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vendredi 4 janvier 2013

Le gouvernement haïtien furieux contre le Canada

Le gouvernement d'Haïti, en pleine démarche pour attirer les touristes, est furieux contre le Canada et les États-Unis, qui ont récemment mis en garde leurs citoyens contre les risques d'un voyage dans ce pays.
En décembre, peu après le gouvernement américain, le ministère canadien des Affaires étrangères a invité ses citoyens «à faire preuve de grande prudence» et à éviter «tout voyage non essentiel» dans les quartiers de Martissant, Carrefour, Bel Air et Cité-Soleil, à Port-au-Prince, en raison de conditions de sécurité qui y seraient particulièrement «instables et dangereuses».
Voilà qui tombe particulièrement mal, au moment où Air Transat s'apprête à lancer des forfaits vacances en Haïti à compter du 23 janvier.
Calvin Cadet, porte-parole du gouvernement haïtien, a fait valoir à l'Associated Press que les avertissements des gouvernements américain et canadien sont «incompatibles» avec les progrès réalisés en Haïti en matière de sécurité.
Debbie Cabana, porte-parole d'Air Transat, signale que, en créant ses forfaits vacances, Air Transat a bien en tête la sécurité de ses clients et propose des hôtels et des excursions en conséquence. «Les autorités haïtiennes nous ont donné l'assurance qu'elles avaient mis en place les mesures nécessaires en vue de relancer l'industrie touristique», explique-t-elle.
Samuel Pierre, professeur à l'École polytechnique et président du Groupe de réflexion et d'action pour une Haïti nouvelle, comprend la prudence d'Ottawa, mais il estime que l'avis, qui arrive à quelques jours du lancement du forfait d'Air Transat, «n'est pas très humain». «Haïti se démène pour sortir de la misère et tente de mettre sur pied une industrie touristique. Il se retrouve maintenant comme un malade à qui l'on donne le coup fatal.»

Risque au Mexique aussi
Certes, Ottawa exprime aussi certaines réserves à l'égard de la Jamaïque, par exemple, mais selon M. Pierre, cela n'a pas du tout le même impact pour ce pays où le tourisme est bien installé.
Emerson Douyon, lui aussi Haïtien d'origine et commissaire à la Commission des droits de la personne du Québec, abonde dans ce sens. Il trouve que le Canada fait preuve «d'une insistance un peu trop particulière» par rapport à Haïti alors que le Mexique représente un risque au moins aussi grand pour les touristes.
«Il existe des risques réels pour les Haïtiens de la diaspora qui vont faire un séjour en Haïti parce que ce sont eux qui sont visés par les enlèvements. Les gens là-bas montent carrément des dossiers sur des Haïtiens de la diaspora qui ont de l'argent et que l'on veut enlever s'ils se présentent au pays. Mais en général, ce sont des choses qui se passent entre Haïtiens, sans que les Blancs soient inquiétés.»
Le ministère canadien des Affaires étrangères a refusé toute entrevue sur le sujet. Ses seuls commentaires, envoyés par courriel, disent qu'il n'y a rien de neuf sous le soleil, que les appels à la prudence en Haïti datent d'août 2011 et que l'avis de décembre, aujourd'hui levé, concernait la ville de Jérémie et rien d'autre.
http://www.lapresse.ca/international/amerique-latine/201301/04/01-4608272-le-gouvernement-haitien-furieux-contre-le-canada.php

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