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mercredi 7 août 2013

Qu'allons-nous faire de la Minustah ?

Dans un rapport publié ce mardi, l'ONU est mise à l'index pour son implication dans la propagation de l'épidémie de choléra qui, depuis 2010, a tué plus de 8 000 Haïtiens et infecté près d'un million d'autres.
Ce rapport, un de plus, se heurte au mur de la honte et du silence que l'Organisation des Nations unies (ONU) a érigé pour se protéger des demandes de réparation introduites par des plaignants haïtiens.
Même les excuses et les regrets n'entrent pas dans le vocabulaire des diplomates de la multinationale de l'aide que sont l'ONU et ses Casques bleus.
En vertu de la section 29 de la Convention sur les « privilèges et immunités », l'ONU rejette toute demande d'indemnisation des victimes du choléra et de leur famille, rappelle un article de Radio-Canada.
 Les autorités haïtiennes ne soutiennent pas les revendications de réparation adressées à l'ONU. Elles font copain-copain avec la principale force armée présente sur le territoire national.
Mardi 6 août, alors que le rapport sur le choléra sortait, Haïti s'associait à l'ONU pour demander au monde cent millions de dollars d'aide. Les cent millions doivent être utilisés en faveur de deux millions de nos compatriotes « menacés par la famine, les maladies et des catastrophes naturelles».
Chaque année, à pareille époque ou après le passage d'une catastrophe naturelle, un appel similaire est lancé. Depuis quelque temps, les résultats sont maigres. L'ONU, Haïti, l'ONU en Haïti ne font plus recette.

Devant une suite de mauvaises nouvelles, que fait encore en Haïti la mission de l'ONU, notre fameuse Minustah ?
Elle reste pour veiller au grain.
Pour nous empêcher de sortir des minces rails du processus démocratique. Elle reste pour appuyer le dernier président élu démocratiquement en date et pour le forcer, s'il hésite ou rechigne, le jour venu, à laisser sa place au suivant démocratiquement élu.
L'ONU, pour sa deuxième mission de maintien de la paix en Haïti, est venue à la demande de couches de la population qui feignent d'oublier leur peur des années 2003-2004.
Elles ne se souviennent que de leurs frustrations de 2006 ou de 2011.
La Minustah est un disgracieux balancier dans le jeu politique. À la veille des prochaines élections, ne faisons pas comme si nous ne le savons pas. Le prix de sa présence est élevé. Cela vaut-il la peine ?
Toute la question est là.
 Pour souligner que le compte de la mission est tenu, une place publique a été inaugurée à Port-Salut le week-end écoulé. On y voit un Haïtien piétiner un Casque bleu de l'ONU. Port-Salut est la ville avilie par le comportement des militaires uruguayens. Auteurs d'une parodie ou d'un vrai viol, ces amis venus nous aider nous ont démolis, avant de plier bagage.
 La place publique de Port-Salut gifle l'organisation mondiale et ses défauts. Une belle petite revanche. Un acompte.

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