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mercredi 2 novembre 2011

CULTURE - Le prix le plus prestigieux de la littérature a été remis ce mercredi à Alexis Jenni...

Ils étaient quatre à se ronger les sangs ce mercredi matin, quatre à attendre la reconnaissance suprême du petit monde littéraire français. Carole Martinez, Alexis Jenni, Sorj Chalandon et Lyonel Trouillot espéraient recevoir le Goncourt ce mercredi à 13h. Et c'est le petit favori, Alexis Jenni (Gallimard), qui remporte finalement le prestigieux prix de littérature pour son premier roman, «L’art français de la guerre». «Hier j'ai énormément rêvé mais avant je n'osais pas y croire», confie-t-il à 20 Minutes. «Je me restreignais, je voulais garder les pieds sur terre. Mais ma foi c'est fait, je suis fier et heureux. C'était cinq années de travail. Normalement on se construit livre après livre, et là tout m'est donné en un clin d'oeil, j'ai un peu peur de me réveiller», poursuit-il, avant de remercier son éditeur. «Ce prix est un bonheur exquis. Je voudrais dire que je pourrai faire mieux la prochaine fois mais je ne vois pas comment».
Encensé par la critique et avec déjà 56.000 exemplaires vendus, «L’art français de la guerre» est une fresque entre Indochine et Algérie, qui interroge l’héritage de vingt ans de guerres coloniales. Recevoir le Goncourt dès son coup d’essai, c’est une chance rare, mais pas inédite: Jonathan Littell avait par exemple eu cet honneur en 2006, avec Les bienveillantes.
Alexis Jenni, «un jeune homme décalé qui a beaucoup d'audace»
L'auteur fait ainsi «une entrée fracassante dans la littérature», selon Bernard Pivot. «Depuis le début, je pense beaucoup de bien de ce titre rebelle qui n'obéit à personne. C'est un étrange roman, une chevauchée des guerres françaises», confie la femme de lettres Edmonde Charles-Roux à 20 Minutes. «Les discussions ont été tendues, mais il a quand même gagné au premier tour», explique-t-elle avant d'ajouter: «Moi-même j'ai eu le Goncourt pour mon premier roman. On en sort différent, on se sent plus fort.» Régis Debray, lui, indique que le livre d'Alexis Jenni «parle de la France de notre héritage avec des personnages dont l'ambiguité est riche, romanesque, et pose la question de ce que nous sommes aujourd'hui (...) Comment se fait-il que ce professeur de biologie, jeune, audacieux, écrive en 2011 notre héritage colonial? C'est un jeune homme décalé qui a beaucoup d'audace, il dérange, et c'est important de déranger parfois».
Le prix Renaudot remis à Emmanuel Carrère
Ce mercredi, chez Drouant à Paris, une autre récompense a été remise à un auteur: le prix Renaudot. Le lauréat est Emmanuel Carrère avec le livre Limonov (P.O.L). Frédéric Begbeider, qui avait voté pour lui, se dit «très heureux». Il s'agit du douzième livre de l'auteur, et également du moins sombre.
En 2010, le Goncourt avait couronné Michel Houellebecq pour La carte et le territoire (Flammarion), le Renaudot Virginie Despentes pour Apocalypse bébé (Grasset).
—Charlotte Pudlowski
http://www.20minutes.fr/article/816314/alexis-jenni-remporte-prix-goncourt

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