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dimanche 3 janvier 2016

Blessé par balles à Haïti, le prêtre breton a pardonné

Éric CHOPIN.
 Blessé par balles en août à Haïti. Michel Briand, le prêtre missionnaire breton, se remet tranquillement, près de Rennes. Il espère bien poursuivre sa mission là-bas.
« Je l'ai échappé belle ». En vacances près de Rennes, Michel Briand, 61 ans, amaigri mais souriant, raconte, doucement, cet épisode tragique qui a failli lui coûter la vie, dans une rue de Port-au-Prince, le 31 août 2015.
Depuis 30 ans en mission à Haïti, Michel Briand, curé de la paroisse Saint-Antoine-de-Padoue, s'apprêtait à partir en « année sabbatique au Brésil » octroyée par sa congrégation des Pères de Saint-Jacques (Landivisiau).
Guet-apens
Ce jour-là, il était venu retirer de l'argent à une banque pour le voyage. Mais le missionnaire tombe dans un vrai guet-apens tendu par trois hommes. L'un à l'intérieur de la banque pour repérer sa proie, un second à la sortie pour la voler et un troisième sur une moto pour fuir avec ses complices.
« Je regagnais ma voiture quand un des malfrats m'a tiré une balle dans le ventre avec un pistolet » se souvient le missionnaire.
« J'ai crié au secours mais personne ne m'a secouru, par peur sans doute. Quand j'ai vu la présence de la moto, je n'ai pas insisté et j'ai lâché ma sacoche. Pour me « remercier », mon agresseur m'a tiré une seconde balle dans le ventre avant de s'enfuir ».
Son agresseur a ensuite tué deux personnes
Michel Briand se réveille à l'hôpital de Port-au-Prince où il lutte contre la mort durant plusieurs jours. Puis il est évacué sur le CHU de Fort-de-France à La Martinique où il séjourne du 11 septembre au 20 octobre.
C'est enfin le retour en métropole. D'abord à l'hôpital La Cavale Blanche à Brest, puis le convalescent est accueilli dans une maison de repos à Bohars (Finistère).
Le 31 août, Michel Briand - né au hameau de la Providence, à Messac (35) - l'a vraiment échappé belle. Il apprendra plus tard que son agresseur (un ancien policier de 25 ans) avait tué ensuite, toujours dans le cas de vols à main armée, un policier et une jeune femme.
« J'y retournerai »
Cet individu est aujourd'hui sous les verrous et attend son procès. Le père Briand lui a déjà pardonné. « Je souhaite pour lui une punition qui lui permette de ne pas recommencer et que mon pardon le fasse changer. »
« Des agressions, il y en a tous les jours, ajoute le prêtre. Port-au-Prince est une ville dure, difficile, peu sûre, où les familles se déchirent. La pauvreté, la famine existent. Mais il y a aussi, paradoxalement, des formes de solidarité étonnantes. »
Prévue au Brésil, l'année sabbatique de Michel Briand va donc, par la force des choses, se dérouler en métropole.
Cet été, il compte bien retrouver sa paroisse. « La population qui a tellement prié pour moi ne comprendrait pas que je ne revienne pas » conclut le missionnaire, reconnaissant : « la prière des chrétiens d'Haïti m'a sauvé ».
Contact : michelbriandd@yahoo.fr

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