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mardi 20 mai 2008

Plusieurs leaders politiques craignent une aggravation de la crise

Le chef de file du Parti Libéral Haïtien ( PLH), Jean André Victor, et le vice président de l’Alliance, Claude Roumain, sont préoccupés par le retard enregistré dans la mise en place des dispositions pour faire face à la crise alimentaire et trouver une issue à la crise politique. L’agronome Jean André Victor estime qu’il y a urgence en raison de la dégradation de la situation dans les aspects socioéconomique et politique. Il soutient qu’il y a pénurie alimentaire dans certaines régions telle le Nord-Ouest, critiquant l’utilisation abusive du thème émeute de la faim pour qualifier les manifestations d’Avril 2008. De son coté, le vice président de l’Alliance, Claude Roumain interprète les manifestations d’avril comme le signe d’une frustration des jeunes confrontés à un avenir incertain. " Il y a environ 500 000 jeunes qui ont passé leur bac et qui sont livrés à eux-mêmes ", argue t-il. M. Roumain soutient qu’il n’y a pas eu d’émeutes de la faim mais précise que les revendications sont très profondes. Tout en soulignant que la pénurie alimentaire est chronique en Haïti, M. Roumain explique qu’il y a eu des manifestations contre l’incertitude. Réagissant au discours du chef de l’état qui appelle les haïtiens à consentir des sacrifices, M. Roumain fait remarquer qu’il revient aux autorités de donner l’exemple de rigueur et de sacrifice. " On peut mobiliser les citoyens, il n’y a pas de directives ", lance t-il.Sur le plan politique, le vice président de l’Alliance souhaite la désignation d’une personnalité qui inspire confiance aux parlementaires au poste de premier ministre. " Le chef de l’état doit choisir une personne qui a la compétence technique et peut rassembler la majorité des parlementaires ", ajoute t-il.
http://www.metropolehaiti.com/metropole/full_une_fr.php?id=13763

René Préval alerte sur les menaces contre la stabilité politique

Dans son discours à l’occasion de la cérémonie officielle dans le cadre du 205 anniversaire de la création du drapeau haïtien, le chef de l’état, René Préval a appelé les parlementaires à œuvrer en vue de former un gouvernement d’union nationale. Le président Préval a implicitement tourné la page Ericq Pierre en remerciant l’ex premier ministre désigné qui s’était mis à la disposition de la nation. Tout en saluant le travail accompli par les membres du gouvernement démissionnaire, M. Préval a souligné que le pays est triste parce qu’il y a " nuage politique" qui tend à assombrir son ciel. Il a une nouvelle fois rappelé que la stabilité est une condition indispensable au développement du pays qui implique la création d’emploi et la relance de la production nationale. A nouveau le chef de l’état a fait remarquer que la crise alimentaire touche plusieurs pays et appelle à la mobilisation de tous les secteurs de la vie nationale pour y faire face. " Il faut se serrer les coudes et consentir des sacrifices afin de relancer la production agricole nationale", lance M. Préval pour qui il s’agit d’un défi national. A l’issue de la cérémonie au palais national, le secrétaire d’état à l’agriculture, Joanas Gué, a annoncé la distribution de 800 tonnes métriques d’engrais au cours de l’année 2008. M. Gué a plaidé pour un changement de comportement qui permettra d’œuvrer en faveur de la souveraineté alimentaire soulignant que l’état doit renforcer les facteurs de production.
http://www.metropolehaiti.com/metropole/full_une_fr.php?id=13761

Le chef de l’état entreprend des consultations pour designer un nouveau premier ministre

Le président René Préval devrait s’entretenir hier avec le président du sénat, Kelly Bastien, et le président de la chambre basse, Pierre Eric Jean Jacques, autour de la désignation d’un nouveau premier ministre.L’annonce a été faite par le sénateur Bastien pour qui le chef de l’état doit tenir compte de la configuration dans les deux chambres avant de designer une nouvelle personnalité. " Il faut tenir compte de ces situations pour éviter de refaire la même expérience", dit-il soulignant qu’il est bien placé pour comprendre la réalité au parlement.Interrogé sur l’attitude que l’exécutif devrait adopter face au bloc Concertation des Parlementaires Progressiste (CPP), le président du sénat explique qu’il faudra tenir compte des préoccupations des membres de ce bloc. " Le problème n’est pas de négocier avec le CPP mais on ne peut pas affronter un bloc ", dit-il tout en mettant en garde contre la tentation de prendre en considération uniquement les préoccupations du CPP.
Selon Kelly Bastien il faudra tenir compte des propositions des partis politiques dans le cadre de ces négociations en vue de la formation d’un nouveau gouvernement.
Le président du sénat émet le vœu que le prochain gouvernement soit mis en place avant la fin du mois de mai. Kelly Bastien souligne que la proposition de nouvelles personnalités ne devrait pas être a l’ordre du jour de la première rencontre avec le chef de l’état. Il considère la situation actuelle comme une crise faisant remarquer qu’il devrait y avoir un gouvernement légitime. " Cette situation prouve qu’il y a des choses qui ne sont pas claires", dit-il précisant que le gouvernement doit répondre aux engagements sur le plan international et national.
Par ailleurs, Kelly Bastien n’a pas souhaité faire de commentaires sur l’affaire des cheques émis par la primature à l’endroit de certains parlementaires. Tout en indiquant qu’il y a une drôle de coïncidence entre les émissions des chèques et la séance de ratification du choix du premier ministre, le président du sénat fait remarquer qu’un parlementaire peut effectivement faciliter la réalisation de projet de développement dans sa région.
Cependant M. Bastien souhaite que l’Unité Centrale de Lutte contre la Corruption réalise une enquête afin de faire la lumière sur cette affaire.
http://www.metropolehaiti.com/metropole/full_une_fr.php?id=13762

René Préval alerte sur les menaces contre la stabilité politique

Dans son discours à l’occasion de la cérémonie officielle dans le cadre du 205 anniversaire de la création du drapeau haïtien, le chef de l’état, René Préval a appelé les parlementaires à œuvrer en vue de former un gouvernement d’union nationale. Le président Préval a implicitement tourné la page Ericq Pierre en remerciant l’ex premier ministre désigné qui s’était mis à la disposition de la nation. Tout en saluant le travail accompli par les membres du gouvernement démissionnaire, M. Préval a souligné que le pays est triste parce qu’il y a " nuage politique" qui tend à assombrir son ciel. Il a une nouvelle fois rappelé que la stabilité est une condition indispensable au développement du pays qui implique la création d’emploi et la relance de la production nationale. A nouveau le chef de l’état a fait remarquer que la crise alimentaire touche plusieurs pays et appelle à la mobilisation de tous les secteurs de la vie nationale pour y faire face. " Il faut se serrer les coudes et consentir des sacrifices afin de relancer la production agricole nationale", lance M. Préval pour qui il s’agit d’un défi national.
A l’issue de la cérémonie au palais national, le secrétaire d’état à l’agriculture, Joanas Gué, a annoncé la distribution de 800 tonnes métriques d’engrais au cours de l’année 2008. M. Gué a plaidé pour un changement de comportement qui permettra d’œuvrer en faveur de la souveraineté alimentaire soulignant que l’état doit renforcer les facteurs de production.
http://www.metropolehaiti.com/metropole/full_une_fr.php?id=13761

Les Etats-Unis sont préoccupés par la crise haïtienne

L’ambassadeur des Etats-Unis à Port-au-Prince, Janet Ann Sanderson, se déclare préoccupée par le retard dans la formation d’un nouveau gouvernement. " Il faut un gouvernement pour répondre aux besoins des haïtiens et nous attendons une décision dans un meilleur délai", dit-elle rappelant que la communauté internationale ne peut coopérer avec un gouvernement non légitime.
Tout en indiquant qu’il revient aux haïtiens de prendre des décisions politiques, Mme Sanderson rappelle que les Etats-Unis, en tant que voisin et ami, souhaite le développement d’Haïti.
La diplomate américaine a également annoncé une aide alimentaire de 20 millions de dollars en faveur d’Haïti touché par une crise alimentaire.
Elle explique que cette aide sera acheminée par le biais du Programme Alimentaire Mondial ( PAM) et d’autres réseaux de distribution présents en Haïti.
Cette annonce est intervenue alors qu’une délégation de 13 congresmen a effectué une visite de quelques heures dans la capitale haïtienne.Les membres de la délégation présidée par Carolyn Kirckpatrick ont eu des entretiens avec le président René Préval et d’autres membres du gouvernement sur les efforts à entreprendre pour faire face à la crise alimentaire.
Mme Kirckpatrick révèle qu’une nouvelle législation votée récemment permettra de créer plus de 50 000 emplois dans le pays.
De son coté, Barbara Lee, membre de la délégation, soutient que les élus américains sont préoccupés par la situation haïtienne. " Nous évaluons la crise afin de savoir comment réagir ", dit-elle envisageant une stratégie à long terme incluant la relance de la production agricole nationale.
Les élus américains sont également préoccupés par le trafic de la drogue en Haïti. Ils rappellent que le congrès a récemment voté une enveloppe de 2,5 millions de dollars pour lutter contre le trafic de la drogue en Haïti.
http://www.metropolehaiti.com/metropole/full_une_fr.php?id=13760

Un narcotrafiquant bahaméen ayant résidé en Haïti condamné aux USA

Darren Ferguson a transporté des tonnes de drogue aux Etats-Unis en provenance de la Colombie avec comme points de transit Haïti et la Jamaïque
lundi 19 mai 2008
Radio Kiskeya
Un ressortissant bahaméen ayant longtemps vécu en Haïti a été condamné le week-end dernier par la justice américaine pour son implication dans le trafic de drogue à destination des Etats-Unis, a indiqué Alice Fisher, l’assistante de la ministre de la justice (attorney général) pour la division des affaires criminelles.
Selon l’agence américaine NewsWire, le jury d’un tribunal de Washington, dans le district de Colombia, a établi la culpabilité de Darren Ferguson, 37 ans, un pilote expérimenté qui a transporté aux Etats-Unis des tonnes de cocaïne et de marijuana en provenance de la Colombie. Ces cargaisons de stupéfiants avaient toujours transité par Haïti et la Jamaïque.
Les preuves de l’implication du condamné dans le narcotrafic ont été établies lors d’une opération dénommée Busted Manatee menée en 2004 par l’agence antidrogue américaine (DEA) et d’autres services partenaires dans six pays.
Arrêté le 13 avril 2005 à la Jamaïque sous l’accusation d’avoir préparé et distribué au moins cinq kilos de cocaïne et des milliers de kilos de marijuana, Darren Ferguson avait été extradé vers les Etats-Unis le 3 février 2006.
Le narcotrafiquant, qui risque au moins 20 ans de prison ferme et au maximum la prison à perpétuité, sera fixé sur son sort le 8 septembre 2008 lorsqu’il comparaîtra devant l’honorable juge Gladys Kessler. spp/Radio Kiskeya
http://www.radiokiskeya.com/spip.php?article5037

Deux haïtiennes condamnées en Floride pour avoir exploité une "restavèK"

Evelyne Théodore et Maude Paulin, qui ont pendant six ans maltraité et réduite en esclavage Simone Célestin, seront fixées sur leur sort mardi
lundi 19 mai 2008
Radio Kiskeya
Un tribunal fédéral de Miami doit prononcer mardi la sentence de deux haïtiennes condamnées en mars dernier pour avoir contraint au travail sans rémunération pendant six ans Simone Célestin, une jeune compatriote qui avait le statut de "Restavèk" au sein de sa famille adoptive, rapporte le New York Times.
Agée de 23 ans, la demoiselle avait confié à ce tribunal du sud de la Floride avoir été arrachée à sa terre natale à 14 ans pour être conduite aux Etats-Unis où elle n’a jamais fréquenté un établissement scolaire. Simone Célestin avait également indiqué avoir été battue à plusieurs reprises alors qu’elle travaillait 15 heures par jour, dormait à même le sol et se nourrissait de restes d’aliments laissés sur la table à manger lorsqu’elle était desservie.
Elle a également révélé avoir été tenté un jour de mars 2004 de se suicider en absorbant de l’huile de moteur après été sévèrement brutalisée parce qu’elle n’avait pas fait le lit convenablement.
Ces témoignages accablants avaient porté les membres du jury à condamner Evelyne Théodore, 74 ans et sa sœur cadette Maude Paulin, 52 ans. Reconnues coupables d’avoir systématiquement violé les droits civils d’une fille "adoptée" depuis l’âge de 5 ans, elles connaîtront mardi la peine retenue par le tribunal.
Mademoiselle Célestin, qui n’en pouvait plus, avait fui la maison de ses "parents" avant d’être retrouvée près d’un hôpital et conduite au Centre de défense des droits des immigrants de la Floride. La prise en charge de ce dossier gravissime a débouché sur la comparution et la condamnation de mesdames Théodore et Paulin.
Le Département d’Etat estime entre 14.500 et 17.500 le nombre d’étrangers arrivant chaque année contre leur volonté sur le sol américain pour y être soumis à des conditions de travail proches de l’esclavage.
En Haïti, des dizaines de milliers d’enfants sont placés en domesticité dans de nombreux foyers. Ces "restavèk" sont victimes d’une forme d’esclavage moderne souvent oubliée. spp/Radio Kiskeya
http://www.radiokiskeya.com/spip.php?article5038

lundi 19 mai 2008

35 000 emplois bientôt créés grâce au Canada

Le Canada financera 15 projets afin d'alléger les effets de la pauvreté dans les quartiers défavorisés de Cité Soleil et des Gonaïves et, ainsi, contribuer à l'apaisement social en Haïti. A cet égard, une entente a été signée vendredi à l'hôtel El Rancho par l'Agence canadienne de développement international (ACDI) et différents organismes haïtiens
François Montour, chef de la coopération canadienne en Haiti, lors de la signature des accords (Photo: Cardichon Homère)
« Ces projets viennent en appui aux efforts du gouvernement haïtien dans sa quête de trouver des solutions aux problèmes criants auxquels la population haïtienne fait face actuellement », a dit François Montour, chef de la coopération canadienne en Haïti.

Les 15 projets touchent l'irrigation, la production vivrière et maraîchère, l'assainissement, la réhabilitation des infrastructures et le recyclage des déchets. Ils seront mis en œuvre avec la mairie de Cité soleil, celle de Port-au-Prince et des Gonaïves ainsi que des organisations de quatre régions du pays.
Les fonds - de plus de cinq millions de dollars canadiens - seront administrés par le Centre de gestion des fonds locaux de la coopération canadienne en Haïti, en collaboration avec le Fonds développement et emploi (FODEM) et le Fonds « bati lavi ».
Wilson Louis, maire de Cité Soleil (Photo: Cardichon Homère)
Le FODEM entend créer rapidement des emplois, temporaires ou durables. Ils permettront à des milliers d'Haïtiens de gagner leur vie tout en favorisant la mise en valeur des ressources et du capital humain. Selon M. Montour, cette aide canadienne s'inscrit dans deux logiques complémentaires en rapport avec la crise qui prévaut actuellement dans le pays : la création d'emplois et de revenus pour améliorer l'accès des populations aux produits alimentaires, et des mesures structurantes de relance des activités productives, en particulier activités agricoles. « Ces projets contribueront à la réduction du chômage en créant plus de 5 000 emplois permanents, dont quelque 2 000 pour les femmes. Plus de 30 000 personnes chaque jour pourront aussi trouver un emploi temporaire. »
De son côté, Stephen Moïse Junior, maire des Gonaïves, a déclaré que le « Projet bati lavi » devrait aider beaucoup la population gonaïvienne, après toutes les difficultés encourues au cours des quatre dernières années.
« Je souhaite que ma municipalité bénéficie grandement des retombées de ces projets », a-t-il dit, précisant que des travaux d'assainissement ont déjà commencé dans sa communauté.

4. Michel Constant, représentant du ministère du Plan et de la planification (Photo: Cardichon Homère)
Wilson Louis, maire de Cité Soleil, s'est dit fier d'accueillir dans le plus grand bidonville du pays le Projet « bati lavi». Il a souligné que celui-ci apportera des changements positifs au sein de sa communauté. « A travers ce projet, plus de 300 maisons du quartier de Bois Neuf endommagées lors des violences qui ont secoué Cité Soleil en 2004 seront réhabilitées, a dit M. Louis, ajoutant qu'il rêve que les habitants du bidonville puissent enfin respirer un nouvel air.

Stephen Moïse Junior, maire des Gonaïves (Photo: Cardichon Homère)
Pour sa part, Michel Constant, représentant du ministère du Plan et de la Coopération externe, a fait remarquer que dans le but d'aider les communautés locales à se doter d'un cadre de vie acceptable et plus propice au développement socio-économqiue, un séminaire de formation avait été organisé au profit des organisations partenaires de l'ACDI du 13 au 16 mai.
« Ce séminaire visait à fournir aux différentes organisations communautaires qui sont partenaires de l'ACDI les connaissances de base nécessaires pour mettre en oeuvre des projets en conformité avec la vision et les normes de la coopération canadienne », a-t-il indiqué.

Amos Cincir

cincir2005@yahoo.fr
Faut-il applaudir avec les mains et les pieds ce projet qui fait intervenir plus de 5.000.000 ?
Le bon sens nous conduirait sur cette piste mais cependant nous sommes en Haïti. Le pays ou tout est possible. Le pays ou le mot le plus courant dans les discussions au niveau de la société est la corruption.
Avec l’âge de la décentralisation, il revient aux mairies et aux autorités locales de gérer ces projets.
Quelles compétences ? Quelles expertises ?
Autant d’interrogations non anodines.
En tout cas il faut s’attendre à ce que ces projets destinés à Cité Soleil et la ville des Gonaïves pourraient devenir assez vite un sujet de scandale ou une pierre d’achoppement.
Patientons.

Dix athlètes haïtiens qualifiés pour les J.O.2008

Joël Brutus et Ange Mercie Jean Baptiste disputeront les Jeux Olympiques de Beijing en judo. Le dernier tournoi de qualification aux Jeux Olympiques de Beijing s'est tenu à Miami au James L. Knight Center, le dimanche 11 Mai dernier.
Au tableau des résultats, le judo haïtien affichait six médailles, cinq de bronze gagnées par Joël Brutus (+100kg), Variotho Tibert (81kg), Raymond Daguilh 60kg, Edeline Bien-Aimé (63kg), Nadjeda Gena (70kg) et une médaille d'argent par Ange Mercie Jean-Baptiste (57kg).
Finalement après ce dernier tournoi qualificatif, deux athlètes ont trouvé leur billet pour représenter le judo haïtien aux prochains Jeux Olympiques de Beijing en août 2008 : Joël Brutus (en +100kg), et Ange Mercie Jean-Baptiste en 57kg.
Une fois de plus le judo haïtien sera présent aux Jeux Olympiques comme il l'a toujours été depuis l'instauration des qualifications après les Jeux de Barcelone en 1992.
Joël Brutus et Ange Mercie Jean- Baptiste retrouvent Azea Gustamar qui représentera Haïti en boxe au Jeux Olympiques de Beijing. En Athlétisme Haïti sera représentée par Dudley Dorival, Nadine Faustin, Moïse Joseph, Dayana Octavien, Frantz Valbona, Steve Délice et Ginou Etienne.Soit un total de dix athlètes.
http://www.lenouvelliste.com/article.php?PubID=1&ArticleID=57611

Franck Etienne préoccupé par la corruption endémique

L’écrivain Franck Etienne est préoccupé par les révélations de l’ex- premier ministre désigné, Ericq Pierre sur la corruption dans le secteur politique. " J’ai connu Ericq Pierre lorsque j’avais 28 ans c’était un bonhomme sérieux, aujourd’hui je ne prends pas ses déclarations á la légère", déclare l’écrivain qui invite á la réflexion sur l’ensemble des problèmes du pays." Il faut sortir le pays du marasme pour se lancer dans l’espace de développement ", dit-il précisant que la peur immobilise ceux qui sont animés de bonne volonté.
Intervenant á la rubrique " Invité du jour" de radio Métropole, Franck Etienne a qualifié la situation actuelle de dramatique. " Nous sommes corrompus á la dérive parce que nous sommes emprisonnés dans un magma puant et répugnant", lance t-il.
Tout en se défendant d’être pessimiste le célèbre écrivain haïtien soutient que la pourriture a atteint toutes les couches sociales.
Il critique les décideurs politiques qui manquent d’imagination pour sortir le pays du marasme. " Nous n’avons jamais été aussi bas", argue M. Etienne qui continue à enseigner, écrire et peindre.
Franck Etienne, peintre, soutient que 20 ans après son style s’est perfectionné et il a changé de medium.
Ancien ministre de la culture, Franck Etienne avoue que les 4 mois passé au gouvernement de Lesly Manigat constituent un accident dans sa carrière. " L’expérience a été enrichissante parce qu’il m’a permis de comprendre qu’il y a incompatibilité entre un artiste et un responsable de poste politique", ajoute t-il.
http://www.metropolehaiti.com/metropole/full_une_fr.php?id=13758

Les députés de la CPP rejettent les accusations de corruption

Les députés du Bloc Concertation des Parlementaires Progressistes (CPP) sont en colère en raison des accusations de corruption lancées par Ericq Pierre. La presse a pu obtenir vendredi des copies des chèques octroyés á plusieurs organisations ou des Casecs par le premier ministre démissionnaire Jacques Edouard Alexis.
Pendant ce temps, des députés sont montés au créneau pour dénoncer un complot arguant que l’opération est normale et régulière. Le député de Port-Salut, Joseph Nelson Pierre Louis, rejette toute connotation politique de l’appui de la primature. Il avoue avoir reçu un chèque de 400 000 gourdes dans le cadre d’un appui à la construction d’une école tout en faisant remarquer qu’il ne s’agit pas d’un " deal" politique.
Elu sous la bannière de L’Alliance, Nelson Pierre Louis soutient que d’autres élus dénoncent l’appui parce qu’ils ne font pas partie des bénéficiaires. Un autre membre du bloc CPP, Joseph Joël Louis, fait remarquer qu’il n’a pas reçu de chèque en son nom puisqu’il avait œuvré en tant que facilitateur dans la présentation d’un projet de sa circonscription. " Le projet permettra d’améliorer 5 Kilomètres de route ", dit-il tout en admettant que les chèques ont été remis avant la séance de ratification du choix d’Ericq Pierre.
Le député Gasner Douze explique que le programme de subvention ne date pas d’aujourd’hui et s’inscrit dans le cadre d’un appui aux collectivités. " Il s’agit d’un mensonge, les députés ont accompagné les Casecs dans la présentation de projets á la primature", ajoute t-il. Par ailleurs, les députés dénonciateurs estiment qu’une soixantaine de députés et sénateurs auraient reçus ces chèques datant du 26 avril 2008.
En réaction, le juriste Osner Fevry, critique l’indécence et l’attitude éhontée de ces parlementaires corrompus. " Un député doit légifèrer et n’a rien a voir avec des chèques", lance t-il faisant remarquer que le premier ministre démissionnaire n’est pas habilité á signer des chèques de cette nature. Maître Fevry réclame une enquête de l’Unité de Lutte Contre la Corruption (ULCC) en vue de condamner les élus corrompus.
http://www.metropolehaiti.com/metropole/full_une_fr.php?id=13759
Commentaires :
Le fait que les députés récusent les accusations n’a pas la capacité de surprendre personne. On ne s’y attendait pas à mieux. Peu importe les arguments escrimés par nos chers parlementaires, les haïtiens toutes tendances confondues, restent convaincus que les cas de corruption sont légions et rien ne se fera pour essayer de freiner ce fléau.
Maintenant l’attention doit être portée vers les collectivités qui ont été bénéficiées par la bonté de leurs députés. Là ou il y a gros sous, poussent aussi les cris des mécontents qui seront automatiquement écartés des listes de partage.
Il faudra voir sur le terrain le développement des projets dans la phase d’exécution.
Ce sont là des éléments qui permettront de dévoiler la face de cette choses hideuse qui persiste trop longtemps comme ce masque au rictus mortuaire que nous ne voulons pas regarder de peur que l’image ne nous prive à jamais de notre sommeil.
Les autorités compétentes ont de quoi s’occuper, s’ils arrivent avant toute chose de démontrer pattes blanches et aussi comme on dit chez nous « yo pa gen grenn zanno kay ofèv »
Hélas dans un système ou la corruption s’est érigée en loi c’est comme les animaux malades de la peste.

René Préval tourne officiellement la page « Ericq Pierre » en remerciant publiquement ce denier pour la disponibilité dont il a fait montre

Formation d’un gouvernement d’union : "Unité pour la production nationale, contre la famine et la hausse des prix" Dimanche 18 mai 2008.
Radio Kiskeya
Le chef de l’Etat, René Préval, a mis un terme dimanche aux rumeurs intenses qui circulaient sur son éventuelle intention de soumettre à nouveau au Parlement le nom de l’agronome Ericq Pierre comme premier ministre.
Intervenant sur l’esplanade du Palais national (siège de la présidence) à l’occasion du 205ème anniversaire du bicolore national et de la fête de l’Université, M. Préval a remercié l’agronome Pierre pour l’entière disponibilité au service du pays dont il a fait montre, en acceptant d’abandonner ses activités et d’être nommé au poste de premier ministre.
Le chef de l’Etat en a profité pour annoncer sa volonté de former un gouvernement d’union, avec la collaboration des partis politiques, du Parlement et des autres secteurs de la vie nationale. Faisant référence au slogan « L’union fait la force » ayant présidé à la création du drapeau en 1803, M. Préval a convié les haïtiens à la lutte, dans l’unité, en faveur de la production nationale, contre la famine et le phénomène de la vie chère. Il a en ce sens mis l’accent sur le fait que les émeutes de la faim d’avril dernier se sont inscrites dans le cadre d’un phénomène global, affectant Haïti ainsi que d’autres pays.
A propos de la stabilité politique qu’il présente comme un objectif essentiel au succès de la lutte contre la misère, René Préval a félicité le premier ministre démissionnaire, Jacques Edouard Alexis, et les membres de son gouvernement, pour les efforts qu’ils ont déployés pour garantir la stabilité, jusqu’aux événements d’avril et à la crise politique qui s’en est suivie. Il a relevé le contraste entre l’euphorie de l’année dernière lors de la commémoration du bicolore nationale et la tristesse de cette année, en la même occasion. Il a en ce sens mis l’accent sur les difficultés du moment, notamment les problèmes économiques et la crise politique.
La cérémonie de commémoration du 205ème anniversaire du bicolore national a été plus que sobre. Outre le chef de l’Etat, seul le recteur de l’Université d’Etat, l’agronome Jean Vernet Henry, a eu à prononcer un message de circonstance. Différentes unités de la Police Nationale d’Haïti ont réalisé une brève parade, au rythme de la fanfare du Palais National. C’était ensuite autour des élèves de différents établissements scolaires de la capitale d’effectuer eux aussi une parade et des exhibitions sur la pelouse du Palais National. [jmd/RK]
http://www.radiokiskeya.com/spip.php?article5036
Commentaires:
Rien de nouveau dans le discours du Président Preval. Des paroles de circonstances, des paroles vides de sens. Duvalier les a répétés ; Aristide aussi, les militaires putchistes. Les résultats sont les mêmes.
En ce qui concerne le cas de Monsieur Pierre Ericq Pierre qui vient de balancer un coup de pied dans la fourmilière de la corruption, on aurait aimé qu’il ne disparaisse point du panorama politique haïtien.
Ses idées, sa vision, ses compétences devraient être utilisées pour le bien du pays. On ne saurait déplorer un succès éventuel de sa gestion mais nous sommes persuadés qu’aujourd’hui on gardera le doute de ne lui avoir pas donné sa chance, une chance de servir le pays.
Nous aimerions le voir porter le flambeau de ce rassemblement pour la rupture permettant aux haïtiens de penser autrement pour agir autrement.

Crise alimentaire : don de 7.000 tonnes de nourriture et de 20 millions de dollars d’aide alimentaire d’urgence de l’USAID à Haïti

Bénéficiaires visés : populations les plus vulnérables des zones urbaines et rurales
Dimanche 18 mai 2008.
Radio Kiskeya
L’Ambassade des Etats-Unis en Haïti a annoncé vendredi dans un communiqué l’arrivée prochaine au pays de trois bateaux transportant environ 7.000 tonnes de nourriture en provenance des Etats-Unis, « dans le cadre du plus grand programme d’aide alimentaire au développement de l’Agence Américaine pour le Développement International (USAID) à travers le monde ».
En plus de ces 7.000 tonnes de nourriture, l’USAID fournira un montant initial de US$20 millions d’aide alimentaire d’urgence à Haïti.
Cette assistance sera programmée par le biais du Programme Alimentaire Mondial (PAM) et des Organismes Volontaires Privés des États-Unis. Cette aide sera estimée à approximativement 30.000 tonnes de produits de base, comme le blé, le riz, les haricots et de l’huile végétale.
Afin d’effectuer les premières expéditions au plus vite, l’USAID utilisera des stocks de nourriture déjà entreposés au Texas, précise le communiqué de l’ambassade américaine.
Cette nourriture sera utilisée pour l’alimentation d’urgence à travers un système de sécurité défini en faveur des populations les plus vulnérables dans les zones urbaines et rurales ciblées. Elle devra aussi servir à nourrir des écoliers dans les centres scolaires avec des rations à emporter dans les familles pauvres.
L’aide viendra par ailleurs en support au programme dit de « travail contre nourriture » (Food for work) dans les systèmes d’irrigation, les infrastructures routières et la réhabilitation des terres arables érodées, en vue de renforcer la production agricole et de créer des emplois.
L’annonce de cet important don de l’USAID à Haïti survient au lendemain de la participation, le 7 mai à Managua (Nicaragua), du président haïtien, René Préval, à un sommet de chefs d’Etat et de gouvernement de l’Amérique Latine et de la Caraïbe sur la sécurité alimentaire dans la région.
Le sommet avait réuni également des chefs d’Etat et de gouvernement des pays membres de l’Alternative bolivarienne pour les Amériques (ALBA : Venezuela, Nicaragua, Cuba). Le président du Venezuela, Hugo Chavez, qui y avait pris part, avait annoncé le déblocage de 100 millions de dollars pour le plan régional de production alimentaire. [jmd/RK]
http://www.radiokiskeya.com/spip.php?article5035
Commentaires:
Aujourd’hui le problème ce n’est plus la quantité de don disponible. Don en nature ou don en espèces. Le problème c’est la gestion propre de ces biens. Haïti est synonyme de corruption. L’ancien premier ministre désigné a eu le cran de le dire. Personne ne peut oser nier cette réalité. Elle explique aussi pourquoi Haïti fait encore partie des nations les plus pauvres malgré l’attention le support de la communauté internationale.
Au nom de quoi cette Communauté continue sans se poser les bonnes questions, sans tenir compte de cette réalité, a renflouer les caisses de l’administration publique avec des prêts ou des dons, ces caisses qui se comportent comme de vrais tonneaux de Danaïde ? Au nom de quel principe ? La non-ingérence dans les affaires de l’Etat ? Pourtant il existe une force de l’ONU qui accompagne Haïti sur le chemin de la démocratie… La croisade anti-corruption doit être l’affaire de tous y compris de nos amis qui nous viennent en aide.

dimanche 18 mai 2008

L’Espagne, siège en juillet prochain d’une conférence sur Haïti

Au menu, la sécurité alimentaire et le développement rural Samedi 17 mai 2008,
Radio Kiskeya

A l’initiative du Président brésilien, Luiz Inàcio Lula da Silva et du Premier ministre espagnol, José Luiz Rodrìguez Zapatero, les dirigeants des 60 pays ayant participé au Ve sommet eurolatinoaméricain (ALC-UE) ont approuvé samedi à Lima l’idée de la tenue en juillet prochain en Espagne d’une nouvelle conférence économique sur Haïti.
Selon la Déclaration de Lima, cette conférence vise à élaborer un "programme de sécurité alimentaire et de développement rural en faveur d’Haïti". Elle sera coprésidée par la France et l’Argentine qui seront au cours de l’été respectivement à la tête de l’Union européenne et du groupe Amérique latine/Caraïbes.
Lors de leur rencontre jeudi à Brasilia, Lula et Zapatero avaient annoncé la mise en place d’un plan de solidarité destiné à aider Haïti à affronter la grave crise alimentaire qui l’affecte depuis un certain temps.
Par ailleurs, les chefs d’Etat et de gouvernement ayant fait le déplacement à Lima ont adopté un agenda commun dans le cadre de la lutte contre la pauvreté et les changements climatiques, les deux thèmes centraux du sommet. spp/Radio Kiskeya
http://www.radiokiskeya.com/spip.php?article5032

La réélection de Leonel Fernàndez confirmée

Le Président dominicain invite ses compatriotes à se remettre immédiatement au travail
samedi 17 mai 2008,
Radio Kiskeya
Le Président sortant dominicain, Leonel Fernàndez Reyna, a été réélu avec 53,83% des suffrages exprimés pour un troisième mandat de quatre ans, selon les résultats définitifs de la présidentielle de vendredi rendus publics samedi par la Junte centrale électorale (JCE) et relayés dans la presse locale.
Obtenant plus de 2 millions de voix, le candidat du Parti de la libération dominicaine (PLD, centre) a largement devancé son principal rival, Miguel Vargas Maldonado du Parti révolutionnaire dominicain (PRD, social-démocrate), qui recueille 40,48% des voix.
Le dernier bulletin de la Junte centrale électorale indique qu’avec seulement 4,59 des suffrages arrive en troisième position Amable Aristy Castro, le candidat du Parti réformiste social-chrétien (PRSC, droite) de feu Joaquìn Balaguer, auteur de plus de 20 ans de pouvoir marqués par le sang, mais aussi la modernisation de la république voisine.
Des 5,7 millions de dominicains qui étaient appelés aux urnes, plus de 4 millions se sont exprimés, ce qui témoigne d’un bon niveau de participation de l’électorat. Les citoyens expatriés ont pu exercer normalement leur droit de vote principalement en Amérique du Nord et en Europe.
Dans son premier discours après sa victoire, loin de se montrer triomphaliste, le chef de l’Etat a lancé un "appel à l’unité nationale" en vue de permettre à la République Dominicaine de faire face aux grands défis économiques et sociaux.
Déjà à la tête du pays de 1996 à 2000, puis de 2004 à 2008, Leonel Fernàndez, disciple de feu le Président Juan Bosch, a pu surmonter les graves accusations de corruption pesant sur son administration grâce à des réalisations importantes telles la construction du métro de Santo Domingo. spp/Radio Kiskeya
http://www.radiokiskeya.com/spip.php?article5034
Aujourd’hui en Haïti on célèbre la fête du drapeau et de l’université. La création du drapeau préfigure le symbolisme pur de la volonté identitaire qui présageait toute la détermination de créer un état basé sur l’abolition de l’esclavage et le rétablissement de l’égalité entre tous les hommes.
Quand j’étais jeune, la fête du drapeau se célébrait en grandes pompes. Des délégations d’écoliers et de lycéens défilaient devant les tribunes et le palais national. On entonnait l’hymne jeune et patriotique:



1.Nous te voulons chère patrie,
Puissante et forte, à tous les yeux,
Nous te voulons terre bénie,
Digne à jamais de nos aïeux
Libre et prospère ils t'ont léguée
A leurs enfants, nous qui t'aimons
Avec ardeur dans la mêlée,
Pour ton salut nous lutterons

Refrain (Chorus)
C'est nous jeunesse étudiante,
C'est nous les grands, nous les petits,
Demain la gloire d'Haïti
les coeurs joyeux, l'âme fervente,
Toujours en avant nous irons,
La tête altière et haut les fronts.


Le drapeau a suivi le parcours tumultueux de notre histoire, enveloppé par le flux des intérêts personnels. Comme Haïti le drapeau fait de la résistance. Avili, non respecté, non honoré il reste le premier symbole fort de notre haïtiannité. Ce point d’attache avec ce pays qui devra renaître lui aussi de ces cendres. Des haïtiens passeront d’autres resteront à jamais sur la liste de ceux qui ont marqué le monde et Haïti sera toujours Haïti.
Nous avons trouvé sur le net des lignes retraçant l’histoire de notre drapeau. Nous nous permettons de le retranscrire tout en invitant nos lecteurs à visiter le site Haïti Culture sur http://www.haiticulture.ch

Historique
Le drapeau d'Haïti est rouge et bleu organisé en deux bandes horizontales. Créé en 1803, il a été adopté dès 1820 et officialisé en 1843.
Il avait été remplacé par un drapeau rouge et noir sous la dictature des Duvalier de 1964 à 1986. Dix jour après le renversement de Jean-Claude Duvalier (février 1986), il a été réhabilité officiellement et confirmé par la constitution de 1987.
Les armoiries de la République sont : Le palmiste surmonté du bonnet de la liberté et, ombrageant de ses palmes, un trophée d'armes avec comme légende: « L'Union fait la Force ».
Au cours d'un combat qui eut lieu en Plaine du Cul-de-Sac, entre une troupe française et la treizième demi-brigade coloniale, celle-ci perdit son drapeau qui était le tricolore bleu, blanc et rouge de la France. Les Français après s'en être emparés firent ressortir dans un texte imprimé qu'il n'était pas vrai que les indigènes eussent l'idée de l'indépendance puisqu'ils avaient conservé l'emblème de la nation française.
Alexandre Pétion qui commandait cette troisième brigade fit aussitôt, de son côté, rapport de cette interprétation à son chef, le général Dessalines, et celui-ci saisit cette occasion pour donner à ses troupes un nouveau signe de ralliement.
On était en février 1803 et le général en chef des indigènes tenait son Quartier général à la Petite-Rivière-de-l'Artibonite. Le geste suivant promptement l'idée, il arrachait du tricolore français la couleur blanche et rapprocha le rouge du bleu: le bicolore (bleu et rouge) qui serait désormais le Drapeau des Indépendantistes était créé.(...) il réunit les principaux chefs des corps d'armée en un congrès qui eut lieu au Bourg de l'Arcahaie le 18 mai 1803. Tous les généraux ayant approuvé la décision du Général en Chef, ce dernier se rendit sur la Place d'Armes du bourg et présenta solennellement aux régiments formés en carré le nouvel emblème.
Le haut commandement français n'apprit cet événement que par l'Amiral Latouche Tréville qui, naviguant entre Port-au-Prince et l'Arcahaie, avait capturé, le lendemain 19 mai, une barge indigène portant un drapeau bleu et rouge. L'amiral français en fit immédiatement rapport en faisant remarquer qu sur le drapeau indigène étaient écrits les mots: «Liberté ou la Mort».
Après la mort de Dessalines, le 17 octobre 1806, le général Pétion, chef de l'Ouest et du Sud du Pays, modifia le drapeau en plaçant horizontalement le bleu et le rouge. Dans le même temps, le général Henry Christophe (1811-1820) qui gouvernait le Nord, le Nord-Ouest (en partie) et l'Artibonite adoptait le drapeau noir et rouge.
À la mort de Christophe, le général Jean-Pierre Boyer qui avait succédé en 1818 à Alexandre Pétion réunit, sous le signe du drapeau bleu et rouge, le Nord au reste du Pays. Quand aux armes de la République, bien qu'adoptées par le Président Pétion, elles ne commencèrent à figurer sur le drapeau haïtien qu'après le vote de la Constitution de 1843 qui prescrivit en son article 192: " Les couleurs nationales sont le bleu et le rouge placés horizontalement. Les armes de la République sont le palmiste surmonté du bonnet de la liberté et orné d'un trophée d'armes avec la légende «L'Union Fait la Force » ".
Constitutionnalité
Les couleurs nationales sont: le bleu et le rouge. Constitutions 1987;Titre I, Chapitre 1
L'emblème de la Nation haïtienne est le Drapeau qui répond à la description suivante:
a) Deux (2) bandes d'étoffe d'égales dimensions: l'une bleue en haut, l'autre rouge en bas, placées horizontalement; b) Au centre, sur un carré d'étoffe blanche, sont disposées les Armes de la République;
c) Les Armes de la République sont: Le Palmier surmonté du Bonnet de la Liberté et, ombrageant des ses Palmes, un Trophée d'Armes avec la légende: L'Union fait la Force.
La devise nationale est: Liberté - Égalité - Fraternité.

Chronologie
Le drapeau français flotta sur la colonie française de Saint-Domingue durant plus d'un siècle jusqu'en février 1803. Le leader Noir, précurseur de l'indépendance, Toussaint Louverture, adopta en 1798 le tricolore français. En janvier 1801 il sera nommé gouverneur et dirigera l'île toute entière, puis par la constitution du 8 juillet 1801, devint Gouverneur à vie. En juin 1802, Toussaint Louverture fut fait prisonnier par Napoléon Bonaparte et déporté en France où il mourut.
En février 1803, à la Petite Rivière de l'Artibonite, Jean-Jacques Dessalines, le chef des insurgés Noirs et Alexandre Pétion, le leader des Mulâtres, décidèrent de ne plus combattre aux côtés des Français. Lors du Congrès de l'Arcahaie, le 18 mai 1803, Dessalines ôta la bande blanche de l'emblème colonial pour donner naissance au premier étendard haïtien symbolisant l'union des Mulâtres et des Noirs dans la lutte pour leur liberté. Il y fit inscrire la devise « Liberté ou la Mort ». Dessalines fut alors nommé Général en chef de l'armée de l'insurrection. Catherine Flon, belle-fille de l'épouse de Dessalines, fut chargée de recoudre les deux bandes, bleu et rouge.
Le 18 novembre 1803, la capitulation des troupes françaises à Vertières scella l'indépendance d'Haïti. Le 1er janvier 1804, les chefs de la Révolution décidèrent de changer le drapeau en disposant horizontalement les couleurs. Ce fut le premier drapeau officiel de la République libre et indépendante. La Constitution de 1843 confirmera ce drapeau bicolore horizontal (article 192).
Le 8 octobre 1804, Dessalines se proclama empereur sous le nom de Jacques 1er. Il adopta alors, le 20 mai 1805, un nouveau drapeau noir et rouge vertical. Ces couleurs symbolisèrent les mots: la "Liberté" (rouge) ou la "Mort" (noir).
Après les événements du 17 octobre 1806 au Pont Rouge, où fut assassiné Jean-Jacques Dessalines, le pays, durant 14 ans, se divisa en deux parties, d'une part le Nord et d'autre part, le Sud et l'Ouest, gouvernées respectivement par Alexandre Pétion et Henri Christophe. Alexandre Pétion redessina le drapeau en cette même année, reprenant le bleu et le rouge de 1804 en y ajoutant « L'Union fait la force » et un carré d'étoffe blanche au milieu duquel furent placées les armes de la République ornées du bonnet de la liberté (bonnet phrygien).
Ce drapeau flotta au dessus du Palais National durant 158 années jusqu'en 1964.

Le 27 décembre 1806, le Général Henri Christophe, fut nommé président et fut reconnu par le Nord, le Nord-Ouest et plus tard, en 1807, par l'Arbonite. Le 28 mars 1811, il s'est proclamé roi sous le nom de Henri Ier (1811-1820). L'Empereur conserva les couleurs de l'étendard impérial du Royaume du Nord (1805) mais en glissant la bande rouge du côté du mât avec au milieu, un écusson muni d'un phénix surmonté de cinq étoiles d'or sur fond bleu. Une couronne est disposée au dessus du phénix et dans le cercle, une inscription latine 'ex cinerebus nascitur' "des cendres, je renaîtrai". Le royaume de Henri Ier fut supprimé en 1818 suite à la conquête du Nord par Alexandre Pétion, proclamé président le 19 mars 1807, et qui imposa le drapeau bleu, rouge, horizontal. Jean-Pierre Boyer lui succéda le 8 octobre 1820 mais conserva le même drapeau.
Le 9 février 1822, Jean-Pierre Boyer annexa la partie espagnole de l'île (à présent République Dominicaine) laquelle, quelques mois auparavant, le 30 novembre 1821, proclama son indépendance de l'Espagne sous le nom de "Republica del Haiti espanol""République de Haïti Espagnol" et parallèlement, son union avec la Grande Colombie. Le drapeau de le République de Haiti Espagnol fut hissé dès les premières semaines de 1822 mais ce fut le drapeau de la Grande Colombie de l'époque. Une République que Boyer ne tarda pas à dissoudre.
Une tentative de réhabilitation du drapeau noir et rouge, entreprise en 1844, fut un échec. En 1847, Faustin Soulouque fut élu président et en 1849, se proclama empereur sous le nom de Faustin Ier (1849-1859). Dans sa Constitution de 1849, il adopta le drapeau bleu et rouge mais remplaça les armoiries par un écusson. L'Empire de Faustin 1er se termina le 15 Janvier 1859 et les armes de la République retrouvèrent leur place initiale, au centre du drapeau.

François Duvalier, Papa Doc, fut élu président en 1957 et en 1960, s'empara de tous les pouvoirs. En 1963 il créa le parti unique. Un nouvelle Constitution fut adoptée le 25 mai 1964, laquelle adopta le drapeau noir et rouge. Ce dernier fut officiellement confirmé le 21 juin 1964. Cependant, les armoiries de la République furent conservées. Duvalier mourut le 21 avril 1971 et fut remplacé par son fils, Jean Claude, proclamé président à vie. A la suite d'une révolte populaire, Jean Claude quitta le pouvoir en février 1986.
Le 17 février 1986, 10 jours après le départ de Jean-Claude Duvalier, la nation réadopta le bleu et rouge qui fut ratifié un an plus tard, le 29 Mars 1987, lors du plébiscite sur la Constitution de 1987.
Source :
http://www.haiticulture.ch/Drapeau_national.html

samedi 17 mai 2008

La Déclaration de Lima appelle à une action internationale urgente en faveur d’Haïti

vendredi 16 mai 2008
Lima, 16 mai 08 [AlterPresse] --- La Déclaration de Lima, approuvée ce 16 mai par les dirigeants des 60 pays qui participent au Ve sommet de l’Union Européenne, l’Amérique Latine et la Caraïbe, appelle à une réaction rapide de la communauté internationale pour aider Haïti à faire face à la hausse des prix des aliments de base.
La Déclaration, dont un brouillon a été remis à AlterPresse peu avant la clôture du sommet, réclame une action continue, urgente et effective de la communauté internationale en vue de favoriser la réhabilitation et le développement d’Haïti.
Le document salue les efforts du gouvernement et du peuple haïtiens pour revitaliser les institutions de l’Etat, combattre la pauvreté, l’iniquité et l’injustice sociale.
Les dirigeants des deux régions réaffirment leur support a Haïti dans ses efforts pour faire face aux besoins urgents et a long terme en matière de sécurité alimentaire.
Dans ce sens, la Déclaration accueille favorablement l’idée de realiser une conférence en Espagne en juillet prochain sur la question de la sécurité alimentaire en Haïti. Cette conférence sera organisée par la France et l’Argentine en tant que co-présidentes du forum Europe-Amérique Latine et Caraïbe.
Un programme de sécurité alimentaire et de développement rural basé sur un plan a établir par Haiti, devra sortir de la conférence de juillet prochain en Espagne.
Cette initiative a été proposée par le Brésil et l’Espagne.
La Déclaration de Lima apporte également son appui à la Mission des Nations Unies pour la Stabilisation d’Haiti (MINUSTAH). [gp apr 16/05/08 17:00]
http://www.alterpresse.org/spip.php?article7263

Elections dominicaines : La frontière avec Haïti fermée jusqu’à samedi

Les activités entre les deux pays reprendront après le retrait des troupes supplétives déployées dans la zone frontalière ; la victoire promise au Président Leonel Fernàndez
vendredi 16 mai 2008,
Radio Kiskeya

Les autorités dominicaines ont procédé vendredi à la fermeture de la frontière avec Haïti à l’occasion des présidentielles qui devraient permettre la réélection en république voisine du chef de l’Etat sortant, Leonel Fernàndez.
Selon une dépêche de l’agence espagnole EFE, la suspension pendant 24 heures des activités entre les deux pays a permis le renforcement de la sécurité et le déroulement dans le calme des opérations de vote notamment dans la province frontalière de Dajabòn (nord-est de la République Dominicaine) où des incidents sont fréquemment enregistrés.
Des dizaines d’haïtiens s’étaient rassemblés tôt dans la matinée près de la rivière Massacre (qui sépare Ouanaminthe et Dajabòn) afin de pouvoir se rendre en territoire voisin où ils devaient s’acheter des aliments. Cependant, ils en ont été empêchés par les militaires dominicains qui ont affirmé qu’à cause des élections le marché binational de Dajabòn avait été autorisé à fonctionner exceptionnellement lundi et vendredi.
Certains compatriotes étaient totalement désappointés en constatant l’entrée en vigueur de ces mesures, n’étant pas au courant de la tenue des élections dominicaines qui devraient consacrer la victoire de l’actuel Président Leonel Fernàndez du Parti de la libération dominicaine (PLD). Le chef de l’Etat était, en effet, crédité de 56% des voix contre 39% à son rival du Parti révolutionnaire dominicain (PRD), Miguel Vargas Maldonado, selon des sondages de sortie des urnes contestés vendredi soir par l’opposition.
Le scrutin s’est déroulé sans incidents majeurs et avec un bon niveau de participation de l’électorat
Des membres de l’Armée Nationale dominicaine ont expliqué que le renforcement du contrôle à la frontière visait également à empêcher l’entrée d’illégaux haïtiens qui, avec l’aide de passeurs dominicains, auraient pu profiter de la journée électorale pour s’introduire en République Dominicaine.
Différents offices d’Etat comme la douane et la direction de la migration sont restés fermés. Ils ne devaient reprendre leurs activités qu’à la réouverture de la frontière samedi matin.
Haïti et la République Dominicaine ont environ 400 kilomètres de frontière commune. spp/Radio Kiskeya
http://www.radiokiskeya.com/spip.php?article5030

Des dirigeants politiques solidaires d’Haïti au Sommet de Lima

La déclaration finale souligne la gravité de la situation en Haïti, un pays qui sera parmi les principaux bénéficiaires d’un Fonds d’1 milliard de dollars dont Hugo Chàvez proposera la création samedi .
vendredi 16 mai 2008,
Radio Kiskeya

La déclaration finale du Ve sommet de l’Amérique latine, de la Caraïbe et de l’Union européenne (ALC-UE), dont la version officielle a été communiquée vendredi, a mis en relief la volonté des différents Etats d’apporter en priorité une aide à Haïti alors que Hugo Chàvez a identifié le pays parmi les principaux bénificiaires d’un nouveau Fonds de solidarité sur le point d’être créé face à l’explosion de la crise alimentaire.
A l’initiative notamment du Brésil, de l’Espagne et du Chili, nombre des dirigeants des 60 pays représentés à Lima se sont engagés à travailler conjointement afin de participer à une certaine amélioration de la situation particulière que vit Haïti, rapporte une dépêche d’EFE.
Pour sa part, le Président vénézuélien, impliqué dans polémiques avec la Colombie et la chancelière allemande Angela Merkel avant la tenue de cette conférence intercontinentale, a annoncé qu’il proposera samedi la création d’un Fonds de 1,095 milliard de dollars en faveur des pays pauvres dont le principal, Haïti. "Ce fonds permettra de produire et de distribuer surtout des aliments et des médicaments spécialement dans des pays comme Haïti qui sont confrontés actuellement à une crise alimentaire terrible", a déclaré Hugo Chàvez avant son départ de Caracas. Il a affirmé être prêt à verser immédiatement un tiers du montant prévu et les autres pays d’Europe, d’Amérique latine et des Caraïbes pourraient apporter le reste.
Le nouveau chef de file de l’anti-impérialisme en Amérique latine a également annoncé sur le ton de la provocation qu’il entend "proposer à l’Europe riche, de manière sérieuse et avec une preuve d’humanité, d’annuler sans condition la dette des pays latinoaméricains et caribéens qu’elle détient".
Le Président brésilien, Luiz Inàcio Lula da Silva et le chef du gouvernement espagnol, José Luiz rodrìguez Zapatero devaient faire à leur tour des déclarations sur Haïti d’ici la fin du sommet ALC-UE dominé par des intérêts économqiues transatlantiques et les bouleversements climatiques.
Aucune information n’a été communiquée à Port-au-Prince sur la présence à Lima de représentants d’Haïti, l’un des pays les plus touchés par la crise alimerntaire mondiale. spp/Radio Kiskeya
http://www.radiokiskeya.com/spip.php?article5031

vendredi 16 mai 2008

DECLARATION DE MONSIEUR PIERRE ERICQ PIERRE, EX- PREMIER MINISTRE DÉSIGNÉ

Je voudrais remercier le Président René Préval qui, en deux occasions, m’a proposé pour occuper la fonction de Premier Ministre de mon pays. Je remercie aussi les Sénateurs, les Députés, les partis politiques et les organisations de la société civile qui m’ont publiquement honoré de leur confiance. J’étends ces remerciements aux journalistes de la presse parlée, écrite et télévisée qui m’ont accompagné pendant tout le processus et qui ont fait preuve à mon endroit d’une objectivité qui les honore. Je remercie de façon spéciale mes collaborateurs qui ont bénévolement accepté de m’accompagner et de suivre à la lettre mes consignes. Je félicite les membres de la Concertation des Parlementaires Progressistes (CPP) pour leur victoire. Je leur souhaite aussi bonne chance.

Mon nom complet est Pierre Ericq Pierre. C’est ce nom qui figure dans mon acte de naissance, sur mes passeports et dans mes documents officiels. Je suis Haïtien et je n’ai jamais renoncé à ma nationalité. Tout comme je n’ai jamais obtenu ni sollicité la résidence en pays étranger. Si certains Parlementaires estiment que je ne suis pas un Haïtien d’origine, ils se réfèrent sans doute à des critères qu’ils sont les seuls à pouvoir définir.
J’avais accepté d’être désigné au poste de Premier Ministre et de mettre mes plus de 40 années d’intégrité au service de mon pays, parce que je m’étais persuadé que, en plus de l’expérience et de la compétence, notre pays a un urgent besoin de placer au timon des affaires, des hommes et des femmes intègres, étrangers aux combines et capables de prendre de la hauteur pour travailler avec succès à l’amélioration des conditions d’existence du peuple haïtien. Je m’étais dit que, pour affronter les multiples défis qui nous interpellent, il faudrait abandonner la politique politicienne, avoir foi dans la capacité de nos compatriotes, ceux de l’intérieur comme ceux de la diaspora. Du point de vue de la gouvernance générale, je m’étais dit que la priorité absolue de mon gouvernement serait de restaurer la confiance, d’aider mes compatriotes à regagner confiance en eux-mêmes et dans la patrie commune.
Mais, dès le début du processus, je me suis heurté aux forces de la corruption. Mon refus de pactiser avec elles me vaut aujourd’hui d’être écarté par la Chambre des Députés. Les mots « patrie » ou « intérêt du pays » n’ont jamais été présents dans les messages des émissaires qui me pressuraient pour négocier en faveur de leurs protégés des postes de Ministres, des enveloppes d’argent ou des projets pouvant faciliter leur réélection. J’ai toujours professé que je n’accepterais pas d’être Premier Ministre à n’importe quel prix. Et je ne pouvais pas non plus prendre des engagements qui hypothèqueraient les ressources du Trésor Public avant même d’entrer à la Primature. J’ai aussi voulu jouer cartes sur table, refusant d’entrer dans le jeu de ceux-là qui pensent pouvoir se cacher indéfiniment derrière un masque anti-néolibéral.
Je ne vis pas la décision de la Chambre des Députés comme un drame personnel. Après ma rencontre avec les membres de la Concertation des Parlementaires Progressistes (CPP) qui avaient accepté de me rencontrer, sur demande du Premier Ministre Jacques Edouard Alexis qui lui-même avait acquiescé à une requête du Président de la République, j’étais convaincu que le CPP n’allait pas m’appuyer. A moins que le Président de la République ou le Premier Ministre Jacques Edouard Alexis arrivent à persuader les membres de la Plateforme LESPWA qui ont rejoint le CPP de m’accorder leur vote. Ceci n’a pas eu lieu et je ne veux pas spéculer sur ce qui s’est passé.

L’une des raisons qui m’ont aussi porté à accepter la désignation, c’est parce que j’ai vécu très douloureusement les événements du début d’avril : les manifestations contre la cherté de la vie, la violence, le pillage et l’absence des pouvoirs publics. J’ai eu l’impression d’assister à une répétition pour une pièce de théâtre tragique. La politique n’a pas besoin d’être un jeu de massacres. Je m’étais dit qu’il fallait éviter à tout prix ce genre de situation et qu’il fallait faire mentir ceux-là, Haïtiens et étrangers qui professent que rien de bien, rien de grand et rien de beau ne peut sortir d’Haïti. Moi, par contre, je persiste à dire à qui veut m’entendre dans la communauté internationale que les problèmes de mon pays sont grands certes, mais que le peuple haïtien est plus grand que ses problèmes.
Comme Chef de gouvernement, j’allais m’imposer des impératifs de clarté, de simplicité ainsi que de rigueur. Je me préparais à faire vite et bien des choses concrètes. De mon point de vue, la politique de tout gouvernement doit être facile à comprendre : par les parlementaires qui doivent l’approuver et se l’approprier, par les ministres qui doivent l’appliquer, par le secteur privé qui doit être un partenaire privilégié, par les associations socioprofessionnelles, les organisations populaires, les syndicats, les ouvriers, les étudiants, les paysans et par le grand public qui doit bénéficier de ses retombées.
Je m’étais préparé à expliquer, encore expliquer, toujours expliquer. Une exigence de vérité allait présider à la politique de communication de mon gouvernement. Cette exigence se serait traduite par la transparence de son agenda. Les programmes d’actions seraient connus de tout le monde. Et les calendriers de mise en œuvre auraient été publiés de même que les rapports détaillés du budget de la République. En cas de dérapage du calendrier, l’opinion publique aurait été informée des causes de ce dérapage. En plus des média traditionnels, les nouvelles technologies de l’information et de la communication seraient mises à profit pour rendre ces informations disponibles rapidement. Le gouvernement ferait ainsi régulièrement le bilan de son action et publierait ouvertement ce bilan, en reconnaissant les lenteurs et les erreurs éventuelles.
La moralisation de la vie publique aurait été renforcée. La Loi sur le patrimoine qui permet la vérification de la transparence du patrimoine des élus, des hauts fonctionnaires, des membres du gouvernement, de leur entourage immédiat et des Parlementaires aurait été appliquée dans son intégralité .De même, les abus liés aux chantages politiques, à l’usage des pots-de-vin, aux passe-droits, aux trafics d’influence et au harcèlement sexuel auraient été réprimés.
Malgré les limitations du Document de Stratégie Nationale de Croissance et de Réduction de la Pauvreté (DSNCRP), puisqu’un consensus semble avoir été trouvé pour en faire le document de référence du gouvernement, nous estimions que la feuille de route de l’équipe gouvernementale était assez simple. Voilà pourquoi, après l’analyse des trois piliers prioritaires et des multiples domaines d’intervention contenus dans ce document, nous en avions tiré six grands axes qui se déclinaient comme suit : (i).-Combattre la vie chère (Cet axe ne figure pas vraiment dans le DSNCRP, mais nous estimons qu’il était décisif pour la crédibilité du gouvernement.) (ii).-Assurer la relance de l’emploi et de la production nationale des biens et services. (iii).-Relancer la production agricole et la protection de l’environnement. (iv).-Moderniser l’État. (v).- Poursuivre et amplifier l’effort pour l’éducation et la santé. (vi).-Assurer le bon fonctionnement de la justice et combattre l’insécurité.

Nous nous proposions de mettre tout en en œuvre pour accélérer l’exécution des projets et établir à cet effet des critères de performance pour l’évaluation des activités des ministères et organismes impliqués dans la réalisation de ces travaux. Je considère en effet qu’il n’est pas normal, que pendant que nous sollicitons quotidiennement des ressources fraiches de nos partenaires internationaux, nous n’arrivions pas à utiliser, dans des délais raisonnables, les ressources déjà mises à notre disposition alors que nos communautés crient famine et que le chômage règne en maitre.

Nous pensions prendre des mesures pour coordonner effectivement la coopération internationale, approfondir et institutionnaliser les rapports avec la République Dominicaine, et définir une feuille de route en vue d’une meilleure coopération avec la MINUSTAH.

Je m’étais donc préparé à faire une différence et j’allais demander à mes collègues du gouvernement d’éviter que leur compassion pour les pauvres ne se transforme ni en indifférence pour les moins pauvres ni en haine pour les riches. Mais, j’avoue que j’avais sous-estimé le poids des forces de la corruption. Je reste cependant confiant que mes compatriotes, femmes et hommes, jeunes et moins jeunes, de l’intérieur et de la diaspora, ne se laisseront pas éternellement intimider par lesdites forces.

Il nous faut maintenir la stabilité politique et renforcer la cohésion sociale. Ceci implique un engagement réel de la part de tous les acteurs de la vie nationale.

Port-au-Prince, le 15 mai 2008

P.S M. Pierre a lu cette déclaration liminaire lors d’une conférence de presse à l’hôtel Montana, à Pétion-Ville.