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samedi 30 juillet 2011

Revenir embelli des Correspondances d'Eastman

Publié le 30 juillet 2011 à 06h00

Mis à jour le 30 juillet 2011 à 06h00
À Eastman, le mot «correspondance» transcende nettement l'échange de lettres même si l'écriture épistolaire constitue depuis le début une des activités centrales de ce rendez-vous littéraire.

Dans le «Circuit des lettres», les épistoliers peuvent s'installer dans l'un ou l'autre des 10 jardins qu'autant de résidants d'Eastman mettent à la disposition des Correspondances pour accueillir ceux et celles qui, munis du stylo-passeport biodégradable (12$), s'installeront à l'ombre d'un pin ou sous un parasol pour écrire à qui ils veulent. D'autres choisiront d'aller écrire (ou lire) dans le «Portage des mots», parcours d'un kilomètre aménagé derrière le théâtre La Marjolaine, le quartier général des Correspondances.
Dûment cachetées et adressées, les enveloppes sont remises aux facteurs bénévoles des Correspondances qui, avec l'appui de leurs partenaires de Postes Canada, s'occuperont de les affranchir pour qu'elles se rendent à destination, où que ce soit dans le monde.

Lettre à l'Univers
«La plupart des gens écrivent à un membre de leur famille, mais certains adressent leur lettre à l'Univers... et c'est moi qui les lis», raconte Line Richer, directrice générale et artistique des Correspondances depuis leurs débuts en 2001. «Oui, le nom est un peu long, mais il est connu et il en est aussi venu à évoquer les correspondances entre les formes d'art.»
En effet, de jeudi à dimanche, les visiteurs pourront entendre David Goudreault, titulaire de la Coupe du monde de slam-poésie, ou Ian Fournier qui chantera Brassens jeudi et Ferré, Baudelaire et Rimbaud samedi. Le plat principal reste toutefois les cafés littéraires dont le nombre est passé de neuf à douze parce que les Correspondances ont dû refuser du monde, l'an passé.
«Les cafés littéraires se tiennent tous dans des lieux bucoliques», insiste Line Richer, «boulimique» de lecture et amante de la nature. «Autour d'un animateur, trois auteurs viennent non pas parler de leurs livres, mais échanger sur un thème précis» Thème qui les ramène parfois à leurs livres comme le « caf'litt » de vendredi matin où Anaïs Barbeau-Lavalette (Je voudrais qu'on m'efface), Perrine Leblanc (L'homme blanc) et Mélanie Vincelette (Crimes horticoles) parleront de leur premier roman avec Catherine Lalonde. Participeront aussi, entre autres, à un café littéraire: Danielle Laurin et Élise Turcotte, Louise Penny, Johanne Seymour et André Jacques, Louis Hamelin et Martine Desjardins (voir le programme complet sur www.lescorrespondances.ca).

Laferrière en ouverture
Les Correspondances s'ouvrent jeudi avec Dany Laferrière qui parlera de son bonheur de lire... étendu dans une baignoire, son lieu de lecture préféré. Une chance unique de voir l'auteur de L'énigme du retour dans son plus simple appareil.
C'est le même Laferrière, par ailleurs, qui a choisi le roman Gouverneurs de la rosée comme élément central de l'Espace Jacques Roumain, du nom de l'un des plus grands écrivains haïtiens du XXe siècle. Le cinquième de la population d'Eastman -200 des 1000 habitants- ont lu Gouverneurs de la rosée, roman qui a révélé Jacques Roumain au monde quelques mois après sa mort en 1944.
«Quand on veut découvrir un pays, il faut passer par les meilleurs», lance l'éditeur Rodney Saint-Éloi (Mémoire d'encrier), qui animera l'Espace Jacques Roumain avec son ami Laferrière.
«Gouverneurs de la rosée est un roman d'amour et d'espoir, un roman de la terre qui reste très actuel car il évoque, par la misère des paysans haïtiens, l'idéal humain d'accéder à quelque chose de plus grand que nous.»
Outre la souffrance des «dépossédés de leur destin», quel aspect de cette oeuvre -l'une des plus connues de la littérature haïtienne (voir www.lehman.cuny.edu)- est le plus à même de toucher le coeur des Québécois? Rodney Saint-Éloi évoque la langue: «Comme le franco-créole pour les Haïtiens -Jacques Roumain a écrit Gouverneurs de la rosée dans un français assez haïtien-, le joual s'est avéré pour les Québécois un instrument d'affirmation et de défense.
«Jacques Roumain le montre d'ailleurs: il y a toujours quelque chose à défendre. En ce sens, Gouverneurs de la rosée n'est pas un livre haïtien, mais un livre pour la planète, un livre qui rend beau celui qui le lit.»
Correspondance vers la beauté universelle...

Les Correspondances d'Eastman, du 4 au 7 août; pour info : 450-297-2265 ou 1-888-297-3449; http://www.lescorrespondances.ca/
http://www.cyberpresse.ca/arts/201107/29/01-4422030--revenir-embelli-des-correspondances-deastman.php

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