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lundi 26 mars 2012

Les enfants adoptés ont aussi des racines ici

C’est la première Journée de l’adoption. Son thème de réflexion : les origines de l’enfant. Qui prend le dessus ? Les liens biologiques ou les liens du cœur? Il y a des journées de tout. Toutes les causes, toutes les souffrances, tous les espoirs… Curieusement pourtant, il n’existait pas de « journée de l’adoption ».

Aucun rendez-vous annuel officiel pour débattre et célébrer ce lien de filiation profond qui fonde ou agrandit, chaque année, environ 5000 familles en France. C’est cet oubli qu’a souhaité réparer un groupe de parents adoptifs de l’association « LiLiT » (Liens Liberté, Transmission) en organisant aujourd’hui un colloque à Paris auquel participent des personnalités comme l’anthropologue Françoise Héritier ou le gynécologue Israël Nisand.
« Il y a tellement de gens qui jugent, qui donnent leur avis sur une aventure qu’ils ne connaissent pas… » explique Yaël Halberthal, l’une des organisatrices.

Changer de regard sur l'adoption
Le thème de cette première journée partira donc d’une réflexion de base : les origines de l’enfant « non biologique », adopté ailleurs. Quelle origine prend le dessus? La lignée auvergnate des parents adoptifs ou Haïti, le pays où leur fille est née et où elle aura peut-être envie de retourner un jour?
Qu’est-ce qui se transmet, qu’est-ce qui manque, qu’est-ce qui se tisse? « L’idée de cette première journée, avoue Coco Tassel, qui vient de publier J’adopte! et qui coorganise l’événement, c’est aussi d’essayer de modifier le regard stigmatisant que la société a sur les adoptants et les adoptés. On aimerait sortir un peu de ce qu’on entend tout le temps sur l’adoption : C’est compliqué, c’est long, c’est risqué, c’est un déracinement… »


« Une pulsion immédiate de filiation! »
CATHERINE grand-mère de Justine, adoptée au Viêt Nam
L’une est blonde, l’autre brune. Quelque soixante ans les séparent et, pourtant, elles ont le même rire, le même amour joyeux l’une pour l’autre. Justine appelle Catherine mamie, et Catherine se sent intensément grand-mère de cette petite fille de 3 ans que son fils et sa femme sont allés chercher au Viêt Nam. « Ce n’est pas la chair de ma chair, mais quelque chose d’aussi fort et je trouve que ça questionne effectivement beaucoup sur les origines… » tente d’expliquer cette psy parisienne, un peu sidérée elle-même par le fil qui s’est noué. « Quand je suis allée l’accueillir avec ses parents à l’aéroport, je crois que j’ai vécu exactement ce que peut vivre une grand-mère qui va à la maternité. Je n’avais pas anticipé une telle émotion. Un coup de foudre. Une pulsion immédiate de filiation… »
Comme une boutade, de temps en temps, elle joue au jeu des ressemblances, balance des « C’est moi tout craché! » aux grands-parents maternels avec qui elle partage cette douce sensation de familiarité. Catherine a beau redouter le moment où Justine sera assez grande pour se rendre compte de sa différence, ce fil est comme une évidence protectrice qu’elle prend bonheur à tisser : partager, raconter, transmettre. « Je fais comme toutes les grand-mères, je lui ai montré des photos de ma maman et mon papa, je parle de son père quand il était petit… »
Elle inscrit Justine dans une lignée où elle aura toujours sa place, quoi qu’il arrive. « Je pense qu’elle aura un jour envie de chercher ses origines biologiques, conclut Catherine, sereine. Mais je serai toujours sa grand-mère. »
http://www.leparisien.fr/laparisienne/maman/les-enfants-adoptes-ont-aussi-des-racines-ici-19-03-2012-1913351.php

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