POUR VOS RECHERCHES

Google

lundi 20 août 2012

Martelly remet le CCPDI sous les projecteurs

Conseil consultatif présidentiel pour le développement économique et l’investissement (CCPDI). C’est tellement plus facile à évoquer en abrégé. « Effacé » est aussi, selon un grand nom du secteur privé, un bon abrégé désignant cette structure, créée par le président Michel Joseph Martelly en septembre 2011. Eclipsé, ce Conseil, « appelé à développer des stratégies novatrices pour attirer des investissements directs et étrangers en Haïti », revient dans l’actualité. En moins de 72 heures, deux coprésidents ont été nommés pour le diriger : l’ex-ministre de l’Intérieur, Thierry Mayard-Paul et l’industriel Grégory Mevs. Le second remplaçant le premier, confirment des sources gouvernementales. Sans entrer dans le détail de la "mésaventure" de l'aîné des frères Mayard-Paul, on commente la nomination de Mevs, certains sans abréger les éloges et d'autres les calembours mouillés d’acide. « On est enchanté », confie Stéphan Coles, coordonnateur du Forum économique du secteur privé, vendredi 17 août 2012. « Le forum est à sa disposition pour l’aider et le supporter dans cette entreprise », ajoute Coles, qualifiant l’industriel de " figure proéminente du secteur privé ". Dans le même tempo, Marc Antoine Acra, vice-président de l’ADIH, suit et voit en Mevs un pont entre le secteur privé haïtien et les entrepreneurs étrangers. « C’est bon d’avoir un membre du secteur privé comme co-chairman de ce conseil. Il pourra faire le lien entre les entrepreneurs locaux et internationaux », indique-t-il. En Grégory Mevs, Marc Antoine Acra voit " un défenseur des avantages du secteur privé haïtien ". « Je me passe de commentaires », confie, aussi froid que l’Arctique, le président de l’AMCHAM, Philippe Armand. Un autre homme d’affaires boulimique d’infos, comme aux dominos, "passe" ou presque. Circonspet, il exprime toutefois ses doutes sur d’éventuelles retombées pour le secteur privé dans son ensemble après la nomination de Grégory Mevs. « C’est le sers toi toi-même », indique-t-il, avec le sarcasme du vieux sage assis au bord de la route, témoin des agissements pour le moins égoïste d’hommes et de femmes d’affaires ayant leur entrée au palais national depuis des lustres. « Je ne sais pas ce que fait concrètement ce Conseil. J’espère au moins que la présence de Grégory permettra au public d’avoir des informations », espère une autre figure du secteur privé. « Il n’y a pas grand-chose à communiquer. Au départ, ça marchait plutôt bien avec des hommes d’affaires étrangers. Mais, très vite, les élans ont été cassés. Il y eut d'autres priorités, comme la nomination d’un Premier ministre », confie un expatrié informé du fonctionnement du CCPDI, reconnaissant qu’il « n’a pas vu grand-chose depuis le lancement du conseil » composé, outre de Bill Clinton, de l’ex-président de la Colombie, Alvaro Uribe, la star haïtienne Wyclef Jean, Michaëlle Jean, l’Envoyée spéciale de l’Unesco pour Haïti, des anciens Premiers ministres Jose Maria Aznar (Espagne), Percival Patterson (Jamaïque) et de Dennis O’Brien, l’actionnaire principal de la compagnie Digicel. Comme l’année dernière, des membres du CCPDI participeront aux activités du Clinton global initiative à New York au mois de septembre. On redira que « Haïti is open for business » alors que les mesures concrètes pour attirer les investissements tardent à être adoptées. Cela, sans parler des grands chantiers qui n’ont pas encore été ouverts comme annoncé lors de la conférence des investisseurs de fin 2011, au Karibe Convention Center. Comme le Marriott ou l’hôtel des Artistes de l’aéroport, selon un homme d'affaires. On n'a aucune nouvelle aussi du projet de construction d'un complexe commercial sur les ruines de Hasco (Haitian american sugar company). Seul le parc industriel de Carocal marche avec des perspectives d'emplois qui risquent d'être en deçà des prévisions, ajoute-t-il. CCPDI a bossé Contrairement à ce que l’on croit et malgré l’absence de ressources financières, le CCPDI a fait un travail très important, rétorque Georges Andy Réné, secrétaire exécutif du Conseil et actuel directeur général du Centre de facilitation des investissements (CFI), le troisième en 15 mois. « On a travaillé sur trois axes. On a lancé un processus de réforme des assurances en créant le Groupe de travail sur les Assurances. Ce groupe a proposé un projet de loi qui a été discuté entre les acteurs du secteur et le gouvernement. On est arrivé à deux textes finaux dont l’un sur l’organisme de supervision du secteur des assurances », explique Georges Andy René, ajoutant que des rencontres ont été effectuées ainsi que des prospections pour attirer des investisseurs dans le secteur de l’énergie. Selon M. René, l’une des missions du CCPDI est de faire des recommandations sur les réformes en vue de renforcer le cadre des affaires, sans négliger le renforcement des contacts au sein des réseaux, des relations des personnalités composant ce Conseil. Reconnaissant que ledit Conseil pouvait être qualifié « d’effacé », Georges Andy René souligne que c’était un choix. Le conseil n’avait pas à faire la promotion de ses actions mais travailler au renforcement du cadre des affaires en général, indique-t-il. Entre-temps, « des textes légaux et réglementaires seront adoptés afin de garantir et d'accorder toutes les facilités aux investisseurs ». « L'État et les collectivités territoriales entreprendront tous les travaux susceptibles d'améliorer l'attractivité d'Haïti, comme centre d'investissement », promettait Martelly le 8 septembre 2011. « Nous sommes conscients des retards que le pays a accumulés par rapport à ses amis, sur le chemin de l'investissement. C'est pourquoi j'ai voulu tout mettre en œuvre pour bâtir une économie haïtienne dynamique, génératrice de croissance et créatrice d'emplois », selon le président, dont l’administration peine à trouver les rails et la cohésion dans son action. « Le Conseil consultatif, avec les personnalités qui le composent, est un excellent outil devant contribuer à améliorer l'image du pays à l'étranger et faire d'Haïti le haut lieu de l'investissement direct étranger de la Caraïbe », avait indiqué Martelly, qui remet ledit Conseil sous les projecteurs en nommant Grégory Mevs, un partenaire en affaires de Bill Clinton, dit-on. Clinton a vivement souhaité sa présence comme coprésident du CCPDI, d'après des sources concordantes. C'est la première fois qu'une personnalité de l'envergure de M.Grégory Mevs accepte un poste public. Roberson Alphonse roberson_alphonse@yahoo.com http://www.lenouvelliste.com/article4.php?newsid=108176

Aucun commentaire: