractère inachevé de notre démocratie et la justification des luttes sociales en faveur des libertés et des libertés civiles. Mais surtout exprime son sens non négociable d’appartenance au pays. Obtenir la reconnaissance de la nationalité et de la citoyenneté pleine pour les dominicains d’ascendance haïtienne romprait l’un des piliers de la marginalité et l’exclusion en République Dominicaine, signifierait un point d’inflexion favorable dans le combat contre la pauvreté et la défaite assimilée par les secteurs populaires, avec des conséquences terribles pour le progrès des luttes sociales et la régénération de la démocratie en Haïti. Fuente: http://www.librered.net/?p=20079 Traduction Jonas Jolivert pour Haïti Recto Verso http://haitirectoverso.blogspot.com

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