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lundi 17 décembre 2012

Les Québécois mettent l’épaule à la roue pour Haïti

Charles-Éric Blais-Poulin
Pour les Haïtiens, le vélo est plus qu’un moyen de transport. Véritable outil de travail et de développement économique, la bicyclette laisse tranquillement sa trace dans le nord d’Haïti. Et si ce sont des Québécois qui ont donné la première poussée, les Haïtiens tiennent maintenant les guidons d’une culture en pleine expansion.
Tout a commencé en 2006. Lassés de savoir que les femmes et fillettes haïtiennes transportaient sur leur tête des charges inhumaines, Mercier Pierre-Louis et les membres du Carrefour d'entraide et des retrouvailles du Cap-Haïtien (CENTRECH) ont imaginé l’implantation d’une nouvelle culture au nord du pays : le vélo. Si les paysannes sont la colonne vertébrale de la société haïtienne, celle-ci ploie sous le poids des objets transportés sur leur tête : cruches d’eau, achats au marché, outillage, etc.
Pendant trois ans, l’organisme CENTRECH a acheminé des centaines de bicyclettes pour soulager les femmes d’un poids immense. Le projet a démarré sur les chapeaux de roue. « Sur le terrain, nous rêvions un peu. Il y avait des vélos, mais les femmes n’étaient pas habilitées à les conduire », relate M. Pierre-Louis, Haïtien d’origine et cofondateur de CENTRECH.
À la suite de ce constat, l’organisme n’a pas mis les freins à l’aventure, mais a décidé de se réorienter. La culture du vélo s’implanterait progressivement au Cap-Haïtien, mais cette fois, avec les jeunes aux commandes. En 2010, un projet ambitieux est lancé : faire de la ville de Caracol la première Vélo-Cité d’Haïti.
Deux initiatives voient le jour rapidement. La première, « Entraide à vélo », vise à fournir des vélos munis d’un panier à des jeunes Haïtiens. Chaque fin de semaine, ceux-ci parcourent la région pour aller distribuer des bidons d’eau aux personnes âgées. La deuxième, « Le petit train va loin », consiste à ajouter des remorques aux vélos, notamment pour que les fillettes puissent transporter plus aisément les marchandises. « Nous voulions montrer que le vélo n’était pas seulement un moyen de transport, mais aussi un outil de travail » explique M. Pierre-Louis.

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