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mardi 21 décembre 2010

Haïti - Agriculture : Les attentes de la filière café

21/12/2010 09:22:37 Frito Merisier et David Nicolas, représentants de la Plateforme Nationale des Producteurs de Café d’Haïti (PNPCH) dans une entrevue téléphonique ont fait le point sur la situation de la filière café, son avenir et ses attentes.
« Cela a pris 20 ans de dur labeur aux paysans haïtiens pour reprendre le contrôle de la filière café : ceci leur permet maintenant d’établir avec des clients internationaux (la coopérative nOula par exemple) des relations directes, d’égal à égal. Ils sont déterminés à multiplier ce type de partenariat, et de continuer ce travail en bâtissant sur ces fondations. Et puis, brusquement, 3 nouveaux fléaux se sont abattus successivement sur Haïti au cours des deux derniers mois : d’abord le choléra, puis l’ouragan Tomas et, pour couronner le tout, le chaos post-électoral... Cette succession de crises est venu accentuer l’impact déstabilisant qu’avait eu depuis le début 2010 le séisme de janvier sur l’économie et la vie rurale. Nous avons survécu à ce cocktail de catastrophes naturelles et artificielles. Et en 2011 nous continuerons à nous battre pour la même cause. Plus que jamais, pour relever les défis colossaux auxquels nous sommes confrontés, nous aurons besoin de solidarité internationale. Mais pas n'importe comment, ce que nous voulons c'est :
- moins de charité mais plus de développement durable
- moins de "sweat-shops" dans les parcs industriel de Port-au-Prince, mais plus d' investissements adéquats dans une éco-agriculture visant l'autosuffisance nationale
- moins d'aide mais plus de commerce
- moins de promesses de milliards mais plus d'acheteurs pour notre café et nos autres produits de qualité »
Aujourd’hui, le tableau de la situation tel que dressé par les partenaires et amis de la PNPCH est encore celui d’un état de crise, malgré la nette avancée du commerce international solidaire et les acquis de la filière café. Ce sont en effet maintenant les régions rurales qui sont les plus vulnérables et les plus touchées par l’épidémie de choléra qui s’y répand à la faveur de l’isolement, du manque d’information et du manque d’intervenants qualifiés pour réussir à arrêter ce mal nouveau.
Dès le mois de février 2011, la PNPCH va lancer une campagne de promotion du café en Haïti. Les producteurs de café comptent sur nOula (1) et sur leurs autres partenaires canadiens pour propager ce message au Canada, afin d’augmenter rapidement la demande et les ventes du café haïtien au Canada.
Ce faisant, la pression sera appliquée de plusieurs axes sur le nouveau gouvernement. Il sera encouragé à exercer son leadership dans ce processus en suivant les recommandations de la PNPCH : investir dans les infrastructures, fournir du crédit agricole et appliquer la loi pour que le café haïtien ne quitte pas le pays à vil prix par le biais de la contrebande.
Ce dernier point à lui seul, consistant simplement à faire appliquer les règlements douaniers, pourra du jour au lendemain augmenter jusqu’à 30% la capacité d’exportation d’Haïti sur le marché international solidaire. Car ce café de qualité est déjà produit puisque l’équivalent de 500 conteneurs de café (120,000 sacs de 60kg) passe chaque année la frontière clandestinement Telle est l’ampleur de la contrebande de café vers la République Dominicaine qui sévit depuis une quinzaine d’années. Arrêter cette hémorragie représente une possibilité réaliste d’augmentation substantielle de revenus pour l’État et pour les paysans producteurs. Rediriger ce café sur les voies du commerce international solidaire permettra d’amener aux paysans et au pays deux à trois fois plus de revenus pour le même travail.
Les paysans d’Haïti comptent sur nOula et leurs autres partenaires canadiens ainsi que sur des clients internationaux pour participer à cet effort en créant un marché et une plus forte demande à Montréal, au Québec et au Canada pour le café équitable haïtien. Ils comptent sur la diaspora haïtienne partout dans le monde pour participer à cet effort collectif de relance de l’économie nationale. Une simple et toute petite décision personnelle appliquée systématiquement et multipliée 4 millions de fois (total de la population haïtienne transnationale vivant hors du pays) peuvent renverser le cours des choses.
En savoir plus sur nOula :
http://www.haitilibre.com/article-542-haiti-quebec-noula-une-cooperative-de-solidarite-remarquable.html
http://www.haitilibre.com/article-1381-haiti-quebec-le-ceci-et-noula-au-forum-d-affaires-quebec-haiti.html
S/ HaïtiLibre / nOula
http://www.haitilibre.com/article-1962-haiti-agriculture-les-attentes-de-la-filiere-cafe.html

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