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lundi 27 avril 2009

Question de protocole, Monsieur le Président…

Le président René Préval laissera définitivement son nom dans les anales d’histoire du pays. Son nom sera associé à plusieurs records. Il sera sans doute l’un des rares président d’Haïti à avoir terminé deux mandats (ou plus !). Il aura été aussi l’un des rares présidents à avoir fait deux passations pacifiques de pouvoir. Il aura été l’un des rares présidents à rester à vivre dans le pays après avoir terminé deux mandats.
Un autre aspect parmi des centaines qui aura en quelque sorte caractérisé la griffe de Préval durant ses mandats sera sans doute sa façon de démystifier et de vulgariser la fonction présidentielle. Ne possédant pas un bagage intellectuel qui ferait de lui un orateur au style ampoulé, il s’est catonné dans les limites d’un parler léger proche du citoyen ordinaire.
Cette tendance à être proche du citoyen ordinaire n’est pas mauvaise en soi. Cependant il faut savoir dominer et prendre le contrôle sur le temps et sur l’espace de façon à ne pas rater les occasions quand il faut sortir de la mêlée et faire montre d’une attitude te d’un comportement de chef d’état, de Président de la République.
Dans ce contexte, notre président s’est taillé une réputation en or. De la taille de la part du lion. On est arrivé à se demander ce qu’est devenu le service de protocole de la présidence.
Les forums de discussion on l’on parle d’Haïti raffolent des gaffes présidentielles. Un président qui au cours d’un banquet boit le « coup » de trop et qui arbore le vrai sourire d’ivrogne, un président exhibant en présence de dignitaires de haut rang le fond décousu de son pantalon ont autant de sujet qui souvent attirent la foudre des adversaires du premier citoyen de la nation haïtienne.
Et la cerise sur le gâteau, une attitude dont il devrait définitivement réclamer des royalties, c’est sa capacité de faire accroc au protocole mondialement établi. C’est assez simple pourtant expliquer ce que nous pouvons appeler une « prévalerie ». Dernièrement, tous les dignitaires du continent Américain se sont parés de leurs plus alléchants plumages pour participer à un sommet historique. Le sommet des Amériques. Un sommet différent avec la présence du Président Barak Obama, l’homme le plus sympathique, le plus adulé du monde aujourd’hui. Un sommet d’autant plus important dans la mesure ou pour une fois tout le monde s’attendait à voir et sonder la nouvelle image des Etats-Unis d’Amérique, un pays plus humain, plus à l’écoute, moins hautain ; un pays capable et disposé à faire des mea culpa, reconnaître ses errements. Pourtant le président Préval à sans aucun doute volé le vedettariat à Barak Obama. En matière de gaffes. On s’entend bien.
En effet la chaîne CBS a permis de voir une séquence assez pathétique filmée pendant que le président Préval essayait de serrer la main à Barak Obama. La scène est indescriptible. Il faut le voir pour le croire. Tous les Haïtiens ont du visualiser à plusieurs reprises, la « brimade » récoltée e fait par Préval qui a pu saisir brutalement l’avant bras du Président américain dont l’attention était portée ailleurs. Ce que l’on ne saura jamais c’est l’interprétation du comportement du président du monde face à son homologue haïtien.
Ce qui est pitoyable dans cette histoire c’est d’imaginer la naïveté d’un président de la République nom renseigné et éduqué sur les principes d’étiquettes et de protocole. Nous disons naïveté par respect au premier citoyen de la nation. Le vrai mot n’est sans doute pas naïveté.
Dans ce genre de réunion, il y a peu de place à l’improvisation. Les poignées de mains sont mimées devant des caméras. Le profil droit ou gauche est plébiscité. Le sourire est coaché à l’avance. On ne laisse rien au hasard. Dans le cas de la proximité de Barak Obama, pour des raisons obvio, ces éléments sont travaillés et considérés avec encore plus de minutie.
La faute ‘est pas imputable au seul président Préval mais à son équipe de gouvernement et plus particulièrement au service d’Etiquettes et Protocoles. S’il y en n’a pas au Palais national, nous ne sommes pas sortis de l’auberge de la honte.
Au début du mandat présidentiel, le service d’étiquette et protocole n’avait pas fait son travail de filtrage, de commun accord avec le service de presse de la présidence, et Preval s’était fait accrocher par un journaliste dominicain qui lui avait posé une question embarrassante. Le journaliste selon, les informations de l’époque lui aurait demandé si les citoyens haïtiens étaient maltraités en République Dominicaine.
En diplomatie, ces genres de questions ne se posent jamais. Les questions sont généralement filtrées de façon à ce que le Président ne se retrouve pas dans « ses petits souliers ». Ce fut le cas du président.
Une autre prévalerie constatée lors du sommet des Amériques a été gravée moyennant une photo inoubliable captée par les journalistes couvrant l’évènement. Nous la partageons avec vous comme preuve corroborant tout ce que nous venons d’écrire qui ne sont guère des critiques acerbes contre un président de la République, mais l’expression de notre indignation qui n’a d’objectif que de faire comprendre que l’on ne peut pas toujours faire des miracles quand comme corollaires anti-scientifiques on voue une allégeance religieuse à l’improvisation.

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