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jeudi 6 décembre 2012

Haïti-Université : Marche étudiante pour le droit à la vie

Symbolisme du 5 décembre incompris à l’Ueh ?
P-au-P, 5 déc. 2012 [AlterPresse] --- A l’appel de la Commission provisoire interfacultaire (Cpi), quelques dizaines d’étudiants et d’étudiantes de l’Université d’Etat d’Haïti (Ueh) ont marché dans les rues de Port-au-Prince, ce 5 décembre 2012, date hautement symbolique à l’Ueh, en réclamant le respect du droit à la vie en Haïti et l’autopsie du corps de Damael D’Haïti, un étudiant assassiné.
Une grande banderole invite à « pote kole pou n batay kont enjistis, lavichè, ensekirite, move kondisyon etid ak kolera Minista (Appuyez la lutte contre l’injustice, la vie chère, l’insécurité, les mauvaises conditions d’études et le choléra de la Minustah) ».
Un étudiant, membre de la Cpi, précise au micro des journalistes que ce « paquet de revendications » renvoie au droit de vivre à côté des autres droits constamment bafoués au sein de la société haïtienne.
Sur certaines pancartes exhibées par les manifestants sont lus des slogans appelant à la reforme de l’Ueh, dénonçant « le kidnapping comme commerce des bourgeois » et exigeant justice pour des victimes, dont le professeur Jn Anil Louis-Juste, les étudiants Yourkens Leroy, Onald Auguste, Damael D’Haïti et le policier Walky Calixte.
Partie du campus de la Faculté de droit et des sciences économiques (Fdse) de Port-au-Prince, les étudiants et étudiantes ont recherché en vain le soutien de leurs collègues de l’Ecole Normale supérieure (Ens), de la Faculté des sciences (Fds) et de la Faculté de médecine.
« Les 18 000,00 gourdes roses (450,00 USD) de Martelly-Lamothe ont endormies l’université », soutien une étudiante-manifestante qui a ainsi tenté d’expliquer le manque d’intérêt pour le mouvement.
Selon elle, la distribution à l’Ueh des formulaires du programme gouvernemental de subvention appelé « Kore etidyan » (Soutenir les étudiants) fait partie d’une stratégie de l’administration en place pour casser l’élan de la mobilisation étudiante.
A la Faculté des sciences humaines (Fasch), les organisations étudiantes Asosyasyon Kominikatè ak Kominikatèz Popilè (Akp), Sèk Gramsci et le Cercle d’études et d’intervention en travail social (Ceits) voient dans « Kore etidyan » une tentative de fouler aux pieds l’autonomie de l’Ueh.
Poursuivant sa route, rue Oswald Durand, Champ de Mars, Lalue, la marche s’est transformée en sit-in devant les locaux du ministère de la justice, où les manifestants ont soulevé surtout la question de l’autopsie de l’étudiant Damael D’Haïti présumé assassiné par le policier Maccéus Pierre-Paul le 10 novembre 2012, à la fête d’intégration des nouveaux admis à la Fdse.
5 décembre : pas compris !
A la clôture de la manif, certains étudiants et étudiantes regrettent que le symbolisme de la date du 5 décembre, retenue comme celle de l’arrivée des premiers Européens sur l’ile, ne soit pas compris par beaucoup. Cette date rappelle également l’intervention violente des partisans du régime de Jean Bertrand Aristide en 2003 à la Fasch.
« On oublie déjà le massacre des premiers habitants de l’île par le capitalisme esclavagiste. Nos collègues semblent faire fi royalement du massacre du 5 décembre 2003 des étudiants et professeurs par des sbires proches du pouvoir de l’époque », estime Maccénat André, membre du Cpi et de Akp. Il estime que « beaucoup ont perdu leur capacité d’analyse sous le poids de la misère ». [efd gp apr 5/12/2012 16 :30]

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