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mardi 30 août 2011

Haïti-État de droit : La Pohdh invite la présidence à passer au concret

Martelly ne saurait donner « amnistie » à Jean-Claude Duvalier Un gouvernement, qui gracie des criminels, commet de l’impunité et « sape la notion d’égalité »...
P-au-P, 26 août 2011[AlterPresse] --- La plateforme des organisations haïtiennes de droits humains (Pohdh) appelle la présidence à poser des actes concrets pour freiner l’impunité et instaurer l’État de droit, au cours d’une conférence-débat à laquelle a assisté l’agence en ligne AlterPresse.
Le président haïtien Joseph Michel Martelly avait fait, de l’établissement d’un État de droit, un des principaux axes de sa campagne électorale, à coté de l’accès gratuit à l’éducation pour les enfants non-scolarisés, la création d’emploi et l’environnement.
La promesse de faire régner l’État de droit en Haïti, faite par Michel Martelly, ne semble être qu’« un slogan », qui manque, par conséquent, de « contenu », indique le secrétaire exécutif de la Pohdh, Antonal Mortimé.
La présidence en Haïti doit « poser des actions concrètes » estime le secrétariat exécutif de la plateforme des organisations haïtiennes des droits humains
« L’absence d’un gouvernement ne doit pas empêcher la présidence d’appliquer la loi », croit Mortimé, qui appelle la présidence à ne pas consolider l’impunité dans le pays.
Ces déclarations ont été faites en marge d’une conférence-débat à l’occasion des "vendredis de la plateforme’’, un rendez-vous mensuel de la Pohdh.

Amnistie pour Duvalier ?
Dans un entretien accordé à un média canadien, Martelly avait déclaré qu’il envisageait d’accorder amnistie aux anciens chefs d’État haïtiens, accusés d’avoir causé du tort à la nation haïtienne.
Parmi ces chefs d’État, figure Jean Claude Duvalier, sous le coup de plusieurs plaintes pour crimes contre l’humanité en Haïti.
« On ne s’empressera pas de prendre des décisions, mais la tendance veut que je penche du côté de l’amnistie et de la clémence (…) », avait déclaré Martelly.
Mais, « Martelly n’a pas la compétence pour amnistier (Jean-Claude Duvalier ) concernant ces crimes (disparitions , meurtres) », rappelle Antonal Mortimé.
On ne peut amnistier que pour des « raisons politiques », non pas en cas de crimes contre l’humanité, explique t-il.
Un gouvernement, qui gracie des criminels, commet de l’impunité et « sape la notion d’égalité », avertit la plateforme des organisations haïtiennes de droits humains.
De retour en Haïti le 16 janvier 2011, après 25 ans d’exil en France, l’ancien dictateur Jean-Claude Duvalier fait l’objet de diverses plaintes.
Des victimes de son régime, de 1971 à 1986, ont déposé des plaintes contre lui devant la justice haïtienne.
Mis sous résidence surveillée, l’ancien dictateur circule, malgré tout, comme bon lui semble.
Ses avocats avancent que la notion de crimes contre l’humanité est frappée de prescription. Cela signifie que, passé un temps, toutes démarches en justice pénale ou civile seraient jugées refusables contre un présumé criminel.
Ce temps s’étend sur 10 ans, selon le code d’instruction criminelle (haïtien), souligne Joseph Céus, doctorant en droit à l’Université Laval (Canada).
Cependant, « la prescription n’existe pas en matière de droit international ». ajoute Céus.
En effet, le concept de crimes contre l’humanité, retenus contre Jean-Claude Duvalier (dit Baby doc), est du domaine « du droit international », précise Céus.
« La prescription ne prévaut pas, quand il y a empêchement », déclare t-il, faisant référence à l’absence (physique) de Duvalier du pays pendant 25 ans.
« Le gouvernement haïtien doit accepter l’aide de l’organisation des Nations-Unies (Onu) pour un procès équitable contre Duvalier », conclut Mortimé, qui évoque l’appui technique promis par l’Onu au début du mois de février 2011 dans le cadre de cette affaire. [rh kft rc apr 29/08/2011 10:30]
http://www.alterpresse.org/spip.php?article11454
Commentaires:
J'ai envie de me demander qui sont les conseillers de Michel Martelly. Qui sont ceux-là qui lui laisse parler d'accorder une amnistie à Jean-Claude Duvalier. C'est un sujet sur lequel il aurait du garder le silence et laisser au moins le soin à la justice de jouer son rôle.
Cependant je me rappelle qu'il y a des "leaders" de la scène politique qui ont beaucoup claironné en faveur de la réconciliation. Fort heureusement, depuis les élections présidentielles certains, qui avaient surtout fait une apparition sporadique se sont éclipsés avec la même soudaineté qui avait caractérisé leur retour sur la scène politique.
Personnellement je ne pense pas qu'il soit de bon ton de ne pas intenter des procès contre tout individu ayant transgressé les lois. La réconciliation peut bien se faire sans eux s'ils sont des porte paroles de partis ou de regroupements politiques.
La réconciliation ne peut être considérée comme un masque offert gracieusement à l'impunité.

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