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vendredi 30 août 2013

Les acteurs politiques ne doivent pas compromettre les efforts de développement

tian Paradis/Coopération canadienne
Le Nouvelliste | Publi le :28 août 2013
Valéry DAUDIER vdaudier@lenouvelliste.com
A la fin de sa visite en Haïti, le ministre canadien du Développement international, Christian Paradis, a appelé les acteurs politiques haïtiens à gérer les enjeux politiques et institutionnels de façon à ne pas compromettre les efforts de développement. Dans un entretien accordé au Nouvelliste, le ministre dit constater des progrès, mais il y a toujours des défis à relever en matière de développement. « Il faut être franc, il y a encore beaucoup de travail à faire », a affirmé Christian Paradis, quelques heures avant son départ, mercredi.
Pour son premier voyage officiel en tant que ministre du Développement international, Christian Paradis a choisi de visiter Haïti. Ce n'est pas un hasard. Juste avant son départ, le ministre a dit pourquoi il a fait ce choix. « Je pense que c'est un pays qui est prioritaire pour le Canada, a déclaré M. Paradis. Haïti est le plus important bénéficiaire de l'aide du Canada dans les Amériques. Et après les Etats-Unis, le Canada est le plus grand bailleur de fonds d'Haïti. »
Selon les autorités canadiennes, de 2006 à 2012, le gouvernement du Canada a versé plus d'un milliard de dollars en aide et en appui au développement de ce pays. En tant que représentant d'un partenaire aussi important, le ministre est venu visiter, entre autres, les projets de développement financés par son pays. Il a beaucoup apprécié le nouveau visage du Champ de Mars qui n'est plus occupé depuis plusieurs mois par des sans-abri grâce à un financement du Canada. Pour Paradis, c'est le projet de grande fierté de son pays.
« Le voyage m'a permis de mieux apprécier, mieux comprendre les enjeux, a indiqué Christian Paradis. Effectivement, j'ai vu beaucoup de choses. J'ai visité des camps, j'ai vu des gens dans la misère. En tant qu'être humain, ça m'a affecté de voir des personnes vivre dans ces conditions après plus de trois ans. Il faut conjuguer l'humanitaire et le développement. J'ai constaté qu'il y a des progrès. Le meilleur exemple, c'est le Champ de Mars », a ajouté le ministre, au cours de cet entretien au salon diplomatique de l'aéroport international Toussaint Louverture de Port-au-Prince.
Contrairement à Julian Fantino qui, au cours de sa visite dans le pays, avait exigé des autorités haïtiennes de la transparence, du leadership et de la responsabilisation, Christian Paradis se montre beaucoup plus compréhensif. Le Canada envisage, toutefois, une révision stratégique de son programme d'aide dans le pays qui, selon M. Paradis, permettra de répondre aux besoins et aux priorités du peuple haïtien. « On veut des résultats tangibles, qui puissent apporter des fruits à court, à moyen et à long terme, a expliqué le ministre. On travaille tous pour qu'Haïti ait une économie forte et autonome, des institutions durables, stables. »
Afin de mieux coordonner l'aide, le ministre a plaidé pour un pacte de responsabilité mutuelle entre les partenaires de développement et les autorités haïtiennes. Un pacte qui devrait être défini le plus rapidement possible comprenant des engagements précis, des résultats concrets et mesurables et un mécanisme de suivi. « Un pacte de responsabilité mutuelle établi sous le leadership du gouvernement permettrait à tous les acteurs de s'entendre pour fixer des objectifs communs qui seraient réalisés selon des délais et des échéanciers établis à l'avance », a expliqué le ministre.
Pour maintenir l'appui que le Canada offre depuis 2006 au projet « Appui durable aux programmes de cantines scolaires » du Programme alimentaire mondial (PAM), Christian Paradis a annoncé une contribution de 6,6 millions de dollars. Ce projet permet d'offrir un repas quotidien à des élèves afin de réduire la faim chronique et la malnutrition, d'améliorer les apprentissages et d'accroître l'assiduité scolaire.
« Les Canadiens et les Canadiennes sont des gens généreux et ils demeurent très préoccupés par les difficultés que vivent les Haïtiens et les Haïtiennes, a poursuivi Christian Paradis. Le Canada a fait des investissements importants pour aider le peuple haïtien, surtout en ce qui concerne la réinstallation des personnes qui vivaient dans des camps provisoires depuis le séisme. Cependant, il reste encore des défis à relever et nous encourageons le gouvernement d'Haïti à poursuivre les réformes de l'Etat et de l'administration publique, ainsi qu'à établir la primauté du droit. »
Par ailleurs, vu la conjoncture politique actuelle, il y a un peu d'inquiétude. Le ministre canadien du Développement international appelle au dialogue. « On continue d'insister sur le fait que les défis politiques institutionnels soient gérés par des acteurs en place pour assurer que le développement ne se compromet pas, a-t-il déclaré au cours de cette entrevue. C'est important d'établir un dialogue de part et d'autre. Ce ne sont pas des voix externes qui vont résoudre les problèmes. »
Valéry DAUDIER vdaudier@lenouvelliste.com
http://lenouvelliste.com/article4.php?newsid=120597

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