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mercredi 8 février 2012

Haïti-Duvalier : Manifestation symbolique pour ne pas oublier les atrocités de la dictature

P-au-P, 7 févr. 2012 [AlterPresse] --- Quelques dizaines de personnes ont répondu à l’appel de plusieurs organismes nationaux de droits humains pour manifester symboliquement devant le ministère de la justice et de la sécurité publique, ce mardi 7 février 2012, qui coïncide avec le 26 e anniversaire de la chute de la dictature des Duvalier en Haïti, a observé l’agence en ligne AlterPresse. Arborant quelques pancartes et entourés d’une unité de la police nationale d’Haïti (Pnh), les maniestantes et manifestants – qui n’étaient pas nombreux – ont réclamé justice et réparation pour les plus de 30 mille victimes du régime Duvalier.
Le sit-in du 7 févier 2012 voulait également interpeller l’opinion sur le mépris que semble afficher l’ordonnance du 30 janvier 2012, du juge instructeur Carvès Jean, laquelle ordonnance souhaite le renvoi de Jean-Claude Duvalier par-devant le tribunal correctionnel pour « détournement de fonds publics » (selon les articles 117 et 118 du code d’instruction criminelle) et non pour les atrocités perpétrées par les sbires de son régime.
Les manifestantes et manifestants assimilent l’ordonnance du 30 janvier du cabinet d’instruction à une gifle pour les nombreuses victimes de Duvalier.
« L’objectif de ce sit-in est d’exiger que les victimes du régime de l’ex-dictateur Jean-Claude Duvalier soient entendues par la justice. Il faut organiser un procès équitable contre ce tyran pour les violations des droits humains, les crimes de l’humanité, les crimes de sang, les assassinats, les exécutions extra-judiciaires, perpétrés sous son règne. Il faut permettre que la vérité soit faite sur cette période de dictature », soutient la plateforme des organisations haïtiennes de défense des droits humains (Pohdh).
Aucune autorité officielle, ni du ministère de la justice devant lequel la manifestation s’est déroulée pacifiquement, n’est venu s’entretenir avec les manifestants qui ont tenu le sit-in sur la voie publique pendant environ 2 heures de temps.
Aucune cérémonie officielle n’a eu lieu, non plus, non seulement pour faire un rappel historique à l’intention de la génération actuelle de jeunes, mais aussi pour évoquer le 26 e anniversaire de la chute de la dictature des Duvalier, le 7 février 1086, quand un soulèvement populaire a forcé Jean-Claude Duvalier et ses proches à fuir Haïti pour trouver refuge en France.
Au contraire, la population vaquait normalement, ce 7 février 2012, à ses activités régulières, dans un contexte habilement orchestré en vue d’essayer d’effacer la mémoire par l’oubli des atrocités de la dictature des Duvalier. Certaines personnes ont le toupet de déclarer qu’il y aurait prescription des nombreux crimes contre l’humanité, commis entre 1957 et 1986.
Revenu à Port-au-Prince le dimanche 16 janvier 2011, Jean-Claude Duvalier a fait fi, en maintes fois, de l’a disposition judiciaire l’assignant à résidence. Il a même participé à des activités officielles, comme la commémoration du deuxième anniversaire du tremblement de terre du 12 janvier 2010 et joué le rôle de parrain de promotion à une faculté publique de droit, où les étudiants l’ayant invité n’ont eu aucune gêne à tenter de le réhabiliter.
Des interrogations demeurent quant à la possibilité, pour les plaignantes et plaignants contre Jean-Claude Duvalier, de faire appel contre l’ordonnance du 30 janvier 2012, afin de satisfaire la demande nationale et internationale en faveur d’un procès (en bonne et due forme) autour des crimes contre l’humanité commis sous la dictature, il y a plus de 26 ans en 2012. [jep rc apr 07/02/2012 12:00]http://www.alterpresse.org/spip.php?article12344

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