POUR VOS RECHERCHES

Google

mercredi 21 août 2013

Installation de Me René, sortie honorable de Me Délille

Au palais de justice/ Parquet de Port-au-Prince
Le directeur général du ministère de la Justice et de la Sécurité publique, Me Roudy Aly, a procédé mardi à l'installation de Me Francisco René, nouveau chef du parquet de Port-au-Prince.
Avant sa nomination à la capitale, il a occupé le même poste dans le Nord-Ouest. Après Miragoâne, Aquin, Port-de-Paix, Me René dirige son quatrième parquet. Il remplace à ce poste Me Lucmanne Délille qui y a passé environ dix mois.
Celui-ci a posé, ce mardi 20 août, un acte de grandeur d'âme. Il a salué tous ses anciens collaborateurs, le petit personnel du parquet avant de laisser le poste de commissaire du gouvernement pour celui de chargé de mission, responsable de la coordination des parquets de la République.
Dans sa conférence de presse le lendemain de son transfert, Me Délille a tenu à remercier le président de la République, le Premier ministre et le ministre de la Justice pour avoir jeté leur dévolu sur sa personne.
Il a remercié également tous ceux-là qui lui ont apporté leur collaboration, sans oublier le monde de la basoche, la Police nationale d'Haïti pour sa franche et bonne collaboration, la population civile qui a donné son support dans la lutte contre la criminalité organisée : vol à main armée, enlèvement suivi de séquestration contre rançon, incitation à la débauche, faux et usage de faux, insécurité foncière...
Me Lucmanne Délille dit avoir laissé le parquet de Port-au-Prince avec le sentiment d'avoir fait un travail inachevé. Mais l'expérience n'a pas été mauvaise, ajoute-t-il. Humble, très ponctuel, Me Délille est toujours à son bureau tous les matins, sauf aux heures de rendez-vous.
Il travaillait jour et nuit en vue de garantir la sécurité dans la ville et les quartiers environnants. Il allait partout dans sa juridiction pour rechercher les crimes, délits et contraventions.
Me Délille avait mis l'accent sur les nuisances sonores qui troublent le sommeil de paisibles citoyens. Il entretenait de bons rapports avec les tribunaux et même avec les avocats. Il a un peu marché sur les traces de son prédécesseur Me Jean Renel Sénatus, mais avec souplesse et fermeté, lorsque les circonstances l'exigaient.
Il voulait mettre de l'ordre dans la maison, mais on ne lui a pas laissé le temps de le faire.
Dans la lutte contre l'illégalité, Me Délille était parti en guerre contre les homosexuels en attirant leur attention sur le fait qu'il n'existe aucun texte de loi autorisant le mariage entre deux personnes de même sexe. Beaucoup de gens étaient d'avis que l'ancien commissaire du gouvernement de Port-au-Prince avait raison de toucher la plaie du doigt en lançant une mise en garde aux homosexuels dans une société qui tend à perdre chaque jour ses repères.
Trop tard
Il avait ouvert une enquête sur les circonstances qui entourent la mort suspecte du juge instructeur Jean Serge Joseph. Beaucoup de personnes, même au niveau de la magistrature, lui ont reproché d'avoir attendu trop de temps pour ouvrir l'enquête.
Dans le cadre de ce dossier, il a auditionné bon nombre de gens. Il avait invité Me Samuel Madistin à son bureau. Celui-ci avait boudé l'invitation, motif pris : la loi ne fait aucune obligation au dénonciateur de se présenter au parquet pour signer sa dénonciation.
Et Me Délille s'était montré compréhensif et n'avait aucune objection du fait que Me Madistin avait choisi de ne pas se présenter à son bureau pour parler des confidences que le juge défunt lui avait faites.
Dans le même ordre d'idées, une invitation a été adressée à Mme Kettely Julien de l'Institut mobile d'éducation démocratique (IMED).
Elle avait affiché le même comportement que Me Madistin. Mme Julien avait déclaré qu'elle n'attendait que la convocation du juge instructeur qui sera désigné sur l'affaire.
De l'avis de plusieurs magistrats, Lucmanne Délille, pour n'avoir pas été formé à l'Ecole de la Magistrature, a tenu la dragée haute aux bandits.
Donc, il a en quelque sorte marqué son passage.
Au cours de son administration, et sur beaucoup d'autres sujets, le parquet n'a pas enregistré de scandale. Avant de partir, ce qui n'arrive pas souvent, Me Délille a eu le courage de saluer tout le monde, non pas par regret de la fonction, mais pour montrer qu'il a du respect pour ceux-là qui ont collaboré avec lui pendant des mois. Jean-Robert Fleury
http://lenouvelliste.com/article4.php?newsid=120279

Aucun commentaire: