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mardi 7 janvier 2014

MONSIEUR JEAN METELLUS ET MOI



Monsieur Jean Metellus, Malgré la renommée qu'il s'était construite de par la qualité de ses oeuvres,  ne faisait pas partie de ces écrivains haïtiens que j’aimais lire volontiers. Histoire de goût littéraire. Je me suis un peu approché cependant des ces textes quand j’ai constaté qu’en France, à un moment de la durée, tout ce qui concernait Haïti passait souvent par lui dans les médias ou il entretenait une présence soutenue.
Particulièrement  les gens aimaient bien reprendre l’adjectif de « pathétique » qu’il avait accolé à Haïti dans un de ces textes. « Haïti, le pays pathétique »  resta pendant longtemps une formule que j’avais du mal à digéré. Surtout venant d’un écrivain haïtien.
En 1999 pour Haïti et à causes des raisons professionnelle, j’ai établi des contacts assez cordiaux et amicaux avec son fils. Du coup le père comme par un pseudo atavisme inversé me parut plus intéressant.
En 2004, Madame Chantale Blondel organisa à Toulon le petit festival de l’art nègre.
J’avais donc été désigné pour accompagner Monsieur Jean Métellus lors d’une conférence traitant des aspects ethnologiques et ethnographique du vaudou haïtien.
L’invitation une fois reçue, fut vite rangée dans la pochette ou l’on entrepose les choses que l’on va surement oublier. Ceci, non pas par manque d’intérêt sinon par la taille et l’immense valeur de l’intervenant que je devais accompagner. Je m’étais moi-même attribué un rôle de figurant.
Pendant des mois et des semaines, je vaquais à mes occupations sans réfléchir au sujet.  
Quand arriva la semaine de la conférence, pour ne pas être perdu, je me suis mis à compiler ça et là des informations. Des informations qui risquaient d’être utiles pour la compréhension du sujet qui serait magistralement par Monsieur Métellus.
Trois jours avant, j’ai pensé qu’il aurait été de bon ton de l’appeler et de faire le point avec lui pour éclaircir certains points.
Dans mon esprit je voulais le contacter pour lui dire que logiquement tenant compte de la hiérarchie, la façon la plus intéressante de présenter la conférence était que lui il fasse tout et que moi je ferai de la figuration.
Grâce à Philippe son fis, j’ai pu obtenir son numéro de téléphone.
Je l’ai appelé et je e suis présenté. Tout de suite, avec une simplicité caricaturale, il me dit avant même que je lui pose le sujet que lui aussi il allait m’appeler pour me dire qu’il sera ravi de m’accompagner et d’écouter ma conférence sur le vaudou.
C’était sans doute une attitude qui m’honorait certes, mais je ne m’y attendais pas du tout. Non seulement je ne m’y attendais pas, je n’avais même pas envisagé la possibilité d’une telle situation.
Donc à trois jours de la conférence, je n’étais pas prêt. J’ai retenu ma respiration, j’ai avalé ma salive  et j’ai essayé de lui dire que l’on pourrait faire un plan et que chacun  en ferait une partie.
Il insista en me disant qu’il était convaincu que j’étais capable de prononcer une très bonne conférence sur le vaudou haïtien et qu’il serait là pour rectifier ou ajouter ses points de vue si besoin.
Je n’ai pu que le remercier en me disant à moi-même qu’il fallait tout de suite se mettre au travail.
Pendant deux jours et deux nuits je me suis mis à lire et à écrire sur le vaudou haïtien.
Ce fut une expérience passionnante  d’imaginer  quelqu’un qui professe une foi chrétienne parler du vaudou dont une approche le considère comme du satanisme, parler du vaudou en essayant de lui trouver ce qui a de meilleur pour le placer là ou il doit être dans la culture et le folklore haïtien.
A un certain moment je trouvais tout ça amusant.
Le jour de la conférence, j’ai ressenti le stress de parler devant un public avec à mes côtés Monsieur Metellus qui pour moi représentait un censeur ou un professeur qui écoutait  son élève.
Finalement après mon exposé, il a déclaré qu’il n’y avait rien à ajouter et que j’avait tout dit et bien dit !
En réponse à une question posée, il intervint sur un aspect beaucoup plus proche du pratiquant vaudouisant tandis que moi j’avais fait exprès de garder mes distances avec un exposé plus objectif.
En quelques minutes il a fait montre de tout son savoir avec la simplicité et la sympathie que le caractérisait.
Il me demanda une copie de mon texte pour une publication sur son site internet. Je n’ai pas répondu favorablement à sa requête dans l’immédiat car je devais travailler la mise en forme. Après je fus pris par le temps et les promesses n’ont pas été honorées.
Le public avait tellement bien appréhendé mon texte que des particuliers sont venus en coulisses me demander des conseils.
Voici les contours d’une rencontre avec Monsieur Jean Mettélus dont je garde encore les plus agréables souvenirs.
Qu’il repose en paix ! Qu’il s’en aille avec le sentiment du devoir accompli ; avec l’haleine du soldat qui a combattu le bon combat sans avoir gagné la guerre mais qui a laissé des traces que suivront des légions des bonnes causes.







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