POUR VOS RECHERCHES

Google

jeudi 6 août 2015

Haïti-Republique Dominicaine : Satisfaction exprimée après le sit-in à Malpasse

P-au-P, 5 août 2015 [AlterPresse] --- Des organisations de la société civile haïtienne ainsi que des commerçantes et jeunes travailleurs sur la frontière haïtiano-dominicaine ont manifesté leur satisfaction par rapport au sit-in organisé le 4 août à Malpasse pour dénoncer le racisme des Dominicains, selon les témoignages rassemblées par l’agence en ligne AlterPresse.
« Nous sommes satisfaits. Il n’y a pas eu de dérapage lors de ce sit-in qui a permis de véhiculer nos différentes revendications », souligne Jean Robert Argant, coordonnateur du Collectif 4 décembre à AlterPresse.
Ce sit-in a rassemblé des dizaines de personnes à l’initiative du Collectif 4 décembre et plusieurs autres organisations de la société civile haïtienne dont le Groupe d’appui aux rapatriés et réfugiés (Garr).
Argant dénonce l’arrêt 168-13 du tribunal dominicain qui a dénationalisé des milliers de personnes en République dominicaine, pour la plupart d’origine haïtienne.
Suite à cette sentence dominicaine, une menace d’apatridie et une crise humanitaire planent sur la tête des personnes dénationalisées, condamne-t-il.
En outre, Argant souligne le besoin urgent de s’orienter vers une production nationale en vue de retirer Haïti de l’« inféodation alimentaire » actuelle.
« Nous demandons aux autorités dominicaines de respecter les ressortissants haïtiens en République dominicaine. Nous demandons l’annulation de l’arrêt raciste 168-13 », ont été parmi des slogans scandés durant le sit-in déroulé tout près du portail frontalier avec la République dominicaine.
Munis de pancartes véhiculant des messages hostiles aux autorités dominicaines, les protestataires ont critiqué la mauvaise qualité de la farine dominicaine importée vers Haïti et appelé les autorités haïtiennes à valoriser la production nationale pour sortir de la dépendance alimentaire.
La sécurité du sit-in a été assurée par des agents du Corps d’intervention et de maintien de l’ordre (Cimo) de la Police nationale d’Haïti (Pnh).
Au cours du déroulement du sit-in, d’autres personnes dont des marchandes et des jeunes installés sur la frontière sont venus grossir le mouvement au niveau du portail frontalier.
« Nous avons besoin de papiers pour être légaux et pour bien vivre. Nous ne voulons pas de racisme », a scandé la foule surchauffée.
Des commerçantes et commerçants transportant des marchandises en provenance du territoire haïtien ont été, par moments, interdits de passage alors qu’aucun blocage n’a été visiblement opposé à ceux et celles venant de la république voisine.
Plusieurs commerçantes et commerçants haïtiens interrogés par AlterPresse ont dénoncé l’interdiction qui leur est souvent faite de transporter leurs marchandises en territoire dominicain tandis que celles des Dominicains sont libres de circulation sur le territoire haïtien.
Ils se disent solidaires du sit-in et appellent à la poursuite de ce genre d’initiatives pour porter les Dominicains à se rétracter.
« Nous sommes venus réclamer du respect pour les Haïtiens et l’annulation de l’arrêt raciste, xénophobe et funeste du tribunal dominicain, qui constitue une violation des droits humains », fustige Argant lors de ce sit-in, qui a également bénéficié du support de plusieurs Dominicains touchés par la sentence.
« On n’a pas le droit de nous humilier et de voler nos biens », s’insurge une Dominicaine d’ascendance haïtienne venue soutenir le mouvement organisé dans un contexte de crise migratoire entre les deux pays partageant l’île d’Haïti.
À partir du 17 juin, des migrants et migrantes haïtiens en situation irrégulière qui ne se sont pas inscrits au Plan national de régularisation des étrangers (Pnre) ont commencé, de manière intensive, à être rapatriés en dépit d’un moratoire de 45 jours, officiellement annoncé par les autorités dominicaines.
Le Garr, un des initiateurs du mouvement, dit craindre une intensification des retours volontaires et forcés à partir du 2 août, date marquant la fin du Pnre, d’autant que des nationalistes dominicains ont manifesté le 1er août à Santo Domingo appelant à l’expulsion des illégaux haïtiens. [emb kft gp 05/08/2015 13 : 15]
http://www.alterpresse.org/spip.php?article18613#.VcM7M_ntlBc

Aucun commentaire: