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lundi 11 avril 2011

Publié: 11 avril 2011 13:55
Mis à jour: 11 avril 2011 14:05
PORT AU PRINCE, Haiti - De plus en plus d'Haïtiens quittent les camps insalubres et surpeuplés qui ont été érigés après le séisme de l'an dernier; certains sont attirés par les promesses financières du gouvernement, d'autres sont expulsés par des propriétaires exaspérés.
Mais d'autres pourraient être chassés même s'ils n'ont aucune alternative viable, à quelques jours seulement du début de la saison des pluies en mai, a prévenu la semaine dernière l'Organisation internationale pour les migrations (OIM).
La population des camps a déjà chuté de plus de la moitié, à 680 000 habitants, a ajouté l'OIM, même si aucun nouveau logement n'a été construit et que seules de rares réparations ont été apportées à ceux endommagés par le tremblement de terre de janvier 2010.
Près des deux tiers de ceux qui ont quitté les camps sont rentrés dans leurs anciens quartiers, mais moins de la moitié de ceux-ci y retrouveront des demeures intactes. Plusieurs habiteront des maisons nécessitant des réparations ou encore des abris de fortune érigés sur leurs propriétés. D'autres se sont trouvés de nouveaux logements, habitent chez des proches ou prennent l'initiative de créer de nouveaux camps.
«Nous sommes revenus à la maison parce que nous n'avions pas d'autre choix, a dit François-Joseph Ifanord, un homme de 62 ans, qui affirme que des gardiens de sécurité l'ont expulsé d'un club privé où lui et 30 autres familles habitaient sous des abris de fortune. Maintenant nous survivons au jour le jour.»
Les groupes humanitaires affirment que des dizaines de propriétaires ont chassé les réfugiés qui s'entassaient dans des cours d'école ou des centres commerciaux. L'OIM précise que le quart des habitants des camps restants font l'objet de pressions pour quitter, un taux d'expulsion qui dépasse largement la capacité des responsables haïtiens et humanitaires à développer de nouveaux logements.
Les autorités gouvernementales continuent néanmoins leur campagne pour faire disparaître ces camps, le symbole le plus visible de la misère qui prévaut toujours à Port-au-Prince. Des centaines de personnes ont ainsi replié tentes et toiles sur la place Saint-Pierre, à Pétionville, après avoir reçu 500 $ US — l'équivalent du salaire annuel d'un Haïtien moyen — du gouvernement.
Si les chèques ont eu l'effet désiré, les travailleurs humanitaires affirment que ces tactiques risquent de chasser les réfugiés vers d'autres camps, des ravins périlleux ou des maisons endommagées par le séisme.
«On ne peut appuyer ce genre de politique, a dit Luca Dall'oglio, le chef de mission de l'OIM. Le retour doit être planifié. Il faut travailler sur les zones de retour, pas seulement sur les camps.»
Les secouristes craignent que les demeures endommagées ne s'écroulent sous l'assaut d'ouragans, de pluies diluviennes ou de nouveaux séismes.
La capacité à reloger les réfugiés est freinée par une pénurie de terrains et de logements, l'incertitude qui entoure certains titres fonciers et l'explosion du coût de la vie. De plus, certains sinistrés préfèrent rester dans les camps plutôt que rentrer, puisqu'ils y ont accès à des logements sans frais, des soins médicaux, de l'eau potable et une éducation gratuite — des services rarements offerts par le 
gouvernement avant le séisme.

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