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lundi 22 mars 2010

La corruption hante les esprits avant l'élaboration du plan de reconstruction

La corruption est l'un des thèmes provoquant des confrontations entre le gouvernement et les acteurs politiques ou la communauté internationale. Le rapport du département d'Etat américain dénonçant une faiblesse dans la lutte a ranimé les rancoeurs entre le gouvernement et l'opposition.
Le sénateur Youri Latortue appuie les conclusions du rapport et rappelle des cas spectaculaires tels le scandale des narcodollars de Port-de-Paix et les fonds d'urgence de 2008 ( 197 millions de dollars). Il rend le chef de l'Etat responsable de la multiplication des cas de corruption.
Lors d'une rencontre avec les journalistes, M. Latortue a soutenu que le refus manifeste du président Préval de renforcer les institutions dont le CSPJ est perçu comme un appui à l'impunité.
Ce n'est pas l'avis de Dieudonne Saincy, un des conseillers du chef de l'Etat, qui est intervenu à plusieurs reprises dans les medias pour faire le point. M. Saincy ne nie pas des cas de corruption mais invite les intéressés à faire la différence entre le gouvernement et l'administration publique. Invitant les accusateurs à publier leurs dossiers, M. Saincy a rappelé qu'un ex-haut cadre de la Téléco a récemment plaidé coupable par devant un tribunal américain.
Le conseiller du chef de l'Etat signale que le rapport met en lumière également les progrès accomplis par le gouvernement haïtien dans plusieurs domaines dont le respect de la liberté d'expression.
Intervenant au journal de 4 heures de radio Métropole M. Saincy a souligné que les accusations de corruption salissent également les représentants des institutions financières internationales et des pays amis qui collaborent avec le gouvernement haïtien.
De leur coté les représentants de la communauté internationale ont fait montre de prudence sur ce dossier. Toutefois ils ont accueilli avec joie la proposition de création d'une agence chargée de gérer les fonds de la reconstruction. Le mécanisme de fonctionnement de l'Autorité pour le Développement d'Haïti fait état d'audits par des firmes externes.
LLM 

http://www.metropolehaiti.com/metropole/full_une_fr.php?id=17291 

Scientifiques de renommée internationale pour la reconstruction de Port au Prince

Scientifiques de renommée internationale, plus de 100 sismologues, des géologues, des ingénieurs et des décideurs provenant du gouvernement et des organisations non gouvernementales, les agences de développement, l'entreprise, l'ingénierie et les communautés scientifiques et des universitaires vont se réunir sur le campus de l'Université de Miami le 22 et 23 mars pour un atelier dédié à la reconstruction de la ville de Port-au-Prince, en Haïti.
Parmi les experts invités seront présent: Margareta Wahlstrom, Représentant spécial du Secrétaire général des Nations unies pour la prévention des risques de catastrophe, Reggie DesRoches, professeur de génie civil, Georgia Tech University, chef du service de plusieurs équipes d'évaluation pour Haïti et le Dr Eric Calais, professeur de Géophysique, Purdue University, un chercheur de pointe sur les dangers du tremblement de terre d'Haïti.
L'objectif de cet atelier est de fournir des recommandations concrètes visant à rendre moins vulnérables les futures constructions, aux dommages causés par les séismes à venir et d'autres dangers. 

Organisé par le Consortium IRIS (Incorporated Research Institutions for Seismology), l'atelier est co-parrainée par le Département d'Etat américain, l'US Agency for International Development (USAID) et l'Organisation des Nations Unies de la Stratégie internationale de prévention des catastrophes, et soutenue par des subventions de la Fondation nationale des sciences, de l'US Geological Survey et la NASA.
N/ Radio Métropole Haïti 

http://www.metropolehaiti.com/metropole/full_une_fr.php?id=17290

Les autorités veulent empêcher une résurgence de l'insécurité

La consolidation du climat sécuritaire représente l'une des préoccupations des autorités haïtiennes qui doivent gérer en priorité l'effort humanitaire.
L'expert en sécurité Reginald Delva a attiré l'attention des autorités et de la population sur cette nouvelle tentative des bandits de refaire surface. Il révèle que 60 cas de décès par armes à feu ont été enregistrés ces deux dernières semaines à l'hôpital de l'Université d'Etat d'Haïti.
La semaine dernière, 3 policiers figuraient sur la liste des personnes assassinées par les criminels. Entre temps les forces de l'ordre ont intensifié leurs opérations en vue de capturer les évadés du Pénitencier National. Jeudi dernier, 5 évadés ont été interpellés par les policiers du commissariat de Delmas. Ce nouveau coup de filet porte à 90 le nombre d'évadés capturés dans la région métropolitaine au cours du mois de mars.
Préoccupé, le chef de la police Mario Andrésol a réalisé vendredi dernier une visite d'évaluation au centre commercial de Port-au-Prince. Plusieurs cas de braquage et de cambriolage ont été rapportés ces dernières semaines dans cette zone où les bandits ont imposé leur loi depuis le séisme.
M. Andrésol entend mettre en place un nouveau dispositif dans ce secteur. Les commerçants avaient, depuis plusieurs semaines, lancé des SOS aux autorités policières. M. Andrésol refuse de se lamenter sur l'insuffisance des ressources mais promet de traquer les évadés du 12 janvier.
M. Andrésol et M. Delva font remarquer que certains criminels sont prêts à tout pour éviter une nouvelle incarcération. Les bandits condamnés à la réclusion a perpétuité sont très dangereux explique M. Delva.
Le chef de la police prévient que des cas d'affrontement entre les forces de l'ordre et les criminels sont inévitables.

LLM
http://www.metropolehaiti.com/metropole/full_une_fr.php?id=17289

CD «Urgence Haïti» mobilisation des artistes

Suite à la catastrophe du 12 janvier survenue en Haïti, l'ensemble des artistes Universal Music se mobilisent de façon spontanée et généreuse pour le projet «Urgence Haïti» en offrant un de leurs titres sur le CD. Cette compilation a pour but d'aider financièrement l'organisation «Action contre la faim» dans sa mission humanitaire sur place comme cela avait déjà été le cas il y a 5 ans lors du tsunami en Asie. La mobilisation des artistes en moins de 24 heures est spectaculaire avec un tracklisting de fait exceptionnel: Vanessa Paradis, M, Calogero, De Palmas, Marc Lavoine, Lara Fabian, Eddy Mitchell, Olivia Ruiz, Renan Luce, Coeur de Pirate, Tom Frager, Maurane et Stanislas, entre autres, offrent ainsi leur aide à travers la présence d'un titre sur lequel ils ne toucheront aucune redevance et aucun droit. (disponible sur Amazon entre autres)
N/Radio Métropole Haïti
http://www.metropolehaiti.com/metropole/full_une_fr.php?id=17286


Reconstruire le tissu social, culturel et intellectuel d'Haïti
Des intellectuels, des artistes, des responsables politiques haïtiens, ainsi que des spécialistes de ce pays, des sociologues et des membres de la diaspora haïtienne se retrouveront le 24 mars à l'UNESCO pour dégager des pistes afin de rebâtir la société haïtienne.
Ce Forum intitulé «Reconstituer le tissu social, culturel et intellectuel d'Haïti» sera ouvert par la Directrice générale de l'UNESCO, Irina Bokova, Davidson Hepburn, Président de la Conférence générale de l'UNESCO, et Eleonora Mitrofanova, Présidente du Conseil exécutif.
Parmi les participants figurent notamment Marie-Laurence Jocelyn Lassègue, Ministre haïtienne de la Culture, l'écrivain et dramaturge haïtien Frankétienne, le lauréat du Prix Nobel de Littérature, Wole Soyinka, le cinéaste Raoul Peck, l'ancien Premier ministre du Togo et ancien Secrétaire général de l'Organisation de l'Union africaine, Edem Kodjo, ou encore le recteur de l'Université Quisqueya d'Haïti, Jacky Lumarque.
Le Forum s'articulera autour de trois thèmes :
- Après le tremblement de terre : mobiliser le savoir et les compétences sociales pour revivifier Haïti.
- Poursuivre une histoire unique : la force du patrimoine, de l'identité et de la créativité culturels d'Haïti.
- Reconstituer le système éducatif : condition critique d'un renouveau haïtien et source de force intellectuelle.
N/Radio Métropole Haïti
http://www.metropolehaiti.com/metropole/full_une_fr.php?id=17288

Conférence internationale à Fort de France sur la reconstruction d'Haïti

150 représentants de villes et régions d'une dizaine de pays et une trentaine d'élus haïtiens se réunissent mardi à Fort de France en Martinique, dans les Antilles françaises, pour débattre de la reconstruction en Haïti. Cette rencontre s'inscrit dans le cycle de conférences préparatoires au sommet du 31 mars à New York. La Conférence de Fort-de-France s'articulera autour d'un débat en séance plénière, de travaux en ateliers et d'une restitution générale en fin de journée. Cinq ateliers seront constitués (développement urbain et aménagement du territoire, ressources humaines, finances locales, développement économique local, mutualisation et coordination) et co-présidés par un représentant haïtien et un représentant d'un pays tiers.
La conférence sera ouverte par les ministres français de la Coopération, Alain Joyandet, et de l'Outre-mer, Marie-Luce Penchard, et par le ministre haïtien de l'Intérieur, Paul Antoine Bien-Aimé. Les débats porteront sur des thèmes concrets, comme la formation de fonctionnaires pour remplacer les 18.000 agents morts dans le séisme, la levée d'impôt au niveau central et local, etc... Sur ce dernier sujet, la France a proposé son aide pour la réalisation d'un cadastre afin d'établir un impôt foncier. La conférence de Fort de France réunira des collectivités de pays accueillant une large communauté haïtienne, comme la France, les Etats-Unis et le Canada.
Les objectifs de cette importante conférence vise à:
- Apporter la contribution des collectivités territoriales au plan de développement voulu par les autorités haïtiennes, en particulier dans son volet d'appui à la gouvernance locale.

 - Coordonner l'aide internationale des collectivités territoriales
- Mutualiser les efforts des collectivités territoriales étrangères et haïtiennes ; 
- Aider au renforcement de la décentralisation haïtienne, déjà engagée avant le séisme.
Les résultats attendus sont les suivants :
- Identifier de façon concrète, et dans des secteurs clés, les projets à engager par les collectivités territoriales haïtiennes 
- Établir des partenariats sur la base de ces projets, en mutualisant les efforts entre différentes collectivités territoriales,
- Contribuer, aux côtés des autorités haïtiennes et sous leur direction, à la définition d'une stratégie globale et cohérente de développement du territoire haïtien, alliant dynamique de décentralisation et de déconcentration.

- Contribuer au chapitre «gouvernance locale» du plan qui sera adopté à New York.
Le résultat des travaux sera consolidé dans un document unique portant la vision des collectivités territoriales dans la reconstruction d'Haïti et présentera leurs différents programmes d'actions. Ce texte sera soumis au Gouvernement haïtien lors de la Conférence internationale des donateurs du 31 mars 2010 à New York.
N / Radio Métropole Haïti
http://www.metropolehaiti.com/metropole/full_une_fr.php?id=17283

Haïti-Séisme : Le Japon presse la communauté internationale de stabiliser, à court terme, la vie de la population

par Ronald Colbert Port-au-Prince, [AlterPresse] --- Le gouvernement du Japon estime important pour la communauté internationale d’aider à une stabilisation, à court terme, de la vie de la population en Haïti, durement frappée par le tremblement de terre du 12 janvier 2010.
Le Japon a déjà annoncé un apport de 70 millions de dollars américains (US $ 1.00 = 41.00 gourdes aujourd’hui ; 1 euro = 65.00 gourdes), dont une partie devra financer un aménagement de l’environnement des décombres, rappelle son ministre des affaires étrangères, Katsuya Okada, dans une conférence de presse donnée, dans l’après-midi du samedi 20 mars dans les jardins du palais national près des ruines du bâtiment officiel, conjointement avec le premier ministre haïtien Joseph Jean Max Bellerive.
Malgré son bref séjour dans le pays, environ 6 heures, Okada déclare s’être fait une idée de la situation actuelle des camps de sans abris et de personnes déplacées.
Dans cette perspective, le Japon exprime son intérêt à soutenir la cause d’Haïti au prochain sommet des bailleurs de fonds internationaux, au siège de l’organisation des Nations Unies (Onu) à New York le 31 mars 2010.
“Il convient d’arriver à une coopération concrète dans un contexte de cohérence totale. L’essentiel, c’est d’aider le peuple haïtien qui fait face à des défis très diversifiés : la décentralisation, les problèmes de routes et les questions foncières très difficiles à résoudre” , souhaite le ministre japonais des affaires étrangères.
Le Japon compte également manifester sa vision de la réalité en Haïti, dans le cadre de la réunion des différents ministres des affaires étrangères du groupe de discussion et de partenariat économique des huit pays (G8) parmi les plus puissants économiquement du monde. [1].
Ces échanges, entre les ministres des relations extérieures du G8, doivent avoir lieu avant la fin du mois de mars 2010.
Partageant la même approche que le chef de gouvernement haïtien, Katsuya OKada annonce combien son gouvernement va examiner la possibilité d’envois de techniciens du pays du soleil levant, pour échanger sur les expériences du Japon en matière de séisme.
“Avec les techniciens japonais, les autorités nationales vont discuter de la meilleure façon de mieux intégrer les méthodologies, aussi bien dans la gestion que dans la prévention et les alertes précoces afin d’informer la population sur les risques de séisme”, assure Bellerive, interrogé par AlterPresse sur la manière d’approprier à Haïti l’expérience en tremblement de terre, acquise au Japon.
Sans préciser de délai d’application, le Premier ministre haïtien insiste aussi sur la notion de certification, en vue de rendre plus sûres les maisons qui seront désormais construites sur le territoire national.
Accompagné de Akihisa Nagashima, vice ministre de la défense au Japon, le ministre des affaires étrangères a séjourné dans le pays, en vue d’encourager le contingent de 350 militaires japonais, faisant partie de la force dite de maintien de la paix, de la mission des nations unies de stabilisation en Haïti (Minustah).
En plus de saluer les efforts, sur le terrain, de membres d’organisations non gouvernementales japonaises, Katsuya Okada a eu, durant son passage, des échanges, avec le président haïtien René Garcia Préval, le chef civil par interim de la Minustah, le guatémaltèque Edmond Mulet.
Okada a également effectué, à Port-au-Prince, une visite à l’hôpital de l’université d’Etat d’Haïti (Hueh) et dans quelques camps de sans abris et personnes déplacées dans l’après-midi du samedi 20 mars 2010. [rc apr 20/03/2010 18:00]
[1] Le G8 comprend : les Etats-Unis d’Amérique, le Japon, l’Allemagne, la France, le Royaume-Uni, l’Italie, le Canada et la Russie
http://www.alterpresse.org/spip.php?article9366

L’OEA organise sa conférence sur la reconstruction d’Haïti

La diaspora haïtienne invitée à présenter son plan de reconstruction Radio Kiskeya
L’Organisation des Etats Américains (OEA) accueille ce dimanche et jusqu’à mardi en son siège à Washington des organisations de la diaspora haïtienne, des membres du gouvernement haïtien et des dirigeants étrangers autour de la reconstruction d’Haïti.
La diaspora haïtienne organisée présentera à l’occasion son propre plan de reconstruction.
Il est prévu des interventions du secrétaire général et du secrétaire général de l’OEA, MM. Jose Miguel Insulza et Albert R. Ramdin, du ministre des haïtiens vivant à l’étranger, Edwin Paraison, de la secrétaire d’Etat américaine Hillary Clinton et de Yves Robert Jean, directeur général du Ministère de la planification et de la coopération externe.

Les discussions prendront en compte les résultats des conférences de Montréal du 25 janvier et de Santo Domingo du 17 mars 2010 sur la reconstruction d’Haïti. Les résultats de la conférence de Washington seront à leur tour discutés le 31 mars à New York, à la conférence des bailleurs de fonds d’Haïti.
Un accord de principe a été trouvé à l’issue de la conférence de Santo-Domingo pour que la reconstruction du pays soit confiée à un comité mixte intérimaire constitué d’haïtiens et d’étrangers et co-présidé par le premier ministre haïtien et un étranger nommé par la communauté internationale. [jmd/Radio Kiskeya]
http://www.radiokiskeya.com/spip.php?article6650

«Est-ce qu'on la retourne en Haïti?»

Publié le 22 mars 2010 à 05h00 Mis à jour à 05h00
Katia Gagnon La Presse
Rosalie, assise dans sa chaise haute, mange un yogourt aux fraises. Elle se délecte de la pâte rose et sucrée, gratte le fond du pot à la recherche de la moindre trace de ce délice. Quand c'est fini, elle en veut un autre. Un nouveau yogourt atterrit sur son plateau. Banane, celui-là. La petite replonge sa cuillère dans le yogourt.
Une fois le pot expédié, elle proteste quand maman lui essuie le visage avec une débarbouillette. «On va manger plus tard», dit fermement Elyse Depuis. «Elle a un peu de difficulté à comprendre la notion de collation», soupire-t-elle.
Rosalie veut toujours manger. Mais pas n'importe quoi. De préférence du sucré. Elle qui était nourrie aux purées à l'orphelinat de Port-au-prince repousse les aliments plus difficiles à mâcher, comme la viande. Mais ce qu'elle aime, elle en veut beaucoup. «Elle s'engouffre ça dans la bouche, c'est incroyable», dit sa mère. La première fois qu'elle a goûté aux petits yogourts, elle en a mangé trois d'affilée.
La petite Haïtienne de 28 mois est toujours aussi frêle. Dans son habit de ratine de velours rose, elle a l'air d'une poupée dans les bras d'Elyse Dupuis. Depuis son arrivée, il y a deux mois, elle a pris plus de deux kilos. Certains vêtements sont devenus trop petits. Mais elle arbore encore ce ventre tout gonflé des enfants qui ont souffert de malnutrition. Elle est anémique et a probablement des parasites intestinaux, qui lui donnent fréquemment la diarrhée.
Et maintenant, Rosalie se tortille dans les bras de maman. Elle pleure, elle se cambre, elle pousse le menton d'Elyse, qui a pris place dans un sofa. Le message est clair: lève-toi. Emmène-moi où je veux aller. Elyse essaie de la distraire avec une poupée. Rien n'y fait. Rosalie veut encore manger. En désespoir de cause, Elyse Dupuis la remet dans sa chaise haute.
«En veux-tu encore?» La petite pointe la tablette de son minuscule doigt sombre. Elyse lui tend un demi-biscuit. Rosalie le reçoit avec un sourire immense, qui creuse une fossette dans sa joue gauche.


***
Rosalie a bien changé depuis notre dernière visite, il y a quatre semaines. Elle qui ne quittait pas les bras de sa mère en nous regardant d'un œil inquiet caracole maintenant dans le salon. «Elle est joyeuse, ricaneuse. Elle chantonne. Elle danse», raconte Elyse. Et aussi, elle parle. Elle dit oui, non, dodo, bébé. Lorsqu'on prononce son nom, elle nous regarde avec de grands yeux brillants. Papi? Mamie? Elle regarde aussitôt vers la porte d'entrée.
À son arrivée, la petite marchait d'un pas hésitant. Aujourd'hui, elle court, elle monte et descend les escaliers en se tenant solidement sur ses petites jambes. Elle pousse son auto verte et promène sa poupée au visage basané dans un panier d'épicerie. Elle rit aux éclats quand son grand frère Ismaël, déguisé en pirate et brandissant deux grands sabres, la poursuit en poussant des rugissements de lion.
Rosalie et Ismaël s'entendent bien, la plupart du temps. Evidemment, Ismaël trouve parfois la petite sœur dérangeante. Après quelques semaines, constatant que la petite occupe souvent les bras de maman, il a posé la question fatidique à sa mère. «Est-ce qu'on la retourne en Haïti?». Elyse rit en racontant l'anecdote. «Il trouve que Rosalie prend beaucoup de place.» Il a d'ailleurs rangé ses jouets les plus précieux sur le dessus du meuble de télé, les rendant inaccessibles aux petites mains fouineuses.
Autre changement d'importance: Elyse Dupuis a quitté son petit matelas dans la chambre d'enfant: elle peut enfin coucher dans son propre lit. La petite réussit souvent à s'endormir seule. «Un soir, je l'ai changée de couche, je suis partie à la salle de bain et elle s'est endormie. Je suis allée me coucher dans mon lit», dit-elle avec un sourire de satisfaction.
Mais il faut peu de choses pour détruire l'équilibre fragile de ces enfants déracinés: il y a dix jours, Elyse a souffert d'une grosse bronchite. Elle a déménagé deux nuits chez ses parents pour avoir un petit répit. «Ça a été un grand bouleversement pour eux.»

DES MAISONS DELAISSEES PAR DES SANS ABRIS

Louise Leduc La Presse

Les maisons, en rangée, sont coquettes. Elles sont neuves. Et vides.
À Nueva Choluteca, au Honduras, après l'ouragan Mitch, en 1998, tout un quartier a été reconstruit de toutes pièces. Vite, il fallait donner un toit à ces sans-abri qui se rueraient tous pour obtenir une maison neuve, non? Erreur. Les gens n'ont pas voulu de ces maisons. «Difficile de prendre l'autobus pour aller travailler quand il n'y a pas de route!» lance Gonzalo Lizarralde, professeur à l'École d'architecture de l'Université de Montréal, photo à l'appui.
De tremblements de terre en cyclones, en Turquie, au Salvador, au Pérou et dans combien d'autres pays dévastés, M. Lizarralde a trop vu de ces quartiers être construits à la va-vite. Trop de maisons mal faites - «souvent plus dangereuses que les tremblements de terre eux-mêmes!» - plantées au milieu de nulle part pour la simple et bonne raison que les terrains, en périphérie, sont moins chers. Le problème, c'est que la femme monoparentale n'a que faire d'une maison dans une lointaine banlieue si la grand-mère ou la soeur habite à l'autre bout de la ville et qu'on ne peut plus facilement aller déposer les enfants avant de partir au travail.
Cas unique que ces maisons vides au Honduras? Loin de là. M. Lizarralde montre une autre photo de maisons toutes neuves, en Colombie, sans porte ni fenêtres. «Les gens sont intelligents: ils ont pris ce qu'il y avait de bon dans la maison et sont allés ailleurs!»
Puis une autre photo. Celle d'un quartier de Colombie, près d'Armenia. Sur la photo, on voit une femme balayer. Sa maison? Non. La rue. «On voit bien que les gens ont ce quartier à coeur. Parce qu'il est bien situé, parce que les maisons sont bien faites, parce qu'il y a de l'emploi pas loin.»
Une travailleuse humanitaire qui demande l'anonymat a été à même de constater les bons coups et les moins bons coups de la reconstruction. Au chapitre des moins bons coups: la construction de trop de maisons à 2000$ qui finissent par coûter 5000$ ou 6000$ parce qu'il faut nécessairement travailler avec tel ou tel entrepreneur privé.
Pierre Minn, qui fait son doctorat sur l'aide humanitaire à l'Université McGill, note aussi qu'il aimerait bien savoir «combien d'argent, sur tous les dons, restera vraiment en Haïti et combien de ces sommes retournent sous une forme ou une autre au Canada ou aux États-Unis».
Qui construit les maisons? Des étrangers, qui ont souvent le réflexe de faire venir leurs employés de chez eux, et d'importer les matériaux.
Même dans les petites choses, on pense souvent bien faire, et pourtant, on a si tôt fait de déstabiliser un marché, note M. Minn. Beaucoup de vêtements usagés sont envoyés à Haïti, par exemple. Une fausse bonne idée, à entendre M. Minn. «Ça fait en sorte qu'à part les uniformes d'école, les tailleurs n'ont pas d'ouvrage.»
Les agriculteurs sont tout aussi artificiellement au chômage. «Depuis des années, le riz américain se vend pour presque rien comparativement au riz haïtien. Résultat: au marché, les gens achètent du riz venu d'ailleurs, ce qui n'aide pas les agriculteurs locaux.»
http://www.cyberpresse.ca/international/amerique-latine/seisme-en-haiti/201003/21/01-4262849-des-maisons-delaissees-par-des-sans-abri.php?utm_categorieinterne=trafficdrivers&utm_contenuinterne=cyberpresse_lire_aussi_4262845_article_POS2

Réunion Antillaise sur la reconstruction d'Haïti

Agence France-Presse

Quelque 150 représentants de villes et régions d'une dizaine de pays se réunissent mardi en Martinique dans les Antilles françaises pour débattre de la reconstruction d'Haïti, afin d'apporter une vision locale à un défi d'une ampleur sans précédent.
Cette rencontre, à laquelle assisteront une trentaine d'élus haïtiens, s'inscrit dans le cycle de conférences préparatoires à une réunion de ministres des Affaires étrangères le 31 mars à New York visant à fédérer l'aide internationale, après le séisme qui a fait plus de 220 000 morts le 12 janvier.
Les besoins d'Haïti sont évalués à 11,5 milliards de dollars sur trois ans, selon un plan présenté le 16 mars par le gouvernement haïtien.
La conférence de Fort-de-France sera ouverte par les ministres français de la Coopération, Alain Joyandet, et de l'Outre-mer, Marie-Luce Penchard, et par le ministre haïtien de l'Intérieur, Paul Antoine Bien-Aimé.
Les débats porteront sur des thèmes concrets, comme la formation de fonctionnaires pour remplacer les 18 000 employés de l'État morts dans le séisme, la levée d'impôt au niveau central et local, etc... Sur ce dernier sujet, la France a proposé son aide pour la réalisation d'un cadastre afin d'établir un impôt foncier.
La réunion en Martinique réunira des collectivités de pays accueillant une large communauté haïtienne, comme la France, les États-Unis et le Canada. Elle survient après une rencontre du secteur privé à Port-au-Prince. Toujours sur le thème de la reconstruction, cette semaine verra aussi une session à Washington consacrée à la diaspora.
Toutes ces réunions donnent lieu à des rapports qui seront présentés le 31 mars à New York.
Le gouvernement haïtien devrait de son côté présenter en fin de semaine ses orientations à la population haïtienne, selon une source informée.
Annoncée le 16 mars, la création d'un fonds de 3,8 milliards de dollars à verser au gouvernement haïtien sur une période de 18 mois va s'accompagner de la mise en place d'une commission intérimaire de développement chargée de s'assurer du bon emploi de l'aide financière.
Elle associera des Haïtiens et la communauté internationale et sera co-présidée par le premier ministre haïtien, Jean-Max Bellerive, et Bill Clinton, émissaire de l'ONU pour Haïti. Au terme des 18 mois, la commission se transformera en agence 100% haïtienne.
http://www.cyberpresse.ca/international/amerique-latine/seisme-en-haiti/201003/21/01-4262803-reunion-antillaise-sur-la-reconstruction-dhaiti.php?utm_categorieinterne=trafficdrivers&utm_contenuinterne=cyberpresse_lire_aussi_4262845_article_POS3

Le travail des organismes humanitaires critiqué

Publié le 22 mars 2010 à 05h00

Malgré tout ce qui a été accompli à Haïti, les travailleurs humanitaires ont mauvaise presse ces temps-ci, et cela dépasse largement les révélations de Radio-Canada sur la Croix-Rouge en Indonésie. À Montréal, il y a quelques semaines, le premier ministre haïtien a eu des mots très durs à l'égard du travail humanitaire. Et c'est sans compter sur les coopérants qui se critiquent à qui mieux mieux entre eux. La question se pose: à la prochaine catastrophe, envoie-t-on de l'argent?
«Trop d'amour nuit», a lancé une Haïtienne en plein colloque sur la reconstruction d'Haïti à Montréal, il y a quelques semaines.
Les travailleurs humanitaires, a-t-elle dit, «se sont rués comme des mouches sur un cadavre». «Ça fait combien d'années que ces gens nous aident? Des décennies! On nous humilie en tant que peuple.»
Cri du coeur d'une Haïtienne de Montréal un peu déconnectée des immenses besoins sur le terrain? En tout cas, cette indignation trouve beaucoup d'échos. «Ça fait 12 ans que je suis médecin en Haïti, raconte André-Paul Vénor. Que dire des ONG venues faire un "show de bedaine" à Port-au-Prince et qui se targuent au retour d'avoir sauvé les malheureux de la Terre? Le gouvernement haïtien dit tout le temps oui au premier aventurier qui débarque et qui se fait passer pour un humanitaire ou pour un agent de développement.»
«Il y a trop de touristes humanitaires qui cherchent désespérément à se mettre une victime sous le stéthoscope», se plaint à son tour Nago Lambert, lui-même président de Médecins du monde Suisse et médecin à l'hôpital Sainte-Justine.
Il évoque notamment cette ONG néerlandaise qui a planté une tente au coeur de Port-au-Prince pour y faire des accouchements et des césariennes. Le problème? «La tente, elle était plantée tout juste devant une clinique d'obstétrique déjà en place et fonctionnelle!» se désole le Dr Lambert.
«L'urgence, c'est un métier, poursuit-il. On ne peut pas, sous le coup de l'émotion, débarquer quelque part et faire n'importe quoi. Combien d'amputations ont été faites sans raison?»
Le premier ministre Jean-Max Bellerive, de passage à Montréal, n'était pas plus positif. «J'ai peur que les enfants, les adolescents attendent le camion qui va passer avec l'eau, qu'ils attendent le camion qui va arriver avec la nourriture. Il faut donner un minimum aux gens, mais il ne faut pas tuer l'idée du travail.»
Outre-Atlantique, sur les ondes de France Info, Jean-Yves Jason, maire de Port-au-Prince, a prononcé le mot «catastrophe» en février pour évoquer non pas le tremblement de terre, mais la désorganisation totale du travail humanitaire qui a suivi!
Un travailleur humanitaire de retour d'Haïti qui demande l'anonymat - c'est un bien petit milieu, fait-il remarquer - est rentré scandalisé. Ce qu'il a vu? Des rivalités ahurissantes entre Américains et Français, au point où des médecins de «clans adverses» refusaient de se prêter des appareils médicaux. Des organismes arriver sauvagement et tasser les Haïtiens en poste, au point de tenir toutes les réunions de travail en anglais, langue que les Haïtiens maîtrisent souvent mal. «Plusieurs consultants ou experts arrivent avec des solutions toutes faites. Les décisions se prennent plus dans des hôtels de luxe que les deux pieds dans la réalité.»
Rivalités entre organismes
La pagaille est bien antérieure au tremblement de terre. Une collègue journaliste, de passage à Haïti il y a deux ans, se souvient de rivalités épiques entre les organismes humanitaires, des rivalités si vives que les gens d'un organisme tentaient de la convaincre de ne surtout pas faire d'entrevues avec l'organisme «rival».
Plus que de «coopération» internationale, elle se souvient surtout de chicanes de clochers et de combats de petits coqs.
Contre toute attente, Carine Guidicelli, directrice des communications au Centre d'étude et de coopération internationale (CECI) qui vient tout juste de rentrer d'Haïti, ne s'inscrit pas en faux contre ces affirmations et partage l'indignation de nos interviewés.
Les coopérants n'en sont pourtant pas à leur premier tremblement de terre. Ils en ont vu d'autres, et d'autres ouragans, des cyclones et des tsunamis. «En dehors des urgences, entre les catastrophes, il faudrait qu'on arrive à se parler. On doit se poser des questions, et vite», dit Mme Guidicelli.
«Les gens ont faim, les gens sont malades, ça devrait être simple, non?» demande Pierre Minn, qui prépare un doctorat en anthropologie à l'Université McGill sur l'aide internationale médicale et qui a passé deux ans et demi en Haïti.
Ça devrait être simple, mais ça ne l'est pas. C'est que les organismes humanitaires ne sont pas seulement motivés par le désir de faire du bien, relève-t-il. Chacune veut sa visibilité médiatique, sa gloriole. «Chacun a l'impression d'être le premier à débarquer, et le réflexe de chacun est de tout reprendre de zéro, tout le temps. Les organismes veulent bâtir leur propre hôpital, leur propre clinique. C'est pourquoi il n'est pas rare de voir deux hôpitaux ou deux cliniques être bâtis un à côté de l'autre... Une question d'ego, mais aussi d'autonomie: chacun veut faire les choses à sa façon.»
C'est qu'il y a, poursuit-il, course à la visibilité pour récolter le plus de fonds possible. C'est à qui recevra la subvention de l'ACDI, celle de la Fondation Gates...
Pas joli, joli, tout ça. Alors, on donne ou pas? Carine Guidicelli, du CECI, dit évidemment qu'il faut encore donner aux organismes, mais après avoir fait ses recherches. «Avant de faire un don, il faut se poser des questions. L'organisme était-il présent dans le pays avant la catastrophe? Depuis longtemps? A-t-il des partenaires crédibles sur place?»
C'est aussi ce que prône le Dr Réjean Thomas, cofondateur de Médecins du monde Canada, bien désolé de ce que la Croix-Rouge ait été éclaboussée en Indonésie. «De la corruption, il y en a partout, y compris chez nous, alors qu'on a en main tous les mécanismes pour la prévenir! En situation d'urgence, dans un pays pauvre, c'est sûr que la corruption a plus de risques de s'installer. Je continue néanmoins de penser qu'il se fait beaucoup plus de bien que de mal. Il faut donner, en choisissant un organisme fiable.»
http://www.cyberpresse.ca/international/amerique-latine/seisme-en-haiti/201003/21/01-4262845-le-travail-des-organismes-humanitaires-critique.php?utm_categorieinterne=trafficdrivers&utm_contenuinterne=cyberpresse_B4_manchettes_231_accueil_POS1

dimanche 21 mars 2010

Haïti: Chaque jour, 150 patrouilles de police sont effectuées dans les camps

Le Bureau de la coordination des affaires humanitaires (OCHA) a indiqué que plus de deux mois après le tremblement de terre en Haïti, la phase de réponse d'urgence des efforts de secours devrait se poursuivre durant les mois à venir, étant donné l'ampleur et la complexité de la crise.
S'agissant des abris, OCHA a indiqué que plus des trois quarts des 1,2 millions de personnes ayant besoin d'abris d'urgence ont reçu du matériel.  L'Office a ajouté que la réinstallation des personnes doit être accélérée, à l'approche de la saison des pluies.
Concernant la sécurité dans les camps, OCHA a précisé qu'il appelle la Mission des Nations Unies pour la stabilisation en Haïti (MINUSTAH) et la Police nationale d'Haïti à améliorer la protection des personnes.  Chaque jour, environ 150 patrouilles sont effectuées dans les camps par la Police des Nations Unies (UNPOL) et la Police nationale d'Haïti (PNH).
Un projet pilote est actuellement en cours dans le camp de Pétion-Ville où des policières de l'UNPOL et de la PNH travaillent spécifiquement sur les violences faites aux femmes.
Pendant ce temps, le Fonds des Nations Unies pour la population (FNUAP) est en train d'assembler et de distribuer 17 000 lampes de poche aux femmes.  Le Fonds distribuera aussi 300 tentes pour créer dans les camps des «espaces sécurités pour les femmes».
Par ailleurs, cette semaine, Margareta Wahlstrôm, Représentante spéciale du Secrétaire général pour la réduction des risques des catastrophes, est arrivée en Haïti.  Elle se rendra auprès des communautés affectées à Port-au-Prince, à Jacmel et à Fondwa et tiendra des réunions avec des hauts responsables du Gouvernement. 

N/ Radio Métropole Haïti 
http://www.metropolehaiti.com/metropole/full_une_fr.php?id=17280

Le patrimoine culturel d'Haïti menacé

Publié le 20 mars 2010 à 11h54
Mis à jour le 20 mars 2010 à 12h03
Andrew Gully Agence France-Presse Port-au-Prince Des taches de couleurs vives émaillent les ruines de la cathédrale de la Sainte-Trinité de Port-au-Prince: c'est tout ce qui reste des fresques qui ont fait la réputation de l'art haïtien il y a une soixantaine d'années.
Pour Toni Monnin, née au Texas et devenue galeriste en Haïti, la perte de ces fresques peintes par les plus grands artistes haïtiens de leur génération est le parfait symbole de l'ampleur des destructions culturelles subies par le pays lors du séisme du 12 janvier.
«Il y a eu une explosion artistique unique au monde en Haïti au lendemain de la Seconde Guerre mondiale», explique-t-elle. «C'est un pays de peintres et d'artistes, un phénomène qui n'existe qu'ici, en Haïti».
Le pays peut sans doute s'enorgueillir d'avoir la plus forte densité d'artistes au monde, mais paradoxalement l'ensemble des bâtiments, de l'histoire, du patrimoine culturel d'Haïti est en danger.
«Avec le ministère de la Culture, nous essayons d'attirer l'attention sur la nécessité de protéger le patrimoine, parce qu'une fois qu'il a disparu, c'est trop tard», souligne Teeluck Bhuwanee, qui dirige la mission de l'Unesco en Haïti.
Les objets de la culture taïno, du nom des Indiens qui vivaient sur l'île que se partagent aujourd'hui Haïti et la République dominicaine avant sa découverte par Christophe Colomb en 1492, sont en grande partie intacts: le musée qui les abrite a été construit en sous-sol.
En revanche, beaucoup de sites et d'objets des époques postérieures, relatant l'histoire de l'esclavage et de la révolution, n'ont pas eu cette chance et Teeluck Bhuwanee craint qu'ils ne soient les grands oubliés du plan de reconstruction du gouvernement. Ce plan ne contient «pas un seul dollar pour la renaissance de la culture dans ce pays», dit-il à l'AFP.
«À Port-au-Prince, une trentaine de sites menacés de destruction totale ou de disparition ont été identifiés. Deux ont déjà été rasés». C'est le cas de l'église Saint-Louis Roi de France, dont les gravats ont été évacués par les bulldozers pour faire place à la reconstruction.
Les Haïtiens sont les premiers Noirs à avoir obtenu l'indépendance en 1804, mais des milliers de documents attestant de cette lutte et de son rôle dans l'histoire des droits de l'homme pourraient bien avoir disparu à jamais.
Pour l'instant, des problèmes plus pressants assaillent les Haïtiens: se nourrir, avoir un toit, vivre en sécurité, pouvoir reprendre son travail ou retourner à l'école.
Mais Teeluck Bhuwanee est persuadé que le patrimoine, s'il est correctement mis en valeur, peut contribuer à créer des emplois. «Faisons de la culture la base du développement de ce pays», propose-t-il.
De son côté, Toni Monnin tente d'aider les artistes peintres avec lesquels elle travaille et dont «90% ont perdu leurs maisons, au moins en partie, et des membres de leur famille. Il ne leur reste rien de leurs oeuvres, ils ont tout perdu».
L'art des grands peintres haïtiens, comme le prêtre vaudou Hector Hyppolite ou Préfète Duffaut, l'auteur de certaines fresques de la cathédrale de la Sainte-Trinité et le seul de cette génération d'artistes encore en vie à 87 ans, «est irremplaçable», souligne Toni Monnin, qui refuse pourtant de baisser les bras.
«Je ne sais pas si c'est du ressort de l'Unesco, mais il faudrait se concentrer sur des choses comme la reconstruction de la Sainte-Trinité», dit-elle. «Si l'on ne peut pas retrouver les fragments des fresques, il y a assez de photographies. Quelqu'un peut les repeindre, nous avons assez d'artistes. Non pas copier, mais peindre dans le même esprit. Ce serait un projet fabuleux».
http://www.cyberpresse.ca/international/amerique-latine/seisme-en-haiti/201003/20/01-4262643-le-patrimoine-culturel-dhaiti-menace.php

Haïti-Séisme : Plusieurs organisations sociales rejettent le plan de reconstruction, envisagé par le gouvernement

Dans la perspective de la rencontre des bailleurs de fonds le 31 mars samedi 20 mars 2010; par Ronald Colbert


P-au-P, 20 mars 2010 [AlterPresse] --- Plusieurs organisations sociales désapprouvent le contenu ainsi que les démarches ayant abouti à l’élaboration d’un document dit “plan d’action pour le développement”, élaboré par le gouvernement du premier ministre Joseph Jean Max Bellerive en vue du sommet avec les bailleurs de fonds internationaux, au siège des Nations Unies à New Yorkl e 31 mars 2010, plus de 2 mois après le tremblement de terre du 12 janvier ayant fait officiellement plus de 250 mille morts.
“Avant la tenue de la rencontre du 31 mars, le gouvernement doit rencontrer les organisations sociales pour leur faire part de la teneur du nouveau document révisé, devant intégrer diverses recommandations, notamment les aspirations et attentes de la population”, font savoir à l’agence en ligne AlterPresse des participantes et participants à un atelier intitulé “présentation de la vision et du plan stratégique du gouvernement”.
Convoqué pour le vendredi 19 mars, sur demande du gouvernement, par Inter Action, un réseau d’organisations non gouvernementales (Ong) américaines, l’atelier, initialement de consultation, cherchait plutôt à valider le plan concocté par le gouvernement, de concert avec une partie de la communauté internationale.
Les membres des organisations sociales présentes, comprenant des organismes de droits humains, de droits de la femme, de droits des migrantes et migrants, de droits des handicapés, ainsi que certains délégués d’Ong internationales ont relevé un ensemble de faiblesses, caractérisant le document présenté, comme l’absence de mécanismes d’application et de contrôle, également de stratégie de mise en œuvre des actions projetées ainsi que d’une analyse de situation à l’origine de l’ampleur des dégâts (pertes en vies humaines et ressources matérielles détruites), enregistrés le 12 janvier.
En principe, suivant les prévisions, une telle catastrophe devrait occasionner autour de 25 mille morts dans un pays normal. Or, aucune explication n’est pourtant donnée sur les faiblesses du système de gestion qui a provoqué environ 300 mille morts dans le tremblement de terre du 12 janvier.
Ni dans la préparation du document “plan d’action pour le développement”, ni dans la rencontre du 19 mars qualifiée de “cosmétique” par les organisations sociales, aucune consultation n’a été faite avec les secteurs vitaux de la population, tels les groupes encore marginalisés dans les bidonvilles, les personnes construisant des cahutes dans les zones à risques, les femmes, les paysans sur qui repose la production agricole nationale.
Malgré tout, les participantes et participants, délégués par différentes organisations sociales, ont tout de même accepté d’approfondir la réflexion dans des groupes de travail, une heure après avoir écouté les exposés de représentants du ministère de la planification et de la coopération externe (Mpce).

Rencontrer les organisations sociales avant le 31 mars
Le gouvernement devra préciser sa vision ainsi que l’orientation qu’il compte donner au pays dans les mois à venir, demandent les organisations sociales présentes à l’atelier du 19 mars, dont une majorité de participantes et participants en sont sortis très frustrés.
Au lieu de la perpétuation des pratiques d’exclusion et de discrimination, le gouvernement de René Garcia Préval et de Joseph Jean Max Bellerive devrait prendre en considération la voix des secteurs favorables aux changements sociaux dans le pays en intégrant leurs desiderata.
Pas question de donner un chèque en blanc aux autorités nationales pour faciliter la pénétration de capitaux importants, au regard de la quantité de fonds déjà gaspillés ces dernières années en Haïti, avancent les promoteurs des mouvements sociaux nationaux.
Ce serait une honte de formuler un tel plan à la communauté internationale ainsi qu’un manque de responsabilité vis-à-vis non seulement des morts du tremblement de terre, mais aussi des 10 mille nouveaux handicapés et de plus d’un million de sans abris et de personnes déplacées après la catastrophe.
Dans l’avant-propos, il est écrit “ce document qui va être présenté aux partenaires et donateurs internationaux…”.
Ce qui démontre, aux yeux des organisations sociales présentes à l’atelier du 19 mars, un mépris de la population dont les desiderata ne sont pas pris en compte, puisqu’elle n’a pas été consultée et que le document s’adresse plutôt à la communauté internationale.
Les personnes, pour lesquelles la reconstruction sera faite (y a-t-il jamais eu de construction véritable nationale, depuis 200 ans ?) ont leurs propres points de vue.
Les participantes et participants à l’atelier du 19 mars demandent au gouvernement, non seulement d’intégrer leurs recommandations, mais surtout de s’asseoir avec les organisations sociales avant le 31 mars 2010, afin de vérifier la prise en compte véritable des recommandations faites, de disposer d’un document clair reflétant une vision d’autodétermination et une rupture complète avec les pratiques d’exclusion encore présentes.
Parallèlement, il faut préciser les mécanismes d’application des actions projetées.
“Le document présenté comprend seulement des phrases, annonçant les activités, sans aucun mécanisme d’application, ni d’inclusion ni de contrôle et d’évaluation-suivi”.
Face aux levées de bouclier des membres d’organisations sociales présentes, lesquelles ont exigé un débat correct, au-delà de la simple synthèse faite par des techniciens du Mpce, ces derniers ont promis d’essayer d’incorporer les remarques faites dans le document à finaliser sur 2 jours, apparemment d’ici le 21 mars.
Quelques lignes du plan, présenté par des cadres du ministère de la planification
En général, en cas de catastrophe, la communauté internationale dispose d’un instrument dénommé en anglais “Post disaster needs assessment” (Pdna), qui consiste en une évaluation des besoins post-désastres et des recommandations sur un processus (escompté) de reconstruction.
Cet instrument devrait être accompagné d’un autre document de support, indiquant un plan stratégique gouvernemental et de quelle manière les opérations vont être conduites.
Pour ce qui concerne Haïti, après le séisme du 12 janvier 2010, l’exercice du Pdna a misé sur l’apport de représentants de la Banque mondiale, de la banque interaméricaine de développement (Bid), des agences des Nations Unies et certaines organisations non gouvernementales internationales, sans aucune contribution d’organisations sociales non consultées en la matière.
Pour l’évaluation des pertes / dégâts et des besoins de reconstruction, seulement ont été évoqués quelques chiffres soulignant une estimation d’environ 11 milliards de dollars américains (et plus) reflétant les besoins de reconstruction, qui seront dépensés respectivement sur 3 mois, 18 mois et 3 ans.
Ce sont grosso modo les résultats du Pdna (après le séisme du 12 janvier) qui ont été évoqués à l’atelier du 19 mars.
Avant la présentation du Pdna, la direction générale du Mpce a fait un exposé expliquant comment le processus de reconstruction aura lieu.
“Le pays sera divisé en 3 grands axes : Nord, Sud et Ouest, avec un accent sur les infrastructures (routes) et un mode (envisagé) de construction des maisons”, sans aucune indication, ni sur la vision, si sur l’orientation des actions souhaitées.
Cela a donné l’impression d’un plan de reconstruction reprenant les mêmes bases existantes et reposant sur l’exclusion, la discrimination, la domination d’une minorité de personnes qui s’accaparent de toutes les richesses du pays en excluant la majorité de la population, sans aucune référence sur la façon de considérer les différents secteurs toujours marginalisés, critiquent les organisations sociales ayant assisté à l’atelier du 19 mars.
Automatiquement après les 2 exposés, les participantes et participants ont été invités à rejoindre des groupes de travail sur “le plan d’action pour le développement”.
C’est la première fois que les participantes et participants ont fait connaissance avec le document en question, divisé en 5 thèmes.
En atelier, le document n’a même pas été organisé en fonction des thèmes avancés. Par exemple les services sociaux (éducation, santé, emplois, hébergement) se sont retrouvés éparpillés à l’intérieur du document.
Elaborer un document potable pour le 31 mars
Interrogés par AlterPresse, des délégués d’organisations sociales, présents à l’atelier, admettent combien le gouvernement pourrait “avoir toute la latitude pour dire qu’il n’avait pas lancé d’invitation, vu qu’aucune invitation sur papier à en-tête officiel n’a été faite”.
L’Ong internationale, ayant lancé les invitations et ne connaissant pas bien les réalités de terrain, affirme avoir mené cette démarche, auprès de quelques organisation sociales, au nom du gouvernement haïtien.
Il n’y a pas eu de volonté réelle, de la part du gouvernement, d’encourager la participation des secteurs sociaux dans la définition d’un plan de développement correct, interprètent les délégués, ajoutant “ils ont voulu faire valider leur plan…”, au lieu d’une consultation proprement dite.
Apparemment, d’autres délégués d’organisations sociales invitées n’ont pas voulu se rendre à l’atelier du 19 mars 2010, en raison des considérations précédentes, notamment de l’absence d’aucune lettre officielle du gouvernement Bellerive.
Au terme de la présentation des résultats des groupes de travail, un représentant du ministère de la planification s’est seulement contenté de synthétiser les recommandations faites, sans aucune velléité de débats. Alors, l’assistance a protesté et a porté le Mpce à tenir une plénière.
Seule garantie donnée par le délégué du Mpce : il va voir ce qu’il peut faire, vu qu’il dispose de 2 jours pour une traduction en anglais du document.
Les délégués d’organisations sociales, ayant assisté à l’atelier du 19 mars 2010, préconisent l’élaboration d’un document qui reflète les aspirations et attentes de la population, une vision claire sur l’éducation (pas de structure éducative à plusieurs vitesses, comme appliqué jusqu’à maintenant), la santé, etc.
A l’atelier du 19 mars, dans un hôtel à l’est de la capitale Port-au-Prince, n’ont pas été abordés la question économique, le sujet de l’approvisionnement en nourriture de la population des camps de sans abris et de personnes déplacées.
Rien n’a été dit, non plus, sur les droits humains des sans abris et des personnes déplacées, leurs conditions d’existence depuis après le 12 janvier 2010, leurs besoins fondamentaux, leur mode de fonctionnement, la promiscuité à laquelle les enfants, les femmes et les hommes font face dans les camps, la violence et les viols sur les femmes et les filles dans les espaces à grande concentration de personnes déplacées, la nécessité d’un redéploiement sur la question de la sécurité publique.
Un groupe de travail s’est penché sur le logement, mais les questions foncières, de titres de propriété (très cruciales aujourd’hui avec l’occupation de divers espaces, y compris d’e places publiques), comment les constructions de maisons vont être faites et dans quelles conditions, sur quels terrains.. . n’ont pas été posées.
En plus des opérations de déblaiement, de décentralisation, de possibilités de pôles de développement, les problèmes de découpage et de réaménagement du territoire ont été cités sans aucun mécanisme d’appoint clair.
“C’est comme une tendance à vouloir reconstruire une maison sur un terrain frileux, sans attaquer les fondements de base…”, paraphrase un membre d’organisation sociale. [rc apr 20/03/2010 8:00]
Ronald Colbert [AlterPresse - Haiti]


http://www.alterpresse.org/spip.php?article9365

La reconstruction d’Haïti confiée à un Comité mixte intérimaire d’haïtiens et d’étrangers placé sous le « haut patronage du chef de l’Etat », co-présidé par le premier ministre d’Haïti et un représentant de la communauté internationale

Résultats de la Conférence technique préparatoire de Santo- Domingo, tels que communiqués par le premier ministre Jean Max Bellerive

Vendredi 19 mars 2010, Radio Kiskeya
Dans un communiqué daté du 18 mars relatif à la Conférence technique préparatoire qui s’est tenue a Saint-Domingue du 15 au 17 mars dernier, le premier ministre haïtien Jean Max Bellerive a annoncé que l’accord de principe conclu à l’issue de la conférence prévoit que la reconstruction du pays, dévasté par le tremblement de terre du 12 janvier, sera confiée à un Comité mixte intérimaire composé d’un nombre égal de représentants de l’Etat haïtien et de la communauté internationale.
Placé « sous le haut patronage du président de la République d’Haïti », ce comité sera co-présidé par le premier ministre d’Haïti et un personnage choisi par la communauté internationale, précise le communiqué.
Après une période d’environ dix-huit mois, le Comité mixte intérimaire sera transformé en une entité totalement haïtienne dénommée « Agence haïtienne pour la reconstruction et le développement ».
L’accord de principe porte sur d’autres points, tels que la mise en place d’un Fonds fiduciaire multi donateur, avec la Banque mondiale comme agent fiscal chargé de la gestion du fonds.
Le premier ministre Bellerive fait référence à de nombreuses institutions qu’il n’a pas identifiées, qui ont, sur la base des « progrès accomplis à date par le gouvernement dans les domaines de la bonne gouvernance et de la gestion transparente des fonds publics , fortement encouragé l’utilisation de l’appui budgétaire par la communauté internationale pour permettre au gouvernement de répondre aux besoins pressants de la population haïtienne ».
Le gouvernement, en accord avec le président de la République, continuera les échanges avec le Parlement afin d’arriver le plus vite possible à la création effective du Comité mixte intérimaire de reconstruction et de l’Agence pour la reconstruction et le développement, afin d’engager de façon effective les fonds annoncés par les différents bailleurs, précise le communiqué du premier ministre haïtien.
Vingt huit (28) pays et institutions internationales ont pris part aux discussions dans la perspective d’un large consensus pour la Conférence sur la refondation d’Haïti qui se tient à New York le 31 mars prochain.
La délégation haïtienne à la conférence de Santo Domingo était présidée par le premier ministre et ministre de la Planification et de la Coopération Externe, Jean-Max Bellerive. Elle comprenait : le ministre de I’Economie et des finances, Ronald Baudin, celui de l’Agriculture, des ressources naturelles et du développement rural, Joanas Gué ; le gouverneur de la Banque centrale, Charles Castel ; des cadres du Ministère de la Planification et de la Coopération Externe et du Ministère de l’Economie et des Finances.
« La délégation a eu I’occasion de confirmer à la communauté internationale son appropriation des résultats du PDNA (processus d’évaluation des besoins post-désastres) et de discuter un projet de plan d’action pour le relèvement et le développement d’Haïti. Le document final sera présenté à New York après échanges avec les autres secteurs de la société haïtienne », conclut le communiqué du chef du gouvernement haïtien. [jmd/Radio Kiskeya]
http://radiokiskeya.com/spip.php?article6648

Haiti-Séisme/Reconstruction : Les mouvements sociaux haitiens pronent la « rupture »

Position des Mouvements sociaux haïtiens sur le processus de “reconstruction” d’Haïti

Document soumis à AlterPresse le 19 mars 2010
Les organisations et mouvements sociaux haïtiens dénoncent le processus adopté pour la formulation du *Plan de Reconstruction d’Haïti*, document de base ayant servi aux discussions de la Conférence des bailleurs qui s’est achevée le 17 mars à Santo Domingo, vu que ce processus s’est caractérisé par une exclusion quasi-totale des acteurs sociaux haïtiens et une participation faible et non-coordonnée des représentants de l’Etat haïtien.
La voie tracée pour la reconstruction d’Haïti à travers le PDNA (Evaluation post-désastre) ne peut satisfaire les attentes du peuple haïtien étant donné que ce processus n’est pas conçu pour stimuler le développement, sinon pour une restauration, alors que le contexte en Haïti, désormais, exige une réorientation complète du modèle de développement.
Il est regrettable que ce document produit par un groupe de 300 fonctionnaires internationaux et nationaux soit présenté en premier lieu aux bailleurs sans qu’un large processus de consultation des acteurs sociaux haïtiens n’ait été conduit au préalable.
Nous considérons que la réunion prévue le 19 mars avec quelques organisations de la société civile à Port-au-Prince, ne saurait remplacer les véritables mécanismes de participation des différentes composantes de la société haïtienne dans la définition d’un avenir commun.
La situation de crise générée par le tremblement de terre nous place devant le défi d’entamer un processus alternatif destiné à définir un nouveau projet de Nation qui englobe de bonnes stratégies pour dépasser l’exclusion, la dépendance politique et économique ainsi que la pauvreté.
Pour que cette nouvelle orientation puisse se matérialiser et nous conduire vers une nouvelle ère de prospérité, il faut divorcer avec les paradigmes choisis jusqu’à présent et développer un processus inclusif de mobilisation des acteurs sociaux nationaux. Pour atteindre cet objectif, il faut engager les ruptures suivantes :
1- Rupture avec l’exclusion. Rompre avec cette dynamique demeure une condition essentielle pour une véritable intégration basée sur la justice sociale et tournée vers le renforcement de la cohésion nationale. Cela implique la participation et la mobilisation des forces sociales traditionnellement exclues, notamment les femmes, les paysans/nes, les jeunes, les artisans ; etc. Cela implique également le refus des structures officielles actuelles d’oppression et l’invention d’un nouvel Etat, dont la praxis s’oriente vers le bien-être de la population, la transparence, l’institutionnalisation, la justice sociale, le respect de la diversité et des droits humains.
2. Rupture avec la dépendance économique. Construire un modèle économique qui stimule la production nationale en priorisant l’agriculture, l’élevage, et l’agro-industrie tournée d’abord vers la satisfaction de nos besoins alimentaires (céréales, tubercules, lait, fruits, poissons, viandes, etc).
Ce nouveau modèle ne doit pas être dominé par la logique d’accumulation excessive de richesses ni par la spéculation mais plutôt orienté vers le bien-être de la population, la valorisation de notre culture nationale et la récupération de nos ressources forestières. Ce modèle doit aussi réduire la dépendance aux combustibles fossiles en promouvant l’évolution vers l’utilisation des immenses réserves d’énergies renouvelables disponibles dans notre pays.
3- Rupture avec la centralisation excessive du pouvoir et des services publics. Le nouveau cadre de développement doit aider à mettre en place un modèle de gouvernance basée sur la décentralisation des décisions, des services et des ressources ainsi que le renforcement des capacités des gouvernements locaux et des organisations de la société civile.
4. Rupture avec les rapports actuels de propriété de la terre. Instaurer un processus de réorganisation de l’espace physique dans les villes et villages. Cela implique la mise en œuvre d’une réforme agraire intégrale et d’une réforme urbaine qui permette de résoudre le problème de logements de plus d’un million de personnes déplacées après le séisme ; en même temps développer des espaces publics et des biens sociaux, tels que des écoles et parcs publics et garder un contrôle de l’extension des villes, etc. Pour relever de tels défis, il est nécessaire de redéfinir le rôle de l’Etat et son fonctionnement.
Ce projet national dont nous rêvons pour le développement intégral d’Haïti doit inclure un nouveau système d’éducation publique qui facilite l’accès à une éducation de qualité pour tous les enfants, filles et garçons, sans distinction et sans discrimination, la valorisation de la langue créole parlée par l’ensemble de la population, une forte sensibilisation sur la protection de l’environnement et la prévention des risques liés aux catastrophes naturelles ; la réorganisation du système de santé avec des hôpitaux établis dans les différents départements, la valorisation de la médecine traditionnelle et une attention particulière à la santé des femmes ; un système d’ Etat civil qui accorde les mêmes droits aux enfants, indépendamment de leurs conditions de naissance, un système de justice qui facilite l’accès à la justice pour tous et toutes et qui combat la corruption.
En ce qui a trait à la gouvernance, nous voulons un Etat qui conserve le contrôle de la gestion du pays, assume le leadership et la coordination de l’aide internationale, qui défend les intérêts de la nation aussi bien a l’ intérieur du pays qu’a l’étranger(les migrants haïtiens a l’étranger).
Quant aux relations internationales, le pays doit développer de nouveaux rapports avec les pays amis, en renforçant sa capacité de défendre ses intérêts et l’amitié entre les Etats et les peuples. Il convient de formaliser les rapports avec la République Dominicaine sous différents aspects, tels le commerce, les marchés binationaux, la migration.
Nous réclamons l’annulation de toutes les dettes d’Haïti. Que la tragédie du tremblement de terre ne devienne pas une opportunité d’endetter davantage le pays !
Pour construire ce nouveau modèle de développement, cela exige la participation et la mobilisation intense, constante et large de tous les secteurs de la nation, particulièrement des secteurs populaires qui ont un intérêt majeur dans la décentralisation et un meilleur accès des biens publics (santé, éducation, eau potable, assainissement, communication, énergie électrique et logement). Les secteurs exploités et exclus doivent être les principaux acteurs de ce processus.
Les Mouvements sociaux parties prenantes de cette Déclaration lancent un appel à la mobilisation et s’engagent à réaliser bientôt une Assemblée du Peuple Haïtien au cours de laquelle les défis seront abordés et les stratégies définies en vue de la construction alternative de notre pays.
Port-au-Prince, le 18 mars 2010
Pour authentification : Colette Lespinasse ; GARR
Commentaires:
Qu'en est-il de la rupture avec les archaïsmes des discours aujourd'hui démodés ne correspondant plus à la réalité du monde et des rapports de force aujourd'hui. Ces discours purs chef-d'oeuvre Chavezque.
Aujourd'hui la Communauté internationale s'est engagée à nous construire une démocratie sur mesure. Pour pouvoir décider et participer dans les décisions il faut prendre le pouvoir. Tous ceux qui font partis des éternels opposants et des sempiternels râleurs invétérés devraient s'arranger pour prendre le pouvoir. Sinon, continuez à râler depuis la porte d'en face.
Colette Lespinasse président 2011-2017.un slogan qui ne manque pas d'allure!

Haïti-Séisme : La police nationale affirme sa détermination à faire front aux actes de banditisme

Vendredi 19 mars 2010, par Ronald Colbert P-au-P, 19 mars 2010 [AlterPresse] --- Malgré l’assassinat de 3 policiers en l’espace de 24 heures, la police nationale d’Haïti (Pnh) reste déterminée à combattre les actes de banditisme, lesquels tenderaient à augmenter dans la zone métropolitaine de la capitale, 2 mois après le tremblement de terre du 12 janvier 2010.
“Il est prématuré d’avancer une tendance à une augmentation d’actes criminels à Port-au-Prince, quand nous référons à la situation qui prévalait entre les années 2003 et 2005”, affirme l’agent IV Gary Desrosiers, porte-parole adjoint de la Pnh dans une interview accordée à l’agence en ligne AlterPresse.
Interrogé sur un bilan des cas d’agression enregistrés par l’institution policière depuis 2 mois, Desrosiers n’avance pas de chiffres, se contentant d’indiquer que les cas de meurtres ne sont pas nombreux après le tremblement de terre.
Il s’inscrit en faux contre la dénonciation des organismes haïtiens de défense de droits humains, faisant état de l’absence de patrouilles fixes et mobiles aux abords des camps de sans abris et d’espaces à forte concentration de personnes déplacées.
La configuration géographique de divers quartiers, comme la Saline (près du bord de mer de la capitale, où ont été abattus, le 16 mars 2010, 2 policiers en civil), - qui comprend divers corridors et chemins sinueux, ainsi que les conséquences du tremblement de terre – avec beaucoup de policiers décédés et portés disparus sous les décombres – sont autant de facteurs, susceptibles d’avoir des incidences sur le mode de déploiement de la police nationale.
Ces dernières semaines, la population de la zone métropolitaine de la capitale relate plusieurs cas d’actes de banditisme et d’agression, notamment aux abords des banques commerciales.
Parmi les récents cas signalés, le lundi 15 mars 2010, Mme Hyacinthe Boursiquot, directrice adjointe des ressources matérielles à l’Université d’État d’Haïti (Ueh), a été mortellement attaquée par des bandits armés, alors qu’elle venait d’effectuer une transaction dans une banque située non loin de son lieu de travail, rapporte la station privée Radio Kiskeya.
A date, aucune information n’est disponible sur une enquête (en cours ou non) autour de l’assassinat, le mardi 12 janvier 2010, du professeur Anil Louis Juste, quelques heures avant le tragique tremblement de terre.
Cependant, dans l’ambiance apparemment d’insécurité qui plane sur la capitale, le porte-parole de la Pnh admet une “relation de cause à effet”, avec plus de 5 mille fugitifs (évadés de prison) qui circulent depuis 2 mois et guettent la moindre occasion pour renouveler les forfaits, pour lesquels ils étaient emprisonnés.
Dans divers actes enregistrés, des riverains signalent la main d’évadés du 12 janvier, munis d’armes à feu et perpétrant divers forfaits.
Une enquête est en cours, à la direction de l’administration pénitentiaire nationale (Apena), à la direction centrale de la police judiciaire (Dcpj) et à l’inspection générale de la Pnh pour déterminer et punir les coupables de l’évasion de plus 5 mille détenus de la prison civile de la capitale et d’autres prisons du pays.
Aucun mur n’a été détruit pendant le séisme, à l’intérieur de la prison civile de Port-au-Prince, suivant le constat dressé par l’Apena, rapporte Garry Desrosiers.
Vraisemblablement, l’assassinat du mercredi 16 mars de 2 policiers nationaux, Adam Richardson et Enzo Edouard (l’un affecté au commissariat de Delmas – municipalité au nord-est de la capitale- et l’autre dans le département géographique des Nippes – au sud-ouest de la capitale- ) serait “un acte criminel” perpétré au quartier populaire dénommé “la Saline”, près du bord de mer de la capitale.
Sur l’assassinat des 2 policiers, le 16 mars 2010, la police nationale se trouve sur une bonne piste, en dépit d’aucune arrestation ni d’interpellation effectuées, annonce Garry Desrosiers.
Les deux policiers tués se trouvaient, sans uniformes pendant plusieurs heures, à bord d’un véhicule Toyota Corolla, à environ 200 mètres du wharf international de Port-au-Prince.
Par ailleurs, un autre policier national, Moïse François, a été abattu, dans l’après-midi du mercredi 17 mars 2010, de 6 balles d’un évadé du nom de “Shama ainsi connu” qui, après avoir été maîtrisé dans la zone de Croix des Bouquets (à environ 30 kilomètres au nord-est de Port-au-Prince), s’est emparé de l’arme d’un policier avant de tirer sur un autre.
Par la suite, dans des échanges de tirs avec la police nationale, l’évadé “Shama” a été tué.
Ce qui s’est passé à Croix des Bouquets , à propos du policier abattu le 17 mars, attesterait d’une “certaine négligence”, puisque, à partir des informations disponibles, une patrouille policière s’était détachée pour débusquer l’évadé qu’elle a pu appréhender et maîtriser, avant que “Chama” ait pu utiliser l’arme d’un des policiers, rapporte Gary Desrosiers.
Evoquant une relation “dynamique” entre tous les acteurs dans la société, le porte-parole adjoint de la police nationale d’Haïti convie “tous les secteurs à conjuguer leurs efforts” pour améliorer constamment la situation sécuritaire.
La population nationale peut communiquer, à la Pnh, les informations dont elle dispose en composant les numéros de téléphone (509) 3838 1111, 3839 1111 et 122,
Quant à la justice, qui coiffe la Pnh, elle devra assurer le suivi nécessaire aux démarches institutionnelles réglementaires, telles les interpellations et arrestations effectuées par la police nationale, souhaite Gary Desrosiers. [rc apr 19/03/2010 09:30]
http://www.alterpresse.org/spip.php?article9360

Haïti-Séisme : Réouverture timide des écoles à Jacmel, 2 mois après

Vendredi 19 mars 2010 Par Karenine Francesca Théosmy
P-au-P, 19 mars 2010 [AlterPresse] --- Deux mois après le tremblement de terre du 12 janvier, les établissements scolaires recommencent à fonctionner, mais timidement à Jacmel, la capitale du département géographique du Sud-Est qui a été très affectée dans le séisme, constate l’agence en ligne AlterPresse.
C’est avec joie que les élèves, filles et garçons, ont repris l’école depuis le lundi 15 mars, confie à AlterPresse le directeur du centre Alcibiade Pommayrac, Gérard Borne.
Au Centre Alcibiade, les classes se déroulent sous des structures en bois et en paille, et tous les élèves ont répondu présents pour cette reprise.
Même constatation pour l’école congréganiste Frère Clément qui, en plus, a accueilli une trentaine d’enfants scolarisés à Port-au-Prince, et hébergé deux autres écoles.
Ces écoles travaillent suivant la formule de double vacation.
Dans les rues de Jacmel, à l’entame de cette deuxième quinzaine du mois de mars 2010, il est difficile de ne pas remarquer petits et moins grands dans leurs uniformes.
« Pour eux, c’est la seule solution d’échapper à leurs problèmes, à leur tristesse, quand ils ont perdu des proches ou des parents, d’échapper au camp de sinistrés ou ils se trouvent », souligne Gérard Borne.
Malgré tout, à Jacmel, de nombreux enfants n’ont toujours pas repris le chemin de l’école.
Certains établissements n’ont pas été déblayés, tandis que d’autres accueillent des sinistrés du séisme, comme c’est le cas au grand Complexe Wolf.
« Le plus grand défi : que l’ensemble des établissements puissent être aidés (aussi), puissent avoir des moyens pour s’installer sur des terrains disponibles, que tout cet argent international (qui rentre dans le pays) serve aussi (en partie) à l’éducation », suggère le directeur du Centre Alcibiade.
Parents mobilisés
Il a fallu 3 à 4 semaines de travail pour la reprise des cours à l’école congréganiste Frère Clément, mais cela avec le support des mères qui, en majorité, ont mis la main à la pâte, indique le frère Yves Allain.
« Moi, je pense qu’il faut se mobiliser. Ce n’est plus le moment de parler de solidarité, c’est le moment de la vivre. Tout seul je n’aurais pas réussi, j’apprécie beaucoup la solidarité des parents. Il y a des mamans qui sont venues brouetter des roches pour faire un terrain ici. Des élèves de 6e année fondamentale sont venus nous aider à monter des tentes. », raconte t-il.
A présent, « c’est comme si on a tourné une page, ajoute t-il. On a tourné le dos à l’événement ».
D’autres établissements de la ville ont programmé leur réouverture pour le mois d’avril 2010.
Mais déjà, pour ces élèves, celles et ceux qui ont pu retrouver leur camarades, il s’agit d’un moment particulier.
Ecolières et écoliers de Jacmel, interrogés par AlterPresse, ne cachent pas leur enthousiasme.
« Il faut que chaque élève ait sa chance, il faut que l’école reprenne. Il faut que les examens aient lieu, il faut que les enfants, les adolescents et les jeunes adultes (qui étudient) puissent sentir qu’on s’occupe d’eux et qu’on s’occupe surtout de leur avenir » souhaite Gérard Borne.
Jacmel est l’une des villes les plus touchées par le séisme du 12 janvier qui a fait environ 250 000 morts, selon un dernier décompte officiel.
La reprise des activités scolaires à Jacmel traduit un effort exceptionnel.
Le gouvernement a annoncé la réouverture des écoles comme sa priorité, avec un nouveau délai se situant au mois d’avril prochain.
Outre des tentes, promises par le fonds des Nations Unies pour l’enfance (Unicef), aucun autre support - pouvant toucher, notamment, les parents -n’est avancé. [kft rc apr 19/03/2010 0:12]
http://www.alterpresse.org/spip.php?article9361

Une dignité retrouvée

Dans un camp pour les victimes du séisme situé dans l'enceinte de l'Asile municipal à Port-au-Prince, des enfants s'attroupent autour de grandes citernes d'eau noires installées par les Sociétés de la Croix-Rouge espagnole et haïtienne. 
Dans un cadre si exigu, l'intimité est un rêve inaccessible. Un bébé peut avoir du plaisir à prendre un bain dans une petite cuvette en plastique, mais imaginez ce que ressentent les personnes âgées ou infirmes lorsqu'elles doivent essayer de se laver et d'entretenir leur hygiène avec seulement un minimum d'eau. Sans parler des difficultés supplémentaires que doivent rencontrer les personnes en chaise roulante.

Pour contribuer à résoudre ce problème, le CICR installe dans l'enceinte de l'Asile 50 latrines à fosse ventilées améliorées, dont certaines seront adaptées aux utilisateurs de chaises roulantes de l'institution. Trop effrayées pour rester à l'intérieur, les personnes âgées, depuis le séisme, passent le plus clair de leur temps dans le jardin de leur asile auparavant tranquille, assises à l'ombre, ou installées dans leur chaise roulante au milieu du chaos et du fracas ambiants. Une fois terminées, les toilettes, qui sont solides et faites de bois et de tôle ondulée, offriront à ces vieillards extrêmement vulnérables un minimum d'intimité au milieu d'un camp surpeuplé.


Sur le site de l'asile, des enfants courent et jouent. Un marché improvisé proposant des fruits, des légumes et divers bibelots bon marché fourmille de monde. De jeunes hommes à l'air très concentré jouent avec passion aux dominos dans l'un des rares espaces libres entre les tentes. Des adolescents tournent en rond, sans rien faire. Les vieux résidents de l'Asile somnolent, de travers dans leur chaise roulante. Un groupe de personnes recueille de l'eau, tandis qu'à proximité des femmes sont assises, faisant la lessive. Au milieu du camp, les ouvriers qui construisent les latrines sont assis sur les fondations de béton à côté d'une rangée de fosses profondes, attendant leur supérieur. Les toilettes, une fois prêtes, contribueront à redonner aux personnes âgées un peu de la dignité qu'ils ont perdue, comme tellement d'autres choses, lors du séisme.
N/CICR
http://www.metropolehaiti.com/metropole/full_une_fr.php?id=17274

Le séisme a provoqué des pertes équivalent à 120% du PIB

Les statistiques communiquées par les agences internationales et le gouvernement haïtien au cours de la conférence préparatoire de Santo Domingo font état de pertes énormes enregistrées lors du séisme du 12 janvier 2010. Sur le plan humain : 15 % de la population haïtienne ( 1.7 millions de personnes) ont été affectées par le violent séisme qui a causé le décès de 250 000 personnes. 300 000 individus ont été blessés alors que 1.3 millions ont perdu leur domicile au moment du tremblement de terre. De plus environ 500 000 personnes se sont réfugiés dans les villes de province notamment l'Artibonite et la Grand Anse après le 12 janvier. Selon le Post Disaster Needs Assessment" (PDNA) l'impact sur les infrastructures est également catastrophique. 105 000 résidences ont été détruites et 208 000 autres endommagées. 1 300 établissements éducatifs et une cinquantaine d'hôpitaux et de centres de santé se sont effondrés. D'autres infrastructures importantes dont le Port de Port-au-Prince, le Palais National, le palais législatif, le palais de justice et de nombreux ministères ont également été détruits.
Les pertes sont estimées à 7 milliards 863 millions de dollars américains soit 120 % du Produit Intérieur Brut (PIB) d'Haïti en 2009. Le secteur privé a payé le plus lourd tribut avec 5 milliards 491 millions de dollars de perte soit 70 % du total.
Les participants à la conférence préparatoire de Santo Domingo ont planché au cours de la première journée de travail sur le mécanisme de gestion des fonds de la reconstruction. Les différents partenaires ont convenu de la nécessité de créer l'Autorité pour le Développement d'Haïti composée des représentants de la communauté Internationale, du gouvernement et du secteur privé haïtien.
LLM
http://www.metropolehaiti.com/metropole/full_une_fr.php?id=17279