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samedi 24 août 2013

LAVIWONNDEDE..L'EDITORIAL DU NOUVELLISTE

LAVIWONNDEDE...
Le Nouvelliste | Publi le :23 août 2013
Frantz Duval duval@lenouvelliste.com Twitter:@Frantzduval
Quelle belle semaine que cette semaine...
Il y a ce bus réalisé par une équipe haïtienne. De la conception à la réalisation. Un exploit qui nous éloigne de la transformation d'un véhicule en tap-tap, même s'il ne nous hisse pas au niveau du Japon ou des États-Unis d'Amérique. C'est un début, un encouragement pour tous ceux qui rêvent de construire de leur main leur utopie.
Il y a cette pluie d'annonces d'investissements.
Celui qui risque d'avoir le plus grand impact sur la vie des Haïtiens est ce terminal de gaz liquéfié. Ce combustible peut, si son introduction est réussie, participer dans la lutte pour la régénération de notre environnement, provoquer une baisse généralisée des prix sur toute une chaîne de produits et de services, modifier les revenus en milieu rural s'il remplace le charbon de bois.
Dans le tourisme, à l'Ile-à-Vache, à Côtes-de-Fer, le gouvernement va mettre le paquet. Une attitude volontariste comme on n'en a jamais vu dans ce pays, dans ce secteur. À coup de millions, la ministre du Tourisme, le Premier ministre amorcent la pompe et espèrent que les investisseurs privés suivront.
Pas de doute qu'il y aura des coups fourrés au terme de cette aventure, mais aussi de belles surprises et une dotation conséquente en infrastructures dans des régions oubliées de tous depuis des lustres.
Dans un secteur connexe, l'immobilier épouse l'audace. El Rancho se marie avec Villa Créole pour proposer le plus grand complexe multiusages du pays. Le commerce, les loisirs, le divertissement, la restauration, l'hébergement et le logement, tous réunis sur un seul et même site sécurisé et aménagé, cela va apporter un souffle neuf sur la région métropolitaine et entraîner, espérons-le, la venue de nouveaux acteurs dans l'aménagement urbain.
Il y a aussi de bonnes nouvelles qui ne sont pas des annonces, mais des aboutissements.
L'agriculture présente enfin les fruits de tous les investissements consentis par l'État haïtien depuis deux décennies. La Commission nationale de la sécurité alimentaire fait état d'une augmentation significative de la production agricole. Il n'y a pas eu de catastrophe naturelle majeure, les récoltes sont bonnes. Pour que cela se poursuive, une série de mesures annoncées dans le budget 2013-2014 corroborent, pour une fois, les discours et les intentions annoncées. Des taxes à la pelle, des droits et redevances, des revenus pour le Trésor public sont enfin établis en prévision de la protection de la production nationale et pour une contribution plus significative des Haïtiens au budget de leur pays.
Dommage que le débat soit très politique, mais c'est la loi du genre, et que la pédagogie ne se marrie pas mieux à la communication! Ce n'est pas le seul regret de cette semaine.
Un article paru dans le Miami Herald, mais distribué à tous les médias du monde par Associated Press, dresse le portrait des difficultés pour ceux qui souhaitent investir en Haïti. Cette fois, ce sont les gestes, les petits pas, qui ne suivent pas assez vite les bonnes intentions et les slogans. Il y a du travail à faire encore et encore pour sortir de l'impasse.
Le changement de direction à la tête de la compagnie Électricité d'Haïti et le report de la rentrée des classes, au-delà des questions de personnes, traduisent l'échec de politiques dans des secteurs clés. Deux des E phares du président Michel Martelly sont en panne. Dans le cas de l'éducation, cela fait trois rentrées scolaires de suite pour lesquelles la planification publique rate son objectif annoncé et fait payer un mois fantôme aux parents des élèves des écoles privées.
La politique énergétique est aussi chaotique qu'avant Martelly. Les millions engloutis dans l'EDH ne résolvent rien. Ceux misés sur le solaire ne sont pas des investissements pérennes.
Pour assombrir le tableau, la révocation puis la nomination d'un nouveau commissaire du gouvernement près le tribunal de première instance de Port-au-Prince, la plus grande juridiction du pays, font craindre la mise en place d'une mécanique répressive. Quand la justice s'habille de rose et oublie de se bander les yeux, les dérapages ne sont pas loin. Ce n'est pas par hasard que l'on parle de l'existence de prisonniers politiques ces derniers jours. Il y a un climat qui s'installe. Un autre E va mal, celui de l'État de droit.
Le Parlement n'a jamais été en plus mauvais terme avec l'exécutif et la plus haute instance judiciaire du pays, le Conseil supérieur du pouvoir judiciaire, est plus contesté que jamais. Ses membres mêmes dénoncent l'inaction de son président, par ailleurs président de la Cour de cassation, le tribunal suprême du pays. Quand on sait que la machine électorale n'a pas de boussole, ni de carte, ni d'objectif, on demande vers quel obstacle nous nous dirigeons... Un pays peut-il avancer avec ces trois pouvoirs en conflit, déliquescents ou convalescents?
Quel genre d'investisseurs souhaitons-nous attirer en Haïti dans les prochains mois ?
C'est la question de cette si belle semaine.
Frantz Duval duval@lenouvelliste.com Twitter:@Frantzduval http://lenouvelliste.com/article4.php?newsid=120428

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