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jeudi 17 novembre 2011

HAITI: Un village en train de naître

Jean-Paul Fischer (à gauche) et Bernard Martinod,
les deux instigateurs du premier projet
ambitieux de construction.
Un Français est à l’origine d’un des rares projets de reconstruction.
Fin août, sur un site superbe en piémont d’un petit morne (montagne) en bord de mer, à 25 km au nord de Port-au-Prince, les 38 premiers logements des « Hauts de Lafiteau » seront habitables. Ils sont destinés aux familles des salariés les plus modestes de l’hôpital français de Port-au-Prince, sinistrés par le séisme du 12 janvier et vivant toujours sous la tente. Là, sur ce qui n’était qu’une prairie, suivront une deuxième, puis une troisième tranche, qui porteront à 154 le nombre de logements – en « maisons de ville » de quatre appartements — toujours destinés aux employés de l’hôpital. Des T3 de 77 m 2 chacun. Du luxe par rapport à la casemate classique.
Bernard Martinod, 71 ans, Français naturalisé Haïtien depuis longtemps, directeur de l’hôpital français de Port-au-Prince, a cédé 5 ha pour le projet. Sur le site auparavant désert (sauf sa propre demeure), il a créé en 2007 un centre scolaire (maternelle et primaire) qui accueille 240 enfants des environs. Avec un tel succès qu’il faut agrandir l’école pour la rentrée de septembre 2011. C’est un village qui est en train de naître, avec l’érection des 154 logements parasismiques et paracycloniques en béton banché qui se profile. « Je ne cache pas non plus que je cherche à fidéliser mes salariés qui seraient débauchés par les ONG qui les paient mieux », dit-il.
Le premier projet ambitieux de reconstruction en dur d’Haïti ne verrait pas le jour sans le Crédit Mutuel. « Le surlendemain du séisme, j’ai appelé Michel Lucas, actuel PDG du Crédit Mutuel, que je connais bien. Il m’a aussitôt assuré de la contribution de la banque au projet », indique Jean-Paul Fischer, président de la petite ONG « St-Martin Avenir et Développement – Soutien Haïti ». Fort d’une grosse expérience d’aménageur, il a organisé la chaîne de solidarité qui permet la réalisation de la première tranche de 38 logements. Le Crédit Mutuel prend à sa charge 80 % des 2,4 millions de dollars (1,86 million d’euros), le reste est apporté par la Région Guyane, une société d’économie mixte guyanaise et des dons privés. Quant à ACO, la société de Jean-Paul Fischer, maître d’œuvre de la construction, elle intervient à titre bénévole. Même l’architecte consent un tarif minuscule.
Autre première, tous ces logements seront livrés en accession à la propriété, les salariés ne contribuant qu’à hauteur de 10 % de leurs (maigres) ressources, soit 20 à 40 dollars par mois (entre 15 et 30 euros). Afin d’éviter toute spéculation, ils ne décrocheront leur titre de propriété qu’au bout de dix ans. Leur contribution sera affectée à la construction de logements nouveaux, dont le financement reste en grande partie à trouver. Une association de copropriétaires sera constituée pour gérer l’ensemble immobilier. Une « conception citoyenne du logement » que Jean-Paul Fischer a déjà testée avec succès en Guadeloupe.
Source lalsace.fr
http://www.sxminfo.com/haiti-un-village-en-train-de-naitre/

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