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jeudi 24 novembre 2011

Haïti : Un rapport de Human Rights Watch dénonce les conditions de vie des femmes dans l’après-séisme

L’organisation Human Rights Watch a publié sur son site internet un rapport intitulé “Personne ne se souvient de nous”. Celui-ci dénonce des manquements importants en terme de droit à la santé ainsi qu’à la sécurité accordée aux femmes et aux jeunes filles dans l’Haiti de l’après-séisme.
“Des femmes touchées par la catastrophe et qui n’ont pas eu voix au chapitre dans le processus de reconstruction du pays” et un soutien international encore trop faible tel est le constat dressé par Human Rights Watch. Ainsi, “l’optimisme initial ressenti par les agences humanitaires et les bailleurs de fonds internationaux quant à une amélioration de l’accès à la santé maternelle dans les zones affectées par la catastrophe ne s’est pas traduit dans les faits pour toutes les femmes et les filles. Ceci, en dépit de la vague de soutien international et de nouveaux services gratuits gérés par des organisations non gouvernementales (ONG) internationales, lesquelles avaient promis d’éradiquer les barrières géographiques et économiques qui, au cours de l’histoire, avaient empêché les femmes et les filles d’accéder aux soins de santé.”
Afin de rendre compte de la situation, Human Rights Watch s’est basé sur ses recherches effectuées à Port-au-Prince fin 2010 et début 2011 ainsi que sur 128 entretiens menées avec des femmes vivant dans quinze camps de déplacés différents.
Human Rights Watch souligne notamment les conditions difficiles auxquelles doivent faire face les femmes enceintes avec pour conséquence une surmortalité infantile et maternelle : “ Selon les femmes et les filles avec lesquelles nous nous sommes entretenues, ces retards sont survenus parce qu’elles n’ont pas senti les premiers signes de l’accouchement ou ne connaissaient pas bien leur nouveau quartier, parce que les centres de soins où elles se rendaient précédemment avaient été détruits lors du tremblement de terre, à cause de la distance, des problèmes de sécurité ou des frais de transport ou en raison des soins insuffisants dispensés aux centres de consultation.”
L’insécurité alimentaire vient également ternir un peu plus le constat dressé par l’organisation puisque la distribution alimentaire générale n’a duré que deux mois après le séisme. Les femmes rencontrent désormais beaucoup de difficultés pour nourrir leurs enfants. Pour preuve l’exemple d’Adeline, forcée de “nourrir son bébé de trois mois avec de la farine de maïs mélangée à de l’eau car elle n’avait pas suffisamment de lait maternel pour son enfant”. Une situation qui engendre le recours fréquent à la prostitution et qui augmente considérablement les violences sexuelles. En effet, la plupart du temps ces “échanges” se font en secret et dans la honte ce qui “ les expose à la violence car elles ne bénéficient pas du peu de protection que pourraient leur offrir des réseaux sociaux ou leur communauté.”
Point important, le manque de suivi du gouvernement : Human Rights Watch a constaté que “les informations importantes, nécessaires pour que le gouvernement haïtien suive de près les progrès opérés en matière de santé maternelle, ne sont pas enregistrées dans les camps : par exemple, aucun des cinq décès de nourrissons mentionnés par des femmes et des filles interrogées par Human Rights Watch n’ont été rapportés ou enregistrés par une quelconque ONG ou un quelconque organe gouvernemental. L’organisation rappelle tout de même que certaines ONG ou encore Le programme SOG (soins obstétriques gratuits) ont permis a plusieurs femmes de se soigner gratuitement. Mais l’accès aux soins reste une question de chance, pour de multiples questions. Tout d’ abord les ONG ne sont pas à même de couvrir toute les zones touchées par le séisme. Ensuite le manque d’information, parfois les ONG sont mal renseignées, impossible donc pour elle d’indiquer clairement un établissement public qui pratique le programme SOG. La catastrophe très suivi par les médias a vite était effacée par d’autres urgences dans le monde et l’oubli règne aujourd’hui sur le pays.
Plusieurs recommandations ont donc été émises par l’organisation, qui demande aux agences des Nations Unies et aux ONG internationales par exemple de “fournir un compte rendu régulier au ministère de la Santé sur le nombre de visites prénatales, de naissances institutionnelles, ainsi que de décès maternels et infantiles dans les établissements gérés par les ONG”.
Human Rights Watch s’est également adressé au président d’Haiti, lui enjoignant de “concevoir des programmes pour améliorer l’accès des femmes et des filles aux informations relatives aux soins maternels et reproductifs, à la disponibilité de soins postérieurs à un viol, à la disponibilité de services médicaux, et aux informations générales relatives à l’effort de reconstruction.”

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