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jeudi 22 septembre 2011

Haïti: des pro-Duvalier perturbent une conférence

TRENTON DANIEL, THE ASSOCIATED PRESS Publié: 22 septembre 2011 17:24
PORT-AU-PRINCE, Haïti - Des partisans de l'ancien dictateur haïtien Jean-Claude Duvalier ont interrompu, jeudi à Port-au-Prince, une conférence de presse lors de laquelle des représentants d'Amnistie internationale voulaient présenter un rapport sur les abus de la dictature, dans une volonté d'accélérer les procédures judiciaires intentées contre «Bébé Doc» pour torture, meurtres et autres crimes.
Le rapport de 40 pages contient des témoignages inédits de dizaines de prisonniers politiques emprisonnés et torturés durant les 15 ans du règne de Jean-Claude Duvalier, de 1971 à 1986.
Les trois représentants d'Amnistie internationale entendent présenter le rapport aux autorités haïtiennes et aux diplomates en poste à Port-au-Prince pour tenter d'accélérer l'enquête et les poursuites intentées en janvier, quelques jours après le retour surprise de Duvalier en Haïti.
Mais avant même qu'ils aient commencé à parler, une vingtaine de partisans de l'ancien dictateur sont entrés dans la salle de conférence de l'hôtel Le Plaza, qualifiant les représentants d'Amnistie internationale d'«impérialistes» venus semer la discorde dans le pays.
«S'il-vous-plaît, partez!», a lancé Osner Fevry, un avocat proche de plusieurs personnalités politiques liées au régime de Duvalier. «Nous n'avons pas besoin que des gens viennent pour nous diviser.»
«C'est vraiment frustrant», a dit James Burke, d'Amnistie internationale. «C'est une honte que nous ne puissions pas discuter.»
Une dizaine de victimes de la dictature et leurs proches étaient présents à la conférence pour décrire les sévices qu'ils ont subis, mais ils ont quitté la salle à cause de l'intimidation, a indiqué M. Burke.
À l'extérieur de l'hôtel, dans le centre de Port-au-Prince, certains manifestants ont défilé avec des crânes et des fémurs qui, ont-ils dit, appartenaient à des membres de la milice de Duvalier persécutés après la fuite en exil du dictateur. Les ossements sont des preuves des crimes commis après la chute de Bébé Doc, ont-ils affirmé.
L'avocat de l'ancien dictateur, Reynold Georges, a estimé que les enquêteurs d'Amnistie internationale avaient ignoré pour des motifs politiques les crimes commis après la fin de la dictature.
«Duvalier est persécuté dans son propre pays», a dit Me Georges. «J'ai un client à défendre, que ce soit au tribunal ou ailleurs.»
Le rapport d'Amnistie internationale exhorte les autorités haïtiennes à admettre la responsabilité des graves violations des droits de la personne commises dans le passé, et appelle le président Michel Martelly, en tant que chef de l'État, à adresser des excuses publiques aux victimes. Le rapport appelle aussi à la tenue d'une enquête approfondie sur les crimes de la dictature, et demande de fournir une aide juridique aux plaignants.
Jean-Claude Duvalier, fils de François Duvalier, dit «Papa Doc», est devenu président d'Haïti à l'âge de 19 ans. Il a été renversé 15 ans plus tard, mettant fin à une période brutale durant laquelle ses opposants politiques ont été emprisonnés et torturés tandis que sa milice paramilitaire, les tristement célèbres Tontons macoutes, terrorisait la population.
http://www.journalmetro.com/monde/article/976837--duvalier-des-manifestants-interrompent-amnistie

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