Christiane Desjardins, La Presse.-
Bernard Mathieu, chef du gang de la rue Pelletier, à Montréal-Nord, n'est pas encore dans l'avion, mais on peut dire que ce n'est qu'une question de temps avant qu'il soit expulsé vers Haïti.
Le commissaire à l'immigration Yves Dumoulin a prononcé la mesure d'expulsion hier après-midi. «Je n'ai pas le choix», a noté le commissaire. De fait, le renvoi pour grande criminalité est pour ainsi dire automatique quand un immigré a été condamné pour un crime punissable d'au moins 10 ans de prison.
En janvier 2007, au terme d'un long procès, Mathieu a été déclaré coupable de plusieurs accusations relatives au trafic de crack et de cocaïne, dont certaines sont assorties de la prison à perpétuité. Il a été condamné à 72 mois de prison. Comme sa condamnation dépasse deux ans, il perd aussi son droit d'appel. Hier, Mathieu a assisté à la brève audience par vidéoconférence à la prison Archambault, où il achève de purger sa peine. Très poli, il semblait aussi détendu. À la fin de l'exercice, le commissaire lui a demandé s'il voulait dire quelque chose. «Je n'en vois pas la nécessité,» a répondu Mathieu, qui s'en remet à son avocat, Stéphane Handfield, pour la suite des choses. Celui-ci va tenter de contrer l'expulsion, notamment en invoquant des motifs humanitaires.
Âgé de 39 ans, Mathieu est au Canada depuis l'âge de 8 ans. Il a obtenu sa résidence permanente en 1980, mais n'a jamais demandé sa citoyenneté, contrairement aux membres de sa famille, qui l'ont obtenue. Il vit donc depuis 30 ans au Québec. Toute sa famille est ici, de même que sa conjointe et leur enfant, fait valoir Me Handfield.
Depuis le tremblement de terre en Haïti, toutes les expulsions sont suspendues. Mais lorsqu'elles seront rétablies, Mathieu y sera renvoyé s'il ne parvient pas à faire tourner le vent en sa faveur. Hier, avec la mesure d'expulsion, il a perdu son statut de résident permanent.
http://www.cyberpresse.ca/actualites/quebec-canada/justice-et-faits-divers/201006/08/01-4287874-feu-vert-a-lexpulsion-du-chef-du-gang-de-la-rue-pelletier.php
Commentaires:
Ce monsieur a vécu presque toute sa vie au Canada. Il est donc, pour le meilleur et pour le pire, un pur produit de la société canadienne. Il a fait sa classe et sa "maîtrise" en grand banditisme au Canada. Le Canada devrait s'occuper de ce monsieur et ne pas encombrer Haïti avec cette charge dont la société haïtienne n'aura que faire.
Une fenêtre ouverte sur Haïti, le pays qui défie le monde et ses valeurs, anti-nation qui fait de la résistance et pousse les limites de la résilience. Nous incitons au débat conceptualisant Haïti dans une conjoncture mondiale difficile. Haïti, le défi, existe encore malgré tout : choléra, leaders incapables et malhonnêtes, territoires perdus gangstérisés . Pour bien agir il faut mieux comprendre: "Que tout ce qui s'écrit poursuive son chemin, va , va là ou le vent te pousse (Dr Jolivert)
mardi 8 juin 2010
lundi 7 juin 2010
Une délégation du Miami Heat en mission humanitaire en Haïti
Alonzo Mourning, Tim Hardaway et d’autres vedettes actuelles et passées de la NBA étaient venus apporter de l’aide aux victimes du séisme samedi 5 juin 2010, Radio Kiskeya
Une délégation du Miami Heat ayant à sa tête Alonzo Mourning, l’une des anciennes légendes de la franchise de Floride, a visité Port-au-Prince samedi dans le cadre d’un nouvel effort humanitaire en faveur des sinistrés du séisme dévastateur du 12 janvier.
Accompagné notamment de Tim Hardaway, une autre ex-star de la ligue professionnelle américaine de basket-ball (NBA), de Rudy Gay, actuel ailier des Memphis Grizzlies et de l’entraîneur des Heat, Erik Spoelstra, "Zo" Mourning s’est rendu dès son arrivée dans des hôpitaux de campagne situés dans l’aire de l’aéroport international Toussaint Louverture.
"Vous ne pouvez pas imaginer combien tout est devenu maintenant bien meilleur pour ces gens", a déclaré à AP l’ancien champion en référence aux sans-abri ajoutant "ils ont encore besoin d’autres choses".
Aux côtés des représentants de l’équipe du Miami Heat, se trouvaient également des travailleurs humanitaires de Project Medishare, une organisation à but non lucratif de l’université de Miami.
Engagées dans un partenariat en Haïti, particulièrement depuis le tremblement de terre, les deux entités se montrent très préoccupées par l’arrivée de la saison cyclonique qui menace des dizaines de milliers de personnes installées dans des abris provisoires.
Samedi, la délégation a notamment apporté un chèque de 25.000 dollars et distribué une vingtaine de tentes géantes et des matériels essentiels destinés aux familles.
Certains des voyageurs en étaient à leur 16e visite en Haïti depuis la catastrophe. Déjà venu à plusieurs reprises, Alonzo Mourning a promis de multiplier ses apparitions à Port-au-Prince au cours de l’été.
L’ancien pivot, qui a aussi porté les couleurs des Charlotte Hornets et des New Jersey Nets, est co-fondateur avec la superstar du Miami Heat, Dwyane Wade, du "Fonds humanitaire des athlètes pour Haïti" qui avait pu récolter, en trois jours, plus de 800.000 dollars au profit des victimes au lendemain du 12 janvier.
De nombreuses vedettes de la NBA, mais aussi d’autres disciplines sportives et du monde du show-biz se sont impliquées dans une campagne sans précédent pour tenter de soulager les souffrances du peuple haïtien.
D’une magnitude de 7 degrés, le séisme a officiellement fait entre 250.000 et 300.000 morts, 300.000 blessés, 1,3 million de sinistrés et emporté 120 % du PIB. spp/Radio Kiskeya.
http://radiokiskeya.com/spip.php?article6824
Une délégation du Miami Heat ayant à sa tête Alonzo Mourning, l’une des anciennes légendes de la franchise de Floride, a visité Port-au-Prince samedi dans le cadre d’un nouvel effort humanitaire en faveur des sinistrés du séisme dévastateur du 12 janvier.
Accompagné notamment de Tim Hardaway, une autre ex-star de la ligue professionnelle américaine de basket-ball (NBA), de Rudy Gay, actuel ailier des Memphis Grizzlies et de l’entraîneur des Heat, Erik Spoelstra, "Zo" Mourning s’est rendu dès son arrivée dans des hôpitaux de campagne situés dans l’aire de l’aéroport international Toussaint Louverture.
"Vous ne pouvez pas imaginer combien tout est devenu maintenant bien meilleur pour ces gens", a déclaré à AP l’ancien champion en référence aux sans-abri ajoutant "ils ont encore besoin d’autres choses".
Aux côtés des représentants de l’équipe du Miami Heat, se trouvaient également des travailleurs humanitaires de Project Medishare, une organisation à but non lucratif de l’université de Miami.
Engagées dans un partenariat en Haïti, particulièrement depuis le tremblement de terre, les deux entités se montrent très préoccupées par l’arrivée de la saison cyclonique qui menace des dizaines de milliers de personnes installées dans des abris provisoires.
Samedi, la délégation a notamment apporté un chèque de 25.000 dollars et distribué une vingtaine de tentes géantes et des matériels essentiels destinés aux familles.
Certains des voyageurs en étaient à leur 16e visite en Haïti depuis la catastrophe. Déjà venu à plusieurs reprises, Alonzo Mourning a promis de multiplier ses apparitions à Port-au-Prince au cours de l’été.
L’ancien pivot, qui a aussi porté les couleurs des Charlotte Hornets et des New Jersey Nets, est co-fondateur avec la superstar du Miami Heat, Dwyane Wade, du "Fonds humanitaire des athlètes pour Haïti" qui avait pu récolter, en trois jours, plus de 800.000 dollars au profit des victimes au lendemain du 12 janvier.
De nombreuses vedettes de la NBA, mais aussi d’autres disciplines sportives et du monde du show-biz se sont impliquées dans une campagne sans précédent pour tenter de soulager les souffrances du peuple haïtien.
D’une magnitude de 7 degrés, le séisme a officiellement fait entre 250.000 et 300.000 morts, 300.000 blessés, 1,3 million de sinistrés et emporté 120 % du PIB. spp/Radio Kiskeya.
http://radiokiskeya.com/spip.php?article6824
La Justice américaine félicite et remercie l'Etat haïtien pour sa collaboration dans la lutte contre la corruption
Un ancien haut cadre de la Téléco, Robert Antoine, a été condamné à 4 ans de prison pour son implication dans un réseau de blanchiment de fonds détournés. Le verdict, rendu par un juge du tribunal fédéral du district de Miami, ordonne à M. Antoine de restituer plus de 1 800 000 dollars et de verser 1 500 000 dollars d'amende. Robert Antoine, 62 ans, qui avait occupé le poste de responsable des affaires internationales entre mai 2001 et avril 2003, avait plaidé coupable de tentative de blanchiment d'argent le 12 mars dernier. Chargé de réaliser les négociations avec les compagnies américaines, M. Antoine avait admis qu'il avait accepté des pots-de-vin de trois compagnies de télécommunications américaines et ainsi fraudé les Télécommunications d'Haïti.
Au cours du procès Robert Antoine avait également admis avoir blanchi une partie des fonds détournés par le truchement d'entreprises intermédiaires, y compris J.D. Locator Services et Entreprises Fourcand.
Deux autres ressortissants haïtiens Jean René Duperval, qui fut directeur des relations internationales des Télécommunications d'Haïti de juin 2003 à avril 2004, et la sœur de Duperval, Marguerite Grandison, comparaîtront le 19 juillet 2010 par devant un juge d'un tribunal de district fédéral de Miami.
Le Département de la Justice du gouvernement américain se réjoui de la collaboration du gouvernement Préval qui a fourni des preuves au cours de cette enquête. Les autorités américaines saluent la collaboration de l'Unité centrale de renseignements financiers, le Bureau des affaires financières et économiques, qui est un corps spécialisé de la Police nationale d'Haïti, et le Ministère de la Justice et de la sécurité publique.
LLM / Radio Métropole Haïti
Commentaires....Et Titid dans tout ça?
Au cours du procès Robert Antoine avait également admis avoir blanchi une partie des fonds détournés par le truchement d'entreprises intermédiaires, y compris J.D. Locator Services et Entreprises Fourcand.
Deux autres ressortissants haïtiens Jean René Duperval, qui fut directeur des relations internationales des Télécommunications d'Haïti de juin 2003 à avril 2004, et la sœur de Duperval, Marguerite Grandison, comparaîtront le 19 juillet 2010 par devant un juge d'un tribunal de district fédéral de Miami.
Le Département de la Justice du gouvernement américain se réjoui de la collaboration du gouvernement Préval qui a fourni des preuves au cours de cette enquête. Les autorités américaines saluent la collaboration de l'Unité centrale de renseignements financiers, le Bureau des affaires financières et économiques, qui est un corps spécialisé de la Police nationale d'Haïti, et le Ministère de la Justice et de la sécurité publique.
LLM / Radio Métropole Haïti
Commentaires....Et Titid dans tout ça?
Les gangs refont surface à Martissant
Des affrontements entre des gangs rivaux, survenus hier dimanche, dans le quartier de Martissant, auraient fait plusieurs morts et des blessés graves, selon le témoignage de certains résidents. Ces heurts auraient eu lieu, dans la zone de Cité Macoute où des hommes armés venant de Grand Ravine ont ouvert le feu dans une boite de nuit. L'information a été confirmée par la police qui n'est toute fois pas en mesure d'affirmer si ces incidents ont fait des victimes.
Un résident, joint au téléphone par Radio Métropole, a confirmé les informations selon lesquelles des individus auraient trouvé la mort lors de ces affrontements.
Selon ce témoin, l'activité des gangs serait en nette recrudescence dans cette zone réputée dangereuse mais considérée comme pacifiée ces dernières années.
Rappelons que la semaine dernière des affrontements entre gangs rivaux avaient déjà fait un blessé, non loin de l'église Saint Jean Bosco dans le centre ville de Port-au-Prince.
EJ/Radio Métropole Haïti
Un résident, joint au téléphone par Radio Métropole, a confirmé les informations selon lesquelles des individus auraient trouvé la mort lors de ces affrontements.
Selon ce témoin, l'activité des gangs serait en nette recrudescence dans cette zone réputée dangereuse mais considérée comme pacifiée ces dernières années.
Rappelons que la semaine dernière des affrontements entre gangs rivaux avaient déjà fait un blessé, non loin de l'église Saint Jean Bosco dans le centre ville de Port-au-Prince.
EJ/Radio Métropole Haïti
Judnel Jean et Rudy Heriveaux sont mis en quarantaine au sein de leurs partis
Le sénateur Judnel Jean et l'ex sénateur Rudy Heriveaux ont été exclus de leurs partis respectifs AAA et Ansanm Nou Fò. Il est reproché au sénateur Jean et au docteur Heriveaux d'avoir apporté leur appui au vote de la loi d'urgence. La formation politique de Youri Latortue, Ayiti an Aksyon (AAA) a déploré l'attitude du sénateur Jean qui n'avait pas respecté les consignes du parti lors de la séance consacrée au vote de la loi d'urgence. Le sénateur Jean, élu sous la bannière de la Fusion des Sociaux-démocrates, était devenu membre de AAA mais avait préféré rejoindre le groupe majoritaire de l'INITE au grand corps.
Le comportement de Rudy Heriveaux est également désapprouvé par le directoire de Ansanm Nou Fò. Le docteur Heriveaux s'était inscrit sous la bannière de Ansanm Nou fò afin de participer aux sénatoriales. Après le rejet du dossier de Fanmi Lavalas par le CEP, des candidats de ce parti s'étaient inscrit sous la bannière d'autres regroupements politiques dont Ansanm Nou Fò et OLA.
L'ex président de la chambre basse, Pierre Eric Jean Jacques, coordonnateur général de Ansanm Nou fò, a pris ses distances vis-à-vis du président René Préval. Ancien cacique de Lespwa, Eric Jean Jacques appelle aujourd'hui à la poursuite de la mobilisation anti-gouvernementale. Il dénonce l'adoption de lois inconstitutionnelles et l'incapacité du gouvernement à satisfaire les besoins urgents de la population.
Ansanm Nou Fò estime que le chef de l'Etat encourage la corruption au sein de l'administration publique et la violation de la souveraineté nationale. D'anciens hauts cadres du gouvernement lavalas, dont Mario Dupuy, ancien secrétaire d'état à la communication, Joses Ulysse et Dismy Cesar, figurent parmi les membres du directoire de Ansanm Nou Fò.
LLM / Radio Métropole Haïti
http://www.metropolehaiti.com/metropole/full_une_fr.php?id=17813
Le comportement de Rudy Heriveaux est également désapprouvé par le directoire de Ansanm Nou Fò. Le docteur Heriveaux s'était inscrit sous la bannière de Ansanm Nou fò afin de participer aux sénatoriales. Après le rejet du dossier de Fanmi Lavalas par le CEP, des candidats de ce parti s'étaient inscrit sous la bannière d'autres regroupements politiques dont Ansanm Nou Fò et OLA.
L'ex président de la chambre basse, Pierre Eric Jean Jacques, coordonnateur général de Ansanm Nou fò, a pris ses distances vis-à-vis du président René Préval. Ancien cacique de Lespwa, Eric Jean Jacques appelle aujourd'hui à la poursuite de la mobilisation anti-gouvernementale. Il dénonce l'adoption de lois inconstitutionnelles et l'incapacité du gouvernement à satisfaire les besoins urgents de la population.
Ansanm Nou Fò estime que le chef de l'Etat encourage la corruption au sein de l'administration publique et la violation de la souveraineté nationale. D'anciens hauts cadres du gouvernement lavalas, dont Mario Dupuy, ancien secrétaire d'état à la communication, Joses Ulysse et Dismy Cesar, figurent parmi les membres du directoire de Ansanm Nou Fò.
LLM / Radio Métropole Haïti
http://www.metropolehaiti.com/metropole/full_une_fr.php?id=17813
Commémoration du jour de l'environnement dans plusieurs régions d'Haïti
Des ONG et des organisations de la société civile ont réalisé plusieurs activités afin de commémorer, le 5 juin dernier, la 37 eme journée mondiale de l'environnement. En cette occasion le ministère de l'environnement a présenté un document traitant des problèmes cruciaux de l'environnement haïtien. Intitulé Géo Haïti 2010, le document présente l'impact des catastrophes naturelles sur l'environnement.
Autour du thème " Plusieurs milliers d'espèces, une planète et un avenir commun", des responsables d'organisations locales et des élus locaux ont participé aux activités du 5 juin.
Dans le quartier Dumulseaux à la Croix des Bouquets plus de 1 000 plantules ont été mises en terre. Le maire Guy Jean Paul s'est réjoui de ce programme de reboisement qui permettra de contenir les débordements de la rivière blanche. Plus d'une centaine de résidents de la région, enrôlés dans le programme Cash for Work de Plan Haïti, ont contribué au programme de reboisement et de curage du canal de la rivière blanche.
Dans le sud, des chercheurs du Groupe d'Appui de Recherche et de Développement d'Haïti ont publié les résultats d'une étude sur les mangroves. Ils donnent l'assurance que les mangroves peuvent réduire considérablement l'impact des tsunamis. Ces plantes appelés " mangues " par les haïtiens doivent être plantées en grand nombre recommandent les spécialistes.
Par ailleurs à Cité Soleil, l'Organisation Internationale pour la Migration (OIM) a distribué des matériels pour la réalisation d'un projet d'assainissement. Les outils ont été distribués aux sans abris du camp fierté.
LLM / Radio Métropole Haïti
http://www.metropolehaiti.com/metropole/full_une_fr.php?id=17812
Autour du thème " Plusieurs milliers d'espèces, une planète et un avenir commun", des responsables d'organisations locales et des élus locaux ont participé aux activités du 5 juin.
Dans le quartier Dumulseaux à la Croix des Bouquets plus de 1 000 plantules ont été mises en terre. Le maire Guy Jean Paul s'est réjoui de ce programme de reboisement qui permettra de contenir les débordements de la rivière blanche. Plus d'une centaine de résidents de la région, enrôlés dans le programme Cash for Work de Plan Haïti, ont contribué au programme de reboisement et de curage du canal de la rivière blanche.
Dans le sud, des chercheurs du Groupe d'Appui de Recherche et de Développement d'Haïti ont publié les résultats d'une étude sur les mangroves. Ils donnent l'assurance que les mangroves peuvent réduire considérablement l'impact des tsunamis. Ces plantes appelés " mangues " par les haïtiens doivent être plantées en grand nombre recommandent les spécialistes.
Par ailleurs à Cité Soleil, l'Organisation Internationale pour la Migration (OIM) a distribué des matériels pour la réalisation d'un projet d'assainissement. Les outils ont été distribués aux sans abris du camp fierté.
LLM / Radio Métropole Haïti
http://www.metropolehaiti.com/metropole/full_une_fr.php?id=17812
Le PNUD appuie le système de la protection civile haïtienne
Le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) apporte un appui technique et financier au Secrétariat Permanent pour la Gestion des Risques et Désastres (SPGRD) à l'approche de la saison cyclonique. Un montant de 100 000 dollars est alloué en vue de la réalisation des activités de sensibilisation et de formation. Ces dernières semaines plus de 500 jeunes ont participé à des séances de formation leur habilitant à surveiller le niveau des rivières afin d'alerter temps les responsables du SPGRD lors des crues. Le comité thématique éducation de sensibilisation bénéficiera d'un appui directe afin de réaliser des campagnes de sensibilisation à travers le pays. La campagne de sensibilisation a été officiellement lancée le vendredi 4 juin dernier.
Les responsables du SPGRD annoncent que des émissions de radio, des concerts et des programmes de sensibilisation dans les bus sont prévus dans le cadre de cette campagne. Outre le PNUD, plus de 15 autres bailleurs de fonds apportent leur appui à la réalisation de la campagne de sensibilisation qui s'étendra sur une période de 9 mois.
Dans le même temps le PNUD fait état de l'acquisition de nouveaux matériels estimés à 40 000 dollars pour le Centre National de Météorologie d'Haïti. Le Centre National de Météorologie, le Secrétariat Permanent pour la Gestion des Risques et Désastres et la Direction de la Protection Civile sont impliqués dans le système de protection civile d'Haïti.
LLM / Radio Métropole Haïti
http://www.metropolehaiti.com/metropole/full_une_fr.php?id=17811
Les responsables du SPGRD annoncent que des émissions de radio, des concerts et des programmes de sensibilisation dans les bus sont prévus dans le cadre de cette campagne. Outre le PNUD, plus de 15 autres bailleurs de fonds apportent leur appui à la réalisation de la campagne de sensibilisation qui s'étendra sur une période de 9 mois.
Dans le même temps le PNUD fait état de l'acquisition de nouveaux matériels estimés à 40 000 dollars pour le Centre National de Météorologie d'Haïti. Le Centre National de Météorologie, le Secrétariat Permanent pour la Gestion des Risques et Désastres et la Direction de la Protection Civile sont impliqués dans le système de protection civile d'Haïti.
LLM / Radio Métropole Haïti
http://www.metropolehaiti.com/metropole/full_une_fr.php?id=17811
Haïti-Reconstruction: La BID investit 200 millions de dollars dans l'agriculture
La Banque interaméricaine de développement (BID) annonce des subventions de l'ordre de 200 millions de dollars pour affermir les droits de titularisation des terrains, stimuler la production agricole, augmenter l'accès aux marchés pour les fermiers, et renforcer la sécurité alimentaire en Haïti.
Les subventions, qui s'échelonneront sur 5 ans, couvriront un quart des coûts totaux d'un plan gouvernemental pour renforcer l'industrie agricole après le séisme du 12 Janvier.
Il s'agit d'une augmentation significative des contributions de la BID pour le développement en Haïti. Au cours des 6 dernières années la BID avait approuvé 129 millions de dollars pour des projets dans ce secteur stratégique.
Le chef de la Division d'environnement et développement rural de la BID, Hector Malarin, a soutenu qu'il faut " aider Haïti à améliorer sa sécurité alimentaire avec des projets qui stimulent la productivité et contribuent à attirer les investissements dans les régions rurales."
Les responsables de la BID indiquent que ces investissements contribueront à des projets antérieurement mis en place pour la gestion de l'irrigation et de la canalisation des eaux, ainsi qu'aux efforts pour combattre les éléments nuisibles et les maladies affectant les cultures clés. Par biais de ce programme la BID cherchera à augmenter le nombre de propriétés titularisées, et à améliorer la qualité et l'accès aux services de registre dans certaines communautés rurales, en particulier dans des régions où la BID finance des projets.
LLM / Radio Métropole Haïti
http://www.metropolehaiti.com/metropole/full_une_fr.php?id=17810
Les subventions, qui s'échelonneront sur 5 ans, couvriront un quart des coûts totaux d'un plan gouvernemental pour renforcer l'industrie agricole après le séisme du 12 Janvier.
Il s'agit d'une augmentation significative des contributions de la BID pour le développement en Haïti. Au cours des 6 dernières années la BID avait approuvé 129 millions de dollars pour des projets dans ce secteur stratégique.
Le chef de la Division d'environnement et développement rural de la BID, Hector Malarin, a soutenu qu'il faut " aider Haïti à améliorer sa sécurité alimentaire avec des projets qui stimulent la productivité et contribuent à attirer les investissements dans les régions rurales."
Les responsables de la BID indiquent que ces investissements contribueront à des projets antérieurement mis en place pour la gestion de l'irrigation et de la canalisation des eaux, ainsi qu'aux efforts pour combattre les éléments nuisibles et les maladies affectant les cultures clés. Par biais de ce programme la BID cherchera à augmenter le nombre de propriétés titularisées, et à améliorer la qualité et l'accès aux services de registre dans certaines communautés rurales, en particulier dans des régions où la BID finance des projets.
LLM / Radio Métropole Haïti
http://www.metropolehaiti.com/metropole/full_une_fr.php?id=17810
dimanche 6 juin 2010
samedi 5 juin 2010
GRANDS DOSSIERS: HAITI UNIVERSITES
Haïti-Université : Les conditions de la reprise
vendredi 4 juin 2010
Interview, Par Francesca Theosmy
P-au-P, 4 juin 2010 [AlterPresse] --- Les conditions sont progressivement réunies pour la reprise de l’ensemble des activités à l’Université d’État d’Haïti (Ueh), selon ce qu’indique le vice recteur à la recherche, Fritz Deshommmes, à AlterPresse.
« La volonté de reprendre est là, intense, pressante, chez les Décanats, la plupart des professeurs et des étudiants », confie le professeur Deshommes dans une entrevue accordée à AlterPresse.
« Les fonds nécessaires sont disponibles », ajoute-t-il.
Fritz Deshommes a répondu par e-mail aux questions d’AlterPresse.
AlterPresse - Quelle est la situation de l’université d’Etat après le tremblement de terre ?
Fritz Deshommmes - Le moins que l’on puisse dire, c’est que la situation est difficile.
D’abord sur le plan humain. Les pertes sont immenses, douloureuses. Nous avons perdu pas moins de 20 professeurs, dont un doyen et un vice-doyen, plus de 300 étudiants, plus de 20 membres du personnel administratif. Quand vous perdez en même temps ce nombre d’enseignants et de jeunes, ce n’est pas facilement acceptable. Quand en plus vous perdez des gens de la trempe de Pierre Vernet, Yolaine Lhérisson, Arsène Constant, cela devient insoutenable, insupportable…
Je préfère fermer rapidement ce chapitre…
Sur le plan physique, l’UEH se porte très mal. Les bâtiments logeant 7 facultés sur les 11 qui constituent l’UEH à Port-au-Prince sont totalement inutilisables soit parce qu’ils se sont effondrés sur-le-champ, comme la Faculté de Linguistique Appliquée, (FLA), l’Ecole Normale Supérieure (ENS), la Faculté de Médecine et de Pharmacie (FMP), (partiellement) soit parce qu’ils doivent être abattus, comme la Faculté des Sciences (FDS), la Faculté des Sciences Humaines (FASCH), la Faculté d’Agronomie et de Médecine Vétérinaire (FAMV), la Faculté de Droit et des Sciences Economiques ( FDSE). Et même celles qui demeurent debout ne peuvent pas être mises à contribution. Certaines méritent de sérieuses réparations, comme l’Institut National d’administration, de Gestion et des Hautes Etudes Internationales (INAGHEI), l’Institut d’Etudes et Recherches Africaines d’Haïti (IERAH). Il faut compter aussi avec la phobie du béton, si vrai que même à l’INAGHEI, à l’IERAH , à la Faculté d’Ethnologie (FE), on est obligé de construire des abris provisoires. La seule faculté qui n’a pas été affectée et dont l’immeuble demeure totalement disponible est la Faculté d’Odontologie. La situation n’est pas différente au niveau de l’Office Central et ses dépendances. Le bâtiment principal du Rectorat doit être démoli. L’Immeuble logeant le programme de maitrise Histoire, Mémoire et Patrimoine s’est effondré. Celui logeant les Editions de l’UEH est aussi hors d’état de fonctionnement, en raison des importantes fissures subies et de la phobie du béton :
En réalité à part la faculté d’Odontologie, aucun bâtiment de l’UEH dans la zone métropolitaine n’est immédiatement utilisable.
Les pertes en bâtiments ont été estimées à 45 millions de dollars américains.
Également considérables sont les pertes en terme de matériel didactique et pédagogique, de matériel de fonctionnement : Bureaux, chaises, Ordinateurs, imprimantes, classeurs, retro projecteur, mais aussi bibliothèque, laboratoire scientifique (didactique et de recherche) laboratoire d’informatique etc.…
Une note positive cependant : nous avons pu récupérer toutes nos archives, notamment les relevés de notes, les dossiers d’étudiants et tous les documents permettant de retracer le parcours académique de nos étudiants. A ce sujet, il faut souligner la diligence, l’esprit d’abnégation, le sens des responsabilités des dirigeants et membres du personnel administratif de nos facultés qui, par des moyens inimaginables, dans certain cas ont pu sauver des décombres un nombre important de documents académiques.
Apr - Il était prévu, suivant les informations disponibles, que plusieurs entités de l’UEH reprennent le 3 mai ce qui n’a pas pu se faire. Qu’est-ce qui explique ce retard ?
FD - Effectivement, il était prévu que le 3 mai toutes les facultés devraient reprendre des activités académiques. Il faut clarifier ici. Nous n’avions pas dit que le 3 mai toutes les facultés allaient reprendre toutes leurs activités académiques. C’est simplement impossible compte tenu de l’immensité des dégâts.
Mais la reprise ne pouvait pas non plus se faire au même rythme et dans la même mesure pour toutes les facultés. Cela dépend de tout un ensemble de paramètres dont l’ampleur des pertes subies tant en termes physiques qu’humain, la configuration de l’espace physique, le nombre d’étudiants, le système utilisé dans le fonctionnement académique, les filières concernées et même l’état d’avancement du semestre déjà entame.
Par exemple, la reprise à la Faculté d’Odontologie qui est demeurée intacte ne peut être la même qu’à la Faculté de Linguistique Appliquée totalement dévastée.
Le nombre de salles de classe pouvant être construit à l’IERAH qui ne dispose pratiquement pas de cour intérieure est certainement moindre qu’a la FAMV qui s’étend sur une superficie plus grande.
La FDS accommodera plus facilement l’ensemble de ses étudiants, moins nombreux que l’INAGHEI.
Ce ne sont pas toutes les facultés de l’UEH qui peuvent se prévaloir de relations aussi privilégiées avec d’autres partenaires de leur filière que celles qu’entretiennent la FMP et l’HUEH et qui lui ont permis d’être hébergée de manière aussi gracieuse au niveau de plusieurs salles de cours.
Les modalités de la reprise à la FASCH qui privilégie le système de crédit ne sont pas obligatoirement les mêmes qu’à la faculté de Droit où prédomine le système annuel ou a la Faculté d’Ethnologie, qui utilise une combinaison des deux
Cela dit, la stratégie adoptée lors d’une réunion du Conseil de l’Université était la suivante : chaque Faculté devait soumettre au Conseil Exécutif un plan et un calendrier de reprise assorti d’un devis estimatif des moyens indispensables pour leur mise en œuvre.
Dans ce cadre, toutes les facultés devraient se prévaloir d’un minimum (ou d’un maximum) de fonctionnement académique au 3 mai.
Apr - Où en est-on avec ce plan ?
FD - Notons d’entrée de jeu que depuis le mois de mars et même de février, certaines facultés avaient déjà entamé leur reprise.
La FO avait dès le mois de février mis sur pied un programme de services à la communauté qu’animaient essentiellement les enseignants aidés de quelques étudiants. Elle avait été rapidement rejointe en mars par les Facultés d’Ethnologie et des Sciences Humaines, lesquelles en profitaient pour reprendre les stages d’étudiants et les soutenances de mémoire. La Faculté des Sciences prenait déjà soin de ses finissants.
Et depuis le mois d’avril plusieurs Facultés ont repris leurs cours « classiques », suivant en cela l’exemple de la faculté des Sciences qui avait déjà mis sur pied un programme spécial à l’ intention de ses finissants.
Si la Faculté d’Odontologie a pu reprendre toutes ses activités pour les raisons mentionnées plus haut, il n’en est pas de même pour d’autres. Dans la plupart des cas, les finissants sont privilégiés. Il importe ici de remettre l’accent sur le dévouement de certains professeurs, de membres de Décanat qui n’ont pas hésité à mettre leurs maisons privées ou leur lieu de travail au service d’étudiants, surtout en dernière année.
Pour revenir au 3 mai, un fonds d’environ 20 millions de gourdes a été mis à la disposition des facultés pour accompagner la reprise. La plupart d’entre elles ont déjà soumis des plans de reprises et devis appropriés. A date, plus de 7 millions ont été utilisés pour la construction de structures légères, d’abris provisoires devant loger des bureaux et des salles de cours.
Des retards ont été enregistrés dans l’exécution des plans soumis. Soit parce que les devis ont pris du temps pour être acheminés au Rectorat, soit parce que le Centre National des Équipements (CNE) n’a pas su déblayer/démolir à temps les bâtiments concernés et rendre disponible l’espace (les couts de démolition dans le privé sont inabordables) soit parce que l’estimation initiale des délais de construction n’est pas exacte. Cela dit, en ce mois de mai, toutes les entités auront dans la mesure possible rouvert leurs portes à leurs étudiants, sauf deux qui devront attendre le mois de juin. L’essentiel est que la volonté de reprendre est là, intense, pressante, chez les Décanats, la plupart des professeurs et des étudiants. Les fonds nécessaires sont disponibles.
Progressivement, la vie académique reprend. Étudiants et professeurs sont heureux de réapproprier leur espace.
Encore une fois, il faut préciser que toutes les activités académiques ne pourront reprendre dans le cadre de ces dispositifs d’urgence.
Il faut donc sortir rapidement de l’urgence et aborder rapidement les problèmes structurels. C’est pourquoi le Conseil Exécutif consacre l’essentiel de ses actions à la véritable reconstruction de l’UEH.
On a voulu faire la comparaison entre l’UEH et d’autres Universités ou établissements d’enseignement supérieur, lesquels avaient annoncé des reprises rapides.
D’abord, il faut s’en féliciter car plus vite nos jeunes retrouvent le chemin de l’école et de l’université, mieux cela vaut pour eux et pour la société.
Il importe toutefois de rappeler que l’UEH à Port-au-Prince c’est au moins 15,000 étudiants, de loin supérieur à la moyenne des autres établissements, dont l’effectif atteint rarement 2000 étudiants. Au niveau national, si l’on ajoute ses antennes de province, l’UEH c’est plus de 50% des étudiants de tout le système et plus de ¾ des membres haïtiens de l’AUF. Pour permettre de mieux apprécier, rappelons que l’INAGHEI à lui seul rassemble plus d’étudiants que n’importe lequel de ces établissements. L’UEH c’est aussi plus de 800 professeurs, un nombre de filières, de programmes post gradués, de pôles d’excellence, une représentation territoriale, sans commune mesure avec les autres. L’UEH c’est aussi le principal pourvoyeur du système national d’enseignement supérieur en cadres académiques et non académiques. Avec des pertes telles que rapportées plus haut, la reprise doit y être certainement plus compliquée que s’il s’agissait d’accommoder un millier d’étudiants ou moins.
Cela dit, chaque fois qu’un établissement d’enseignement ouvre ses portes, quel qu’en soit le niveau (primaire, secondaire, supérieur, universitaire) et quel qu’en soit le statut (public, privé,…), il faut s’en réjouir et apprécier l’effort consenti dans les circonstances actuelles. C’est le pays qui se relève, c’est l’avenir qui se prépare.
Apr - Le rectorat a-t-il reçu de l’aide d’institutions universitaires internationales ?
FD - La coopération internationale ? Ce volet a pris une ampleur inusitée dans nos actions récentes. D’entrée de jeu, il faut vous dire que nous recevons de multiples offres d’appui et de collaboration de la part d’universités sœurs. La CUD de Belgique avec lequel nous avons un partenariat formel depuis plus de 10 ans et l’Université de Porto-Rico figurent parmi les premières à se manifester. Mais très vite nous avons été débordés et nous avons du mettre sur pied rapidement une commission des relations internationales. Car plusieurs grands défis se présentaient. Entre autres :
Comment identifier les offres les plus pertinentes compte tenu de nos besoins réels de court, de moyen et de long terme ?
Comment éviter les doubles emplois ?
Comment dépasser les effets de première « compassion » et éviter que le premier moment d’émotion passe, les bonnes volontés qui se manifestent demeurent ?
Nous avons du élaborer un cadre stratégique d’action pour mieux apprécier les offres. Dans certains cas, il a fallu contre-proposer et même refuser des propositions de départ. Notons également les manifestations d’intérêt de compatriotes de la diaspora, la plupart très utiles et très pertinentes.
Cela dit, cet aspect de nos activités s’est révélé très fructueux.
Nous avons pu négocier des bourses pour étudiants, de la coopération en termes de formation de formateurs. Tout en privilégiant des bourses de maitrise et de doctorat en faveur de nos enseignants actuels et futurs, nous avons été amenés également à négocier pour nos étudiants des formations de premier cycle ainsi que des opportunités d’aller finaliser leur travaux de sortie dans des laboratoires de recherche d’autres consœurs. Des professeurs vont également bénéficier de ce mouvement. Ils auront bientôt l’opportunité d’aller passer quelque temps chez des collègues, pour soit des recherches soit pour affiner un cours.
En outre, plusieurs accords ont été signés dans l’intervalle ou sont en passe de l’être. Parmi les plus pertinents, notons :
La Convention avec l’Université de Porto-Rico pour la formation de formateurs et la réalisation de recherches communes ;
La Convention avec l’Université Laval (et impliquant également le Ministère de la Culture) pour un vaste projet de recherche sur la conservation et la valorisation du patrimoine culturel national, y compris des savoirs locaux
La Convention avec le Centre National des Arts et Métiers de France qui prévoit la formation technique et professionnelle de près de 400 jeunes environ. Je vous donne une primeur : L’UEH a décidé de décentraliser cette formation le plus que possible. Elle va en profiter pour être présente dans les dix départements géographiques du pays ;
La Convention avec « Bibliothèques Sans Frontières » en voie de finalisation pour l’initialisation d’une bibliothèque centrale sur notre nouveau campus et le renforcement substantiel des travaux déjà entrepris sur notre bibliothèque virtuelle.
Le Mémorandum d’Entente avec la Florida International University sur un vaste programme de collaboration académique et administrative.
Il faut également insister sur l’apport de notre diaspora. Ce sont des compatriotes vivant à l’étranger (les ingénieurs Marie-Elsie Dowell, Ronald Colas, Dr Margareth Charles… entre autres) qui, avec l’aide d’une commission d’ingénieurs, architectes, géologues de la Faculté des Sciences, nous ont aidés à élaborer l’avant- projet de notre nouveau campus.
Récemment, nous avons réalisé un important atelier de travail qui nous permet déjà d’avancer dans le cadrage du pole des sciences pures et appliquées et dans la constitution de ce pole. L’implication de compatriotes de la diaspora (Drs Guerda Massillon, Chantale Damas, Roger Dorsinville, jr, etc.) y était substantielle et a permis de contempler d’autres pistes intéressantes et substantielles de collaboration
Notons également les bourses offertes par l’UWI, les universités françaises, canadiennes, américaines, l’Université de Porto-Rico, l’Université de Genève, l’Université Nationale de Varsovie, etc.
Il ne faut pas croire que dans cette mouvance, nous ne sommes que demandeur. Pour la plupart des universités du monde, Haïti est devenu un vaste laboratoire de recherche, un espace idéal de production de savoirs dans la plupart des champs de connaissance (économique, social, culturel, politique). Des chercheurs des plus grandes universités du monde débarquent chez nous, désireux de comprendre ce phénomène qui s’appelle Haiti, particulièrement les causes, les conséquences, les implications de cette catastrophe majeure, unique dans l’histoire récente de l’humanité. Pour un chercheur, pour une université, une meilleure connaissance de ce pays meurtri constitue une occasion de produire des savoirs nouveaux, de réaliser d’intéressantes publications et d’engranger un indéniable prestige. Ainsi dans le cadre de ces coopérations, notre apport en tant qu’université c’est la capacité que nous offrons aux collègues du monde entier d’enrichir le stock de savoirs de l’humanité sur les catastrophes, dans leurs aspects naturel et social tout en renforçant nos capacités et nos structures.
Apr - Y a-t-il un plan qui vise le long terme ?
FD - Notre prémisse est simple : Il nous faut reconstruire mais sur de nouvelles bases. Nous ne pouvons nous atteler à remettre les bâtiments effondrés dans l’état où ils se trouvaient avant le 12 janvier. Il y a tellement longtemps que nous nous plaignons de la dispersion de nos facultés, lesquelles fonctionnaient beaucoup plus comme des entités autonomes ou même indépendantes que comme des membres à part entière d’une communauté universitaire, avec toutes les difficultés et tous les gaspillages que l’on connaît en termes administratifs, financiers, académiques. Il ya tellement longtemps que nous réclamons un véritable campus universitaire pour loger une véritable université Pour toutes ces raisons, la CUEH a voté le 5 février dernier une résolution demandant au conseil Exécutif de reloger les facultés de l’UEH et de les regrouper selon 3 pôles disciplinaires :
• Le pôle des Sciences Humaines et Sociales
• Le pôle des Sciences médicales
• Le pôle des Sciences Linguistiques et Appliquées
C’est là qu’entre en jeu Damien. Étant donné que c’est à Damiens que nous disposons d’une substantielle portion de terrain destiné depuis plus de 10 ans a la construction d’un campus universitaire, nous n’avons donc pas le choix.
Il faut préciser qu’il s’agit d’un projet de long terme.
Beaucoup de démarches ont déjà été entreprises : Identification du site approprié, étude de sol, plan de distribution de l’espace, plan d’électricité ; estimation des couts de construction et d’aménagement. Aujourd’hui nous disposons déjà d’un projet (un « proposal » comme disent les américains) pour lequel nous cherchons le financement approprié. Nous pouvons dire que des 60 carreaux de terre constituant la concession à l’UEH, nous avons pu « sécuriser » 30 hectares sur lesquels s’élèvera le campus de Port-au-Prince de l’UEH. Y sont déjà identifiés les espaces devant être attribués aux différents pôles thématiques susmentionnés, aux Programmes de Maitrise en attendant les Ecoles Doctorales, à l’administration centrale, aux services généraux, à la bibliothèque centrale, aux Editions de l’UEH, à la librairie de l’UEH, aux résidences d’étudiants et de professeurs, aux sports, aux loisirs…
Nous allons lancer bientôt les travaux de terrassement et de clôture à partir d’un fonds spécial d’investissement de 3 millions de dollars mis à notre disposition par l’Etat Haïtien avant le séisme.
Pour le cout estimé, pour le nombre d’étudiants envisagés (25 000), pour la durée de vie des immeubles (40-50 ans), pour le type d’énergie à utiliser (propre et renouvelable dans une large mesure), pour la multitude d’activités contemplées, il ne peut s’agir que d’un projet de long terme.
D’autres campus sont également envisagés. Au moins deux autres dans un premier temps. Déjà nous disposons de terrains appropriés dans le Nord. Et le campus du Nord de l’UEH pourrait être une réalité plus vite qu’on ne croit, si les promesses à nous faites dans le cadre de la solidarité latino-américaine se concrétisent. Dans le Sud, le processus d’acquisition de terrain est en bonne voie. En réalité, d’une façon ou d’une autre, nous voulons être présents dans les 10 départements géographiques du pays comme nous l’impose la Constitution de 1987 et « dans une perspective du développement régional », nous rappelle l’article 281. Et il y a de grandes possibilités que nous le soyons dès la prochaine année académique.
Pour le campus de Port-au-Prince, le coût de la construction est estimé à 85 millions de dollars. Et le volume d’investissements nécessaires pour les trois prochaines années avoisine 200 millions de dollars. Pourrons-nous disposer des ressources nécessaires ? Certains se demandent plutôt : cela vaut-il la peine ?
Quand on connait le rôle de l’enseignement supérieur ou de l’université dans une société, on se rendra compte qu’il s’agit de sommes plutôt modestes par rapport aux besoins, par rapport aux attentes. La formation de cadres et de dirigeants conscients et compétents, la compréhension et la maitrise de phénomènes naturels et sociaux, la promotion de la science, de la technologie , de l’innovation, la validation et la valorisation de savoirs réels mais méconnus ou méprisés, la négociation du mode d’insertion du pays dans la mondialisation, le progrès économique et social de la nation, tout cela passe par l’enseignement supérieur. D’ailleurs, « Les pays qui se développent à un rythme accéléré et harmonieux ont mené une politique de formation supérieure articulée autour des besoins de leur société et du monde » comme le rappelait le recteur Jean-Vernet Henry à l’occasion du 18 mai dernier.
Apr - L’an dernier un colloque avait été organisé sur la reforme universitaire, et avant le 12 janvier on parlait beaucoup de reforme au sein de l’UEH. Est-ce un sujet qui préoccupe encore le rectorat ?
FD - La réforme à l’UEH ? Elle est plus que jamais à l’ordre du jour. Elle s’impose même dans la conjoncture actuelle. Il existe un ensemble de paramètres qui la rendent encore plus urgente. Par exemple :
• Avant le 12 janvier, la Commission de Réforme devait élaborer un projet de réforme dont la mise en œuvre viendrait dans un second temps qu’on ne pouvait pas définir ;
• Avant le 12 janvier, l’on nourrissait beaucoup d’appréhensions sur la faisabilité de la dite réforme ;
o Parce que l’adhésion de la communauté n’était pas garantie ;
o Parce que le financement tant pour l’élaboration du projet que pour sa mise en œuvre paraissait plus difficile à obtenir.
Aujourd’hui, la force des choses nous oblige à ne penser qu’en termes de réforme même dans nos actions quotidiennes. Il y a :
• La nécessité d’aller sur un nouveau campus ;
• L’autorisation déjà obtenue de l’instance suprême de l’Université de regrouper les facultés par pôles disciplinaires.
• La nécessité de penser dans le feu de l’action à la gestion du campus, qui ne devrait pas fonctionner comme si les facultés étaient encore dispersées ;
• La nécessité de prendre en compte la fourniture de nouveaux services devant être pris en charge au niveau central : cafeteria centrale, résidences d’étudiants et de professeurs, bibliothèque centrale, etc.… ;
Dans le même temps apparaissent des opportunités de financement, de ressources, d’accompagnement, se rapportant tant à la conception qu’à la mise en œuvre. Bien entendu, cela ne veut pas dire que toutes les promesses seront honorées ou que l’adhésion au projet global n’est qu’une simple formalité.
Un exemple de la différence entre les deux moments : la décision du regroupement par pôle. Cette orientation majeure était sortie depuis janvier 2009 lors d’un atelier de travail organisé par la Commission de Réforme ; elle figure en bonne place dans le document de vision de ladite Commission (en voie de publication) mais rien ne garantissait qu’elle allait être adoptée par la communauté et par les instances compétentes.
Bien entendu, il faut rappeler que la Réforme n’est pas essentiellement physique ou géographique. Elle est académique, institutionnelle, territoriale, administrative.
Elle est dans les nouvelles relations que l’UEH doit entretenir avec la communauté, elle est dans le renouvellement de sa pertinence sociale, de sorte que les enseignements qu’elle dispense, les recherches qu’elle effectue, les services qu’elle offre, sa présence sur le territoire répondent beaucoup plus aux besoins de la société. Elle est dans les nouvelles relations à établir avec l’Etat, plus harmonieuses, plus fonctionnelles mais également avec le secteur privé, les communautés de base, la société civile.
Mais déjà, elle s’impose, ai-je dit. Dans les réflexions et les actions quotidiennes.
Le relogement sur seul campus ou le regroupement par pôle implique déjà de nouveaux cadres de fonctionnement sur tous les plans. Il y a les différents pôles à cadrer et à définir, les enseignements de base à identifier et à profiler, les nouvelles filières à instituer, les professeurs à fidéliser, à travers un plan de carrière et une grille salariale plus en rapport avec leur utilité sociale, le nouveau cadre institutionnel et réglementaire à définir, les organes de gouvernance à établir, les fonctions administratives à centraliser pour permettre aux Décanats de se concentrer sur leurs véritables missions académiques mais dans une perspective plus stratégique, etc. Ainsi en même temps que se construit le campus et qu’on se l’approprie, il faut penser à son fonctionnement. D’où la réduction drastique de la distance entre le projet de réforme et sa mise en œuvre.
Autant dire que la Commission de Réforme a du pain sur la planche. Précisons à ce sujet que cette commission qui avait organisé le colloque l’année dernière n’a jamais cessé ses travaux. Elle se fera plus visible à partir du mois prochain au cours duquel, elle soumettra à la communauté universitaire et aux secteurs concernés, pour discussion et validation, sa vision de la Reforme. Dans le même temps, des consultations auront déjà été entamé pour une assistance technique à l »élaboration d’un projet de Réforme.
A ce stade la vraie question n’est pas dans la nécessité ou l’urgence de la réforme, elle se situe plutôt dans la nécessaire harmonisation des actions du Conseil Exécutif et des réflexions de la Commission de Réforme pour que les dispositions qui s’imposent dans cette conjoncture post séisme et les opportunités qui s’offrent ne s’écartent pas d’un cadre stratégique global visant le moyen et les long terme, en d’autres termes ne jurent pas avec le travail de la Commission de Réforme dont le mandat est notamment de proposer les orientations fondamentales de la nouvelle Université d’E tat d’Haïti et de s’assurer que ces orientations rencontrent les vœux de la communauté nationale à travers ses divers secteurs concernés, c’est-a-dire , non seulement la communauté universitaire mais également la société civile, l’Etat, etc.…
Pour le dire d’une certaine façon, la Commission de Réforme dont la mission est essentiellement stratégique devrait se préoccuper de certains aspects pratiques tandis que le Conseil Exécutif, gestionnaire au jour le jour de l’Université, devrait augmenter sa capacité stratégique.
Conscientes de ces défis, les deux instances ont déjà convenu de se rencontrer plus souvent.
Apr - L’université avait ses problèmes avant le tremblement de terre. Je songe plus spécifiquement à la crise de la faculté de médecine. Une commission composée d’étudiants et de professeurs aurait été créée depuis et sera chargée de gérer les questions académiques et administratives. Comment se positionne le rectorat par rapport à cette commission ?
FD - La Crise à la FMP ?
Elle est en passe de trouver une solution heureuse et définitive. Les stages pratiques ont déjà repris depuis le mois d’avril et les cours d théoriques ont recommencé à partir du 19 mai prochain. Certes, le premier jour, il s’est produit un dérapage mais la situation semble avoir été vite maitrisée et les cours avaient pu reprendre des l’après-midi et continuent à se dispenser. Ce n’est plus cette situation de vive tension que l’on avait connue l’année dernière.
Il est vrai que le ton a été donné par l’assemblée générale des professeurs s de la FMP, le Conseil des Chefs de Département et le Décanat qui au lendemain du séisme ont décidé d’annuler l’essentiel des sanctions adoptées, dans un bel élan de grandeur d’âme et de dépassement.
La commission dont vous parlez n’est autre que la commission de suivi, qui figure depuis tantôt un an dans les propositions de sortie de crise. Elle est formée d’enseignants de la Faculté et sa mission est de rencontrer les représentants des étudiants pour se pencher sur les problèmes académiques et administratifs de la Faculté et proposer au Décanat des pistes de solution. Deux rencontres ont déjà eu lieu et une troisième a déjà été programmée.
Le Rectorat se réjouit de la mise en route de cette commission et du processus en cours qui semble s’acheminer vers une normalisation que souhaite tout le monde
Apr - Parlons de la participation de l’UEH aux Assises internationales de l’AUF qui se tiennent ce mois-ci à Montréal. Des attentes particulières ?
FD - Aux assises internationales de l’AUF a Montréal et à tous les fora internationaux auxquelles nous allons participer, notamment celles de Guadalajara au Mexique (31 mai-1er juin), nous allons exprimer nos besoins de tous types et voir quelles réponses nous pouvons obtenir.
Il y a d’abord les besoins liés à la reconstruction physique. Le campus de l’Ouest de l’UEH à Damiens devrait nécessiter environ 200 millions de dollars d’investissement sur les trois prochaines années. Ceux du Nord et du Sud 50 millions chacun. Il nous faudra des expertises en construction et aménagement de campus, en gestion de logistique universitaire. De la formation aussi en ces domaines pour nos cadres.
Un point très important dont on ne parle pas suffisamment et qui devrait se traduire d’abord par un appui financier spécial. C’est notre capacité d’augmenter de manière substantielle le nombre de nos professeurs à plein temps qualifiés. Dans cette conjoncture particulière, il nous faudra un appui spécial de 40 millions de dollars au moins pour les cinq prochaines années en attendant que l’Etat se reconstruise et dégage les ressources adéquates pour l’Université et que cette dernière, elle-même, par ses recherches, son expertise, renforce sa capacité d’autofinancement. Ce point est crucial si nous voulons garder et recruter des professeurs de niveau, y compris ceux que nous envoyons se former à l’étranger, si nous voulons nous lancer véritablement dans la recherche, développer une expertise, remplir nos obligations vis-à-vis de la communauté mais plus prosaïquement, encadrer nos étudiants, stabiliser l’Université, améliorer nos enseignements. C’est la base, qui conditionne le succès de toutes les actions que nous pouvons entreprendre. L’Université c’est d’abord des professeurs qualifiés et disponibles, pour l’enseignement, pour la recherche, pour les services à la communauté, pour le rayonnement institutionnel, pour la cooperation internationale. C’est-à-dire aussi décemment rémunérés, dans le cadre d’une grille salariale raisonnable, d’un plan de carrière motivant et de conditions générales de travail épanouissantes
Bien sûr, nous avons besoin d’appui pour la rénovation de nos programmes académiques, pour l’acquisition de matériel et d’équipement, de laboratoires, de bibliothèques, pour la formation et le perfectionnement de nos enseignants, pour la mise en place de nouvelles filières (académiques et professionnelles), pour la mise en place de programmes de deuxième et troisième cycle, pour le renforcement de nos structures administratives. Nous avons besoin de renforcer nos capacités en recherche, de mieux nous insérer dans des réseaux internationaux de recherche, d’opportunités pour mieux entrainer nos chercheurs, d’avoir des programmes communs de recherche avec nos partenaires.
Nous avons besoin de missions d’enseignement, de bourses de perfectionnement et de recherche.
Nous avons besoin de renforcer nos capacités d’enseignement à distance, de mieux raccorder nos étudiants, nos professeurs, notre personnel administratif au réseau universitaire mondial.
Nous avons besoin de nous rapprocher de notre diaspora, de pouvoir faire un pont fructueux entre nos immenses besoins d’enseignement supérieur et toutes ces capacités disposées à accompagner.
Ce sont autant de besoins que nous allons exprimer à Montréal, à Guadalajara et chaque fois que nous avons l’occasion de faire appel à la solidarité internationale.
Mais nous nous ne lasserons pas d’insister sur deux points fondamentaux qui conditionnent la réussite de tous les autres :
• L’espace de travail, nos campus ;
• Les ressources humaines, disponibles et compétentes.
Mais, se demanderait-on, quel intérêt auraient nos partenaires à nous épauler ? J’ai déjà indiqué combien, en ce moment particulier, nous sommes uniques pour la production d’un certain nombre de savoirs nouveaux qui constituent des mines précieuses pour des universités sœurs. Coopérer avec l’UEH et l’université haïtienne constitue pour ces dernières une garantie qu’à travers des projets de recherche communs, le renforcement des capacités de recherche et de formation, elles peuvent contribuer à faire reculer les limites de la connaissance et en tirer le prestige correspondant.
Par ailleurs, s’il existe un pays au monde à avoir droit à la solidarité internationale et qui puisse se prévaloir de dettes internationales éternelles contractées à son égard, il s’appelle bien Haïti. L’Amérique Latine qui entre maintenant dans la période de célébration du bicentenaire de ses indépendances en sait quelque chose. Les Etats-Unis avaient pu subitement doubler leur extension territoriale à la faveur de la Révolution Haïtienne d’il y a deux siècles et de la défaite des troupes napoléoniennes à St-Domingue, à travers le « Luisiana Purchase ». Sans parler de Savannah. Nous aurions pu citer également la Grèce, la République Dominicaine, la Caraïbe anglophone, etc.
Et puis, il faut rappeler que la France ne nous a pas encore restitué la Dette de l’Indépendance dont la valeur actuelle se chiffre en milliards d’euros.
C’est maintenant le moment idéal pour la manifestation de ce devoir de reconnaissance en faveur du pays dont les contributions morales, matérielles, conceptuelles à la libération et à la dignité de peuples et d’Etats de plusieurs continents ont été des plus remarquables. Et l’enseignement supérieur devrait constituer l’un des meilleurs réceptacles de cette solidarité internationale surtout si elle se veut digne de l’action désintéressée, généreuse, libératrice, des Haïtiens en faveur des opprimés d’alors.
[kft gp apr 04/06/2010 14 :00]
vendredi 4 juin 2010
Interview, Par Francesca Theosmy
P-au-P, 4 juin 2010 [AlterPresse] --- Les conditions sont progressivement réunies pour la reprise de l’ensemble des activités à l’Université d’État d’Haïti (Ueh), selon ce qu’indique le vice recteur à la recherche, Fritz Deshommmes, à AlterPresse.
« La volonté de reprendre est là, intense, pressante, chez les Décanats, la plupart des professeurs et des étudiants », confie le professeur Deshommes dans une entrevue accordée à AlterPresse.
« Les fonds nécessaires sont disponibles », ajoute-t-il.
Fritz Deshommes a répondu par e-mail aux questions d’AlterPresse.
AlterPresse - Quelle est la situation de l’université d’Etat après le tremblement de terre ?
Fritz Deshommmes - Le moins que l’on puisse dire, c’est que la situation est difficile.
D’abord sur le plan humain. Les pertes sont immenses, douloureuses. Nous avons perdu pas moins de 20 professeurs, dont un doyen et un vice-doyen, plus de 300 étudiants, plus de 20 membres du personnel administratif. Quand vous perdez en même temps ce nombre d’enseignants et de jeunes, ce n’est pas facilement acceptable. Quand en plus vous perdez des gens de la trempe de Pierre Vernet, Yolaine Lhérisson, Arsène Constant, cela devient insoutenable, insupportable…
Je préfère fermer rapidement ce chapitre…
Sur le plan physique, l’UEH se porte très mal. Les bâtiments logeant 7 facultés sur les 11 qui constituent l’UEH à Port-au-Prince sont totalement inutilisables soit parce qu’ils se sont effondrés sur-le-champ, comme la Faculté de Linguistique Appliquée, (FLA), l’Ecole Normale Supérieure (ENS), la Faculté de Médecine et de Pharmacie (FMP), (partiellement) soit parce qu’ils doivent être abattus, comme la Faculté des Sciences (FDS), la Faculté des Sciences Humaines (FASCH), la Faculté d’Agronomie et de Médecine Vétérinaire (FAMV), la Faculté de Droit et des Sciences Economiques ( FDSE). Et même celles qui demeurent debout ne peuvent pas être mises à contribution. Certaines méritent de sérieuses réparations, comme l’Institut National d’administration, de Gestion et des Hautes Etudes Internationales (INAGHEI), l’Institut d’Etudes et Recherches Africaines d’Haïti (IERAH). Il faut compter aussi avec la phobie du béton, si vrai que même à l’INAGHEI, à l’IERAH , à la Faculté d’Ethnologie (FE), on est obligé de construire des abris provisoires. La seule faculté qui n’a pas été affectée et dont l’immeuble demeure totalement disponible est la Faculté d’Odontologie. La situation n’est pas différente au niveau de l’Office Central et ses dépendances. Le bâtiment principal du Rectorat doit être démoli. L’Immeuble logeant le programme de maitrise Histoire, Mémoire et Patrimoine s’est effondré. Celui logeant les Editions de l’UEH est aussi hors d’état de fonctionnement, en raison des importantes fissures subies et de la phobie du béton :
En réalité à part la faculté d’Odontologie, aucun bâtiment de l’UEH dans la zone métropolitaine n’est immédiatement utilisable.
Les pertes en bâtiments ont été estimées à 45 millions de dollars américains.
Également considérables sont les pertes en terme de matériel didactique et pédagogique, de matériel de fonctionnement : Bureaux, chaises, Ordinateurs, imprimantes, classeurs, retro projecteur, mais aussi bibliothèque, laboratoire scientifique (didactique et de recherche) laboratoire d’informatique etc.…
Une note positive cependant : nous avons pu récupérer toutes nos archives, notamment les relevés de notes, les dossiers d’étudiants et tous les documents permettant de retracer le parcours académique de nos étudiants. A ce sujet, il faut souligner la diligence, l’esprit d’abnégation, le sens des responsabilités des dirigeants et membres du personnel administratif de nos facultés qui, par des moyens inimaginables, dans certain cas ont pu sauver des décombres un nombre important de documents académiques.
Apr - Il était prévu, suivant les informations disponibles, que plusieurs entités de l’UEH reprennent le 3 mai ce qui n’a pas pu se faire. Qu’est-ce qui explique ce retard ?
FD - Effectivement, il était prévu que le 3 mai toutes les facultés devraient reprendre des activités académiques. Il faut clarifier ici. Nous n’avions pas dit que le 3 mai toutes les facultés allaient reprendre toutes leurs activités académiques. C’est simplement impossible compte tenu de l’immensité des dégâts.
Mais la reprise ne pouvait pas non plus se faire au même rythme et dans la même mesure pour toutes les facultés. Cela dépend de tout un ensemble de paramètres dont l’ampleur des pertes subies tant en termes physiques qu’humain, la configuration de l’espace physique, le nombre d’étudiants, le système utilisé dans le fonctionnement académique, les filières concernées et même l’état d’avancement du semestre déjà entame.
Par exemple, la reprise à la Faculté d’Odontologie qui est demeurée intacte ne peut être la même qu’à la Faculté de Linguistique Appliquée totalement dévastée.
Le nombre de salles de classe pouvant être construit à l’IERAH qui ne dispose pratiquement pas de cour intérieure est certainement moindre qu’a la FAMV qui s’étend sur une superficie plus grande.
La FDS accommodera plus facilement l’ensemble de ses étudiants, moins nombreux que l’INAGHEI.
Ce ne sont pas toutes les facultés de l’UEH qui peuvent se prévaloir de relations aussi privilégiées avec d’autres partenaires de leur filière que celles qu’entretiennent la FMP et l’HUEH et qui lui ont permis d’être hébergée de manière aussi gracieuse au niveau de plusieurs salles de cours.
Les modalités de la reprise à la FASCH qui privilégie le système de crédit ne sont pas obligatoirement les mêmes qu’à la faculté de Droit où prédomine le système annuel ou a la Faculté d’Ethnologie, qui utilise une combinaison des deux
Cela dit, la stratégie adoptée lors d’une réunion du Conseil de l’Université était la suivante : chaque Faculté devait soumettre au Conseil Exécutif un plan et un calendrier de reprise assorti d’un devis estimatif des moyens indispensables pour leur mise en œuvre.
Dans ce cadre, toutes les facultés devraient se prévaloir d’un minimum (ou d’un maximum) de fonctionnement académique au 3 mai.
Apr - Où en est-on avec ce plan ?
FD - Notons d’entrée de jeu que depuis le mois de mars et même de février, certaines facultés avaient déjà entamé leur reprise.
La FO avait dès le mois de février mis sur pied un programme de services à la communauté qu’animaient essentiellement les enseignants aidés de quelques étudiants. Elle avait été rapidement rejointe en mars par les Facultés d’Ethnologie et des Sciences Humaines, lesquelles en profitaient pour reprendre les stages d’étudiants et les soutenances de mémoire. La Faculté des Sciences prenait déjà soin de ses finissants.
Et depuis le mois d’avril plusieurs Facultés ont repris leurs cours « classiques », suivant en cela l’exemple de la faculté des Sciences qui avait déjà mis sur pied un programme spécial à l’ intention de ses finissants.
Si la Faculté d’Odontologie a pu reprendre toutes ses activités pour les raisons mentionnées plus haut, il n’en est pas de même pour d’autres. Dans la plupart des cas, les finissants sont privilégiés. Il importe ici de remettre l’accent sur le dévouement de certains professeurs, de membres de Décanat qui n’ont pas hésité à mettre leurs maisons privées ou leur lieu de travail au service d’étudiants, surtout en dernière année.
Pour revenir au 3 mai, un fonds d’environ 20 millions de gourdes a été mis à la disposition des facultés pour accompagner la reprise. La plupart d’entre elles ont déjà soumis des plans de reprises et devis appropriés. A date, plus de 7 millions ont été utilisés pour la construction de structures légères, d’abris provisoires devant loger des bureaux et des salles de cours.
Des retards ont été enregistrés dans l’exécution des plans soumis. Soit parce que les devis ont pris du temps pour être acheminés au Rectorat, soit parce que le Centre National des Équipements (CNE) n’a pas su déblayer/démolir à temps les bâtiments concernés et rendre disponible l’espace (les couts de démolition dans le privé sont inabordables) soit parce que l’estimation initiale des délais de construction n’est pas exacte. Cela dit, en ce mois de mai, toutes les entités auront dans la mesure possible rouvert leurs portes à leurs étudiants, sauf deux qui devront attendre le mois de juin. L’essentiel est que la volonté de reprendre est là, intense, pressante, chez les Décanats, la plupart des professeurs et des étudiants. Les fonds nécessaires sont disponibles.
Progressivement, la vie académique reprend. Étudiants et professeurs sont heureux de réapproprier leur espace.
Encore une fois, il faut préciser que toutes les activités académiques ne pourront reprendre dans le cadre de ces dispositifs d’urgence.
Il faut donc sortir rapidement de l’urgence et aborder rapidement les problèmes structurels. C’est pourquoi le Conseil Exécutif consacre l’essentiel de ses actions à la véritable reconstruction de l’UEH.
On a voulu faire la comparaison entre l’UEH et d’autres Universités ou établissements d’enseignement supérieur, lesquels avaient annoncé des reprises rapides.
D’abord, il faut s’en féliciter car plus vite nos jeunes retrouvent le chemin de l’école et de l’université, mieux cela vaut pour eux et pour la société.
Il importe toutefois de rappeler que l’UEH à Port-au-Prince c’est au moins 15,000 étudiants, de loin supérieur à la moyenne des autres établissements, dont l’effectif atteint rarement 2000 étudiants. Au niveau national, si l’on ajoute ses antennes de province, l’UEH c’est plus de 50% des étudiants de tout le système et plus de ¾ des membres haïtiens de l’AUF. Pour permettre de mieux apprécier, rappelons que l’INAGHEI à lui seul rassemble plus d’étudiants que n’importe lequel de ces établissements. L’UEH c’est aussi plus de 800 professeurs, un nombre de filières, de programmes post gradués, de pôles d’excellence, une représentation territoriale, sans commune mesure avec les autres. L’UEH c’est aussi le principal pourvoyeur du système national d’enseignement supérieur en cadres académiques et non académiques. Avec des pertes telles que rapportées plus haut, la reprise doit y être certainement plus compliquée que s’il s’agissait d’accommoder un millier d’étudiants ou moins.
Cela dit, chaque fois qu’un établissement d’enseignement ouvre ses portes, quel qu’en soit le niveau (primaire, secondaire, supérieur, universitaire) et quel qu’en soit le statut (public, privé,…), il faut s’en réjouir et apprécier l’effort consenti dans les circonstances actuelles. C’est le pays qui se relève, c’est l’avenir qui se prépare.
Apr - Le rectorat a-t-il reçu de l’aide d’institutions universitaires internationales ?
FD - La coopération internationale ? Ce volet a pris une ampleur inusitée dans nos actions récentes. D’entrée de jeu, il faut vous dire que nous recevons de multiples offres d’appui et de collaboration de la part d’universités sœurs. La CUD de Belgique avec lequel nous avons un partenariat formel depuis plus de 10 ans et l’Université de Porto-Rico figurent parmi les premières à se manifester. Mais très vite nous avons été débordés et nous avons du mettre sur pied rapidement une commission des relations internationales. Car plusieurs grands défis se présentaient. Entre autres :
Comment identifier les offres les plus pertinentes compte tenu de nos besoins réels de court, de moyen et de long terme ?
Comment éviter les doubles emplois ?
Comment dépasser les effets de première « compassion » et éviter que le premier moment d’émotion passe, les bonnes volontés qui se manifestent demeurent ?
Nous avons du élaborer un cadre stratégique d’action pour mieux apprécier les offres. Dans certains cas, il a fallu contre-proposer et même refuser des propositions de départ. Notons également les manifestations d’intérêt de compatriotes de la diaspora, la plupart très utiles et très pertinentes.
Cela dit, cet aspect de nos activités s’est révélé très fructueux.
Nous avons pu négocier des bourses pour étudiants, de la coopération en termes de formation de formateurs. Tout en privilégiant des bourses de maitrise et de doctorat en faveur de nos enseignants actuels et futurs, nous avons été amenés également à négocier pour nos étudiants des formations de premier cycle ainsi que des opportunités d’aller finaliser leur travaux de sortie dans des laboratoires de recherche d’autres consœurs. Des professeurs vont également bénéficier de ce mouvement. Ils auront bientôt l’opportunité d’aller passer quelque temps chez des collègues, pour soit des recherches soit pour affiner un cours.
En outre, plusieurs accords ont été signés dans l’intervalle ou sont en passe de l’être. Parmi les plus pertinents, notons :
La Convention avec l’Université de Porto-Rico pour la formation de formateurs et la réalisation de recherches communes ;
La Convention avec l’Université Laval (et impliquant également le Ministère de la Culture) pour un vaste projet de recherche sur la conservation et la valorisation du patrimoine culturel national, y compris des savoirs locaux
La Convention avec le Centre National des Arts et Métiers de France qui prévoit la formation technique et professionnelle de près de 400 jeunes environ. Je vous donne une primeur : L’UEH a décidé de décentraliser cette formation le plus que possible. Elle va en profiter pour être présente dans les dix départements géographiques du pays ;
La Convention avec « Bibliothèques Sans Frontières » en voie de finalisation pour l’initialisation d’une bibliothèque centrale sur notre nouveau campus et le renforcement substantiel des travaux déjà entrepris sur notre bibliothèque virtuelle.
Le Mémorandum d’Entente avec la Florida International University sur un vaste programme de collaboration académique et administrative.
Il faut également insister sur l’apport de notre diaspora. Ce sont des compatriotes vivant à l’étranger (les ingénieurs Marie-Elsie Dowell, Ronald Colas, Dr Margareth Charles… entre autres) qui, avec l’aide d’une commission d’ingénieurs, architectes, géologues de la Faculté des Sciences, nous ont aidés à élaborer l’avant- projet de notre nouveau campus.
Récemment, nous avons réalisé un important atelier de travail qui nous permet déjà d’avancer dans le cadrage du pole des sciences pures et appliquées et dans la constitution de ce pole. L’implication de compatriotes de la diaspora (Drs Guerda Massillon, Chantale Damas, Roger Dorsinville, jr, etc.) y était substantielle et a permis de contempler d’autres pistes intéressantes et substantielles de collaboration
Notons également les bourses offertes par l’UWI, les universités françaises, canadiennes, américaines, l’Université de Porto-Rico, l’Université de Genève, l’Université Nationale de Varsovie, etc.
Il ne faut pas croire que dans cette mouvance, nous ne sommes que demandeur. Pour la plupart des universités du monde, Haïti est devenu un vaste laboratoire de recherche, un espace idéal de production de savoirs dans la plupart des champs de connaissance (économique, social, culturel, politique). Des chercheurs des plus grandes universités du monde débarquent chez nous, désireux de comprendre ce phénomène qui s’appelle Haiti, particulièrement les causes, les conséquences, les implications de cette catastrophe majeure, unique dans l’histoire récente de l’humanité. Pour un chercheur, pour une université, une meilleure connaissance de ce pays meurtri constitue une occasion de produire des savoirs nouveaux, de réaliser d’intéressantes publications et d’engranger un indéniable prestige. Ainsi dans le cadre de ces coopérations, notre apport en tant qu’université c’est la capacité que nous offrons aux collègues du monde entier d’enrichir le stock de savoirs de l’humanité sur les catastrophes, dans leurs aspects naturel et social tout en renforçant nos capacités et nos structures.
Apr - Y a-t-il un plan qui vise le long terme ?
FD - Notre prémisse est simple : Il nous faut reconstruire mais sur de nouvelles bases. Nous ne pouvons nous atteler à remettre les bâtiments effondrés dans l’état où ils se trouvaient avant le 12 janvier. Il y a tellement longtemps que nous nous plaignons de la dispersion de nos facultés, lesquelles fonctionnaient beaucoup plus comme des entités autonomes ou même indépendantes que comme des membres à part entière d’une communauté universitaire, avec toutes les difficultés et tous les gaspillages que l’on connaît en termes administratifs, financiers, académiques. Il ya tellement longtemps que nous réclamons un véritable campus universitaire pour loger une véritable université Pour toutes ces raisons, la CUEH a voté le 5 février dernier une résolution demandant au conseil Exécutif de reloger les facultés de l’UEH et de les regrouper selon 3 pôles disciplinaires :
• Le pôle des Sciences Humaines et Sociales
• Le pôle des Sciences médicales
• Le pôle des Sciences Linguistiques et Appliquées
C’est là qu’entre en jeu Damien. Étant donné que c’est à Damiens que nous disposons d’une substantielle portion de terrain destiné depuis plus de 10 ans a la construction d’un campus universitaire, nous n’avons donc pas le choix.
Il faut préciser qu’il s’agit d’un projet de long terme.
Beaucoup de démarches ont déjà été entreprises : Identification du site approprié, étude de sol, plan de distribution de l’espace, plan d’électricité ; estimation des couts de construction et d’aménagement. Aujourd’hui nous disposons déjà d’un projet (un « proposal » comme disent les américains) pour lequel nous cherchons le financement approprié. Nous pouvons dire que des 60 carreaux de terre constituant la concession à l’UEH, nous avons pu « sécuriser » 30 hectares sur lesquels s’élèvera le campus de Port-au-Prince de l’UEH. Y sont déjà identifiés les espaces devant être attribués aux différents pôles thématiques susmentionnés, aux Programmes de Maitrise en attendant les Ecoles Doctorales, à l’administration centrale, aux services généraux, à la bibliothèque centrale, aux Editions de l’UEH, à la librairie de l’UEH, aux résidences d’étudiants et de professeurs, aux sports, aux loisirs…
Nous allons lancer bientôt les travaux de terrassement et de clôture à partir d’un fonds spécial d’investissement de 3 millions de dollars mis à notre disposition par l’Etat Haïtien avant le séisme.
Pour le cout estimé, pour le nombre d’étudiants envisagés (25 000), pour la durée de vie des immeubles (40-50 ans), pour le type d’énergie à utiliser (propre et renouvelable dans une large mesure), pour la multitude d’activités contemplées, il ne peut s’agir que d’un projet de long terme.
D’autres campus sont également envisagés. Au moins deux autres dans un premier temps. Déjà nous disposons de terrains appropriés dans le Nord. Et le campus du Nord de l’UEH pourrait être une réalité plus vite qu’on ne croit, si les promesses à nous faites dans le cadre de la solidarité latino-américaine se concrétisent. Dans le Sud, le processus d’acquisition de terrain est en bonne voie. En réalité, d’une façon ou d’une autre, nous voulons être présents dans les 10 départements géographiques du pays comme nous l’impose la Constitution de 1987 et « dans une perspective du développement régional », nous rappelle l’article 281. Et il y a de grandes possibilités que nous le soyons dès la prochaine année académique.
Pour le campus de Port-au-Prince, le coût de la construction est estimé à 85 millions de dollars. Et le volume d’investissements nécessaires pour les trois prochaines années avoisine 200 millions de dollars. Pourrons-nous disposer des ressources nécessaires ? Certains se demandent plutôt : cela vaut-il la peine ?
Quand on connait le rôle de l’enseignement supérieur ou de l’université dans une société, on se rendra compte qu’il s’agit de sommes plutôt modestes par rapport aux besoins, par rapport aux attentes. La formation de cadres et de dirigeants conscients et compétents, la compréhension et la maitrise de phénomènes naturels et sociaux, la promotion de la science, de la technologie , de l’innovation, la validation et la valorisation de savoirs réels mais méconnus ou méprisés, la négociation du mode d’insertion du pays dans la mondialisation, le progrès économique et social de la nation, tout cela passe par l’enseignement supérieur. D’ailleurs, « Les pays qui se développent à un rythme accéléré et harmonieux ont mené une politique de formation supérieure articulée autour des besoins de leur société et du monde » comme le rappelait le recteur Jean-Vernet Henry à l’occasion du 18 mai dernier.
Apr - L’an dernier un colloque avait été organisé sur la reforme universitaire, et avant le 12 janvier on parlait beaucoup de reforme au sein de l’UEH. Est-ce un sujet qui préoccupe encore le rectorat ?
FD - La réforme à l’UEH ? Elle est plus que jamais à l’ordre du jour. Elle s’impose même dans la conjoncture actuelle. Il existe un ensemble de paramètres qui la rendent encore plus urgente. Par exemple :
• Avant le 12 janvier, la Commission de Réforme devait élaborer un projet de réforme dont la mise en œuvre viendrait dans un second temps qu’on ne pouvait pas définir ;
• Avant le 12 janvier, l’on nourrissait beaucoup d’appréhensions sur la faisabilité de la dite réforme ;
o Parce que l’adhésion de la communauté n’était pas garantie ;
o Parce que le financement tant pour l’élaboration du projet que pour sa mise en œuvre paraissait plus difficile à obtenir.
Aujourd’hui, la force des choses nous oblige à ne penser qu’en termes de réforme même dans nos actions quotidiennes. Il y a :
• La nécessité d’aller sur un nouveau campus ;
• L’autorisation déjà obtenue de l’instance suprême de l’Université de regrouper les facultés par pôles disciplinaires.
• La nécessité de penser dans le feu de l’action à la gestion du campus, qui ne devrait pas fonctionner comme si les facultés étaient encore dispersées ;
• La nécessité de prendre en compte la fourniture de nouveaux services devant être pris en charge au niveau central : cafeteria centrale, résidences d’étudiants et de professeurs, bibliothèque centrale, etc.… ;
Dans le même temps apparaissent des opportunités de financement, de ressources, d’accompagnement, se rapportant tant à la conception qu’à la mise en œuvre. Bien entendu, cela ne veut pas dire que toutes les promesses seront honorées ou que l’adhésion au projet global n’est qu’une simple formalité.
Un exemple de la différence entre les deux moments : la décision du regroupement par pôle. Cette orientation majeure était sortie depuis janvier 2009 lors d’un atelier de travail organisé par la Commission de Réforme ; elle figure en bonne place dans le document de vision de ladite Commission (en voie de publication) mais rien ne garantissait qu’elle allait être adoptée par la communauté et par les instances compétentes.
Bien entendu, il faut rappeler que la Réforme n’est pas essentiellement physique ou géographique. Elle est académique, institutionnelle, territoriale, administrative.
Elle est dans les nouvelles relations que l’UEH doit entretenir avec la communauté, elle est dans le renouvellement de sa pertinence sociale, de sorte que les enseignements qu’elle dispense, les recherches qu’elle effectue, les services qu’elle offre, sa présence sur le territoire répondent beaucoup plus aux besoins de la société. Elle est dans les nouvelles relations à établir avec l’Etat, plus harmonieuses, plus fonctionnelles mais également avec le secteur privé, les communautés de base, la société civile.
Mais déjà, elle s’impose, ai-je dit. Dans les réflexions et les actions quotidiennes.
Le relogement sur seul campus ou le regroupement par pôle implique déjà de nouveaux cadres de fonctionnement sur tous les plans. Il y a les différents pôles à cadrer et à définir, les enseignements de base à identifier et à profiler, les nouvelles filières à instituer, les professeurs à fidéliser, à travers un plan de carrière et une grille salariale plus en rapport avec leur utilité sociale, le nouveau cadre institutionnel et réglementaire à définir, les organes de gouvernance à établir, les fonctions administratives à centraliser pour permettre aux Décanats de se concentrer sur leurs véritables missions académiques mais dans une perspective plus stratégique, etc. Ainsi en même temps que se construit le campus et qu’on se l’approprie, il faut penser à son fonctionnement. D’où la réduction drastique de la distance entre le projet de réforme et sa mise en œuvre.
Autant dire que la Commission de Réforme a du pain sur la planche. Précisons à ce sujet que cette commission qui avait organisé le colloque l’année dernière n’a jamais cessé ses travaux. Elle se fera plus visible à partir du mois prochain au cours duquel, elle soumettra à la communauté universitaire et aux secteurs concernés, pour discussion et validation, sa vision de la Reforme. Dans le même temps, des consultations auront déjà été entamé pour une assistance technique à l »élaboration d’un projet de Réforme.
A ce stade la vraie question n’est pas dans la nécessité ou l’urgence de la réforme, elle se situe plutôt dans la nécessaire harmonisation des actions du Conseil Exécutif et des réflexions de la Commission de Réforme pour que les dispositions qui s’imposent dans cette conjoncture post séisme et les opportunités qui s’offrent ne s’écartent pas d’un cadre stratégique global visant le moyen et les long terme, en d’autres termes ne jurent pas avec le travail de la Commission de Réforme dont le mandat est notamment de proposer les orientations fondamentales de la nouvelle Université d’E tat d’Haïti et de s’assurer que ces orientations rencontrent les vœux de la communauté nationale à travers ses divers secteurs concernés, c’est-a-dire , non seulement la communauté universitaire mais également la société civile, l’Etat, etc.…
Pour le dire d’une certaine façon, la Commission de Réforme dont la mission est essentiellement stratégique devrait se préoccuper de certains aspects pratiques tandis que le Conseil Exécutif, gestionnaire au jour le jour de l’Université, devrait augmenter sa capacité stratégique.
Conscientes de ces défis, les deux instances ont déjà convenu de se rencontrer plus souvent.
Apr - L’université avait ses problèmes avant le tremblement de terre. Je songe plus spécifiquement à la crise de la faculté de médecine. Une commission composée d’étudiants et de professeurs aurait été créée depuis et sera chargée de gérer les questions académiques et administratives. Comment se positionne le rectorat par rapport à cette commission ?
FD - La Crise à la FMP ?
Elle est en passe de trouver une solution heureuse et définitive. Les stages pratiques ont déjà repris depuis le mois d’avril et les cours d théoriques ont recommencé à partir du 19 mai prochain. Certes, le premier jour, il s’est produit un dérapage mais la situation semble avoir été vite maitrisée et les cours avaient pu reprendre des l’après-midi et continuent à se dispenser. Ce n’est plus cette situation de vive tension que l’on avait connue l’année dernière.
Il est vrai que le ton a été donné par l’assemblée générale des professeurs s de la FMP, le Conseil des Chefs de Département et le Décanat qui au lendemain du séisme ont décidé d’annuler l’essentiel des sanctions adoptées, dans un bel élan de grandeur d’âme et de dépassement.
La commission dont vous parlez n’est autre que la commission de suivi, qui figure depuis tantôt un an dans les propositions de sortie de crise. Elle est formée d’enseignants de la Faculté et sa mission est de rencontrer les représentants des étudiants pour se pencher sur les problèmes académiques et administratifs de la Faculté et proposer au Décanat des pistes de solution. Deux rencontres ont déjà eu lieu et une troisième a déjà été programmée.
Le Rectorat se réjouit de la mise en route de cette commission et du processus en cours qui semble s’acheminer vers une normalisation que souhaite tout le monde
Apr - Parlons de la participation de l’UEH aux Assises internationales de l’AUF qui se tiennent ce mois-ci à Montréal. Des attentes particulières ?
FD - Aux assises internationales de l’AUF a Montréal et à tous les fora internationaux auxquelles nous allons participer, notamment celles de Guadalajara au Mexique (31 mai-1er juin), nous allons exprimer nos besoins de tous types et voir quelles réponses nous pouvons obtenir.
Il y a d’abord les besoins liés à la reconstruction physique. Le campus de l’Ouest de l’UEH à Damiens devrait nécessiter environ 200 millions de dollars d’investissement sur les trois prochaines années. Ceux du Nord et du Sud 50 millions chacun. Il nous faudra des expertises en construction et aménagement de campus, en gestion de logistique universitaire. De la formation aussi en ces domaines pour nos cadres.
Un point très important dont on ne parle pas suffisamment et qui devrait se traduire d’abord par un appui financier spécial. C’est notre capacité d’augmenter de manière substantielle le nombre de nos professeurs à plein temps qualifiés. Dans cette conjoncture particulière, il nous faudra un appui spécial de 40 millions de dollars au moins pour les cinq prochaines années en attendant que l’Etat se reconstruise et dégage les ressources adéquates pour l’Université et que cette dernière, elle-même, par ses recherches, son expertise, renforce sa capacité d’autofinancement. Ce point est crucial si nous voulons garder et recruter des professeurs de niveau, y compris ceux que nous envoyons se former à l’étranger, si nous voulons nous lancer véritablement dans la recherche, développer une expertise, remplir nos obligations vis-à-vis de la communauté mais plus prosaïquement, encadrer nos étudiants, stabiliser l’Université, améliorer nos enseignements. C’est la base, qui conditionne le succès de toutes les actions que nous pouvons entreprendre. L’Université c’est d’abord des professeurs qualifiés et disponibles, pour l’enseignement, pour la recherche, pour les services à la communauté, pour le rayonnement institutionnel, pour la cooperation internationale. C’est-à-dire aussi décemment rémunérés, dans le cadre d’une grille salariale raisonnable, d’un plan de carrière motivant et de conditions générales de travail épanouissantes
Bien sûr, nous avons besoin d’appui pour la rénovation de nos programmes académiques, pour l’acquisition de matériel et d’équipement, de laboratoires, de bibliothèques, pour la formation et le perfectionnement de nos enseignants, pour la mise en place de nouvelles filières (académiques et professionnelles), pour la mise en place de programmes de deuxième et troisième cycle, pour le renforcement de nos structures administratives. Nous avons besoin de renforcer nos capacités en recherche, de mieux nous insérer dans des réseaux internationaux de recherche, d’opportunités pour mieux entrainer nos chercheurs, d’avoir des programmes communs de recherche avec nos partenaires.
Nous avons besoin de missions d’enseignement, de bourses de perfectionnement et de recherche.
Nous avons besoin de renforcer nos capacités d’enseignement à distance, de mieux raccorder nos étudiants, nos professeurs, notre personnel administratif au réseau universitaire mondial.
Nous avons besoin de nous rapprocher de notre diaspora, de pouvoir faire un pont fructueux entre nos immenses besoins d’enseignement supérieur et toutes ces capacités disposées à accompagner.
Ce sont autant de besoins que nous allons exprimer à Montréal, à Guadalajara et chaque fois que nous avons l’occasion de faire appel à la solidarité internationale.
Mais nous nous ne lasserons pas d’insister sur deux points fondamentaux qui conditionnent la réussite de tous les autres :
• L’espace de travail, nos campus ;
• Les ressources humaines, disponibles et compétentes.
Mais, se demanderait-on, quel intérêt auraient nos partenaires à nous épauler ? J’ai déjà indiqué combien, en ce moment particulier, nous sommes uniques pour la production d’un certain nombre de savoirs nouveaux qui constituent des mines précieuses pour des universités sœurs. Coopérer avec l’UEH et l’université haïtienne constitue pour ces dernières une garantie qu’à travers des projets de recherche communs, le renforcement des capacités de recherche et de formation, elles peuvent contribuer à faire reculer les limites de la connaissance et en tirer le prestige correspondant.
Par ailleurs, s’il existe un pays au monde à avoir droit à la solidarité internationale et qui puisse se prévaloir de dettes internationales éternelles contractées à son égard, il s’appelle bien Haïti. L’Amérique Latine qui entre maintenant dans la période de célébration du bicentenaire de ses indépendances en sait quelque chose. Les Etats-Unis avaient pu subitement doubler leur extension territoriale à la faveur de la Révolution Haïtienne d’il y a deux siècles et de la défaite des troupes napoléoniennes à St-Domingue, à travers le « Luisiana Purchase ». Sans parler de Savannah. Nous aurions pu citer également la Grèce, la République Dominicaine, la Caraïbe anglophone, etc.
Et puis, il faut rappeler que la France ne nous a pas encore restitué la Dette de l’Indépendance dont la valeur actuelle se chiffre en milliards d’euros.
C’est maintenant le moment idéal pour la manifestation de ce devoir de reconnaissance en faveur du pays dont les contributions morales, matérielles, conceptuelles à la libération et à la dignité de peuples et d’Etats de plusieurs continents ont été des plus remarquables. Et l’enseignement supérieur devrait constituer l’un des meilleurs réceptacles de cette solidarité internationale surtout si elle se veut digne de l’action désintéressée, généreuse, libératrice, des Haïtiens en faveur des opprimés d’alors.
[kft gp apr 04/06/2010 14 :00]
Le futur agricole d'Haïti selon l'américain Monsanto
Par Jérôme Brisson Rue89
La multinationale fait un don de 476 tonnes de semences aux agriculteurs haïtiens. Un « geste humanitaire » pour le moins intéressé.
Début mai, la firme américaine Monsanto, leader mondial des OGM, a annoncé un don à Haïti de 475 947 kilos de graines hybrides de maïs et de légumes. Ils seront distribués pendant douze mois aux paysans haïtiens avec l'aide d'autres multinationales (UPS et Kuehne+Nage). Explications sur le site Internet de la firme :
« Après le tremblement de terre, Monsanto a donné de l'argent pour le redressement d'Haïti mais il était évident que le don de nos produits -des graines de maïs et de légumes de qualité- pourrait faire réellement la différence dans la vie des Haïtiens.
Nous pensons que l'agriculture est la clé pour la récupération d'Haïti sur le long terme. »
L'opération est soutenue par le gouvernement américain puisqu'elle s'inscrit dans le cadre du projet Winner, lancé en octobre dernier par l'Agence américaine d'aide au développement international (USAID) pour aider à construire une nouvelle infrastructure agricole en Haïti.
Bientôt la fin de l'indépendance ?
En Haïti, les paysans accusent Monsanto de vouloir mettre la main sur l'agriculture locale. La vague d'indignation a débuté le 10 mai, initiée par un article du curé Jean-Yves Urfié qui dénonce le « cadeau empoisonné » de Monsanto.
Sa première inquiétude porte sur les graines envoyées par Monsanto, qu'il soupçonne d'être des OGM accompagnés d'herbicides toxiques (les « Roundup »).
Mais le ministre de l'Agriculture Joana Gué dément cette information lors d'une conférence de presse deux jours plus tard. Puis c'est au tour de Monsanto de réfuter sur son site une accusation « erronée ». Jean-Yves Urfié rectifie finalement sa dénonciation.
La seconde inquiétude de Jean-Yves Urfié porte sur la « fin de l'indépendance des agriculteurs » haïtiens :
« En Haïti, il n'y aura bientôt plus que des semences Monsanto. […]
La multinationale fait toute une publicité autour de ce don de semences qui serait un cadeau généreux. Mais les agriculteurs haïtiens qui voudront disposer du droit de resemer pour leurs récoltes futures devront payer des royalties à Monsanto. »
« Un cheval de Troie »
Beverly Bell, coordinatrice de l'association Other Worlds, qui travaille à la reconstruction d'un « Haïti plus juste », explique à Rue89 les enjeux cachés de ce don :
« Le don de Monsanto n'est pas destiné à aider les Haïtiens, c'est un cheval de Troie de la firme dans le but de contrôler le futur agricole d'Haiti.
Après le tremblement de terre, 500 000 personnes ont été déplacées vers la campagne. Des appels aux dons ont été faits pour combler le manque de nourriture.
Il n'est pas surprenant que Monsanto ait profité de l'espace libre pour exploiter les besoins des Haïtiens et exporter ses graines. »
Les paysans devront racheter les graines à replanter
Le tremblement de terre de janvier dernier avait mis en lumière les difficultés de production agricole d'Haïti, qui importe 80% de la nourriture qu'il consomme.
Le don de Monsanto risque de nuire aux projets haïtiens de « souveraineté alimentaire » : une forte production agricole locale pour une consommation locale.
En effet, les graines de maïs de Monsanto ne pouvant être resemées, les agriculteurs devront en racheter à Monsanto les années suivantes.
Une logique de marché inadéquate avec la culture paysanne d'Haïti, comme nous l'explique Ricot Jean Pierre, économiste à la PAPDA (Plateforme haïtienne de plaidoyer pour un développement alternatif) :
« Les paysans haïtiens ont traditionnellement la capacité de produire et de reproduire leur propre semence, organique et créole, à destination de leur famille et du marché local. Monsanto veut intégrer les agriculteurs sur un marché qu'ils ne contrôlent pas en matière de qualité de semence et de prix.
Les paysans devront racheter les graines à replanter, les pesticides et les engrais de Monsanto [nécessaires à la productivité de ces graines, ndlr], alors qu'ils n'ont pas de ressources. Monsanto veut faire du paysan haïtien un assisté plutôt qu'un producteur. »
Les agriculteurs n'ont d'ailleurs pas manqué de réagir à l'annonce du don. Le leader du Mouvement paysan papaye (MPP), Chavannes Jean-Baptiste, a qualifié le don de Monsanto de « nouveau tremblement de terre », enjoignant les agriculteurs à brûler toutes les graines de maïs provenant du ministère de l'Agriculture. Une marche de protestation est prévue pour le 4 juin.
Les OGM à suivre ?
Le geste de Monsanto s'inscrit dans une politique d'expansion agressive de la multinationale. La compagnie, qui a vu ses profits reculer de 19% pour le deuxième trimestre de l'exercice 2009-2010, tente d'ouvrir de nouveaux marchés.
Pour l'USAID, ce don ne conduira pas à une main mise de Monsanto sur l'agriculture locale, puisqu'il ne représente qu'une petite partie de l'aide internationale :
« D'autres organisations ont fait des dons de semences, comme Pioneer Hybrid ou le FAO des Nations unies, et le don de Monsanto ne représente qu'une petite portion du total des semences utilisées pendant la saison de croissance.
Le projet Winner s'assure que les graines soient équitablement distribuées aux paysans haïtiens. »
Monsanto pense distribuer ces graines à 10 000 paysans. Pour Beverly Bell, il y a un risque que ces graines hybrides laissent place à des OGM les années suivantes, « comme cela a été le cas dans d'autre pays » :
« Les paysans seront obligés de racheter des graines même si ce sont des OGM. »
Les soupçons sont d'autant plus forts que Monsanto, premier producteur mondial d'OGM, a un lourd passé de pratiques douteuses (agents oranges, pollution des pesticides, absences de tests sur les OGM), sur lesquelles Marie-Monique Robin avait enquêté dans son documentaire « Le monde selon Monsanto ».
En outre, les Haïtiens n'ont pas manqué de remarquer que le directeur général du projet Winner n'est autre que Jean-Robert Estimé, qui fut ministre des Affaires étrangères pendant 29 ans sous la dictature des Duvalier.
La multinationale fait un don de 476 tonnes de semences aux agriculteurs haïtiens. Un « geste humanitaire » pour le moins intéressé.
Début mai, la firme américaine Monsanto, leader mondial des OGM, a annoncé un don à Haïti de 475 947 kilos de graines hybrides de maïs et de légumes. Ils seront distribués pendant douze mois aux paysans haïtiens avec l'aide d'autres multinationales (UPS et Kuehne+Nage). Explications sur le site Internet de la firme :
« Après le tremblement de terre, Monsanto a donné de l'argent pour le redressement d'Haïti mais il était évident que le don de nos produits -des graines de maïs et de légumes de qualité- pourrait faire réellement la différence dans la vie des Haïtiens.
Nous pensons que l'agriculture est la clé pour la récupération d'Haïti sur le long terme. »
L'opération est soutenue par le gouvernement américain puisqu'elle s'inscrit dans le cadre du projet Winner, lancé en octobre dernier par l'Agence américaine d'aide au développement international (USAID) pour aider à construire une nouvelle infrastructure agricole en Haïti.
Bientôt la fin de l'indépendance ?
En Haïti, les paysans accusent Monsanto de vouloir mettre la main sur l'agriculture locale. La vague d'indignation a débuté le 10 mai, initiée par un article du curé Jean-Yves Urfié qui dénonce le « cadeau empoisonné » de Monsanto.
Sa première inquiétude porte sur les graines envoyées par Monsanto, qu'il soupçonne d'être des OGM accompagnés d'herbicides toxiques (les « Roundup »).
Mais le ministre de l'Agriculture Joana Gué dément cette information lors d'une conférence de presse deux jours plus tard. Puis c'est au tour de Monsanto de réfuter sur son site une accusation « erronée ». Jean-Yves Urfié rectifie finalement sa dénonciation.
La seconde inquiétude de Jean-Yves Urfié porte sur la « fin de l'indépendance des agriculteurs » haïtiens :
« En Haïti, il n'y aura bientôt plus que des semences Monsanto. […]
La multinationale fait toute une publicité autour de ce don de semences qui serait un cadeau généreux. Mais les agriculteurs haïtiens qui voudront disposer du droit de resemer pour leurs récoltes futures devront payer des royalties à Monsanto. »
« Un cheval de Troie »
Beverly Bell, coordinatrice de l'association Other Worlds, qui travaille à la reconstruction d'un « Haïti plus juste », explique à Rue89 les enjeux cachés de ce don :
« Le don de Monsanto n'est pas destiné à aider les Haïtiens, c'est un cheval de Troie de la firme dans le but de contrôler le futur agricole d'Haiti.
Après le tremblement de terre, 500 000 personnes ont été déplacées vers la campagne. Des appels aux dons ont été faits pour combler le manque de nourriture.
Il n'est pas surprenant que Monsanto ait profité de l'espace libre pour exploiter les besoins des Haïtiens et exporter ses graines. »
Les paysans devront racheter les graines à replanter
Le tremblement de terre de janvier dernier avait mis en lumière les difficultés de production agricole d'Haïti, qui importe 80% de la nourriture qu'il consomme.
Le don de Monsanto risque de nuire aux projets haïtiens de « souveraineté alimentaire » : une forte production agricole locale pour une consommation locale.
En effet, les graines de maïs de Monsanto ne pouvant être resemées, les agriculteurs devront en racheter à Monsanto les années suivantes.
Une logique de marché inadéquate avec la culture paysanne d'Haïti, comme nous l'explique Ricot Jean Pierre, économiste à la PAPDA (Plateforme haïtienne de plaidoyer pour un développement alternatif) :
« Les paysans haïtiens ont traditionnellement la capacité de produire et de reproduire leur propre semence, organique et créole, à destination de leur famille et du marché local. Monsanto veut intégrer les agriculteurs sur un marché qu'ils ne contrôlent pas en matière de qualité de semence et de prix.
Les paysans devront racheter les graines à replanter, les pesticides et les engrais de Monsanto [nécessaires à la productivité de ces graines, ndlr], alors qu'ils n'ont pas de ressources. Monsanto veut faire du paysan haïtien un assisté plutôt qu'un producteur. »
Les agriculteurs n'ont d'ailleurs pas manqué de réagir à l'annonce du don. Le leader du Mouvement paysan papaye (MPP), Chavannes Jean-Baptiste, a qualifié le don de Monsanto de « nouveau tremblement de terre », enjoignant les agriculteurs à brûler toutes les graines de maïs provenant du ministère de l'Agriculture. Une marche de protestation est prévue pour le 4 juin.
Les OGM à suivre ?
Le geste de Monsanto s'inscrit dans une politique d'expansion agressive de la multinationale. La compagnie, qui a vu ses profits reculer de 19% pour le deuxième trimestre de l'exercice 2009-2010, tente d'ouvrir de nouveaux marchés.
Pour l'USAID, ce don ne conduira pas à une main mise de Monsanto sur l'agriculture locale, puisqu'il ne représente qu'une petite partie de l'aide internationale :
« D'autres organisations ont fait des dons de semences, comme Pioneer Hybrid ou le FAO des Nations unies, et le don de Monsanto ne représente qu'une petite portion du total des semences utilisées pendant la saison de croissance.
Le projet Winner s'assure que les graines soient équitablement distribuées aux paysans haïtiens. »
Monsanto pense distribuer ces graines à 10 000 paysans. Pour Beverly Bell, il y a un risque que ces graines hybrides laissent place à des OGM les années suivantes, « comme cela a été le cas dans d'autre pays » :
« Les paysans seront obligés de racheter des graines même si ce sont des OGM. »
Les soupçons sont d'autant plus forts que Monsanto, premier producteur mondial d'OGM, a un lourd passé de pratiques douteuses (agents oranges, pollution des pesticides, absences de tests sur les OGM), sur lesquelles Marie-Monique Robin avait enquêté dans son documentaire « Le monde selon Monsanto ».
En outre, les Haïtiens n'ont pas manqué de remarquer que le directeur général du projet Winner n'est autre que Jean-Robert Estimé, qui fut ministre des Affaires étrangères pendant 29 ans sous la dictature des Duvalier.
La démocratie encore menacée en Haïti selon Edmond Mulet
La démocratie en Haïti sera encore plus sérieusement menacée si l'on n'améliore pas les conditions de vie des survivants du séisme du 12 janvier dernier. C'est ce qu'a déclaré le représentant spécial du Secrétaire général de l'ONU en Haïti, Edmond Mulet. « Tant et aussi longtemps que les victimes vivront dans des conditions précaires, elles auront toutes les raisons au monde de manifester leur mécontentement. Et ce mécontentement, peut être utilisé à des fins politiques », a averti, le haut responsable onusien.
Le diplomate guatémaltèque a fait ces déclarations alors qu'il participait à la conférence internationale sur la reconstruction d'Haïti à Punta Cana en République Dominicaine.
Rappelons que Monsieur Mulet avait lancé une mise en garde contre un départ anticipé du Président Préval, ce qui selon lui peut compromettre la stabilité qui règne actuellement dans le pays.
EJ/Radio Métropole Haïti
http://www.metropolehaiti.com/metropole/full_une_fr.php?id=17807
Le diplomate guatémaltèque a fait ces déclarations alors qu'il participait à la conférence internationale sur la reconstruction d'Haïti à Punta Cana en République Dominicaine.
Rappelons que Monsieur Mulet avait lancé une mise en garde contre un départ anticipé du Président Préval, ce qui selon lui peut compromettre la stabilité qui règne actuellement dans le pays.
EJ/Radio Métropole Haïti
http://www.metropolehaiti.com/metropole/full_une_fr.php?id=17807
15 mille maisons seront construites en Haïti par la croix rouge canadienne.
La Croix-Rouge canadienne annonce la construction prochaine de 15 000 maisons en Haïti pour recevoir les sinistrés du 12 janvier. Ces maisons qui seront construites en bois et en tôle seraient capables de résister aux intempéries.
Selon la croix rouge canadienne, cette décision a été prise à l'occasion de la saison cyclonique qui s'annonce très violente. En ce sens elle veut procurer rapidement un logement au plus grand nombre de sinistrés possible.
Les petites maisons qu'elle propose coûteront 4000$ canadiens chacune. Elles seront, dans la plupart des cas, construites avec des matériaux d'origine canadienne.
Le secrétaire général et chef de la direction de la Société canadienne de la Croix-Rouge, Conrad Sauvé annonce que les travaux de construction de ces maisons seront lancés très bientôt.
Ces travaux débuteront à Jacmel et à Léogâne. Le projet se poursuivra au cours des prochains mois.
Les sans-abri du 12 janvier font face depuis plusieurs semaines, à de nombreuses difficultés, en effet les tentes qui les abritent provisoirement ne sont pas assez solides pour faire face aux intempéries.
EJ/Radio Métropole Haïti
http://www.metropolehaiti.com/metropole/full_une_fr.php?id=17806
Selon la croix rouge canadienne, cette décision a été prise à l'occasion de la saison cyclonique qui s'annonce très violente. En ce sens elle veut procurer rapidement un logement au plus grand nombre de sinistrés possible.
Les petites maisons qu'elle propose coûteront 4000$ canadiens chacune. Elles seront, dans la plupart des cas, construites avec des matériaux d'origine canadienne.
Le secrétaire général et chef de la direction de la Société canadienne de la Croix-Rouge, Conrad Sauvé annonce que les travaux de construction de ces maisons seront lancés très bientôt.
Ces travaux débuteront à Jacmel et à Léogâne. Le projet se poursuivra au cours des prochains mois.
Les sans-abri du 12 janvier font face depuis plusieurs semaines, à de nombreuses difficultés, en effet les tentes qui les abritent provisoirement ne sont pas assez solides pour faire face aux intempéries.
EJ/Radio Métropole Haïti
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Vers la réhabilitation de la route des Rails
La route de Carrefour par les Rails va être bientôt réhabilitée. L'annonce a été faite par le ministre des travaux public, Jacques Gabriel. Le ministre Gabriel a renouvelé la volonté du gouvernement de réhabiliter le tronçon compris entre Bizoton et Côte-Plage.
En ce sens un accord a été signé entre le ministère et deux firmes haïtiennes en l'occurrence Vorbe et Fils et la compagnie TECINA.
Les travaux de réhabilitation de cet axe devraient durer 9 mois. Ils ont été financés par le gouvernement canadien à hauteur de 5 millions de dollars américains.
Par ailleurs, le ministre des TPTC a indiqué que des compagnies privées effectuent actuellement des travaux de curage dans la région métropolitaine de Port-au-Prince. Ces travaux selon le ministre ont été entrepris dans le but d'éviter les dégâts éventuels que pourraient causer les pluies à l'occasion de la saison cyclonique.
Monsieur Gabriel a fait remarquer que ces travaux ont pu bénéficier d'un financement de la banque mondiale.
D'un autre coté le titulaire du ministère des travaux publics en a profité pour annoncer la mise en circulation prochaine dans le pays d'un code de construction.
EJ/Radio Métropole Haïti
http://www.metropolehaiti.com/metropole/full_une_fr.php?id=17805
En ce sens un accord a été signé entre le ministère et deux firmes haïtiennes en l'occurrence Vorbe et Fils et la compagnie TECINA.
Les travaux de réhabilitation de cet axe devraient durer 9 mois. Ils ont été financés par le gouvernement canadien à hauteur de 5 millions de dollars américains.
Par ailleurs, le ministre des TPTC a indiqué que des compagnies privées effectuent actuellement des travaux de curage dans la région métropolitaine de Port-au-Prince. Ces travaux selon le ministre ont été entrepris dans le but d'éviter les dégâts éventuels que pourraient causer les pluies à l'occasion de la saison cyclonique.
Monsieur Gabriel a fait remarquer que ces travaux ont pu bénéficier d'un financement de la banque mondiale.
D'un autre coté le titulaire du ministère des travaux publics en a profité pour annoncer la mise en circulation prochaine dans le pays d'un code de construction.
EJ/Radio Métropole Haïti
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La nouvelle édition de livre en folie, un succès selon les organisateurs
La 16e édition de « Livre en folie » s'est tenue ce jeudi 3 juin au parc historique de la canne à sucre. Plus d'une cinquantaine d'auteur était en signature lors de ce grand événement considéré comme la rentrée littéraire ici en Haïti. Le lauréat du prix Médicis, l'écrivain haïtien, Danny Laferriére était l'invité d'honneur de cette année, en a profité pour signer son dernier livre intitulé « Tout bouge autours de moi ».
Un ouvrage dans lequel l'auteur présente son témoignage des événements qui se sont déroulés autour du séisme du 12 janvier.
Pour cette nouvelle édition, de jeunes écrivains haïtiens étaient également présents. C'est le cas de Betina Perono, qui signait son premier livre « Les enfants du diable ».
Les habitués étaient également de la partie. On peut citer le colonel Himmler Rébu , Francketienne, Mirlande Manigat et Yannick Lahens, qui ont tous signé leur ouvrage. les organisateurs n'ont pas caché leur satisfaction après cet événement culturel qui a vu une forte participation du grand public, plus précisément des amants de la lecture. Livre en Folie a été initié en 1994 par le Journal Le Nouvelliste et ses partenaires, une activité qui est devenue, un des plus grands rendez vous culturels d'Haïti. Elle a pour objectif de faire la promotion du livre haïtien.
EJ/Radio Métropole Haïti
Un ouvrage dans lequel l'auteur présente son témoignage des événements qui se sont déroulés autour du séisme du 12 janvier.
Pour cette nouvelle édition, de jeunes écrivains haïtiens étaient également présents. C'est le cas de Betina Perono, qui signait son premier livre « Les enfants du diable ».
Les habitués étaient également de la partie. On peut citer le colonel Himmler Rébu , Francketienne, Mirlande Manigat et Yannick Lahens, qui ont tous signé leur ouvrage. les organisateurs n'ont pas caché leur satisfaction après cet événement culturel qui a vu une forte participation du grand public, plus précisément des amants de la lecture. Livre en Folie a été initié en 1994 par le Journal Le Nouvelliste et ses partenaires, une activité qui est devenue, un des plus grands rendez vous culturels d'Haïti. Elle a pour objectif de faire la promotion du livre haïtien.
EJ/Radio Métropole Haïti
Les autorités françaises accusées de faire obstacle au regroupement familial
Les associations des Haïtiens de France ont dénoncé jeudi les "obstacles" mis par l'administration française au regroupement familial, avec notamment leurs enfants restés dans l'île ravagée par le séisme de début janvier. Romel Louis-Jacques, de la Plateforme d'associations franco-haïtiennes, a soutenu que le parcours d'obstacles pour les immigrants n'a pas cessé en dépit des promesses du ministre de l'immigration Eric Besson. M. Besson avait annoncé en janvier, un "allègement" des conditions de regroupement familial, des "facilités" de délivrance de visas pour visites familiales ou, à titre humanitaire, une "accélération" du traitement des dossiers, entre autres.
De plus, M. Romel (PAFHA) a révélé que "les rendez-vous à l'ambassade de France à Port-au-Prince s'obtenaient via une banque haïtienne qui prend des frais et ne délivre pas de reçu pour cet argent". Selon des témoignages, chaque prise de rendez-vous serait monnayée "4 euros", "des frais qui s'ajoutent au prix du visa", a insisté M. Romel.
En début de semaine une association de Français sollicitant l'adoption d'enfants haïtiens a envoyé un huissier au ministère français des Affaires étrangères pour le sommer d'accélérer les procédures sous peine de poursuites. Me David Koubbi, avocat de l'association "SOS Haïti enfants adoptés", a soutenu avoir fait parvenir lundi une "sommation interpellative" à Bernard Kouchner, ministre des Affaires étrangères, et ses services. "Nous leur donnons 15 jours pour rapatrier les enfants dont les dossiers d'adoption sont complets, faute de quoi nous les attaquerons devant les tribunaux", a-t-il dit. Les adoptions ont fait l'objet de toutes les autorisations pour 43 enfants qui sont bloqués à Haïti insiste M. Koubbi.
LLM / Radio Métropole Haïti
http://www.metropolehaiti.com/metropole/full_une_fr.php?id=17802
De plus, M. Romel (PAFHA) a révélé que "les rendez-vous à l'ambassade de France à Port-au-Prince s'obtenaient via une banque haïtienne qui prend des frais et ne délivre pas de reçu pour cet argent". Selon des témoignages, chaque prise de rendez-vous serait monnayée "4 euros", "des frais qui s'ajoutent au prix du visa", a insisté M. Romel.
En début de semaine une association de Français sollicitant l'adoption d'enfants haïtiens a envoyé un huissier au ministère français des Affaires étrangères pour le sommer d'accélérer les procédures sous peine de poursuites. Me David Koubbi, avocat de l'association "SOS Haïti enfants adoptés", a soutenu avoir fait parvenir lundi une "sommation interpellative" à Bernard Kouchner, ministre des Affaires étrangères, et ses services. "Nous leur donnons 15 jours pour rapatrier les enfants dont les dossiers d'adoption sont complets, faute de quoi nous les attaquerons devant les tribunaux", a-t-il dit. Les adoptions ont fait l'objet de toutes les autorisations pour 43 enfants qui sont bloqués à Haïti insiste M. Koubbi.
LLM / Radio Métropole Haïti
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vendredi 4 juin 2010
Le chef de la police fait état d'une enquête sur le décès de 10 détenus
Le chef de la police haïtienne Mario Andrésol se dit surpris par le tollé autour des incidents à la prison civile des Cayes. Il rappelle que les autorités policières avaient dans les jours qui ont suivi fait état de ces incidents qui avaient coûté la vie à 10 détenus. Tout en indiquant qu'une enquête administrative est réalisée par les autorités policières, Mario Andrésol précise que 560 détenus avaient voulu s'enfuir lors de la tentative d'évasion. 10 des 20 évadés ont été tués explique t-il rappelant que les autorités n'avaient à aucun moment voulu étouffer l'affaire.
Dénonçant une campagne visant à ternir l'image de la police nationale M. Andrésol assure que les autorités judiciaires ont été saisies du dossier. Un procès verbal des décès a été rédigé par un juge de paix après les incidents, insiste M. Andrésol. Il est attristé par la volonté manifeste de certains nationaux et étrangers qui veulent faire feu de tout bois pour jeter le discrédit sur les forces de l'ordre.
Le journal américain New York Times avait, début mai, publié un article faisant état du massacre de 19 détenus par les agents pénitentiaires de la prison des Cayes. M. Andrésol révèle que les détenus décédés ne se trouvaient pas dans l'enceinte de la prison.
Dans une interview à radio Métropole M. Andrésol a révélé qu'un agent pénitentiaire a été blessé par les détenus qui voulaient sortir du centre carcéral.
Des policiers ont été placés en isolement assure M. Andrésol rappelant que plusieurs policiers ont comparu par devant leur juge instructeur.
LLM / Radio Métropole Haïti
http://www.metropolehaiti.com/metropole/full_une_fr.php?id=17801
Dénonçant une campagne visant à ternir l'image de la police nationale M. Andrésol assure que les autorités judiciaires ont été saisies du dossier. Un procès verbal des décès a été rédigé par un juge de paix après les incidents, insiste M. Andrésol. Il est attristé par la volonté manifeste de certains nationaux et étrangers qui veulent faire feu de tout bois pour jeter le discrédit sur les forces de l'ordre.
Le journal américain New York Times avait, début mai, publié un article faisant état du massacre de 19 détenus par les agents pénitentiaires de la prison des Cayes. M. Andrésol révèle que les détenus décédés ne se trouvaient pas dans l'enceinte de la prison.
Dans une interview à radio Métropole M. Andrésol a révélé qu'un agent pénitentiaire a été blessé par les détenus qui voulaient sortir du centre carcéral.
Des policiers ont été placés en isolement assure M. Andrésol rappelant que plusieurs policiers ont comparu par devant leur juge instructeur.
LLM / Radio Métropole Haïti
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La Commission Intérimaire n'est pas encore en selle
72 heures après la nomination des 11 nationaux devant siéger au conseil d'administration de la Commission Intérimaire de reconstruction d'Haïti (CIRH) celle-ci tarde à réaliser sa première rencontre. Les commissaires haïtiens de la reconstruction étaient présents à Punta Cana (République Dominicaine) tandis que leurs collègues étrangers manquaient à l'appel. De plus, le chef de l'Etat haïtien René Préval n'a pas encore désigné le directeur exécutif de la CIRH, qui devra jouer un rôle important au sein de cet organisme.
Les autorités haïtiennes ont annoncé deux nouvelles dates importantes pour la commission. Le 7 juin marquera la présentation officielle de la commission et le 14 juin sa première séance de travail.
En réalité les co-présidents de la commission, les autorités onusiennes et haïtiennes sont dans l'attente des fonds promis par les donateurs lors de la conférence de New York. La réunion de Punta Cana a permis de confirmer les promesses. Dans son intervention le président Clinton avait appelé les donateurs à respecter leurs engagements afin de lancer le processus de reconstruction.
Et ce ne sont pas les projets qui manquent. Le Premier Ministre Haïtien Jean Max Bellerive a révélé que 60 projets sélectionnés ont été soumis aux donateurs. L'approbation des bailleurs de fonds est indispensable pour le lancement des projets déjà considérés comme tardifs par certains leaders politiques, opposés à la loi d'urgence.
Par ailleurs, M. Bellerive avait souhaité que Cuba et la république Dominicaine soient intégrés au sein de la CIRH.
LLM / Radio Métropole Haïti
http://www.metropolehaiti.com/metropole/full_une_fr.php?id=17800
Les autorités haïtiennes ont annoncé deux nouvelles dates importantes pour la commission. Le 7 juin marquera la présentation officielle de la commission et le 14 juin sa première séance de travail.
En réalité les co-présidents de la commission, les autorités onusiennes et haïtiennes sont dans l'attente des fonds promis par les donateurs lors de la conférence de New York. La réunion de Punta Cana a permis de confirmer les promesses. Dans son intervention le président Clinton avait appelé les donateurs à respecter leurs engagements afin de lancer le processus de reconstruction.
Et ce ne sont pas les projets qui manquent. Le Premier Ministre Haïtien Jean Max Bellerive a révélé que 60 projets sélectionnés ont été soumis aux donateurs. L'approbation des bailleurs de fonds est indispensable pour le lancement des projets déjà considérés comme tardifs par certains leaders politiques, opposés à la loi d'urgence.
Par ailleurs, M. Bellerive avait souhaité que Cuba et la république Dominicaine soient intégrés au sein de la CIRH.
LLM / Radio Métropole Haïti
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L'ONU envoie 680 policiers supplémentaires en renforts en Haïti
04 juin 2010
Agence France-Presse New York
Le Conseil de sécurité des Nations unies a voté à l'unanimité vendredi l'envoi temporaire de 680 policiers supplémentaires dans le cadre de sa mission en Haïti, qui viendront aider la police nationale à stabiliser le pays, après le séisme de janvier.
Les 15 membres du Conseil ont autorisé le déploiement de ces policiers «en tant que renforts temporaires avec des objectifs clairement définis et un accent particulier mis sur la volonté de renforcer les moyens de la police nationale haïtienne».
La résolution affirme quela Mission de stabilisation des Nations unies en Haïti (Minustah) se composera par conséquent d'un contingent militaire comprenant jusqu'à 8 940 hommes et d'un contingent policier réunissant jusqu'à 4 391 policiers.
Elle indique également que les nouveaux quotas policiers et militaires seront soumis à un contrôle étroit et régulier, y compris durant la période électorale et les transferts de pouvoir constitutionnel qui s'ensuivront.
Le mois dernier, le gouvernement haïtien a proposé de rallonger de trois mois le mandat du président René Préval si l'île caribéenne dévastée par le séisme n'est pas en mesure d'organiser les élections planifiées pour fin novembre.
La tenue de ce scrutin est incertaine en Haïti, toujours sous le coup du tremblement de terre qui a fait entre 250 000 et 300 000 morts et laissé quelque 1,3 millions de sans-abris.
La proposition envoyée aux législateurs permettrait à M. Préval, dont le mandat doit s'achever le 7 février prochain, de rester en exercice jusqu'au 14 mai 2011.
http://www.cyberpresse.ca/international/amerique-latine/seisme-en-haiti/201006/04/01-4286919-lonu-envoie-680-policiers-supplementaires-en-renforts-en-haiti.php?utm_categorieinterne=trafficdrivers&utm_contenuinterne=cyberpresse_B13b_seisme-en-haiti_557239_section_POS1
Les 15 membres du Conseil ont autorisé le déploiement de ces policiers «en tant que renforts temporaires avec des objectifs clairement définis et un accent particulier mis sur la volonté de renforcer les moyens de la police nationale haïtienne».
La résolution affirme que
Elle indique également que les nouveaux quotas policiers et militaires seront soumis à un contrôle étroit et régulier, y compris durant la période électorale et les transferts de pouvoir constitutionnel qui s'ensuivront.
Le mois dernier, le gouvernement haïtien a proposé de rallonger de trois mois le mandat du président René Préval si l'île caribéenne dévastée par le séisme n'est pas en mesure d'organiser les élections planifiées pour fin novembre.
La tenue de ce scrutin est incertaine en Haïti, toujours sous le coup du tremblement de terre qui a fait entre 250 000 et 300 000 morts et laissé quelque 1,3 millions de sans-abris.
La proposition envoyée aux législateurs permettrait à M. Préval, dont le mandat doit s'achever le 7 février prochain, de rester en exercice jusqu'au 14 mai 2011.
http://www.cyberpresse.ca/international/amerique-latine/seisme-en-haiti/201006/04/01-4286919-lonu-envoie-680-policiers-supplementaires-en-renforts-en-haiti.php?utm_categorieinterne=trafficdrivers&utm_contenuinterne=cyberpresse_B13b_seisme-en-haiti_557239_section_POS1
Punta Cana : Haïti récolte 7,8 milliards de promesses de dons
Deux mois après New York, ce nouveau sommet sur la reconstruction post-séisme a débouché sur certains engagements concrets comme la construction de 125.000 maisons d’habitation et la création par le Venezuela d’un fonds d’aide de 2,6 milliards de dollars ; la communauté internationale met le cap sur les prochaines élections mercredi 2 juin 2010, Radio Kiskeya
Les représentants de 90 pays et organismes internationaux se sont engagés mercredi à financer à hauteur de 7,8 milliards de dollars différents projets dans le cadre de la reconstruction d’Haïti, incluant un soutien à l’organisation des prochaines élections générales, lors du nouveau sommet mondial sur l’avenir post-séisme du pays qui s’est tenu mercredi à Punta Cana (est de la République Dominicaine).
Selon AP et la presse locale, le Président dominicain Leonel Fernàndez, inititateur de ce rendez-vous, a mis en relief les montants promis par les différents partenaires d’Haïti en expliquant qu’ils seront consacrés à la réalisation, au cours des dix prochaines années, de projets déjà identifiés destinés "à la reconstruction à court terme et au développement durable".
Cependant, jusqu’ici, seuls le Brésil et le Venezuela ont matérialisé leurs promesses, le premier ayant versé 55 millions de dollars au fonds unique pour la reconstruction confié à la Banque mondiale tandis que le deuxième a annulé totalement la dette contractée par Haïti à travers le programme d’aide énergétique Petrocaribe.
A ce propos, le chancelier vénézuélien, Nicolàs Maduro, présent en République Dominicaine, a annoncé officiellement l’effacement de la facture pétrolière de notre pays estimée à 395 millions de dollars et la création d’un fonds de 2,6 milliards dollars qui permettra à Caracas de fournir une assistance à Haïti entre 2011 et 2016.
"Un engagement significatif et durable sera nécessaire pour convertir ces projets en réalité", a de son côté affirmé Cheryl Mills, chef de cabinet de la Secrétaire d’Etat américaine, Hillary Clinton.
Parmi les 40 projets d’urgence qu’a présentés devant les différents participants au sommet le Premier ministre haïtien, Jean-Max Bellerive, sur le logement, l’emploi, l’électricité, l’éducation, l’agriculture et le renforcement institutionnel, la communauté internationale a notammemt accepté de d’assurer la construction de 125.000 maisons au bénéfice des sinistrés du séisme dévastateur du 12 janvier. Les Etats-Unis prendront en charge les travaux de construction ou de réhabilitation de 47.000 résidences, le Canada 16.500 et la Croix-Rouge Internationale 10.500.
"Nous ne pouvons pas permettre que des gens meurent faute d’abris sûrs", a prévenu l’ancien Président des Etats-Unis et émissaire spécial de l’ONU pour Haïti, Bill Clinton, en référence à l’ouverture mardi (1er juin) de la saison cyclonique qui menace des centaines de milliers de sans-abri.
Enfin, s’agissant des élections, le Président René Préval a promis de déployer tous les efforts pour qu’elles se tiennent à la fin de l’année et lui donnent l’opportunité de céder le pouvoir à son successeur le 7 février 2011.
Dans la foulée, le Secrétaire général de l’OEA, José Miguel Insulza, a indiqué que des travaux seront entrepris en vue de la constitution d’un nouveau registre électoral national et de la modernisation technologique du système de vote alors qu’une partie de l’opposition réclamant le départ de Préval refuse de prendre part aux prochaines joutes.
Avant l’événement de mercredi dans le centre touristique de Punta Cana, la communauté internationale s’était déjà réunie le 31 mars à New York où elle avait fait des promesses de dons de 10 milliards de dollars à Haïti, dont 5,3 milliards pour les 18 prochains mois.
Le tremblement de terre de magnitude 7 du 12 janvier avait fait entre 250.000 et 300.000 morts, 300.000 blessés, 1,3 million de sinistrés et causé la perte de 120% du PIB haïtien. spp/Radio Kiskeya
http://radiokiskeya.com/spip.php?article6819
Les représentants de 90 pays et organismes internationaux se sont engagés mercredi à financer à hauteur de 7,8 milliards de dollars différents projets dans le cadre de la reconstruction d’Haïti, incluant un soutien à l’organisation des prochaines élections générales, lors du nouveau sommet mondial sur l’avenir post-séisme du pays qui s’est tenu mercredi à Punta Cana (est de la République Dominicaine).
Selon AP et la presse locale, le Président dominicain Leonel Fernàndez, inititateur de ce rendez-vous, a mis en relief les montants promis par les différents partenaires d’Haïti en expliquant qu’ils seront consacrés à la réalisation, au cours des dix prochaines années, de projets déjà identifiés destinés "à la reconstruction à court terme et au développement durable".
Cependant, jusqu’ici, seuls le Brésil et le Venezuela ont matérialisé leurs promesses, le premier ayant versé 55 millions de dollars au fonds unique pour la reconstruction confié à la Banque mondiale tandis que le deuxième a annulé totalement la dette contractée par Haïti à travers le programme d’aide énergétique Petrocaribe.
A ce propos, le chancelier vénézuélien, Nicolàs Maduro, présent en République Dominicaine, a annoncé officiellement l’effacement de la facture pétrolière de notre pays estimée à 395 millions de dollars et la création d’un fonds de 2,6 milliards dollars qui permettra à Caracas de fournir une assistance à Haïti entre 2011 et 2016.
"Un engagement significatif et durable sera nécessaire pour convertir ces projets en réalité", a de son côté affirmé Cheryl Mills, chef de cabinet de la Secrétaire d’Etat américaine, Hillary Clinton.
Parmi les 40 projets d’urgence qu’a présentés devant les différents participants au sommet le Premier ministre haïtien, Jean-Max Bellerive, sur le logement, l’emploi, l’électricité, l’éducation, l’agriculture et le renforcement institutionnel, la communauté internationale a notammemt accepté de d’assurer la construction de 125.000 maisons au bénéfice des sinistrés du séisme dévastateur du 12 janvier. Les Etats-Unis prendront en charge les travaux de construction ou de réhabilitation de 47.000 résidences, le Canada 16.500 et la Croix-Rouge Internationale 10.500.
"Nous ne pouvons pas permettre que des gens meurent faute d’abris sûrs", a prévenu l’ancien Président des Etats-Unis et émissaire spécial de l’ONU pour Haïti, Bill Clinton, en référence à l’ouverture mardi (1er juin) de la saison cyclonique qui menace des centaines de milliers de sans-abri.
Enfin, s’agissant des élections, le Président René Préval a promis de déployer tous les efforts pour qu’elles se tiennent à la fin de l’année et lui donnent l’opportunité de céder le pouvoir à son successeur le 7 février 2011.
Dans la foulée, le Secrétaire général de l’OEA, José Miguel Insulza, a indiqué que des travaux seront entrepris en vue de la constitution d’un nouveau registre électoral national et de la modernisation technologique du système de vote alors qu’une partie de l’opposition réclamant le départ de Préval refuse de prendre part aux prochaines joutes.
Avant l’événement de mercredi dans le centre touristique de Punta Cana, la communauté internationale s’était déjà réunie le 31 mars à New York où elle avait fait des promesses de dons de 10 milliards de dollars à Haïti, dont 5,3 milliards pour les 18 prochains mois.
Le tremblement de terre de magnitude 7 du 12 janvier avait fait entre 250.000 et 300.000 morts, 300.000 blessés, 1,3 million de sinistrés et causé la perte de 120% du PIB haïtien. spp/Radio Kiskeya
http://radiokiskeya.com/spip.php?article6819
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