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samedi 30 juillet 2011

Wyclef Jean: un homme et son influence

Publié le 30 juillet 2011 à 05h00
(Québec) «Si j'étais président, je serais élu vendredi, assassiné samedi, enterré dimanche», entonnait Wyclef Jean en 2008, dans sa nouvelle chanson If I Was President. Deux ans plus tard, le rappeur causait la surprise en se portant candidat à l'élection présidentielle d'Haïti, avant d'être disqualifié. Le chanteur new-yorkais a peut-être repris la route du showbusiness - qui l'emmène au Festivent samedi prochain -, mais il demeure un homme d'influence dans son pays natal.

Depuis un an, Wyclef semble être devenu aussi politicien que musicien, alors que la reconstruction d'Haïti a occupé le plus clair de son temps. La semaine dernière, encore, le rappeur de 41 ans se trouvait dans la ville de Saint-Marc, touchée par l'épidémie de choléra, pour officialiser le don d'une ambulance à l'hôpital local.
Don rendu possible par la fondation Yéle Haiti, qu'il a fondée en 2005 pour venir en aide aux communautés haïtiennes en difficulté. En 2007, il a de plus été nommé «ambassadeur de bonne volonté» par l'ancien président René Préval, ce qui lui permet d'avoir un rôle de promotion d'Haïti à l'étranger. Pas pour rien que le New York Times l'a récemment surnommé «l'homme qui aurait pu être prince de Port-au-Prince».
Après que la perle des Antilles eut été secouée par le tremblement de terre de janvier 2010, la star du hip-hop s'était donc sentie investie d'une nouvelle mission, politique celle-là. Mais le Comité électoral provisoire haïtien a coupé court à ses aspirations présidentielles, étant donné qu'il n'avait résidé au pays depuis 30 ans.
«Je pense que c'est correct. J'ai définitivement passé par-dessus. J'ai décidé de revenir avec mon parti pour donner un certain soutien», exprime Wyclef en entrevue, en rappelant qu'il se sentait simplement «comme la majorité de la population» qui voulait donner un coup de pouce.
Il a alors offert son soutien à l'autre candidat-chanteur Michel Martelly, et s'est activé à faire voter ses partisans pour celui qui a finalement remporté l'élection. Wyclef dit l'appuyer «à 100 %». À preuve, il semble partager l'avis de Martelly, qui, dans une récente entrevue à La Presse, s'est montré favorable à accorder une amnistie aux anciens présidents Jean-Claude Duvalier et Jean-Bertrand Aristide, et ainsi prôner la réconciliation.
«Je crois que tous les Haïtiens, au bout du compte, devraient être libres de vivre dans leur pays. Le passé en a certainement été un très dur. Nelson Mandela nous a appris que c'est parfois difficile et dur de pardonner, d'oublier les événements, d'avancer. On ne pardonne pas le passé, mais, parfois, il faut avancer», commente-t-il.
Après être apparu sur plusieurs tribunes comme un aspirant président, le rappeur n'a pas craint d'être considéré comme un opportuniste en faisant paraître, en décembre dernier, un minidisque intitulé If I Were President: My Haitian Experience.

La musique comme thérapie
«En tant que musicien, ce que l'on fait, c'est s'exprimer par rapport aux événements. Comme l'a fait Marvin Gaye quand il chantait What's Going On. C'était en temps de guerre et on se dirigeait vers une période de racisme. Comme John Lennon et Give Peace a Chance. Je crois que chaque véritable musicien utilise l'art pour exprimer ce qu'il se passe dans le monde. L'inspiration se nourrit des événements. Je n'ai pas créé ces événements [en Haïti]. Je vais toujours tirer un album de mon inspiration, parce que la musique est ma thérapie», explique-t-il.
Après avoir fait couler beaucoup d'encre dans les médias, l'album lui a ainsi servi d'exutoire pour livrer son message à sa façon, message qui plaide pour un meilleur développement de la jeune génération haïtienne à travers l'éducation et la création d'emplois. Et il a passé de la parole aux actes en tournant le vidéoclip de la pièce Election Time en Haïti, histoire d'engager des villageois comme acteurs et techniciens.
À voir comment il prend son soutien au sérieux, pourrait-il retenter sa chance comme président? «Présentement, je ne peux pas voir plus loin», répond-il simplement, préférant s'attarder aux efforts de reconstruction.
Derrière l'homme d'influence, il y a également l'artiste qui marie les influences : hip-hop, reggae, rock et musique haïtienne, évidemment. Des influences qu'il a aussi puisées dans sa longue liste de collaborations éclectiques, que ce soit avec Shakira, Bono, will.i.am, Whitney Houston, Kenny Rogers ou Cyndi Lauper. Wyclef Jean proposera toute une palette de chansons lors de son spectacle au Festivent, en pigeant dans les hits des Fugees, ses succès solos et quelques classiques des années 80. Les deux heures de prestation qu'il promet seront sans doute bien remplies. «Les gens qui m'ont déjà vu performer le savent déjà, c'est comme un carnaval», conclut-il avec enthousiasme.

Vous voulez y aller?
QUAND : 6 août
OÙ : parc Champigny, Saint-Jean-Chrysostome
ENTRÉE : passeport ou billet journalier
INFO : www.festivent.net

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