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lundi 4 juin 2007

RFO PARLE DE LA PARTICIPATION DE LA GUADELOUPE A LA GOLD CUP... DERBY REGIONAL EN PERSPECTIVE HAITI VS GUADELOUPE

Dossiers : Guadeloupe
La Guadeloupe en Gold Cup
L’équipe de football de Guadeloupe participe, du 6 au 24 juin 2007, à la 9ème édition de la Gold Cup aux Etats-Unis.
1ère participation à la Gold Cup
La Guadeloupe s’apprête à disputer la Gold Cup, une première dans son histoire footballistique. Pourtant, dans les rues de Pointe-à-Pitre, mis à part les amoureux du ballon rond qui trépignent déjà à l’idée de voir à l’œuvre leurs sélection, peu de gens savent réellement l’importance et le prestige d’un tel évènement à travers la région caraïbe et nord-américaine. Les hommes de Roger Salnot, de leur côté, n’ont que faire des on dit. Ils ont déjà plongé dans la compétition. Leur sélectionneur n’a pas eu besoin de les motiver. « Les gars sont conscients de l’enjeu, de la chance qu’ils ont de pouvoir côtoyer ce niveau. Arriver là, c’est une consécration. Une chance à saisir, notamment pour ceux qui souhaitent se faire remarquer
Collectivement même si on termine 4ème et dernier de notre poule, ce sera bien. Nous ne nous mettrons aucune pression inutile. Seulement celle de bien faire... et de ne pas être ridicule », a déclaré Jocelyn Angloma, l’ancien international français, dans les colonnes du bimensuel ultramarin Rootsports. Les joueurs guadeloupéens sont extrêmement motivés et enthousiastes. Pour le conseiller technique régional de la Guadeloupe Franck Louis, en poste depuis septembre 1999, il ne fait aucun doute que la sélection antillaise va défendre son blason. Dans les hautes sphères du football local, une stratégie d’intégration de joueurs professionnels évoluant à l’étranger (Europe) avec de jeunes talents locaux a été défendue, afin d’arriver à rivaliser avec des sélections nationales. « On attend de joueurs professionnels qu’ils apportent leur rigueur, leur professionnalisme dans la préparation, l’entame et la gestion des moments forts d’un match. Nos joueurs locaux sont loin d’être des manchots techniquement, mais la venue des pros doit leur permettre de passer un palier. Ils vont être rassurés. Ils vont bénéficier de l’expérience de leurs coéquipiers plus habitués aux rendez-vous à enjeux. Amateurs et professionnels vont aussi prendre conscience des qualités des uns et des autres. Cette rencontre ne peut qu’être bénéfique à l’ensemble de l’équipe », poursuit Franck Louis.
Les cinq fantastiques
Les éléments « européens », venus rejoindre la sélection guadeloupéenne, sont au nombre de cinq. Grandel est le gardien du temple. Portier du club hollandais du FC Utrecht, le Guadeloupéen se caractérise par un grand gabarit mais des sorties aériennes et dans les pieds très rapides et justes. Il a évolué à Libourne-Saint-Seurin, avec Troyes avant de se poser en Hollande. Il est un des cadres de l’équipe. David Sommeil est un des meilleurs défenseurs français. L’ancien Girondin et Marseillais joue depuis plusieurs saisons en Angleterre. Son sens du placement, ses jaillissements au sol, son bon jeu de tête et sa capacité à marquer à la culotte n’importe quel crack du football en font une pièce maîtresse de l’effectif de Roger Salnot. Miguel Comminges n’est pas forcément le plus connu des joueurs guadeloupéens de l’étranger. Le défenseur de Reims n’est toutefois pas là par hasard. Le défenseur est l’une des valeurs sûres de l’équipe champenoise. Polyvalent, il peut occuper sans problèmes chacun des postes défensifs. Le Dijonnais Mickaël Tacalfred évolue dans le même registre que Comminges. Ensemble, ils devraient apporter cette solidité défensive essentielle à un groupe porté vers l’attaque. Le duo aurait dû être complété par la présence d’un « ancien » de la sélection, le jeune défenseur Marseillais et international espoir Ronald Zubar. Blessé à la cuisse, c’est la mort dans l’âme que le solide défenseur central guadeloupéen a renoncé à la sélection. Il a néanmoins promis de faire le déplacement à Miami (Etats-Unis) pour venir encourager ses potes. En attaque, les Guadeloupéens pourront compter sur l’attaquant vif-argent, de Brest, Richard Socrier.
Angloma, chef de file de la nouvelle génération
Mais la star du groupe est bel est bien Jocelyn Angloma, l’un des plus beaux palmarès du football français. L’ancien défenseur de l’Olympique de Marseille et international A avec les Bleus est le plus âgé donc le plus expérimenté. A 39 ans, le natif de Morne-à-l’Eau reconverti en milieu de terrain défensif et parfois offensif est le fer de lance de la sélection. Vainqueur de la Ligue des champions 1993 avec l’OM face au Milan AC son aura reste intacte aussi bien auprès des joueurs des autres nations représentés en Gold Cup qu’auprès de ses coéquipiers. Le règlement de la Gold Cup autorise une formation comme la Guadeloupe, assimilée à la Confédération de football d’Amérique du Nord, d’Amérique centrale et des Caraïbes (CONCACAF) à faire appel à des éléments internationaux n’ayant plus porté le maillot national depuis au moins cinq ans. Ce qui est son cas. La Guadeloupe a beau partir dans l’inconnu, mais avec une telle équipe il est peu probable qu’elle se retrouve dans la situation de la victime expiatoire. Puis avec des joueurs du cru très adroits devant le but adverse comme Dominique Mocka, Loïc Lebon et Ludovic Gotin qui culmine à 6 buts chacun depuis le 19 août 2006, la Guadeloupe peut réellement atteindre son objectif. « Sur le papier, il faut être réaliste. Nous avons très peu de chance de nous qualifier. Dans notre groupe des formations nationales telles que le Canada, Haïti et surtout le Costa Rica nous sont supérieures. Maintenant une bonne entame de tournoi peut nous ouvrir les portes du rêve. Nous sommes conscients d’être le petit poucet de la compétition. Je pense toutefois que viser des quarts de finale est un objectif censé », émet Franck Louis. Jocelyn Angloma abondait dans le même sens, toujours dans Rootsports, lorsqu’il déclare que : « Le tirage au sort de notre poule avec Costa Rica, Canada et Haïti, est très difficile (...) Nous y allons pour jouer notre va-tout. Pour faire bonne figure. Même si nous restons réalistes. Nous sommes bien sûr, sur le papier, la formation la plus faible des quatre. Mais c’est bien connu, le football peut parfois conduire à des surprises. »
Coup d’envoi le 6 juin
Cette 9ème édition de la Gold Cup de la CONCACAF, équivalent d’une Coupe d’Afrique ou encore d’une Coupe d’Europe des nations, rassemble les douze meilleures nations actuelles du bassin Caraïbe. Le tournoi se tient cette année, du 6 au 24 juin 2007, aux Etats-Unis, sur six sites disséminés dans plusieurs agglomérations du pays (l’Orange Bowl de Miami, Le Home depot Center de Los Angeles, le Reliant Stadium de Boston, le Reliant Stadium de Houston et le Soldier Field de Chicago). Les formations au départ de la compétition caribéenne sont Cuba, Honduras, Panama, Mexique, Salvador, Guatemala, Trinité et Tobago, Etats-Unis, Canada, Haïti, Costa Rica et Guadeloupe. Réparties dans trois poules de quatre équipes, seules les deux premiers du groupe se qualifient pour les quarts de finale. La Guadeloupe a de redoutables et expérimentés adversaires. A commencer par le Canada, classé à la 94ème place mondiale, dont la colonne vertébrale est composée majoritairement de joueurs européens naturalisés et évoluant dans le championnat nord-américain (MLS). Le jeu pratiqué par les hommes de Dale Mitchell est rapide, athlétique à la manière des anglo-saxons et posé au sol. Les protégés de Rodolfo Villalobos sont 50ème au classement FIFA. Le Costa Rica reste sur trois participations d’affilée en phase finale de Coupe du monde. Cette même équipe a tenu la dragée haute à l’équipe de France de football, en septembre 2005, ayant même mené 2 buts à 0 avant d’être rejoint au score et dépassé à la marque dans les derniers instants du match. Rodé aux joutes internationales, le Costa Rica a une grande expérience des rencontres à enjeux. Le jeu costaricain est léché, car les joueurs sont techniques. Déroulant un jeu ultra-rapide à une touche de balle et toute en déviation, les expérimentés Costaricains apparaissent comme les favoris de leur groupe.
Haïti/Guadeloupe, le derby régional
Enfin, l’équipe d’Haïti, récent vainqueur de la Coupe des Caraïbes, 2 buts à 1, contre le pays hôte Trinité et Tobago, est une équipe très rude sur l’homme. La 85ème meilleure équipe du monde, entraînée par le Cubain Luis Amelio Garcia, se démarque aussi par la vitesse de son jeu en mouvement porté vers l’avant. Ses joueurs très présents dans les duels, le sont aussi en attaque où certains d’entre eux, talentueux et efficaces, se distinguent par leur rapidité. Lors de la dernière confrontation entre les deux équipes à Trinité et Tobago, la Guadeloupe s’était inclinée 3 buts à 1. Tout comme la formation des petites Antilles française, la nation de Toussaint Louverture n’évoluait pas avec l’intégralité de ses professionnels, notamment le défenseur nantais Jean-Jacques Pierre.

La rencontre Haïti/Guadeloupe, programmée le 6 juin à l’Orange Bowl de Miami, a des parfums de derby. Les joueurs des deux formations parlent le créole et usent couramment de la langue française. Leurs histoires s’entrecoupent et la géographie humaine fait que de nombreux Haïtiens ont choisis la Guadeloupe pour vivre.
« Nos deux formations se respectent. Nous sommes francophones, eux aussi. Les Haïtiens nous connaissent bien. Ils sont nombreux à habiter la Guadeloupe. Maintenant, Haïti n’est pas une petite nation de football. Ce pays possède une vraie histoire avec le football. En 1974, l’île a participé à la Coupe du monde. Les joueurs sont dépositaires d’une identité de jeu et d’une grande histoire avec le football. Puis, ce sport est si populaire chez eux que dans les difficultés du quotidien le football apporte à la population une fenêtre vers le rêve. L’enjeu est tout autre pour eux. On peut toutefois parler d’un véritable derby de la Caraïbe. Nous sommes prévenus. Avec la forte diaspora haïtienne résidente à Miami et mobilisée pour le match, il ne fait aucun doute que nous jouerons à l’extérieur et eux à domicile », soutient le Conseiller technique régional guadeloupéen Franck Louis.
La Guadeloupe, un jeu à la française
Pour Thierry Moncontour, journaliste martiniquais et également un des présentateurs de l’émission Couleurs Sport sur la chaîne RFO, « cette équipe de Guadeloupe peut espérer réaliser un bon tournoi, car elle possède un bon équilibre entre jeunes joueurs locaux pleins de talents et des joueurs professionnels expérimentés et heureux de défendre les couleurs de leur île. Face à Haïti la tâche s’annonce dure, mais un bon résultat [victoire ou nul] et le rêve est permis. »
Depuis le 19 août 2006 jusqu’au 20 mai 2007, l’équipe de football de Guadeloupe a disputé pas moins de vingt-cinq matchs pour quinze victoires, deux nuls et quatre défaites. Elle est allée à Trinidad, en janvier 2007, chercher sa qualification pour leur première phase finale de la Gold Cup. Pour atteindre « les quarts de finale de la compétition, bien représenter le football francophone à travers [notre] prestation, [d’] ouvrir des perspectives d’échanges avec les autres nations de la caraïbe et des Amériques (nord, centre et sud) », la sélection guadeloupéenne va devoir puiser dans ses ressources physiques et mentales et s’appuyer surtout sur son jeu. La formation caribéenne évolue habituellement avec deux schémas tactiques de prédilection ; un 4-4-2 ou alors un 4-5-1. L’équipe antillaise a une bonne animation offensive et défensive. Le sélectionneur Roger Salnot aime l’attaque. Longtemps inspiré par le grand Brésil de Pelé, les Antillais se sont de plus en plus tournés vers l’Europe. La sélection guadeloupéenne a d’ailleurs un jeu à la française, c’est-à-dire un jeu léché avec des attaques rapides, placées avec redoublements de passes. Les Guadeloupéens ont pris cette compétition très au sérieux.
En marche vers l’histoire
C’est à l’hôtel Gosier de Pointe-à-Pitre que les joueurs se sont préparés une semaine avant leur départ pour les Etats-Unis début juin. Roger Salnot a fait appel à vingt-trois joueurs pour mettre en place et travailler le schéma tactique de son équipe sur le terrain synthétique du CREPS Antilles-Guyane. Les terrains en herbes guadeloupéens, étant en mauvais état cette saison, sont quasiment impraticables à cause de la sécheresse, il fallait ainsi trouver un recours. Deux matchs amicaux, dont un contre une sélection regroupant des éléments du champion de Guadeloupe Morne-à-l’Eau et de son dauphin le Sporting Club Moule (CSM), ont également été programmé comme tour de chauffe avant les choses sérieuses. La légende du football guadeloupéen est en marche...
LA SELECTION DE GUADELOUPE
Jocelyn Angloma (Etoile), Aurélien Capoue (FC Nantes), Miguel Commingues (Reims), Fabrice Mercury (CSM), Richard Socrier (Stade Brestois), Philippe Durpes (Romorantin), Marius Fausta (Evolucas), Cédric Fiston (Solidarité Scolaire), David Fleurival (FC Tours), Ludovic Gotin (CSM), Franck Gradel (FC Utrecht), Léry Hanany (Racing Club), Jean-Luc Lambourde (Amical Club), Loïc Laval (FC Utrecht), Dominique Mocka (JSVH), Willy Laurence (Etoile), Ludovic Quistin (Tamworth), Fabien Raddas (Poissy), David Sommeil (Sheffield), Constant Thérésine (AS Gosier), Alain Vertot (Etoile) et Mickaël Tacalfred (Dijon).
Ismaïl Mohamed Ali, le 4 juin 2007

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