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samedi 7 septembre 2013

Chamblanc : une sœur de retour d’Haïti

Elle ne revient pas de vacances mais de la partie de sa formation de novice qui constitue la deuxième année, une « démarche approfondie de la mission », c’est-à-dire l’assistance et l’aide aux personnes.
C’est des images et des souvenirs plein la tête que sœur Agnès Marie, novice dans l’ordre de Saint-Joseph de Cluny, parle de ses huit mois passés sur l’ancienne partie française de l’île.
Haïti était en effet partagé aux deux tiers sous protectorat espagnol, la partie est, devenue Saint-Domingue, et le tiers restant sous protectorat français, ancien havre des boucaniers français sur l’ouest de l’île dans la partie montagneuse et boisée devenue Haïti. L’histoire rappelle que c’est la première république noire qui est devenue autonome, même si elle a connu par la suite une succession de dictateurs.
Sœur Agnès Marie est partie le 11 novembre dernier, pour arriver à Port-au-Prince au cours de l’année jubilaire, soit les 150 ans de l’arrivée sur l’île des sœurs de l’ordre, des pères de Jacques d’Haïti originaires du Finistère et des frères de l’instruction chrétienne eux aussi de Ploërmel (29).
Le tremblement de terre a laissé des traces
Elle a pu y découvrir les méfaits du tremblement de terre de 2010, encore visibles, car, à part les écoles qui ont été reconstruites, l’éducation des enfants est la priorité du gouvernement en place, l’habitat reste précaire, sous des tentes, et le commerce fait seulement en grande partie de simples étales. Les ONG sont d’ailleurs encore largement présentes et aident les Haïtiens qui se démènent à la reconstruction. L’éducation reste une priorité pour assurer le développement de l’île, il reste encore beaucoup de défis à réaliser et éviter l’exode des plus aisés vers l’Amérique du nord.
Les enfants domestiques
Elle est ensuite partie dans le nord de l’île à Cap-Haïtien, ville de 600 000 habitants, ancienne capitale du pays, détruite elle aussi par un tremblement de terre dans les années 1850, ce qui permit à Port-au-Prince de devenir l’actuelle capitale. Hébergée dans une ­congrégation de l’île avec d’autres novices, elle est devenue enseignante à l’école des “reste-avec”, l’école de l’après-midi pour les enfants domestiques. Ces enfants, de 7 à 17 ans, portant l’uniforme impeccable comme les enfants scolarisés, sont des enfants de familles pauvres de la campagne qui sont accueillis en ville dans de la famille. En contrepartie, ils servent d’esclaves.
L’après-midi, ils sont scolarisés après avoir pris, dès leur arrivée joyeuse à l’école, un repas. Cette situation est « normale » dans la culture haïtienne, car considéré comme une aide aux pauvres, ce qui est aussi l’état d’esprit d’Anne-Marie Javouhey. Agnès Marie assurait dans cette école le soutien scolaire et le français. Elle a aussi enseigné la catéchèse aux enfants de 6e ; cette matière étant une matière à part entière dans l’éducation locale où les enfants sont cinquante par classe.
Plus qu’une expérience un cadeau Elle est très satisfaite de son expérience « dans un beau pays riche, plein de contrastes et fragile » à la végétation et à la culture des fruits et légumes luxuriantes. Elle la qualifie même de cadeau dans sa vie pour la découverte d’un nouveau pays. De retour à Chamblanc, elle a repris l’approfondissement de sa vie spirituelle et en communauté.
L’autre novice, sœur Marie Bruno, termine sa première année de formation avant de partir en septembre « approfondir sa mission » à Maisons-Alfort, près des populations à aider car elle a déjà fait des missions humanitaires pour une association auparavant au Brésil et en Afrique de l’Ouest.
http://www.bienpublic.com/edition-de-beaune/2013/09/07/une-soeur-de-retour-d-haiti

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