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lundi 24 août 2009

DE CONFLIT EN CONFLIT...

De quoi notre futur sera-t-il fait ? Que nous réservera notre demain ?
Deux questions que l’on ne se pose pas. Tout simplement parce que nous sommes incapables de nous approcher d’un semblant de réponse. Le futur ne nous appartient pas. C’est une règle générale. C’est une règle si générale que je lui ai même trouvé une exception !
En Haïti on sait bien ce que demain nous réserve : RIEN. Ou plutôt la même chose que hier ou avant-hier, la semaine dernière. Le mois dernier. L’année dernière. Le siècle dernier. Sans de vrais remèdes les maux d’un jour s’ancrent, perdurent et se font des maux de toujours.
Depuis l’instauration de la « Démocratie haïtienne », -( nous laissons à ceux qui nous la font gober, malgré les nausées et les vomissements qui nous tergiversent l’estomac, les prémices de la chronologie de l'installation de cette démocratie )-, les trois pouvoirs traditionnels n’ont montré aucune velléité de faire œuvre et cause commune.
Ils dégagent l’impression de travailler chacun de son côté pour montrer qui est le détenteur du vrai POUVOIR. Il n’est pas difficile de comprendre pourquoi Haïti n’avance pas. Comment peut-on construire un projet se basant sur un triptyque dont chaque support voue un culte sacré à la divergence ?
Il ne faut donc pas chercher dans les prophéties de Nostradamus pour savoir de quoi le futur d’Haïti et des Haïtiens sera fait.
Dans l’immédiat nous savons qu’un conflit, sans être complètement résolu, est souvent remplacé par un autre conflit.
Pendant des mois, le pays a tourné au rythme d’un conflit entre le pouvoir législatif et le pouvoir exécutif. La pierre d’achoppement : une loi augmentant le salaire minimum de 70 à 300 gourdes, voté avec trop de légèreté.
La société haïtienne en a largement souffert. Il y eut des casses, des blessés, des dégâts matériels. Entre temps l’activité des députés s’est limitée à cette loi. A un moment donné on se demande quel serait le faciès du bilan du travail effectif des membres de ce fameux pouvoir législatif ?
Les ouvriers sont encore dans les rues. Les étudiants aussi. Les patrons gardent l’expectative. La loi objectée par le pouvoir exécutif doit être présentée au Sénat.
Mais voilà que les députés reprennent la main. La pierre d’achoppement cette fois-ci : le Quatorzième mois ! J’aurais du dire « le Refus du pouvoir exécutif de payer un quatorzième mois de salaire aux fonctionnaires de l’administration publique.
En fait, le gouvernement haïtien paierait quatorze mois de salaire à ces employés qui en travaillent douze ! Rien de nouveau. Rien d’unique.
J’imagine que les employés de l’Etat touchent un treizième mois pour les fêtes de Noel et de fin d’année ; le quatorzième mois pour la rentrée scolaire. Les députés devraient voter une loi pour un quinzième mois que les serviteurs publics percevraient au moment de partir en vacances. Définitivement ça rentre dans les droits de l’homme et du citoyen ! N'est-ce pas?
Il faut se rappeler que le pouvoir exécutif compte sur la générosité internationale pour couvrir 80% de son budget. Il faut se rappeler qu'à cause du manque de moyens, les sommes allouées aux secteurs vitaux et prioritaires (santé, éducation, infrastructures etc…) sont dérisoires. L’octroi d’un treizième et quatorzième mois ressemble volontiers à un élan d’assistanat stérile.
Si la gestion du pays continue dans la configuration actuelle, il faudra dans quelques temps prévoir un vingt-quatrième mois pour les salariés du secteur public. Surtout avec ces pouvoirs qui n’arrivent pas à sentir la volonté de s’aligner autour de la même table et construire un projet commun. Un projet qui permettrait de créer plus d’emplois, d’augmenter le pouvoir d’achat ; une réduction du chômage qui permettrait que dans une même famille il y ait plusieurs membres à percevoir des revenus ; une invasion massive d’investisseurs qui s’occuperaient de l’île de la Tortue, de l’île de la Gonâve pour une industrie touristique florissante…
Mais, nos députés sont des champions des interpellations. Nos Ministres ? Vaut mieux ne pas en parler…
Mais en gros tout le monde s’inscrit dans la logique du FMP : le « FOURE MEN, PRAN ». Haïti peut compter, selon nos parlementaires, sur des ressources inépuisables : Les fonds du programme Pétro Caribe de Hugo Chavez. L’esprit du programme prévoit l’utilisation des sous pour des investissements rentables, des programmes de développement à bénéfices palpables. Cependant ils sont utilisés et « lapidés » dans des programmes d’urgences qui rarement laissent des dividendes pour le pays. Un sénateur pointe déjà les fonds de ce programme pour solder le quatorzième mois de salaire.
Hélas ! On aura tout vu sous le soleil d’Haïti Thomas !
Voilà de quoi notre futur proche sera fait : le nouveau conflit entre le pouvoir législatif et le pouvoir exécutif autour du refus du quatorzième mois. A moins qu’un autre cyclone ne détruise le quart du pays !
Il faudra retourner vers notre Carta Magna pour voir quel pourcentage du devoir du législatif est pris en compte par nos célébrissimes députés et Sénateurs.
Bonne semaine a tous les lecteurs de « Haïti Recto Verso »
DL 24/08/09

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